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 Pastorale à la Licorne

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Kirkwood
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Dim 31 Juil - 14:19

Malicorne
Malicorne a écrit:
Le Soleil et la Lune

J'écoute Monseigneur avec toute l'attention dont je dispose.
Bien sûr, de temps en temps, je regarde vers le tonneau, m'attendant à tout instant à en voir surgir Moustache devenu furieux et, chaque fois rassurée par le calme qui semble régner, je reviens aux paroles d'Arnarion.

Même Germaine et Monsieur Kirkwood semblent tranquilles. Par contre, je les vois vider consciencieusement les pichets de vin que Marline dépose sur la table en un ballet incessant.

Je profite du moment ou l'Archevêque feuillette son vieux livre pour me resservir un verre. J'ai l'impression que ça m'aide à avoir les idées claires.

Puis il me tend un feuillet que je lis, horrifiée.
Est-ce que si je bois trop je vais aller en enfer ? Je n'ose pas demander. Je réfléchis à la question posée.


    Quand on meurt, on fait la queue, comme à la boucherie, pour passer en jugement, sauf que là, le juge, c'est le Très-Haut. Et si on a bien été vertueux, qu'on a aimé les gents, qu'on les a aidés, qu'on a pris du plaisir en vivant... et qu'on a engagé les autres à faire pareil, on va au paradis. Sur le soleil. Mais il doit faire très chaud sur le soleil nan ? On peut se brûler !

Et là, patatras ! Germaine intervient.

    Foutaises ! Quand on meurt, Deos y nous ressuscite et on va au Jardin des délices !

Prenant un ton docte :

    çui-là qui r'cevra le Liv' des liv' en sa main droite, y s'ra soumis à un jug'ment facile, et y retourn'ra réjoui auprès d' sa famille pour l'éternité.  Ah ? Je retrouvera ma maman alors ? Ouaip ! C'est ça, pis tes potes, toussa !

Satisfaite, je continue.

    Et si on a écouté le Sans-Nom, qu'on a fauté, qu'on a fait le mal, qu'on n'a pas cru en Dieu, on va en enfer, sur la Lune.


    Nan nan nan ! J'te l'a d'jà dit, bon sang d'bonsoir ! J'te cite le verset 7 du Liv' douze d'Averroës, qui dit ça : Le damné s'ra conduit sous la mer, dans la montagne d' la Désolation, celle que personne y sait d'où qu'elle est, celle qui brûle d'un feu perpétuel. Il r'grett'ra d' pas s'avoir prosterné d'vant le Discrepentia quand y était encore temps. Sous la mer ! Pas sur la lune, sous la mer ! Faut que j'te l'dis en patois pour qu'tu comprennes ou bien ?

Je suis un peu perdue.

    N'empêche, j'a peur de me faire engrosser par un Lunarien, ils sont dangereux les lunariens...Alors moi je crois bien que c'est sur la lune l'enfer !

Là, Germaine se lève. Elle semble transformée. Elle ouvre les bras et, d'une voix puissante, que je ne lui connaissais pas, commence à déclamer :

    Ô fidèle ! La Lune naît dans le ciel, vit dans le ciel, meurt et renaît. Et elle fera cela perpétuellement pour que tu te rappelles que l'Unique, dans son infinie bonté, t'a accordé la vie, la mort et la renaissance.Sers moi un verre, Kirk steplé !Si tu veux un garçon, conçois-le à la pleine Lune. Si tu veux une fille, procrée à la nouvelle. Et de même, coupe-toi les cheveux à la pleine Lune. Ils repousseront forts et vigoureux. Ainsi l'a voulu l'Unique.Un aut' verre !Ô fidèles ! Sachez et retenez qu'à la Lune descendante vous sèmerez et planterez vos légumes racines. Et ce sera aussi le moment de les récolter. L'Unique l'a ainsi voulu. Il est sage et Omniscient. Et tu n'en auras que plus de joie !

Elle rote à plusieurs reprises. J'ai honte pour elle, mais elle s'en moque bien et reprend :

    Averroes, que son nom soit mille fois béni, l'a annoncé ! Il te faut planter tes légumes à feuille lorsque la Lune monte dans le ciel. Et des arbres des jardins, tu en récolteras les fruits. Il n'en seront que plus juteux.Et c'est de La lune que je ferai venir la pluie. Et je ferai en sorte que les animaux des eaux croissent et décroissent avec elle. Car telle est ma volonté.Et la femme, je ferai en sorte que la Lune favorise sa fécondité. Car je l'ai placée dans les cieux comme une coupe qui contient le breuvage de l'immortalité. Et la Lune sera pour la femme ce que le Soleil est pour l'homme.

Là, je commence à perdre mon calme et c'est moi qui me lève. Je crie :

    Germaine ! Sale gribiche ! Ça suffit !

Et je me rassieds, frémissante de colère. Que va penser l'archevêque ?
Mais Germaine n'en a cure et, plus fort, termine ainsi sa prestation :


    Moi, Averroes, Messager de l'Unique, je l'annonce. Il a voulu voir les eaux monter et descendre, car l'Unique aime le mouvement. Et il a décidé que la Lune régirait le flux et le reflux. Car tel est son bon plaisir.V'là ! Maint'nant j'ai terminé, la Licorne ! Ecoute donc pas ce suppôt d'Rome y va t'emberlificoter avec ses sing'ries ! C'est un malin !

