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 A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !

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Cendres
Narine Marchande
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MessageSujet: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Lun 3 Mar - 13:10

[Dans "Le coin des Arpenteurs"]

L'asticot sort de la pomme, tourne autour de sa copine l'asticote et lui dit de ramener son fion vite fait à la maison.

Non... C'est pas ça...

La Murène sort de son trou tourne autour de l'algue pour chercher un petit poisson inoffensif à becter et ... Merd... La murène s’emmêle... C'est pas ça...

Le serpent... Le serpent... M'emmer... ces bestioles !

Le cordage est mis de côté

[rp]Cher Journal de bord,
Cela faisait longtemps que je ne t'avais écrit, pardonne l'offense.
1462, l'année du cochon... Le 2 mars. Ou le 3... Voir le 4. Mois de Mars, ça c'est sûr.
Vent d'Ouest, Calme. Rature
Vent Nord-Ouest, un peu fort.Rature
Vent... N.B. : écrire plus vite, les vents changent...
Dehors il y a du vent.
Il pleut ça glisse sur le pont, les mouettes ricanent sur la dunette
Le second m'a apporté du Porridge, j'ai vomi.
C'est tout pour aujourd'hui.[/rp]

Cendres ferme son journal et l'ajuste bien, afin que sa perpendiculaire le soit parfaitement avec celle de la table et que la verticale le soit tout autant. 25cm en poupe et proue, 47.5 sur tribord et bâbord. Le livre est bien au milieu de son support. Petit sourire satisfait.

Quartier Maître ! Radine toi par là ! QUARTIER MAÎÎÎÎTRE !

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iZaac
Père Castor
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Lun 3 Mar - 13:27

Izaac aime 

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Cendres
Narine Marchande
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Lun 3 Mar - 17:43

Aelig a écrit:
[03 mars de l'an de Grâce 1462, détroit de Gibraltar, 10 heures. Température : 14°, Couverture nuageuse partielle, précipitation 10%, humidité : 48%, vitesse du vent : 15,658747300215982 noeuds.]

Engoncé dans son mantel mauve trempé, l'eau dégoulinant des bords de son chapeau vissé jusqu'aux yeux, l'officier marinier sus-mentionné, fait son entrée dans la cabine du capitaine puis se met au garde-au-vous, le torse bombé.

- Yes, sir !*

*Que nous pourrions aussi transposer par : Wesh gros ! Vous remarquerez l'approche protocolaire, mais il paraît que nous sommes lus ici.

Philippe_pygmalion a écrit:
[Gibre à l'tard, Gibre à l'tard ... z'en ont d'bonnes les gaillards (d'avant ou d'arrière ? ) On sait même pas qui c'est, Gibre !
Même date, même heure ... à quelques (mutines=barré) minutes près... Ben oui, c'est le même rafiot !
]

Capitaine ? Capitaine ? Ohé, du batô ? Et, oui, vous, là, en bas ? C'est moi, Phil, la vigie, oui, c'est ça, tout là haut !

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille !

Terres, avec S, à bâbord et à tribord. Oui, en même temps ! Si, si, j'vous jure. Oui, je sais, c'est rare.


Mais c'est qu'encore un peu, ils ne me croiraient pas, j'te jure ! Mais qu'est-ce que j'fous là, moi ? Si ça s'trouve, ils savent même pas où on est ...

Non non, restez en bas. ça glisse trop, vous allez vous casser la pipe !

Cendres a écrit:
Ah Maria ! Vous êtes là. Parfait... Parfait...

Regarde Aelig d'un drôle d'air

Dites... Il y a du laisser aller La Paz... Les femmes portent malheur sur un navire, mais de là à vous habiller comme... Comme...
Comment déjà... Le petit au teint pâle qui regarde en l'air... Cheveux mi-long... Avec sa petite mèche devant l’œil... L'Musardier !

Voilà ! Je sais que vous l'aimez bien ce petit, mais bon... Hein... De la tenue ! De la rigueur ! L'étiquette !


Bon... Passons.

Cendres se lève et redresse son journal de bord qui a bougé un peu, tangage oblige

J'ai du boulot pour vous mon petit. Vous êtes traductrice si je ne m'abuse...
Nous n'avons aucune nouvelle de Barcelone, ni du Comte, ni du Prince.

Prenez note, je vous prie...


Petit tic dans le coin de l’œil bâbord, Cendres a le visage qui tangue

Nom de Deos, qui braille dehors ? On se croirait sur le marché de Genève... Avec Starkel qui fanfaronne avec ses bulots...

Second !!! Second !!!! Radine toi par là ! Secooooond !

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Madeline
La Madgnifique Ambuleuse
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Lun 3 Mar - 20:48

Elle imagine sa plume glisser avec aisance et visualise les lettres qui entament une farandole.

- Second ?
- Attends, s'il te plaît, je veux écrire une carte postale !

Les lettres deviennent mots qui s'imbriquent et qui forment alors un chant mélodieux où se mêlent chaleur, sentiments et...

- Second ???
- Je... voudrais... écrire... une.. carte... postale !

L'inspiration aidant, elle pense déjà à quelques rimes ici ou là qui pourront agrémenter sa prose un peu trop class...

- Radine-toi par là ! SECONDDDDDDDDD !
- Il fait chier le vieux !

Oubliés la beauté des mots, la mélodie des phrases et les mises en formes poétiques.
C'est pourtant important le choix des mots, même pour une simple carte postale.

Mais c'est ainsi quand on a à sa charge un grabataire. Il est des sacrifices et des tisanes à faire. Beaucoup de tisanes même...

La Madgnifique se contente alors d'une banale carte pour son ami. Ça ne lui plaît pas des masses de devoir se contenter d'une littérature de masse et pourtant, elle s'y résout avant qu'on ne vienne lui annoncer que l'autre vieux s'est claqué quelques veines dans sa caboche déjà bien abîmée à force de l'appeler.


Citation :
De Madeline
à
Izaac Dusalève, Chancelier

Mon cher ami,

Entre Yin et Yang
Dans l'étroitesse des colonnes d'un Hercule
Je t'envoie un Hi Han
Du sud de la péninsule.

Bien à toi.
Ton petit.

Elle attrape alors son manteau, ses cartes et son chapeau et quitte sa cabine.
Passage obligatoire par le mess pour récupérer Camille – petit nom mignon de la camomille de 21h – et confier la carte à Pedro.

Merde, Pedro est Catalan...

- Por favor, Pedro, pode depo la carte po au buro de po ? *

Aura-t-il compris ?
Oui, il aura compris, car pedro est peut être Catalan, mais il n'est ni con, ni aveugle, et quand on lui tend une missive, il se doute bien que ce n'est pas pour se torcher avec.
Tout le monde sait qu'un Catalan utilise ses doigts, voyons...

Hum ?
Non ?
Z'êtes sûrs ?
Ah... Si vous l'dites, je vous  crois.

En tout cas le Pedro, même si c'est un manuel, il en a quand même dans le ciboulot, qu'on se le dise ! Et si d'aventure il se torchait avec la carte avant de l'envoyer... Izaac pourra dire que Genève est vraiment dans la merde.

Mais revenons-en a l'entrée en salle de commandement de la Madgnifique.

Attention...
Elle entre.


Voilà, c'est fait.
C'était beau hein ?
On la refait ?
Oh allez, siiiii, une fois...
Bon, d'accord, je n'insiste pas, on enchaîne.


- Pas la peine d'hurler comme ça ! Je sais très bien qu'il est 21h et que tu veux ta tisane, je le sais. JE LE SAIS !

Et mad tourne la tête :

- Ah ! Tu es là Maria, je ne t'avais pas vue. T'as piqué les fringues d'Aëlig ?

Oui, c'est terrible de s'occuper d'un grabataire. Il est des sacrifices et des tisanes à faire. Beaucoup de tisanes... Mais le pire, c'est qu'avec le temps, on se met à lui ressembler un peu... et quand on s'en rend compte... ben c'est pas grave, car une heure après, ben on s'en souvient déjà plus !

Elle est pas belle la vie ???




* S'il vous plaît Pedro, pouvez vous déposer la carte postale au bureau de poste ? (traduction maison, je débute dans le francatalan.)

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maria_paz
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 0:56

[Et pendant c’temps-là, la Paz vivait dans son monde.
Chef d'escadron, brigade des morses en tenue légère]



Elle n’en croyait pas ses yeux… ni son ventre.
Plus elle mangeait du poisson, plus elle en pêchait, et plus elle en pêchait, plus elle en mangeait.
Les fumées de ses fritures gonflaient voiles et l’équipage jusqu’à l’écoeurement.
Elle en engloutissait tant, qu’elle devenait sirène, agrippée à la proue du navire, saluant d’une main gracieuse et princière les marins des rafiots croisant au large.
Un jour, elle deviendrait la figure de proue d’un fameux trois mats, mais c’est une autre histoire.