Là, je reste coite. J'avoue que, malgré moi, j'ai écouté ses paroles et cela me paraît être plein de bon sens.

Ne sachant plus que croire, j'éclate en sanglots.  
J'ai vraiment abusé de l'Arbois.

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Kirkwood
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Dim 31 Juil - 14:24

Spoiler:
 

--Kirky a écrit:
Soyons francs, Kirkwood n’est pas ce qu’on appelle couramment un brave, même s’il a une autre vision de la question. Quant à son intelligence, les absents ont toujours tort.
Ah, ah ? Vous le croyez complètement abruti ?
Bon, d’accord, on n’en est pas loin. Voire sur la frontière. Si ce n’est plusieurs lieux après le poste de douane. Mais.
Car il y a un mais.
Il est aussi madré, sincèrement croyant, et plutôt plus susceptible que la moyenne.
Or, comment voulez-vous qu’il réagisse à ça :

Arnarion a écrit:
« prétendus réformés ; secte qui se prétend réformée ; sous le couvert d'une opposition à Rome, étend ses mensonges dans les basses-fosses de la Cité ; Insulter de réformés…


Ben moutarde, tout simplement. Orteil gauche, échelle pour atteindre pieds puis jambes, cordée jusqu’au ventre, escalade glaireuse des poumons puis ascension irritante de la gorge, enfin pic du nez… Belle montée, progressive, constante et vu le produit, exaspérante. Adonc…
Et puis, Germaine continue de se lâcher, alors finalement, après l’avoir servi et avoir apprécié en connaisseur ses citations, il se retourne vers Arnarion :


- Ah ben, votre Eminencité, c’estions plaisir d’voir qu’vous estions d’la crème des clercs qui faisions vramy leur mission divine en s’concentrant sur l’Love divin ! Point comme trop tant d’entre eux qui s’complaisions dans l’mondain, hein, et commettions tant d’émerveillables z’abus, comme disions l’Frenchy, là, heu, Michel de la Montargis, Montagne, Montaigne, Chataîgne, ‘fin truc commac quoi, c’que tout l’monde connaissions pasque bon, tout l’monde estions humain quoi, rien d’plus ou d’moins.

Kirkwood finit alors son gobelet, le contempla et se léchant les babines, le retourna pour bien illustrer l’idée, sourit (ce qui ne général faisait raisonnablement flipper l’assistance –oui, il était vraisemblable qu’il le savait, et en jouait) et se leva.

- Y’avions quand même un bidule ou deux qui m’chatouillons la boîte à réflexionnage. ‘Savions ? Genre l’Logion 17 de Christos, au t’hasard, Balthazar…
[/i]
Citation :
Logion 17 : À ceux de ses disciples qui s'interrogeaient sur la perfection de la société des Hommes, il leur disait : "Autant la plaine est une montagne plate, autant les Hommes entre eux doivent-ils être de même hauteur".


- Ouais, j’savions ben, vot’Eminentritrude, d’habitude on traductionne l’hébreuméen par « A ceux qui lui posaient trop de question, Christos disait : " Allez voir sur la montagne, là-haut, si j’y suis" ». Et dans l’absolu, c’estions possibleuh, biscotte l’Deuxième prophète estions parfois taquin, genre l’Logion 14.
Spoiler:
 


- Mais bah, on savions ben qu’en fait, l’Trufaldini, là, l’sanctus spécialisé dans les r’cherches, avions considéré qu’le Logion 17 estions illisible. Mais en not’période de renouveau des r’cherches, où chacun avions à cœur l’humanisme et d’revenir z’aux sources d’la foi, à son idéal, la traduction avec la plaine comme montagne plate sentions la meilleure possible…

Là, Kiki sourit de toutes ses dents, cauchemar expliquant peut-être la goutte qui semblait perler au front du prélat (pendant que les yeux de Malicorne donnaient l’impression d’avoir doublé de volume, au demeurant). Après tout, pensa Kirkwood perfidement, peut-être Arnarion avait-il l’habitude de pastoraliser en s’aidant d’alcool de prune, de coings ou de cailloux ?
En tout cas, Kiki se dirigea vers le comptoir, se pencha, saisit la carafe de vin et se servit largement avant de se retourner vers le prélat.


- Car c’estions logique pure et aristotélicienne ! Puisque Deos estions une myriade de fois supérieur aux hommes, Ses créatures, alors elles sont égales vis-à-vis de Lui... Car que disions l’Christos en pagne ?
Spoiler:
 
- Il disions ben qu’les apôtres « ne pouvions prétendre à tel niveau d’vertu », et les incitions à « d’venir des modèles » car « mauvais guide trace mauvaise route ».
Ben hay ? Tout membre de l’Église aristotélicienne et romain estions mortel, adonc faillible et possiblement pêcheur.
Et si, Deos soyons loué, nombre de clercs estions dignes et respectables comme vous, ô votre Altessitude, trop tant, disais-je, estions vils gloutons mauvais, prévariquant et contraires au message du God Tout-Balèze, et, sous prétexte d’Amour, aliènent la liberté aristotélicienne en vivant et agissant dans l’secret ! Comme tant d’Curiaces, les ceusses de la Curie !

Ou soutiennent tant de notables z’et princes corrompus des cités et des assemblées qui agissent itou en secret, dans des arrière-cours dont ils contrôlent les clés, et si savent écarter qui ne leur jure point fidélité, qui par procès, qui par menaces !

- Ah là là, c’estions triste et j’vous sentions tristes itou, votre Schtourmpfitude, hein ? Gâchis et tristesse.
Alors, votre Cramoisitude, j’me demandions si on devions inclure ça dans la pastoralisation, à votre avis ? D’prévenir honnêtement les ceusses qui voulions s’engager au sien d’l’Église terrestre ?
Ah, j’oublions, Primus inter pares, «  Premier parmi les égaux » estions meilleure traduction, devrions réviser vot’latin…


Et Kirkwood, arrivé devant le tonneau qui enfermait le pauvre Moustache, de s’y appuyer nonchalamment et d’en soulever le couvercle en contemplant Arnarion. Tout en pensant très très très fort : Attaque Moustache, et venge !


Pour Moustache, j'aurais tendance à penser que Kirk peut s'être trompé de tonneau, ou bien que Moustache est perfide voire pas tout-de-suite regardant sur sa cible et qu'il peut se tromper drunken

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Madeline
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Dim 31 Juil - 15:17



Et la lumière fut !
Et une voix dans ma tête me dit d'attaquer.
"Attaquattions Moustache ! Vengeageassions, Moustache", qu'elle disait la voix.

Là, y'avait pas de doute, c'était Déos qui me parlait. A môa, l'incarnation de Lui sur terre.
Plus qu'un conseil, c'était un ordre.
Plus qu'un ordre, c'était le DESTIN.

D'un bond alors, je m'extirpe du tonneau avec toute la grâce et l'élégance du félin genevois que je suis... Comprenez par là que je me suis un peu loupée et qu'il a fallu m'y prendre à deux ou trois fois.
Me voici néanmoins au sol et je reprends mon souffle.
Oui, l'incarnation de Déos est parfois essoufflée... C'est pour mieux leurrer l'infidèle. C'est stratégique. C'est bien pensé. C'est... Oh et puis je vous enfraise tiens, j'ai le droit d'avoir pris quelques poignées d'amour et de manquer de ressort non ?

Bref, je suis sur mes pattes - les quatre - délivrée, libérée, mais sans la robe bleue et sans tresse blonde.

Je tourne un court instant la tête vers celui qui a soulevé le couvercle et lui transmets mes meilleures pensées : "Brave bête..."

Je visualise rapidement la pièce : y'a toujours Germaine, la jeunette, le rougeaud et derrière moi l'abruti que Mad a épousé...

Je m'approche à pas de velours près du gros pomponné.
Le chapelet fixé à sa ceinture pendouille.
Et moi, quand ça pendouille, je tirouille.

Et je tirouille fort, mais fort !
Jusqu'à en faire péter le collier et envoyer un peu partout les bibilles de "pater" ou "d'ave Maria" ou que sais-je encore !

Et pourtant j'aime les chapelets en général... de saucisses, évidemment...

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Madeline
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Lun 1 Aoû - 11:55



Arnarion a écrit:
l'Archevêque s'engagea dans un rire franc à écouter l'inquiétude de Malicorne.

Ecoutez plutôt Christos.
Citation :
Logion 12 : " La lumière du soleil dissipera alors nos craintes, nos doutes, nos angoisses, nos interrogations, nos haines et nos chagrins. Sa chaleur nous ôtera de l’inconfort et du froid. "
Se brûler ? Allon voyons, depuis quand la chaleur divine brûle la chaire ? Elle embrase l'âme, c'est tout à fait différent. N'ayez donc point peur.

Il leva un sourcil à l'intervention de Dame Landru.

Ah, pardon ma chère, ma ce que vous dîtes est erroné. C'est exactement ce que sortirai ceux qui veulent interpréter à leur façon les Saintes écritures pour s'arranger eux-même. Non, non. le seul cas de résurrection est celle de Sypouss. Lorsque ce brave compère passa l'arme à gauche, il monta vers Dieu, comme toutes les âmes le font. C'est alors que Dieu lui donna le choix entre aller dans l'autre monde, sans savoir où il irait et reprendre sa vie sur Terre mais en ayant tout oublié afin de prendre une vie exemplaire. Dieu miséricordieux lui laissa la mémoire afin qu'il se fasse témoin de ce qu'il avait vu : Lune ou Soleil. Il n'y a aucune mention de ce jardin des délices, vous devez faire erreur, ni d'une lune comme incarnation de je ne sais quoi de fertile ...

Ceci dit, cela m'étonne que les réformés pensent cela, eux qui suivent Aristote et Christos. Vous n'êtes certes pas sans savoir que tout deux confirmèrent le bon rôle des deux astres comme destination finale des âmes après la mort. Cela est incohérent de leur part de dire qu'Aristote ou Christos se trompent alors qu'ils le prennent comme prophètes et suivent leurs enseignements.


Il secoua la main en riant à l'entente du nom d'Averroës. Ah, voilà où ils trouvent leur contradiction, ces gentils réformés. C'est bizarre. Ils ont trois prophètes qui sont tous sensés dire la vérité et se compléter. Donc Aristote et Chistos disent que la Lune et le Soleil sont les deux destinations des âmes après la mort... Mais Averroës n'est pas d'accord avec eux et place l'enfer sous la mer. Il faudrait savoir. Soit il a raison et les deux se trompent, soit l'inverse. En tout les cas, la théologie réformée se contredit.

Citation :
Alors moi je crois bien que c'est sur la lune l'enfer !
Et vous faîtes bien.