Pour l’heure, elle dévisageait un maquereau aux yeux de merlan frit qui battait vigoureusement  de la dorsale, male en lui en prit. L’hameçon lui fendit la gueule à l’instant où la main fine et nerveuse l’empoigna pour le jeter énergiquement au beau milieu d’un banc de morues qui se jetèrent sur lui avec appétit.

Ne perdons pas de longue vue que nous approchions les côtes portugaises gorgées de ces femelles sacrées et salées, qui ne font des passes que pour se faire sauter à l'huile et à l'oeil dans les gamelles des cuisinières enjuponnées de Nazaré.

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Cendres
Narine Marchande
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 13:11

Lastreaumont a écrit:
Pendant ce temps, à la cuisine, Lastreaumont, à son chapeau. Car oui, même à ce poste et en ces circonstances, Last' n'a pas échangé son fidèle couvre-chef contre une toque ou autre galurin de cuisine.

Coq! Mais qu'est ce qu'il a dans la caboche le vieux?! Moi, coq! C'est n'importe quoi!

...

Hein?

...

Rapport au fait que je fais le paon devant les donzelles?! Mais rien à voir! Et puis un coq c'est pas un paon. Tous les piafs ne se ressemblent pas, même dans une basse cour.

...

Non j'suis pas d'mauvaise fois. Et puis...


Mouvement du navire. L'assiette change et les assiettes aussi, mais de bord. La louche dans un mouvement de même ne le suit pas (le mouvement), et c'est le drame. Le bouillon part au bouillon et macule chausses et plancher. Lastreaumont vire au rouge.

PAR LES BONBONS DU DEMON!!! En plus 'y a tout qui bouge tout le temps! C'est pas une cuisine, c'est une salle de bal! Tous les jours c'est diner dansant! Pas pour les invités, pour la vaisselle!!!

...

Oh la ramène pas trop toi si tu veux pas finir dans la soupe! D'ailleurs regarde ça comme elle penche la soupe! Les lacs en pente, c'est pas une légende. C'est juste qu'ils sont à bord des bateaux au lieu d'être autour, c'est tout.


Tant bien que mal, le service se finit.

Mais qu'est ce que je suis venu faire dans cette galère...

...

Quoi pas une galère?

...

Toi l'air marin ça te réussit pas. Je sais bien que ce machin instable sur lequel on est n'est pas une galère. C'est une expression chapeau de mes deux!!!


Et ça continue encore et encore...

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Cendres
Narine Marchande
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 13:11

Cendres a écrit:
[Cabine de pilotage - Le jardin des Délices]

Ah ! Madeline ! Vous êtes ici. Parfait... Parfait...

Regarde son second d'un drôle d'air

Dîtes... Non rien... Ne dîtes rien. Trouvez moi celui qui braille comme un goret chantant sur le navire. Fissa, illico, là maintenant, tout de suite, pas après. Ce sera trop tard. On ne s'entend plus ici. Il y a du laisser aller.

Je vous remercie.


Se retourne vers Aelig

Donc... Maria ! Traduction, prenez note. C'est capital.

Sors un papier de sa poche et commence à lire

Je dicte.

Le goujon
Petit poisson
Tourne en rond
Comme un saucisson

La mouette
Amie de la belette
Rote et pète
Quand elle fait la fête


S’interrompt

Vous suivez ? Dites si je vais trop vite ou si les mots sont ardus.

Le lap...

Ah non... Pas lui, ça porte malheur... Il faut changé... Au dépoté... Attendez voir... En "in"... "bousin"... "philippin"... Pas évident... "Marsouin" !
Parfait "Marsouin"

Reprenons, je dicte.

Le Marsouin
Poilu et malin
Saute sur le chemin
A la recherche d'un morceau de pain


Regarde Aelig

Voilà ! Assez travaillé pour aujourd'hui. Je vous dicterai la suite demain. Catalan, Portugais, Anglois et pourquoi pas en Italien, parait il qu'ils sont férus d'Art littéraire... En vous remerciant.

Se retourne vers la porte

Madeline, vous êtes encore ici ?! Que puis je ? Une question ?

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Madeline
La Madgnifique Ambuleuse
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 14:47

 Ce n'est pas une défaillance de votre parchemin, n'essayez donc pas de régler les mots. Nous avons le contrôle total de l'histoire : contrôle des consonnes, contrôle des voyelles et même de la ponctuation, on a eu les crédits pour. Nous pouvons aussi bien vous donner un récit flou qu'un récit pur comme le cristal. C'est nous qui décidons ! Alors, pour la vie qui vient, asseyez-vous tranquillement. Nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre et même sous-entendre sans trop le voir. Vous allez participer à une grande aventure et faire l'expérience du mystère avec « Au-delà du réel fictif de la réalité ambuleuse – passe moi la barre et mange ta soupe – atchoum va pas trop vite j'ai de l’arthrite . » *  

- J'vous ai apporté l'thé citron... Parce l'porridge c'est perrissable. Et parce que le citron c'est bon...

Stop ! Stop ! Stop ! Stop !

Cher lecteur, prenons un peu de recul sur cette scène, cela s'avère un tantinet nécessaire car on en a pour un bon mois de conneries à raconter, alors si vous voulez ne pas être noyé comme un poisson pêché par la Maria – la vraie, pas celle qui est déguisée en Aëlig et à qui on dicte non pas ce qu'elle doit faire parce que Maria, c'est une gonzesse du genre à porter la culotte en plus de savoir cuisiner une paëlla d'enfer, mais un poème animalier d'une bien belle facture, notons-le au passage – reculons-nous donc un peu, mais pas trop, car trop, c'est un peu dangereux et ça ne le fait pas trop.

Voilà, vous êtes à bonne distance. Donc nous pouvons poursuivre sereinement.

Tasse en main, la Madgnifique écoute en fermant les yeux le merveilleux message codé que Cendres dicte à Aëlig.

Sont trop forts les réformés... Vous parlent de marsouins et de belettes... Passent pour des neuneus dont l'air des Alpes leur tape bien sur le système... Mais comprenez bien les codes employés et vous verrez qu'HaCendres Céhef, il a toujours un wagon d'avance, mine de rien...

Ecoutez plutôt ce que ça donne si on décode ce message ultra secret :
Le goujon, c'est le poisson.
Le poisson, c'est le goujon.
La belette, c'est la mouette.
Quant à la mouette, c'est la belette.
Le Marsouin, c'est le pain et forcément le pain, c'est le marsouin.

Et là... vous découvrez le message codé envoyé aux troupes arrières prêtes à bastonner tout ce qui empêche la Réforme de s'étendre comme un poulpe contorsionné dans un coucou suisse qu'on balance enfin dans la mer :

Le poisson 
Petit goujon 
Tourne en rond 
Comme un saucisson 

La belette 
Amie de la mouette 
Rote et pète 
Quand elle fait la fête 

Le pain 
Poilu et malin 
Saute sur le chemin 
A la recherche d'un morceau de marsouin. 

Et là, tout de suite, tout prend sa véritable dimension non ?

Non ?
Mais siiiiiiiiii, yooooo mais si.... faites un effort.

COUCOU! COUCOU ! COUCOU ! COUCOU ! Kof kof kof...

Madeline tourne la tête vers le coucou Suisse qui quatro - coucoûte cher – oui faut avoir de la thune pour vivre en CH, c'est pas à la portée de tous.

- Il est 21 heures monseignor ! Et j'aimerais te demander une faveur... Une toute petite faveur... Toute petite la faveur...  COLLE PAS AUX COTES !

Et la Mad sort.
Voilà, c'est fait.

C'était beau non ?
On la refait ?
Non ? Toujours pas ?
Tsss...


Sur le pont, elle lève la tête. Là-haut, tout là-haut, vigilant la vigie gueule.
Une fumée dense danse autour de lui.
Non, ce n'est pas le brouillard, c'est la fumée de la friture.
Une odeur bizarroïde règne, mélange de poisson grillé et de potage secoué.


- Phil  grand frère d'Anne ? Ne vois-tu rien venir ???

Non, ce n'est pas une défaillance de votre parchemin... Ce sont les Ambuleurs, tout simplement. Quoique le terme « simple » ne soit absolument pas adapté.

* Générique de « Au delà du réel », librement réadapté.