Citation :
Ô fidèle ! La Lune naît dans le ciel, vit dans le ciel, meurt et renaît. Et elle fera cela perpétuellement pour que tu te rappelles que l'Unique, dans son infinie bonté, t'a accordé la vie, la mort et la renaissance.
Si tu veux un garçon, conçois-le à la pleine Lune. Si tu veux une fille, procrée à la nouvelle. Et de même, coupe-toi les cheveux à la pleine Lune. Ils repousseront forts et vigoureux. Ainsi l'a voulu l'Unique.
Ô fidèles ! Sachez et retenez qu'à la Lune descendante vous sèmerez et planterez vos légumes racines. Et ce sera aussi le moment de les récolter. L'Unique l'a ainsi voulu. Il est sage et Omniscient. Et tu n'en auras que plus de joie !

Il éclata de rire. Non, chère madame, non. Cela s'appelle simplement de la physique. Aristote l'a bien démontré dans son écrit sur les Astres. Et si nous devons observer et interpréter le mouvement lunaire, nous tomberons juste sur la certitude de la perféction de Dieu, comme l'a précisé Aristote. Le reste est uniquement de la science, ma chère, non de la Foi.

Je cite de nouveau Aristote.
Citation :
Le Logos a agencé l’univers à partir des 4 éléments puis l’a doté d’une âme pour mouvoir le tout. Il a donc disposé ces éléments les uns à l’égard des autres, de telle sorte que ce que le feu est à l’air, l’air le fût à l’eau, et que ce que l’air est à l’eau, l’eau le fût à la terre. Par après, le Logos les a englobé en un divin éther unificateur.

Ceci dit, quel bon jardinnier aurait-il fait, cet Averroës. Avec ses connaissances, je l'aurai engagé pour cultiver les petits potagers et les jardins de Besançon.
En revanche, dire que de la Lune provient la pluie, c'est un peu exagéré... il a dû forcer sur la bibine.
Dit-il en voyant Germaine se fendre de quelques rots. Alors le jour, les pauvre gens n'ont pas le droit à la pluie ? Il ne pleut que la nuit ? La poisse pour les paysans... Ah "breuvage", je comprends mieux !

Tenez, une écriture un poil plus sérieux quand même... il feuilleta son petit bouquin.

Citation :
Aristote : "De quelle manière se déplacent les astres, dis-moi ?"

Sargas : "Maître, ils se déplacent en cercles, fixés qu'ils sont sur des sphères cristallines et transparentes."

Aristote : "Bien. Et la Terre, quelle est sa forme ?"

Sargas : "L'observation des étoiles à l'horizon, lors d'un voyage ou depuis le pont d'un bateau, nous montrent qu'elle est ronde."

Aristote : "Ainsi donc tu écoutes fidèlement mes leçons. La Terre est sphérique, et le ciel se compose de sphères supportant les astres. Le cercle et le mouvement circulaire sont partout. Or quel mouvement est plus parfait que le mouvement circulaire ?"

Sargas : "Aucun maître, car il se suffit à lui-même et traduit la continuité. Le mouvement circulaire est le mouvement parfait par excellence."

Aristote : "Or un mouvement parfait ne peut être produit que par une puissance parfaite. Et la seule puissance parfaite, c'est Dieu ! Chers disciples, l'observation des cieux nous permet de comprendre comme sont bien agencées les sphères célestes. Et cette perfection porte la marque de Dieu."

Sargas : "Vous avez raison, maître, merci pour cette leçon."

Aristote : "Ne me remercie pas, remercie les astres ! Tiens, prend ces pièces et va nous cherchez un peu de vin chez Oinos"

C'est bien Aristote qui l'a dit, pas moi. Vous pouvez vous fier à lui, c'est un peu plus crédible que votre Averroës qui se dit messager de Dieu et contredit les deux autres messagers que vous dîtes suivre. Or, vous serez d'accord avec moi que si un prophète de Dieu revendique un message différent eu nom de Dieu, c'est que Dieu, quelque part, se contredit, puisqu'il énonce des vérités différentes. Et par conséquent, si Dieu se contredit, il n'est pas parfait, car la perféction ne se contredit pas au risque d'être imparfaite. Et Comme Dieu est le Tout-Puissant, comme il est au début et à la fin de toutes choses, il ne peut être que parfait et donc il ne peut pas se contredire. Il ne peut pas non plus se tromper. Et donc Sa Vérité est une et inaliénable. Voilà pourquoi une Vérité qui se contredit n'est pas issue de Dieu. Et donc voir les enseignement complémentaires d'Aristote et de Christos être contredis par ceux d'Averroës enlève bien sûr toute crédibilité théologique à cette prétendue Vérité. Vous saisissez ? Dieu n'enverrai pas un troisième messager contredire les deux premiers. Quelle leçon en tirer ? Qu'Averroës n'a jamais parlé au nom de Dieu et qu'il est pas un de ses prophètes. Au contraire, la Vérité dont l'Eglise est le dépositaire est une et aucun des enseignements ne se contredisent, évidemment, puisqu'elle est issue de Dieu. J'en veux pour preuve qu'Aristote annonça la venue de Christos et que ce dernier a fondé la Sainte Eglise voulue de Dieu et a institué la lignée apostolique par Saint Titus. Néanmoins si nous voyons que les deux ont annoncé leur successeur, il n'est aucunement fait mention d'Averroës dans leur propos. Ce dernier est venu se rajouter de son propre chef, racontant des choses ubuesques et malheureusement, des gens l'ont cru et l'ont suivi. Il soupira.