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maria_paz
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 23:06

Pedromanuel a écrit:
J'aime pas être là. J'aime pas etre calfat. Je suis un bel  Hidalgo et j'ai les mains faites pour tâter de la peau de femelle, pas pour m'occuper de la coque en fond de cale.

Je voulais pas venir, je voulais rester avec Alliciante.

C'est elle, elle m'a convaincu. S'il te plaît Pedro, accompagne mon tonton Cendres.

La donzelle me fait faire que des conneries. De Catalogne, elle m'a fait émigré à Montpellier. Déjà, j'avais la biroute rétrécie par le froid. Puis apès ce fut les Alpes. Là, plus rien.

Je m'en fous de son tonton.

Et la blonde qui me prend pour un postier. En plus elle parle mal la Catalan.

Je m'occupe de sa lettre, et je vais me faire beau dans ma cabine.

Regarde moi les ses ploucs, à part la Bretonne, ils sont tous habillés comme des gueux. Le Tonton il porte un saladier et le mitron un chapeau de troubadour.


Volà la mouette est partie, je me casse, ils parlent trop.





Philippe_pygmalion a écrit:
Du haut de son perchoir, le Phil, en bonne vigie qu'il est, ne perd pas le nord, contrairement au lecteur qui a probablement déjà perdu le fil, et pas qu'une fois. Mais restez attentif, bon sang !

- Phil  grand frère d'Anne ? Ne vois-tu rien venir ???

Les mains en porte-voix pour se faire entendre malgré le vent ...

Ohé ! Mad'P'taine ! Content d'vous voir ! Z'êtes toute petiote là en bas ! V'faites bien d'mander ! Y'a une grosse tempête à bâbord. Pas trop près, mais pas trop loin non plus. Faudrait pas virer d'bord si on n'veut pas êt'plus trempés qu'soupe à Last. Straite à aid, diraient les zengliches. Plein Ouest, Ouais ! Comprenu ?

Il était même pas sûr qu'elle l'ait seulement entendu. Pourvu qu'ils mettent pas le cap au sud. Seraient bien coupables. Capables ? Aaaah, quelle bande de ...

J'la r'fais, par prudence. Ou par Toutatis ...

Gros-Temps-A-Bâ-Bord, Ca-Pi-Tai-Ne ! Main-Te-Nez-Le-Cap-West !

S'attend à entrendre un Kékidit ... Patiente ...



Elysabeth a écrit:
Remontant de la cale après avoir vérifié les stocks, elle avait la mine songeuse, la rousse. Pourquoi ? direz-vous… C’est que le stock de tisane baissait à vue d’œil et que le patron, ça lui prenait sa tisane. Elle n’osait imaginer le caractère du vieux bouc si il n’avait pas sa tisane. Et là elle se demandait si elle devait avertir la Madgnifique mémère ou pas. Parce que elle, elle savait comment parler à pépère.

Tout en réfléchissant à la situation, elle se promène sur le pont, jetant un œil aux voiles. Ah, que c’est bien d’avoir des voiles neuves. Pas de réparation à faire. Parce que réparer une voile, c’est pas qu’une mince affaire. Ses doigts en savent quelque chose. Et c’est à ce moment qu’elle entend le tonnerre. Le tonnerre ? Y’a bien du vent, mais pas d’orage…

Ah, mais non, c’est son ducaillon qui crie.


Keskidit ? Faut parler dans la direction du vent, tes paroles s’envolent !!! Pépère comprendra jamais, noméo !

Cherchant pépère des yeux, elle aperçoit mémère. Bon, elle l’appellera pas comme ça devant elle. C’est qu’elle tient à la vie, la rousse. Mais elle va en profiter pour lui annoncer la nouvelle.

On a un petit souci… on va être à court de tisane, surtout celle au citron. Par contre, on a une abondance de porridge.
Tu penses que du jus de chaussette, ça pourrait remplacer la tisane du patron ?



Aelig a écrit:
[Tantôt, dans la cabine du capitaine-cataracte]

Retour sur la bobine de notre quartier-Maître :  né à Brest dans la taverne maternelle, fils de feux un chevalier de l'Ordre Royal de la Licorne et d'une boulangère, Aëlig de Mirabeau a vécu toute son enfance dans le Maine. Celle-ci était classique d'ailleurs :  Orphelin tôt, père suicidé, mère disparue,  lourd secret, perte de repères, spirale de la délinquance juvénile, il fût enfermé dans un monastère et dût se résoudre à porter la robe de moine novice, obéir aux règles et apprendre les prières. Ça c'était avant de prendre le chemin des écolier. Depuis, son ascension fut fulgurante : de vagabond et gentil brigand de la forêt d'Anjou, il devint dernier Prime Consul du Canton de Lausanne-les-ruines, Camelot-Ambuleur, Reître Suisse,  Bourgeois de Genève et  maintenant quartier-maître. Certes, il devait ce poste, lui cadet de la marine catalane, à la carte de membre du syndicat des bateliers du Rhône troquée un soir dans un cabaret, contre trois pots de foie gras, à un lyonnais. Mais c'est surtout parceque notre vaillant héros avait levé la main le premier lors de la distribution des rôles. Fayot ? Qui a dit fayot ? Attention le catalan, j't'ai à l'œil !
Enfin, reprenons où nous en étions tout à l'heure, si vous le voulez bien.


Le second : - Ah ! Tu es là Maria, je ne t'avais pas vue. T'as piqué les fringues d'Aëlig ?

- Hein ?

Le Capitaine : - Donc... Maria ! Traduction, prenez note. C'est capital.

-Oui, daccord... Euh...

Après un moment d'hésitation, il se plaça devant le  pupitre et prit la  plume qu'il trempa dans l'encrier.

-Je dicte.

- Ouais d'accord...Vous dictez...
Mais en fait...Nan, parc'qu'en fait, moi c'est Aël...


Le goujon
Petit poisson
Tourne en rond
Comme un saucisson


- ...lig...


La mouette
Amie de la belette
Rote et pète
Quand elle fait la fête


Patron…Euh…Capitaine ?

Vous suivez ? Dites si je vais trop vite ou si les mots sont ardus.
Ah ouais, c’est vrai qu’ils …Mais c’est pas pour ça !
Le lap...


- C'est pas...

- Ah non... Pas lui, ça porte malheur... Il faut changé... Au dépoté... Attendez voir... En "in"... "bousin"... "philippin"... Pas évident... "Marsouin" !
Parfait "Marsouin"


- Voila…Le lapin

- Reprenons, je dicte.

- Ouais, ouais

- Le Marsouin

-D’accord, d’accord

- Poilu et malin

-Mais, en fait, non...

-Saute sur le chemin

-Ben v´là que j'en perds...

-A la recherche d'un morceau de pain

- Mon lapin.

Latin...


-Voilà ! Assez travaillé pour aujourd'hui. Je vous dicterai la suite demain. Catalan, Portugais, Anglois et pourquoi pas en Italien, parait il qu'ils sont férus d'Art littéraire... En vous remerciant.


- Ah ouais ?!

Aëlig écarquilla les yeux.

-Non, parceque...
Sans blague...
Tu veux... Vous voulez...Il faut que je traduise tout ça en Catalan, portugais, anglois et italien?
Moi ?


Mais le capitaine avait déjà pris congé de son interlocuteur pour s'entretenir avec son second.

- D’accord

...

- Alors, au revoir patron.


Il fit une virevolte et se dirigea vers la porte qu’il claqua derrière lui.

Plus tard, retrouvant  Maria.

- Dis Maria, j'ai un message pour toi...
Entre-nous, faut qu'on arrête de manger du poisson. J'crois que j'ai les seins qui poussent...


[...]

- Tu comprends quelque chose toi à ce baragouin ?

-...

-Comment ça il y a des erreurs de traduction en français ? Mais Maria, il ne peut pas y avoir d'erreurs de traduction, puisque c'est la copie originale...

-...

- Le Lapin ?
Taratintin ?

Ho là là !  

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Madeline
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 23:08

Elle avait tendu une oreille vers en haut et accusé la nouvelle.

- Hum... Hum... Je vois, je vois... Comprendu...

Puis elle avait tendu l'autre oreille vers Ely et accusé l'autre nouvelle.

- Hum... Hum... Je vois, je vois... Comprendu...

Il fallait faire immédiatement état de la situation à Cendres.
Etre claire, précise, concise.

Savoir parler aux vieux en général, c'était déjà tout un art.
Savoir parler à ce vieux en particulier, c'était tout dans le lard.

- CENDRES !

S'exclama-t-elle en surgissant dans la salle de commandement.

- Vers l'Orient ton cap tu maintiendras.
Habilement les vents tu contourneras.
Le presse agrume, désœuvré bientôt sera
Mais une robe « ispice di counasse » tu me commanderas.


Elle s'affala dans un fauteuil et poursuivit ses consignes.

- Et il faut piquer la canne à pèche de Maria. J'en peux plus de ses sardines grillées. L'odeur s'incruste partout et on se déplace depuis une semaine avec quelque chose comme 150 mouettes qui grouillent au dessus de nous. C'est pas très discret, ça fait du bruit et surtout, ça chie partout...

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maria_paz
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 4 Mar - 23:10

- Et pourquoi pas en chinois pendant qu’on y est ? Hein ?

Le visage assombri et buté annonçait un gros temps. L’orage s’approchait et de fortes rafales de vents soufflant en grains violents et tournants s’engouffrèrent dans la voilure brune.
Les mains jusqu’alors habiles à faire un nœud en gueule de raie se crispèrent sur la corde étranglée d’un coup sec.
Maria eut un renvoi d’air.


- Nan ! J’le f’rai pas !
- Moins fort Maria, il pourrait nous entendre.
- Qué importa?
- …
- Entre nous Aëlig, faut qu’on s’planque derrière quelque barrique bien dodue en attendant que el viejo finisse sa crise de goutte. Cette goule à gnole cherche à nous occuper, ni plus ni moins. Ton capitaine est éminemment un farfelu.
- Permets-moi de te rappeler que c’est aussi ton patron.
- Qui nous prend pour des perdreaux de l’année ! A vouloir nous faire traduire un conte à dormir dehors. C’est pourquoi je dis que c’est un farfelu. Sinon je dirais que c’est un saligot.
- Debout.
- C’est ça, cherchons une planque.
- Non. Debout. Dormir debout.
- Ben ça va pas non ? Eres loco ? C’est fatiguant de dormir debout !


...
...

Violent coup de pomme d'Eve dans la côte d'Adam.

- Dis donc, ce s'rait pas un message codé par hasard ? Parce qu'il est malin l'vieux singe.

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Cendres
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mer 5 Mar - 0:42

Spoiler:
 

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Aelig
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mer 5 Mar - 17:59

la lune glissant sur un ciel ouaté de nuages qui laissait entre eux des intervalles d'un bleu foncé au -dessus du pont, tranchait avec le danger du gros grain de vent qui menaçait. Au loin, la ligne noire qui montait lentement dans le ciel et n 'était séparée de la mer lugubre que par un trait de lumière ardent, menaçait de leur éclater au-dessus d'eux prochainement.

Gros-Temps-A-Bâ-Bord, Ca-Pi-Tai-Ne ! Main-Te-Nez-Le-Cap-West !

Aelig leva la tête et dressa l’oreille dans la direction du grand mât.

-Keskidi ?

Moi non plus j'ai pas compris. Je comprends d'ailleurs pas pourquoi Philippe a été placé à la vigie, on n'y entend jamais rien à ce qu'il raconte.

Violent coup de pomme d'Eve dans la côte d'Adam.

- Dis donc, ce s'rait pas un message codé par hasard ? Parce qu'il est malin l'vieux singe.

-Un message codé ? Ah ouais ? Mordieu ! T'es pas idiote !
C'est vrai que c'est un filou le vieux, plus rusé qu'un corbac ! Pas la première fois qu'il me fait prendre des vessies pour des lanternes...

Dis donc, ça sent drôlement ici...Snif, snif, snif... Ca sent fort la poiscaille. Tu ne serais pas tombée au milieu d' un banc de sardine ?

-C'est parcequ'on longe la côte portugaise ?
Ah ouais ? C'est vrai, je vois plein de lanternes au loin.


Mine bougonne et boudeuse de sa compagne.

-Bon en attendant, message codé ou pas, va falloir quand même qu'on traduise son poème, parce que j'ai des comptes à rendre. Et si je ne reviens pas avec ses traductions, le vieux, il va me faire un caprice, tu vois, comme les vieux capricieux... C'est comme son p'tit lait qu'il laisse traîner. Il tourne.

-Comment ça, Je vais traduire ? Mais Maria ! Je sais même pas décliner Rosa en latin ! Et puis j'te dis que le vieux il m'a confondu avec toi, parceque j'ai les tétons qui poussent...Tu voudrais quand même pas que je finisse dégradé, au fond de la cale tiens, à repriser des voiles, comme l'autre clande...catala...Enfin l'Pedro.


Rosa rosa rosam ?

"Rosae rosae rosa." Ah c'est bien, ouais, c'est bien...

Aëlig prenait note, le parchemin posé sur un tonneau.

"Rosae rosae rosas. " Ouais, ouais.

Tu vois quand tu veux.

"Rosarum rosis rosis."

-...

- Maria ?
Tu ne serais pas en train de te fiches de moi ?
C'est pas gentil...

-...

-Mi Pajajito...
C'est ton petit canari des îles qui te le demande.

-Allez ! s't'plaît.

-Juste cette strophe :
Le goujon
Petit poisson
Tourne en rond
Comme un saucisson


-...

-Maria ?

La nuit n’est elle pas douce et fraîche ?
Est-ce que tout autours de nous ne nous invite pas à l’amour ?

Sens les parfums de... ça sent ... Comme...Regarde le ciel plus tôt !Regarde la lune Maria ! Elle-même se met de la partie ! La lune, cette confidente des amoureux ! Oh ! le beau clair de lune ! Et cette lumière intime.. Que de mystère et de promesses dans cette lumière juste assez pour nous aimer et pas assez pour nous voir !

Il l'empoigna par la taille puis la plaqua contre ses...seins.

- Oh Maria je suis grisé de ton corps, ivre de ta beauté, mon amour infini me mine et me dévore.
Sous ton regard de braise, je sens, tant je t’adore tout mon corps exploser d’une tempête de désir !*


SCRAAATCH, BRAOUUM !*

- Wow, sympa les effets spéciaux !

"semental
Los peces pequeños
El entrar en círculos
Como una salchicha"


Desserre l’étreinte

- Attends, va pas si vite, faut que je reprenne ma plume !

Comment tu dis goujon ?


*Inspiré de Monsieur chasse ! Georges Feydeau
* Manifestation de l'orage au loin

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maria_paz
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mer 5 Mar - 22:49

- Pas goujon, goujat ! Que tu eres !

Elle raffolait des étreintes de son hidalgo qui pour l’occasion lui jouait son opérette à quatre sous. Seins contre seins et corps tendus, son souffle chaud sur ses tempes, presque mielleux lorsqu’il tentait de l’amadouer pour arriver à ses fins. Elle contenait son amusement. Jouer encore et encore. Se jouer de lui sans craquer. Enfin, pas encore.

- Hermoso corazón ! Pour sûr tu es doué à la manœuvre ! Tu crois que c’est en hissant le grand foc que je vais te faire deux passes de plus avec chaque toron ?*
- …


Elle eut envie de céder sous son regard empli d’attentes, esquissa un sourire pour assouplir ses mots.

- El tiempo es pesado, la tormenta se acerca,
Vayamos resguardarnos.


- Attends, attends ! j’écris !

Un bout de langue au coin des lèvres, Aëlig soufflait sur la plume à l’encre crissante.


- El tiempo est pesado…  et puis ? Ha oui !
- La Tor..men…ta se acer…
- Mais non sangre de Dios ! Je te dis qu’il faut qu’on se casse ! Y rápidos !!!!




* Episser un oeil : former une boucle permanente à l'extrémité d'un cordage. Entrelacement de trois torons après avoir formé la boucle, finir par deux passes de plus avec chaque toron en rotation. Tant pis si vous n'avez pas compris, pas le temps de vous faire un dessin.^^

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Cendres
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Jeu 6 Mar - 16:11

[ Le jardin des Délices - La cabine de pilotage]

Tout le monde s'affairait dans le navire, tous étaient assidue à la tâche assignée.
Le maître d'équipage au quartier maître, le Coq à la poule, la vigie vegettait, Elysabeth au stock auquel elle n'avait que peu accès, le second au porridge et le capitaine au capital. Si avec une telle organisation la caraque n'avançait pas... Mis à part les turpitudes de Deos, ça fleurait bon. Quoiqu'un peu la sardine.


Colle pas aux côtes... Colle pas aux côtes... Elle en a de bonne ! Ce sont les côtes qui me collent ! Plus je vais à bâbord, plus elles viennent de tribord !

Regard sur le nœud de chaise entamé.

Soupire

Puis sur le journal de bord

Soupire

Il détourne les yeux. Puis y pose le regard à nouveau

Soupire

Il l'ouvre

[rp]Cher journal,
Tu m'emmerdes.[/rp]

ça c'est fait

Soupire

Tagada... Tagada... Les doigts courent sur la table Tagada... Tagada...