Quant au Pip, il ne comprit pas un mot de ce qu'il dit. Assurément l'excès de vinasse. Néanmoins il le trouvait sympathique. Il comprit juste qu'il récita le pseudo-logion 17 de Christos.

Citation :
Logion 17 : À ceux de ses disciples qui s'interrogeaient sur la perfection de la société des Hommes, il leur disait : "Autant la plaine est une montagne plate, autant les Hommes entre eux doivent-ils être de même hauteur".

Monsieur PIP lui répondit l'Archevêque je me permet de vous signaler que vous me sortez un logion qui a toujours été indéscriptible tant le temps en a effacé les propos. Le citer et me dire que c'est lui ne me prouve en rien qu'il s'agisse réellement de lui, vous comprenez ?

Néanmoins par honnêteté, je vais vous répondre, en me basant toujours sur Aristote. Les hommes sont aux yeux de Dieu, à la même hauteur. Ils sont Ses fils, là est leur nature. Bien, j'ai compris, vous avez compris, nous avons compris, le chat a compris.
Il regarda dans le tonneau voir s'il était toujours là. Néanmoins, ils ont un rôle différent dans la société. Et ça c'est ce brave Aristote qui l'indique dans son Songe de la Cité idéale : une société complémentaire où chacun se tient les coudes pour prospérer humainement et spirituellement tendre vers Dieu. Pensez-vous une seule seconde que si les hommes avaient tous le même rôle, la société avancerait ? Non, elle stagnerait et serait en proie à l'acédie, le plus dangereux des péchés.

Voici donc la parole de ce cher prophète.

Citation :
Aristote : "Cette nuit, mon cher disciple, j’ai fait un rêve."

Sargas : "Ah oui, maître ? Racontez-moi."

Aristote : "Certes oui. J’ai songé qu’en orient existait une cité merveilleuse."

Sargas : "Quel genre de cité ?"

Aristote : "Une cité idéale, parfaite, où tous vivaient en une fabuleuse harmonie. L’équilibre y était si solide que nul n’aurait pu le rompre, pas même la venue d’un étranger comme je l’étais dans mon imaginaire. J’y ai fait intrusion, y ait importé mes mœurs, que je dirais à présent corrompues, mais j’y ai été accueilli comme un frère."

Sargas : "Quels étaient ses principes, maîtres ?"

Aristote : "Cette cité est organisée selon le principe de trois cercles concentriques, ou trois classes de citoyens si tu préfères.

Néanmoins je souris doucement. Vous critiquez l'Eglise alors qu'elle-même fut fondée par Christos et vous m'en sortez même l'extrait. Et si, comme vous dîtes, " Deos estions une myriade de fois supérieur aux hommes", cela veut dire que de la bouche de son prophète Christos, il parle. Bien. C'est donc la volonté de Dieu de fonder l'Eglise.

Non, écoutez plutôt Aristote :

Citation :
Septième logion: Si mon prédicat majeur est que : Tous les hommes sont mortels; si mon prédicat mineur postule que : Tous les Grecs sont des hommes; la conclusion de mon syllogisme logique est que : Tous les Grecs sont mortels. Mais en vérité, la subtile finalité de ces assertions syllogistiques est de mettre en exergue l'immortalité du moteur suprême du monde.

A l'exemple du syllogisme d'Aristote, vous mélangez tout. Tous les hommes sont imparfaits, tous les Evêques sont des hommes, donc tous les Evêques sont imparfaits, et donc l'Eglise est corrumpue.

Vous faîtes là un amalgame des plus répandus, hélas. Vous confondez et mélangez les deux essences de l'Eglise, monsieur PIP. Or donc, tel que je vous l'ai dit, l'Eglise tient sa naissance et sa légitimité de la volonté de Dieu Tout-Puissant. Elle est donc d'abord d'essence spirituelle, car ayant pour chef avant le Pape, Dieu, a pour mission de garder Sa Vérité et de l'enseigner par toute la terre. C'est encore une fois Christos qui l'a dit, pas moi. Fiez-vous à lui. Ensuite l'Eglise a une essence humaine. Et oui, il faut bien qu'elle soit liée à ce monde, puisqu'elle est l'institution de Dieu préposée aux affaires humaines. Et donc, comme la création de Dieu n'est pas parfaite, les hommes ne le sont pas non plus. Et ce sont bien des hommes qui fourmillent au sein de l'Eglise. Des hommes en proie aux mêmes tentations que les autres, aspirant aux mêmes vertus, en toute égalité aux yeux de Dieu, je me permets de le rappeler. Mais ils ont ceci de différnt qu'ils oeuvrent pour Dieu. Ils vouent leur vie à Dieu.

Mais ce que vous dîtes est inexact, cher monsieur. L'Eglise ne vit pas repliée sur elle-même, mais est ouverte au monde entier, les bras ouverts. N'importe qui peut solliciter ses conseils, peut lui apporter des revendications et des doléances. La preuve, je suis bien là, moi.

En revanche, vous voyez quand vous me dites ceci :


Citation :
Ou soutiennent tant de notables z’et princes corrompus des cités et des assemblées qui agissent itou en secret, dans des arrière-cours dont ils contrôlent les clés, et si savent écarter qui ne leur jure point fidélité, qui par procès, qui par menaces !