Il se passe la main sur le visage, ralenti au niveau du nez, s'y attarde.
Les Yeux vert le ciel. Rictus. Concentration. Le doigt fouille.


J'y suis presque... J'y... Suis... Presque...

Rotation, pincement

Je te tiens...

Il tire

AH SA MÈRE LA CATIN DE VESOUL ! BORDEL A IONF DE MES DEUX ! CROQUEUSE DE JONC ASIATIQUE ! et caetera desunt

ça fait mal...

On a beau être vieux... Le poil est parfois bien accroché.

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Madeline
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Jeu 6 Mar - 17:09

[Jardin des Délices – Cabine de pilotage]

Ce qu'il y a de formidable avec les vieux, c'est qu'ils entretiennent le mystère.
On sait par définition qu'ils ne vous écoutent pas. Mais... vous entendent-ils ?
On sait par définition qu'ils ne vous répondent pas. Mais... se souviennent-ils encore des mots ?


-AH SA MERE LA CATIN DE VESOUL ! BORDEL A IONF DE MES DEUX ! CROQUEUSE DE JONC ASIATIQUE ! et caetera desunt 

ça fait mal..


Oui, assurément ils savent encore parler. Mais pour l'écoute... C'est peine perdue.

Aussi, Madeline avait assisté à cette scène d'épilation en restant complètement stoïque mais en priant intérieurement le Très Haut qu'il n'ait pas un poil de cul qui le démange car là... après la guerre, les famines, la peine, le malheur... ç'eut été trop pour son petit cœur.

Elle se contenta de désigner un objet et d'ordonner d'un ton autoritaire.


- Le poil... Dans l'écuelle avec les autres, pas par terre !

Oui, lecteur. Toi qui vis dans une société de consommation, sache qu'en ces temps reculés tout est utilisable et réutilisable. Et lorsqu'on est sur un bateau, tout est précieux. Et si l'eau douce est le plus précieux des trésors, les poils plein de cérumen du capitaine Cendres ont une valeur surestimables eux aussi puisqu'ils servent pour appâter les poissons !
Et ils aiment ça les bougres... Faut dire qu'avec tous les poils disgracieux qui lui poussent de partout, y'a de quoi faire une bonne bouillabaisse tous les jours... Et c'est pas Maria qui dira le contraire, même en chinois !

Elle prit à son tour le journal de bord pour le compléter :


Citation :
6 mars 1462
Capitaine : Madeline
Temps : orageux
Température : 37,2 le matin
Position : sur l'eau
Etat des réserves : manque toujours une robe « isipice di counasse » dans l'inventaire.
Moral des troupes : Yopla !

- Voilà, ça c'est correctement fait !

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Aelig
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Ven 7 Mar - 8:31

[ Golfo de Cádiz, où l'on échappe au grain.]



Un peu plus tard on entendit soudain le second, Madeline,  tonner  sur la dunette :

- Tous le monde sur le pont ! Quartier-Maître, Maître d'équipage, sur la dunette !

Aëlig et Maria, restés confinés toute la nuit dans un coin de la dunette, sortirent cheveux  hirsutes et allures débraillées, puis  prirent alors l'escalier du gaillard arrière. Au moment où leurs têtes dépassaient le plancher, il virent  Cendres à la barre et Madeline, qui semblaient interroger l'horizon avec inquiétude, puis prirent en cours de route  la conversation.

"-Palsambleu  !  Tu as raison Madeline ! Non-seulement le vent n'a point tenu, mais nous allons avoir un grain."

- Sans compter, cher Capitaine, répondit le second, que nous sommes en mauvaise position pour le recevoir. Nous aurions dû faire même route que l'autre navire...

Cendres  ne put réprimer un mouvement de mauvaise humeur.

- J'ai eu un coup de Trafalgar...

- Il a au vent Cadix qui va adoucir pour lui la violence du grain que nous recevrons, sans en perdre une goutte de pluie ni une bouffée de vent, et sous le vent tout le golfe de Cadix. Ajouta Madeline

- On s'en fout ! Lui il a une nave, et moi un trois mâts carré !

Cendres se tourna avec inquiétude vers la masse noire qui se dressait devant lui et qui, du côté du sud-ouest, ne présentait aucun abri.

- Bon! dit-il, nous sommes à un mille de Cadix.

-Oui, Cendres, tu noteras que je n'ai encore rien dit... que je me contiens... que je fais preuve de savoir-vivre...
T'ES TROP PRES DES COTES !!!!

Une rafale d'ouest passa, précurseur du grain de la tempête.

- Fais amener les perroquets, on va  serrer  le vent, lança Cendres.

- Capitaine ! Tu crains point pour la mâture? interrogea Aëlig,  qui avait achevé de monter sur la dunette et se tenait derrière, en compagnie de Maria.

-Je crains Madeline !

Madeline, de cette voix pleine et sonore du marin qui commande aux flots et aux hommes, répéta le commandement dans un langage technique d'anglois nautique  au Maître d'équipage,  Maria, qui elle-même devait traduire en espagnol aux matelots, une vingtaine de catalans recrutés à Barcelone. Notons que Maria n'entendait l'anglois et les termes de  marine guère mieux que Madeline le catalan et les marins catalans, l'espagnol. Ce qui donnait à peu près cette chaîne d'ordres cacophoniques :

Amenez, carguez et serrez les perroquets !
Lower, brail up and take in the gallant sails !
Arria, carga, y affera los juanetes !  

Mais Maria qui avait, une fois encore, compris que venait de surgir un danger, savait très bien comment se faire entendre par les matelots :

Y voush né fêtes pas lé a'n'douilles chicos ! Sino y liaura pas la pétite chirène qué sé dévoilé lé chaméti choir au fond dé la calé.

Aelig qui n'avait rien à faire, notre jeune moussaillon, Quartier-Maître et timonier sur le rôle de l 'équipage,  apprenait le maniement de la barre, mais on ne lui donnait point cette responsabilité par gros temps, uniquement pour suivre la route tracée par le capitaine, se hasarda :

- Est-ce qu'il y a du danger, patron   ?

Cendres se tournant vers Aëlig, se recompasa une mine altière.

-Il n'y a jamais de danger sur un bâtiment commandé par Cendres de l'Aube, parce que sa prévoyance va au-devant de tous les dangers; seulement, je crois que nous allons avoir un grain.

--Un grain de quoi? demanda Aëlig, ingénu.

--Un grain de vent, répondit Cendres.

--Je trouve le temps assez beau cependant, dit il tout en regardant, au-dessus de sa tête.

--Ce n'est point au-dessus de notre tête qu'il faut regarder, cornemuse !  C'est là-bas, à l'horizon, devant nous !
Sang-dieu !  Qu'est ce que je vais faire de lui ? Continua t'il dans sa barbe.

Une seconde bouffée de vent passa, chargée d'humidité; sous sa pression, le navire s'inclina et fit un crissement.

Sur le grand mât, on pouvait apercevoir Philippe, les mains au mâts, égrener une petite prière.

- Morbleu  ! Carguez la grande voile! Dit Cendres laissant Aëlig à des considérations météorologiques et jetant ses commandements sans transmission intermédiaire.
Mais qu'est ce qu'ils  foutent les rats de cale ? Ho !  bande de coléoptères...!  Magnez vous le cul ! Hâlez bas le grand foc! Nom d'une pipe !

Cinq minutes plus tard,  Le vent,  avait sauté au nord et le bâtiment avait le vent complètement debout. Le vent du nord avait masqué la voilure: les mâts, surchargés de toile, craquaient.

Le second  jeta un regard rapide et inquiet autour de lui. Le temps, nuageux toujours, s'était cependant éclairci. Cadix se dessinait à tribord, et l'on s'en était approché au point de distinguer, dans la lueur du matin,  les points blancs indiquant les maisons. Mais ce que l'on distinguait surtout, c'était les  larges franges d'écume blanchissant sur toute la longueur de la plage de la fureur des vagues s'y brisaient.

- CENDRES ! LA COTE !  TU COLLES LA COTE  !

- C'est pas moi qui colle aux côtes ! C'est les côtes qui me collent ! J'ai beau virer bâbord, elles attaquent par tribord !

De sa voix,  elle eructa :

- Changez la barre! changez derrière!  Virons en culant!

La manoeuvre etait hasardeuse. Si le vaisseau manquait son abattée, il était jeté à la côte.

Claclaclaclac...Firent les quenottes  de Maria derrière.

- Bon, ben, si vous n'avez  plus besoin de moi, je vais me retirer au fond de la dunette...

Cendre tonna en frappant du pied, comme si le navire eût pu l'entendre : Vire donc!  vire donc!

Le navire obéit. Il fit son abattée, et, après quelques minutes de doute, se trouva   le vent par tribord à l'ouest-nord-ouest.

-Bon! Reprit Madeline en respirant, nous avons maintenant cent cinquante lieues de mer devant nous avant de rencontrer la côte.

- Mais, dit Aëlig,  il me semble que nous n'allons point dans la bonne direction et qu'au contraire le bâtiment, a le cap sur l'Afrique.

Madeline d'un ton très pédagogue, qui était le sien propre,  prit la patience d'expliquer à son  élève :

-Nous nous élevons au vent pour courir des bordées et dans vingt minutes, nous allons pouvoir virer de bord et rattraper le temps et le chemin que nous avons perdus.

-Virer de bord ?  c'est faire ce que vous venez de faire tout à l'heure ?  Ah d'accord. Mais, est-ce que vous ne pourriez pas virer de bord un peu moins souvent quand même ? Parceque tout à l'heure, il m'a semblé que vous m'arrachiez l'âme...

Grain : terme de marine. Grain de vent, ou simplement grain, changement subit dans l'atmosphère accompagné de violents coups de vents.
Pluie subite accompagnée de bourrasque.

Illustration "Le navire d'Anne de Bretagne : une caraque prise dans la tempête"; Gwendal Lemercier.
M’excuse de l'horrible plagiat fait sur certaines lignes, qui collaient à l'IG et  que j'ai adaptées, au grand Alexandre Dumas et son oeuvre,la San Felice

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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Dim 9 Mar - 8:28

Maria_paz a écrit:
Sur le pont et pour tromper sa propre peur, juchée sur un tonneau, La Paz était revenue donner de la voix pour encourager les matelots à gorge déployée et dévoilée par une rafale impertinente. Erigée comme un sémaphore, les bras battant la mesure, imaginez un peu le tableau et la teigne, elle encourageait la troupe à sa manière.

- Vaya ! Cante cante ! Más fuerte ! Nombre de un perro !

No, no era la balsa
De la Medusa, este barco,
Qué se lo diga al fondo de los puertos,
Diga al fondo de los puertos,
Navegaba en padre pancho
Sobre la grande charca de los patos,
Y se llamaba los Amigos primero
Los Amigos primero.


Un gros grain dans le souffle d’un coup de vent lui renvoya les Amigos dans les amygdales. Elle n’en perdit pas une corde vocale pour autant et trompetta :

- Todavía! Y en francés por favor !

Au moindre coup de Trafalgar,
C'est l'amitié qui prenait l'quart,
C'est elle qui leur montrait le nord,
Leur montrait le nord.
Et quand ils étaient en détresse,
Qu'leur bras lançaient des S.O.S.,
On aurait dit les sémaphores,
Les copains d'abord.
*

Du fond de la basse-cour, montaient des bruits de gamelles battues sans mesures par un maître coq percussionniste à défaut d’être illusionniste.

- Hola du Chapeau ! Plus fort les basses !


* Brassens, vous l'aurez reconnu.

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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Dim 9 Mar - 8:40

Elle  chantait bien  Maria.
Ah  si vous l'aviez  entendue à Pampelune  égrener en plain-chant les  Avé, Maria,  à l'aube de ses  16 ans :  A cette époque, confia-t-elle un jour, elle portait les cheveux noirs  longs  et bouclés,  son teint était olivâtre et ses yeux enflammés. On la disait   fille  bâtarde  d'une égyptienne* un peu sorcière, du nom d'Esmeralda, qu'on appelait Belle, et de Don Diégo  de La Paz,  riche  négociant en produits de luxe,  honorable  bourgeois  et conseiller  municipal, tous les jours à la messe, huit  enfants dont l'un bossu, sonneur de cloches,  et un autre chanoine à la Cathédrale...Et le  soir, gérant du bordel  le plus  crasseux de tout le Nord de l'Espagne.

Maria, dont  les yeux étaient deux billes  sombres,  épaules  dénudées.  
Maria, dont les jambes  fines , que sa jupe dévoilait  par moment , étaient  prolongées  dans  un même  mouvement  agile  par des petits pieds qui dansaient  tout le temps.
Maria,  qui voltigeait  avec grâce,  entre   danse de séduction  et  ronde de Sabbat.
Elle était une petite fée, un ange, une succube, une enfant de Bohème et de la balle, tantôt charmeuse, tantôt amuseuse, tantôt jongleuse,  attirant tous les regards,  au milieu d'une faune bigarrée  où régnait débauche de bruits, de rires, de musique légères et de  chants  grivois provenants  des  voix  grasses  et avinées.

Et pourtant, quelle lumière dans ses yeux, quelle Lumière dans sa voix lorsqu'elle chantait les Cantiguas ** à la chorale  des  soeurs carmenites  va-nues-pieds, dans le couvent duquel  elle  avait  par la suite été cachée.***


Alors que le vent montait, que le navire tanguait et que le travail sur le pont tournait à l'enfer, les manœuvres furent exécutées avec  promptitude, les matelots et gabiers pour qui la mer n'était pas une passion - Nombreux étaient parmi eux des gens de cordes et sacs sans beaucoup d'expérience et à qui Cendres avait promis Monts et Merveilles - étaient regonflés par les tchicatchicatchic monophoniques  du Maitre d'Equipage, nouvelle égérie, voir petite sirène pour certains.
Des cales, l'on pouvait entendre  ce piétinement pressé et irrégulier de matelots polyphoniques, chantant en choeur  dans  les efforts qu'ils  faisaient pour lutter contre le danger :


Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hissez haut ! Hiiiisssez haaaut  !!


Au bout d'une demi-heure et de plusieurs tourne-vire et vire-tourne, un tous les  miles,  le grain  qui avait failli jeter "Le Jardin des Délices" sur les côtes de Cadix était passé;

En quelques heures, le JDD rattrapa la nave  devant nous que le grain avait atteint mais de façon moins sensible, la violence du vent ayant été brisé par les sommets et le bâtiment étant plus léger. Celui-ci remit du vent dans ses voiles, reprenant de la distance.


- Cap´taine  ! Le navire est toujours devant nous ! cria la vigie.

- SACRISITI ! Personne ne peut dépasser le navire du capitaine Cendres de l'Aube  ! Il faut le canonner ! Maître-canonnier ! Raoul ! Il est passé où le Glaber  ?  

- Il sèche la poudre, Capitaine.

Nous noterons un seul incident durant cet épisode venteux : le coq  avait passé toutes les manœuvres  à vomir.

Allez hop, double ration  de porridge  pour l'équipage  !

* Egyptiennne : Égyptiens, terme d'origine médiévale ; ce terme rappelle une ancienne légende selon laquelle les Roms seraient venus d'Égypte.  Le terme Égyptiens se retrouve également dans la formation de la dénomination gitano en langue espagnole et en langue anglaise : Gypsy.

**Cantiguas de Santa Maria : Le manuscrit des Cantigas de Santa María est un des plus importants recueils de chansons monophoniques de la littérature médiévale en Occident, rédigé pendant le règne du roi de CastilleAlphonse X dit El Sabio ou Le Sage (1221-1284). Ces cantigas sont le volet religieux de la littérature galaïco-portugaise, le volet profane comprend les cantigas de amigo, les cantigas de amoret les cantigas de escarnio.

***Nous  noterons  toutefois que Maria  Paz se lança dans la chansonnette  en osant participer à un concours  lancé par le bureau d'animation  municipale, intitulé  : “à  la recherche de  la nouvelle  menestrelle”,  où elle interpréta une chanson très populaire à Cadix  : “Qui a vu Coco dans l'Trocadero ? ”.  Bien qu'elle fût rapidement plébiscitée  par les lanciers du 10 ème escadron de la Guardia civil, Nous ne savons point si elle fût sélectionnée.

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Madeline
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Dim 9 Mar - 10:43

La tempête apaisée, le calme revenu, la sérénité retrouvée, la quiétude de retour, on pouvait à présent dire qu'à part les remontées gastriques du Coq symptomatiques d'un surmenage de ménage et de vaisselle qui valse, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes*.

- Bon ben à table alors !

C'est donc au mess que l'équipage s'attabla pour prendre une collation bien méritée.
Il débutèrent par une soupe de poissons, enchaînèrent avec des sardines grillées à la cendre et finirent leur menu de la mer par une crème renversée, car avec le Coq, tout finissait de traviole.