Moi je pense tout de suite aux prétendus réformés. A comploter dans l'ombre, à menacer, à pester et à refuser la main que l'Eglise tend encore et encore. A user des armes, à répendre le sang dès qu'ils ne sont pas content, ça rime en plus. A pactiser avec des brigands et des mercenaires pour attaquer des cités et s'y imposer. En revanche, ils acculent l'Eglise. Ils devraient d'abord balayer devant leur porte, ils y trouvereraient beaucoup de choses sales. à pactiser avec des brigands et des mercenaires pour attaquer des cités et s'y imposer. L'Eglise agit-elle comme ça ? Dieu non ! L'Eglis obéit à Dieu. L'Eglise aime. Elle veut le dialogue avant tout, n'usant du fer que pour se défendre, et encore, en dernier recours, comme l'affirme si bien notre PIP à nous, Saint Thomas d'Acquin.

Mais ce qui me fait doucement sourire aussi, que vous oubliez les actions des membres du Lion de Juda, qui prônent eux-même ce que prôna le Sans-nom et qui lui valu d'être plongé dans la disgrâce, cette loi du plus fort, encore et encore. Revendiquer illégitimement au nom de l'égalité, prendre de force." Nous vaincrons car nous sommes les plus forts". Et je peux aussi citer l'action des réformés qui prirent Chambéry illégitimement et qui, sans attendre, ont lancé des procès politiques et religieux par pure vengeance. C'est ça votre enseignement, monsieur PIP ? Cautionnez-vous leurs actes ? Mais c'est que c'est très loin de la véritable égalité et liberté qu'ils prônent. Ne voyez-vous pas qu'il y a un problème de fond dans ce que vous appellez la "Réforme" ?

Allons, mon ami. Chaque homme a droit a la miséricorde de Dieu. Autant faut-il la demander et commencer à marcher sur le bon chemin. Il n'est jamais trop tard pour quitter le côté erroné de la Foi. Et je ne cesserai de tendre ma main. Comme je l'ai souvent dis en Lorraine. " Tendez la main. S'ils vous la coupent, tendez l'autre".

Ah, et pour le latin " Primus Inter Pares" signifie bien " premier parmi les pairs", entendu comme "premier parmi les égaux". Mais ces égaux-là sont aussi entendus comme supérieurs à qui n'est pas leur égale, qui plus est, se déclarer premier d'eux ne fait en rien de vous leur égal, mais leur supérieur. Il faudrait voir à changer de terme. C'est dommage, j'aimais vous nommer PIP, monsieur PIP.

Je rajouterai enfin que si ces gens de la réforme suivent véritablement Christos, ils devraient faire leur son enseignement et le respecter jusqu'au bout en obéissant à la Sainte Eglise qu'il a fondé. Elle émane tout de même d'un prophète qu'ils affirment suivre. D'un prophète, soit on accepte tout, soit on n'accepte rien, on ne peut pas choisir à la carte la parole de Dieu. Je pense que vous comprenez, monsieur PIP.

Et sur ces mots, le Primus souleva le couvercle du tonneau ce qui eut pour conséquence de faire sortir la bête furibonde de sa tanière qui vint lui exploser son beau chapelet en bois.

Sale bête... Arnarion se leva pour ramasser tous les grains qui étaient parsemés un peu partout dans la pièce. Une fois fait, il attrapa le chat par la peau du cou, l'enferma de nouveau dans son tonneau, plaça le couvercle et s'assit dessus. Voilà qui devait le tenir tranquille.

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Madeline
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Lun 1 Aoû - 11:57



Ah si j'avais un pied, je le lui aurais bien mis au derrière tandis qu'il se penchait pour ramasser ses perles...
Mais j'ai pas...
Et me voici suspendue par la peau du cou et transportée dans...

NON ! Je ne veux pas y retourner !
Germaine, Kiki, faites quelque chose !

Et voilà, il fait tout noir...
Assise au fond de mon tonneau, j'ai l'air conne et l'air qui commence à me manquer aussi.
Et si personne ne me voit, tout le monde va m'entendre !


- MIAOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUuuuu
MIAOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUuuuuuuuuuuuuuuu
MIAOUUUUUUUUUUuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu
MIAOUUUuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu


Et comme ça, en boucle, disque félin rayé mais paroles faciles à comprendre. Si ça vous tente, reprenez tous avec moi... On en fera le tube de l'été : "miaou du tonneau"

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Kirkwood
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Mar 2 Aoû - 10:22

Arnarion
Arnarion a écrit:
Et voilà que ça remue et que ça chante, maintenant. Arnarion, assis sur le tonneau, ressentait toute la facétie du chat qui, enfermé, entreprenait par une quelconque intelligence de se constituer nuisance sonore pour sortir. Heureusement qu'il n'avait eu à l'esprit que la nuisance sonore ...

Il tapota plusieurs fois des pieds sur le tonneau pour le faire cesser.
Veux-tu te taire ?

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Kirkwood
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Mar 2 Aoû - 10:29

Citation :
Moustache estions bon volontaire pour le combat, pensait Kirkwood, mais la stratégie lui manquions… Pis p’têt aussi un poil de force ou d’intimidationnage, biscotte l’estions point à la hauteur d’son adversaire, visiblement rompu aux tactiques de la guérilla, tant théologique que domestique…

Mh, vous disions moult choses fort savantes, messer, mais j’pensions qu’y avions contradiction possible.