Madeline ne fut pas trop surprise de trouver quelques poils dans les sardines . Elle souffla à sa voisine Antoinette Lavoisine – ça ne s'invente pas – que rien ne se perdait, rien ne se créait, tout se transformait*. Elle ne fut pas trop surprise non plus quand cette femme griffonna sa citation sur un morceau de parchemin, le plagiat et l'imitation étant coutumiers depuis si longtemps.

Ils en étaient à tous s'essuyer la bouche quand Mémère – oui, elle savait pour « Mémère » - prit la parole :


- Lorsque nous avons passé Gibraltar, j'ai vu un animal intéressant qu'il nous faudra prendre le temps de capturer au retour. Il était là sur « lacoste » à se dorer les écailles. Alors je ne vous cache pas qu'il est laid... Très laid. Et dentu... Très dentu... mais il a de ces écailles ! Pour tout vous dire, quand je l'ai observé, ce n'est pas un animal que mon esprit a visualisé, mais un tas de besaces et de chausses.

Et là, elle se leva, s'appuya de ses poings sur la table, légèrement penchée en avant et pivotant la tête pour bien regarder en face chacun de ses interlocuteurs tour à tour.

- Je... VEUX... cette bestiole ! MAIS ATTENTION !

Et là, elle marqua un silence presque glacial.

- Pas de lance... Pas de trous hein, pas de trous ! Vous n’abîmez pas la matière première ! Vous le capturez vivant si possible, mort s'il le faut, mais intact !  Je suppose que Cendres...

Elle se tourna vers le capitaine qui avait piqué du nez et s'en alla claquer des doigts sous son nez.

Clic clic clic.

- … Hey roupille pas, on parle logistique ! Objection ?


* D'après Voltaire
** D'après Antoine Lavoisier

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maria_paz
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Lun 10 Mar - 20:59

[A l’entrée du port , ça coince…]

Ils avaient eu largement le temps de nettoyer la cantonnerie, le Coq et ses gamelles, le pont, le bavoir de ce vieux tromblon de capitaine, les nippes de mémère, la goule à Raoul, les slips d’Ely et de raccommoder le Phyl qui s’était pété le fond des braies en descendant un peu trop vite de son poste de vigie.

Le rafiot demeurait immobile.

Le rafiot bouchait le port par dessus le marché.


- Dis donc Aelig ! Quand le Capitaine à beuglé, il voulait qu’on jette l’ancre ? No ?

Ces deux-là sont des enfants de Bohême, font qu’des conneries.

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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 11 Mar - 11:42

[Jeudi  6 mars de l'an de Grâce 1462. Temps clair, vitesse du vent : 27 noeuds.
Où l'on retrouve le Jardin des Délices mouillant enfin dans la  lagune d'Aveiro. Paraît qu'il y avait embouteillage.]

- Dis donc Aelig ! Quand le Capitaine a beuglé, il voulait qu’on jette l’ancre ? No ?

Demanda  Maria avec circonspection, lorsque l'incident fût clos.

J'pense pas Maria. Le second a crié "let go"(1). Or "let go", dans le jargon maritime, a deux sens en français d'après mon manuel : laisser choir un pavillon ou mouiller l'ancre.

Alors j' crois bien que tu t'es emmêlée les fanions en traduisant aux matelots,  pensant que c'tait de l'ancre dont il s'agissait. j'me disais aussi que c'était trop tôt... Du coup, toute la longueur de la chaîne bâbord a défilé et le bateau a stoppé net avant l'entrée du port. Mais si ce n'était que ça.... L'effet de freinage de l'ancre fit faire une embardée au navire à tribord, droit vers l'autre bateau qui en sortait. Et je crois qu'on aurait pu encore limiter les avaries si, pour arrêter notre fâcheuse progression , on n'avait pas jeté l'ancre tribord, ce qui fût visiblement sans effet, puisqu'elle tomba sur le gaillard avant de l'autre navire qu'était plus bas que le notre et dont l'équipage, pensant qu'il s'agissait d'un abordage, se jeta à l'eau...

Résultats des courses : six heures pour desenquiller les deux bateaux !  Sous les injures assassines du  capitaine qui nous demandait de faire des choses impossibles à nous autres et au navire, sans parler du fait qu'on bouchait l'entrée du port. Faut dire aussi qu'on avait perdu notre mousse, tu sais, celui avec une tête de souris. Ce qui n'était pas pour le calmer*.  

Je m'étonnerai toujours de la réaction des gens pendant des moments d'incident mineur...


Fit une pause.

Allez viens Maria, descendons à terre trouver quelque chose à grailler. Le Coq vient d'annoncer  encore double ration de porridge ce soir.  

* On retrouvera le mousse en question recroquevillé sur le quai, répétant qu'il était arrivé au port à la nage sans pouvoir expliquer pourquoi il avait terminé le traversée dans l'eau.


(on s'est pris 4 blâmes avec Maria parcequ'on ne traduit pas en Français les quelques phrases en langue  barbare qui émaillent nos RP. Maria édite tes posts.)

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Aelig
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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mar 25 Mar - 22:04

[ Mercredi 12 mars de l'an de Grâce 1462. 11 °C, temps brumeux, précipitation :0, humidité : 86%, vent : 0]

Cher journal,

"Le Jardin des Délice" a fait sa première escale en Océan Atlantique, dans la lagune d' Aveiro, au Portugal.

Aveiro est une petite cité portuaire qui se développe remarquablement grâce à la pêche à la morue, bacalhau comme disent les portugais, un poisson moche et populaire très apprécié par les habitants et qui est à la base de nombreux mets délicats, je cite : la morue séchée, la morue salée, la morue salée et séchée, la morue à la portugaise, la soupe de morue, le foie gras de morue, la morue au porto, la morue panée, la morue frite, la morue à la vapeur, la blanquette de morue, le mille-morues, sans oublier l'huile de foie de morue et la morue a l'huile de foie de morue.

J'ai voulu moi-même manger de la morue et il faut savoir qu'on peut en trouver dans de nombreux bouges au port où règnent une obscurité quasi totale, mais également une atmosphère irrespirable, beaucoup de bruit et si possible un point d'alcool, où le pauvre marin débarqué peut se désaltérer à satiété. Je ne saurais trop t’avertir cependant, ami voyageur, si un jour tu passes à Aveiro, de la qualité médiocre de certaines morues et du prix exorbitant pratiqué. Méfies toi particulièrement des morues qui au premier coup d'œil sont appétissantes : généralement, elles portent des vêtements de couleurs vives (voir ne portent presque pas de tissus) et se postent au bord du point d'alcool, avec un œil de requin, prête à bondir sur la moindre proie sans défense(1). J'ai voulu goûter à l'une d'entre elle qu'était maigre comme un stockfisch, mais tu parles si c'était salé ! Il m'a fallu arroser tout le temps ! Paraît même qu'il y en a qui sont poivrées. Et si tu te plains, on te sert deux trois gros maquereaux avec l’addition. Ainsi, si tu es désargenté, mieux vaut se rabattre sur un bocal de roll mops d'occasion.

Le lendemain, nous avons pris la direction de Porto, grosse citée du nord, ville pentue, qui n'est pas sans me rappeler Lausanne-les-Ruines par sa topographie, et de l'illustre Henri Le Navigateur(2) qui poussa les caravelles à explorer l’Afrique. D’ailleurs, quelques habitans en furent rapportés et, curiosité locale, il n’était pas rare de rencontrer des serviteurs couleur ébène dans la ville(3). Henri fonda une institution pour navigateurs vers 1420, qui devint un véritable centre de documentation cartographique et nautique. Il imposa l'usage de la boussole, de l'astrolabe, "le preneur d'étoiles", et des portulans(4). Enfin, Henri était "l'inventeur de nouveaux mondes qu'il n'abordait pas mais vers lesquels voguait sa tête, farcie d'absolu et de rêves d'or(5)"

Et c’est justement des rêves d’or, d’encens et d’épices plein la tête, le regard porté vers la ligne d’horizon, que je me retrouvais à nouveau sur les quais du port d’Aveiro, au retour de notre expédition sur Porto, chargé de quelques fûts mais également de notes, car j'ai également profité de ce séjour dans "la Capital do Norte" pour me perfectionner dans les sciences de la navigation à l’Ecole d'Henri le Navigateur et découvrir quelques mirifiques manuscrits et portulans, ainsi que des cartes des vents et des courants.

Ainsi, peu avant l’embarquement, exploitant mes découvertes, je terminais d'ébaucher une carte agrémentée d'annotations sur un morceau de vélin, un tonneau me servant de pupitre, lorsque soudain je fus interrompu.


- Cosa stai disegnando? (Tu dessines quoi ?)