Pour Averroès et la lune, j’pensions plus simplement que, d’une part, lune influe sur flux et reflux de la mer, c’qui paraissions sensé à qui observions l’mouvement des deux, non de la pluie. De l’autre, Averroès estions Arabi de Cordou, et c’estions langue tant étrange qu’on pouvions imaginer des problèmes de traduction z’aussi, nan ?
Et que là estions problème que vous soulevez fort justement, ô grand Schtroumpf.
Celui des traductions. Et bien je me souvenions des leçons et exercices de latin, grec, arabi z’et autres à l’université, et que nos professeurs, souvent, avions grande peine à nous faire comprendre ces langues, pour ce qu’elles estions en rapport à des coutumes z’et mœurs qui n’estions point les nôtres.
Ay ! Comprendre l’esclavage et ses logiques qui estions norme au temps d’Aristote, béni soit son nom, c’estions point pain béni.
Ça rimions point, mais ça sonnions bien, hien ?

Brefle, tout ça pour dire que la traduction estions problème dans nos textes, même s’il estions indéniable que ça s’arrangions d’jour en jour, la grâce du God soyons sur la machine à tamponner de Gutenberg qui rend les textes si facile à reproduire, adonc à lire, commenter et critiquer !
Que le Gut’ ayons mauvais caractère ne changions rien au fond, belle invention…

Quant à Deos, nul ici ou ailleurs ne doutions un seul instant de sa perfectitude. Par contre, on pouvions douter de ce qu’en faisions Ses créatures, y compris dans les traductions des textes sacrés. Si Deos estions perfectitude, Son message tel que délivré par Ses créatures estions à examiner avec sérieux et rigueur !
J’estions comme la Germaine, moi, l’Jardin des Délices estions dans ce qu’on m’avions appris, mais point à vous, ô Watchman des lambs aristotéliciens. Dommage.
P’t’êt que l’un de nous avions malvaise source, mauvaise traduction ?
P’têt les deux, d’ailleurs ?

Silence…
Oui, moment éprouvant, moment délicat, moment de gloire, Kirkwood admet que lui aussi, par inadvertance extraordinaire, pourrait s’être trompé.
Ô mortels, chérissez ce moment, il est la marque du divin !


Mais d’toute façon, nous, Ses créatures, estions imparfaites.
Par contre, m’faites point dire ce que j’avions point dit. J’critiquions l’Église terrestre, point céleste, et j’faisions nuances entre les ceusses qui faisions leur job et les ceusses qui s’oublions. « Errare humanum est, perseverare diabolicum » : l’erreur est humaine, y persévérer seul est marque du Sans-Nom…
Mais si l’Église estions divine à l’origine, par sa création par un prophète reconnu par tous, on en tombions d’accord, où voyons vous qu’elle estions telle qu’aux temps glorieux de Christos ? Où estions sa fraternité prêchée par Christos, l’amour divin révélé par Oane ?
Certes, j’voyons quelques clercs empreints du message des prophètes, et préoccupés des petites gens, mais tant plus, ce m’en semble, qui s’fourvoyons dans l’accumulation des biens, du pouvoir et autres gloires mondaines !

Petite interruption du raisonnement. Y’a un truc à ne pas oublier, c’était quoi déjà ? Ah, oui, bien sûr, Moustache…

Ah, à ce propos, si vous pouvions libérer l’chat, ou me laisser le garder à la main, j’pensions savoir comment faire pour éviter d’ruiner davantage vos effets ?

Bon, j'ai enlevé la moitié, 'faut qu'on raccourcisse nos interventions quand même ! Tartines de malades ! Qui va avoir envie de lire ça ?
donc courrier à Arnarion :
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Mar 2 Aoû - 11:38

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Germaine

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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Mar 2 Aoû - 12:16



Malicorne a écrit:
La foi apaise.

S'il y a bien une chose qui me perturbe, ce sont les discours trop longs, dont je perds le fil et, là, je suis servie ! Malgré le vin qui me brouille par moments l'esprit, je parviens à distinguer deux interprétations de part et d'autre.
Mes larmes se sont taries, pour faire place à l'agacement. Aimez-vous les uns les autres, nom d'une pipe ! me dis-je sans cesse.

Quant au chat trublion, il a de nouveau rejoint son tonneau.
Il paraît qu'un homme a vécu dans un tonneau, ce ne doit pas être très confortable.
Mais mon esprit digresse. Je reviens à la Disputatio.

Je me lève, flageolant et reniflant encore, les yeux gonflés, mais décidée à mettre les choses au clair.


Vous n'avez pas de vargangne  ? Je ne comprends plus rien, moi !
Comment voulez-vous que je termine ma pastorale si vous vous envoyez sans cesse des textes à la figure, interprétés à la brûe  de chacun ?


Je m'énerve au fur et à mesure de mes paroles.

Et si vous aviez raîjon, tous ? Et si la yune faisait venir la pluie ?
Mon taito  m'a raconté, quand il est allé une fois au bord de l'océan, il regardait la yune qui était pleine et, dessus, il y a vu des taches plus claires, comme des océans, parce que l'eau est plus claire que la terre.
Alors, Monsieur Kirk Wood, votre Aveyronnais avait sans doute raison de dire que la pluie vient de la yune !


Me tournant vers l'Archevêque, galvanisée par l'Arbois :
On ne peut donc pas y breûlaie  !
Et pour cette histoire d'enfer sous la mer, c'est pareil Monsieur Wood !
L'eau éteint le feu, c'est un fait. Alors, expliquez moi comment on pourrait breûlaie  sous l'eau !


De plus en plus agacée :

Vous m'enquiquinez avec vos disputes ! Vous ne pouvez être sûrs de rien, en étalant votre science, sans être sûrs de connaître vraiment le sens des textes !
Seule la foi nous guide, seule la foi m'apaise. La religion m'agresse !


Anéantie par la tournure qu'a prise ma pastorale, je retombe sur ma chaise et opte pour un verre de pétillant, comme Germaine qui, miraculeusement, est restée silencieuse, un air de profonde réflexion sur le visage.

Ou bien elle est tout simplement saoule comme un cochon.


vargangne = honte
brûe  = sauce
raîjon = raison
yune = lune
taito = papa
breûlaie = brûler
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Madeline
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Mer 3 Aoû - 10:47



Non mais vous vous rendez compte ? De nos jours, on peut mourir dans la rue -ou dans un tonneau - dans l'indifférence totale !
Dehors, là, ça parle de foi, ça parle d'amour de Déos, mais ça vous dit de vous taire et de mourir en silence.
Mais dans quel monde vivons-nous ?
Entre celui qui se donne l'apparence de la clémence incarnée mais qui est un véritable sadique, l'autre qui pense un tantinet à vous - non pas par amour mais par crainte de la colère madelinesque si d'aventure j'en venais à passer la griffe à gauche -, la Germaine qui perd la mémoire et qui m'oublie et la jeunette qui ne tient pas l'alcool et qui n'a toujours pas compris que l'avenir de l'Homme c'est la Réforme... Ben je deviens quoi moi dans tout ça ?

Elle devient quoi l'incarnation de Déos si vous la laissez crever au fond d'un tonneau sentant encore le citron, l'aubépine et l'amande d'un vieux Chasselas ?

Faut-il que je manifeste ma colère en déclenchant un ouragan ? Un ras-de-marée ? un cataclysme tout en miaulant "sauvez le tonneau !" ? Hum ?

Ben non, je ne le ferai pas...
Si je dois, pour le bien de la Réforme mourir dans ce tonneau, alors qu'il en soit ainsi, que je quitte ce bas-monde en martyre.

"L'incarnation de Déos tuée à petit feu par Rome" lira-t-on à la Une des gazettes...

Alors mettons-nous en boule et attendons... tout en priant... Amen...

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Germaine

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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Dim 7 Aoû - 15:28



Germaine, la jeune a écrit:

Entrechat

Germaine était restée muette pendant les interventions des uns et des autres.
Pour dire vrai, elle avait complètement décroché au milieu de l'envolée lyrique de l'Empourpré et ruminait quelque sombre projet pour éliminer ce dernier de la pastorale de la Licorne.

Même les miaulements déchirants de Moustache la laissèrent coite, toute à ses idées d'évacuation cardinale.

C'est quand la chatte  se tut que Germaine prit conscience d'un problème.
Si Moustache mourait, indirectement, ça lui retomberait sur le poil, à elle, Germaine, parce que c'est bien pour elle que l'incarnation féline de Deos s'était manifestée.
Il fallait sauver la chatte Moustache des griffes emperlouzées du Cardinal Canardo.
Mais l'amateur de palmipèdes veillait sans doute au grain.
Ranafout' ! songea Germaine, se levant et se dirigeant vers le tonneau.

Soulevant le couvercle, elle se pencha et attrapa Moustache, doucement.
Elle ne bougeait plus, mais faisait-elle semblant ?
C'était la chatte de Madeline, quand même ! Et par là-même, capable de tout, même de simuler...

Choupinette, ma pitite pupuce ! La voix de Germaine s'était faite mièvre.
Réveille toi, ma pitite déesse ! Maman Germaine va te donner de la bonne vianviande !

Se rendant compte que des gens l'avaient entendue gâtiser, elle prit un air important.

Paraît qu'c'est comme ça qu'on soigne les chats catatoniques !
Pis faut leur chanter une chanson spéciale chat catatonique encore en plus, pour qu'y s'décatatonifient !


Et, malheureusement pour tout le monde, même pour Kirkwood qui n'était pourtant pas en reste, elle chanta d'une voix de fausset :
Chat-Chat-Chat...
Chat-Chat-Chat...
Chat-Chat-Chat...
Aaaaaaaaa.... 
Chat-Chat-Chat... !
C'était un Chat..., tait un Chat, tait un Chat,
Un Pacha plein d'talent, Chat Gen'vois si puissant

Car son rêve...
C'était d'voir pousser l'gazon...
Devant son pa-pa...
Son palais en toutes saisons...


On ignore encore les possibles effets néfastes de ce remède, mais on put constater chez Moustache un comportement tout à fait honorable pour un représentant de la gent féline. Elle se lova, tête entre les seins de Germaine, et se mit à ronronner de manière très ostentatoire.

Et qu'on y foute la paix à c'te chatte, bordel à cul ! conclut Germaine, sans se convaincre tout à fait de l'utilité de sa demande.
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Kirkwood
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Ven 12 Aoû - 19:24

Arnarion
Arnarion a écrit:
[hrp]HRP : Désolé, je rattrape mes Rps en retard et je suis à vous. Je vous ai pas oublié !

Ps. Le chat, t'es super. Change pas.

Jd Arnarion Very Happy [/hrp]

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Madeline
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MessageSujet: Re: Pastorale à la Licorne   Ven 12 Aoû - 22:18

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