Absorbé par mes tracés, je n'avais pas vu dans mon dos le jeune garçon d’une dizaine d’années, s'apprêtant à manger nonchalamment un œuf dur et qui s’exprimait en italien. Probablement un mousse qui avait été recruté sur une nave marchande cabotant le long des côtes comme on en voyait souvent en Méditerranée, je m'étais dit .

-Je dessine une carte. M’empressai-je de répondre dans un italien rudimentaire, afin de chasser le jeune enquiquineur.
- Une carte de quoi ?
- Une carte maritime. lançai-je à nouveau sèchement.
- T’es cartographe ?
Devant l’insistance du jeune garçon, j'abdiquais. Vous connaissez les mioches, quand ils veulent pas vous lâcher avec 250 questions à la minute.
- Non, j’étudie un parcours.
- Pour aller où ?
- A la lointaine Cathay
- Où ?
- Aux Indes.
- Je connais.
- Ah bon ? T’es déjà allé ? Je scrutais le visage de mon interlocuteur haut comme trois pommes d'un air incrédule.
- Non, j’ai entendu parler. Il faut passer par la mer des Avérroïstes, (6) dit-il d 'un ton hautain.
- Pas forcément. Il y a un trajet plus direct. Annonçai-je crânement.
- Ah bon ?
- On peut rejoindre le Levant par le Ponant.
- Et ben moi, quand j’ai demandé à mon capitaine ce qu’il y avait à l’Ouest, il m’a répondu qu’on se cognait contre le ciel. Mon Capitaine, il dit que la terre est plate, entourée d'océans et fermée par une coupole.
- Balivernes ! Il est de notoriété que la terre n’est pas plate, mais ronde. Ceux qui disent le contraire sont des mystificateurs ! J’affirme qu’on peut rejoindre les Indes par l’Ouest. Ecoute ça : D’après les travaux de Petrus de Alliaco(7), l’extrémité orientale du continent asiatique serait proche des îles Canaries, tu vois ? Et il se trouve des géographes qui estiment très probable l'existence d'îles nombreuses, voire de terres plus vastes plus loin à l'ouest dans la mer océane.

Le jeune garçon fit une tête dubitative. Emporté par ma théorie, je poursuivais.

- Tiens regarde ma carte ! Je suis en train d’étudier un parcours direct en traversant l’Atlantique. Encore mieux que les portugais qui tentent de contourner par l’Afrique ! Pour pouvoir faire l’aller-retour, il suffit de faire un aller très au sud à partir des Canaries pour profiter des vents alizés soufflant de l'est, puis le retour se ferait plus au nord, en direction des Açores, afin de bénéficier des grands vents d'ouest qui nous ramèneraient en Europe.

- C’est si simple que ça ? Soudain ses yeux s'illuminèrent.
- Suffisait d’y penser. Hi ! Hi ! On pense parfois qu'une chose est ardue, voir impossible, alors qu'il suffit d'être ingénieux. Regarde, essayes de faire tenir debout ton œuf dur.

Je montrais du doigt l'oeuf que tenait toujours le gamin en guise de déjeuner. Le matelot affichant une mine à la fois curieuse et circonspecte s’exécuta et malgré plusieurs tentatives ne parvint pas à réussir. Je pris l’œuf, puis j'écrasai simplement l'extrémité de celui-ci sur le tonneau et m'écriai aussitôt :

- Il suffisait d'y penser ! Hi ! hi !
Le garçon bluffé interrogea à nouveau.
- Et tu vas essayer de trouver la Cathay ? Pour de vrai ?
- J’aimerais bien. Mais il faudrait encore que je finisse mes études de navigation, que je fasse armer deux, trois navires et surtout que je trouve des financements pour ma quête. Me faut beaucoup de jetons. C’est que ça coûte un bras d’aller vers l’Aëlique !

- L’Aëlique ?

- Oui, j’imagine que si un jour je découvre une terre nouvelle, on la baptisera peut-être avec mon nom. Et on y fondera la Nouvelle-Genève ! Il me plaît d'imaginer là-bas, une terre d'Asyle, un Refuge pour tous les réformés de l'Empire, de France et de Navarre.
- Moi aussi je veux découvrir de nouvelles terres et qu’elles portent mon nom !
- Ah ! Ah ! Et comment t’appelles tu minot ?
- Cristoforo Colombo*
- Colombo ? Hum… Ça fera jamais recette un nom pareil…

- Aëlig ! Magne-toi le cul ! Qu'est ce que tu fous ! T'es le dernier ! On appareille maintenant !

Hurla soudain le Capitaine depuis le bastingage

Puis tu me feras nettoyer les cales, c’est une vraie infection en bas ! Même mes cafards ni vont plus !

- Tu vois petit, comme je te disais, c’est pas demain que je découvrirai l’Aëlique, dis-je en haussant les épaules et lâchant un soupir. Et si tu veux savoir : tout ceci n’est qu’une chimère, un passe-temps, un dada. Tu vois, je finirai probablement comme second d’un navire marchand qui fera du cabotage jusqu’à Istanbul avec un peu de chance...

Je pris congé du jeune Cristoforo après l’avoir salué puis traversais l'embarcadère sans me retourner.

-Voilà, voilà, j'arrive patron...

Une fois le désamarrage terminé et l'ancre levée, je m'étais soudain aperçu que j'avais oublié ma carte et mes notes sur le tonneau. Je me précipitai alors au bastingage. Mais sur le quai, la carte et le jeune Colomb avaient disparu.

-'tain de Génois ! Sont sans gênes...(9)

1) Morue : en argot prostituée.
2) Henri le Navigateur, prince de Portugal, né en 1394, mort en 1460. Considéré comme l'une des figures du début de l'expansion coloniale européenne. Il n'a jamais navigué.
3) En 1443, des explorateurs ramenèrent les premiers esclaves africains au Portugal.
4) Cartes côtière très précises
5) Pas de moi.
6) Mer des Musulmans : Mer Rouge.
7) Pierre d'Ailly (1351-1420) cardinal français influent, auteur universitaire prolixe.
8 ) Christophe Colomb (1451-1506) prétend dans une de ses lettres qu'il fût matelot à l'âge de 10 ans.
9) En référence à la ville de naissance de Colomb. Il serait ici fastidieux d’énumérer les contentieux entre Genève et Gênes depuis la dernière guerre contre l'Empire


Edit : Corrections

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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mer 2 Avr - 23:55

Aelig a écrit:
[ 9 heures 28 minutes et 11 secondes plus tard.
N'oublions pas que le narrateur est suisse, pays de la précision horlogère.]


"Moi aussi je veux une jolie carte dessinée de ta main. Porqué ? Yé souis la Santa Maria. Je porterai le nom d'un bateau un jour."

Dit Maria à Aëlig en vis-à-vis, dans l'intimité d'une étroite cabine alcôve du gaillard arrière, tandis qu'elle essayait une nouvelle robe "Apparat", achetée sur le marché de Porto, qui lui donnait un air de Maja* s'apprêtant à danser, à grand renfort de castagnettes et de coups de reins, un voluptueux fandango.**

Et là, notre Aëlig, fou de désir, les yeux qui lui sortent de la tête, craqua complètement :

-Ventredieu ! Cette robe...Elle te va tellement bien !

On peut toucher ?


*Maja : Femme qui, dans l’Espagne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, s’habille simplement, comme une femme du peuple.
** Le fandango est un style musical et une danse traditionnelle espagnole de couple, d'origine andalouse.

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MessageSujet: Re: A tribord ! [...] Non ! L'autre tribord !   Mer 2 Avr - 23:55

Maria_paz a écrit:
Bas les pattes !

Et comme on dit à G’nève,

Y’a paaas l’feu au laaac !

Elle avait un joli poisson sur le gril, aux mains pleines d’envie ce qui la ravissait. Il était beau, il était fort et sentait bon le sable chaud. Enfin presque car après plusieurs jours de navigation il fallait être astucieux.

« A l’intérieur du corps humain, la pesanteur n’existe pas »

A l’extérieur non plus visiblement.


Et puis je n’ai pas terminé mes exercices.

Les paires de castagnettes dans chaque main, pendues comme des coucougnettes, reprirent leurs claquements rythmés dans une ronde auréolant le visage de son hidalgo. Il n’y avait pas qu’elles qui cassaient les oreilles. Elle commença à chanter comme si elle venait de perdre son père, d'une voix rauque et plaintive. Puis le volume monta crescendo et on aurait dit qu’elle accouchait d'une tempête. Dans ses évolutions et volutes de dentelles, ondulations et cambrures soutenaient un regard provocateur voué à nourrir la flamme.
Le plancher chauffait, souffrait et grinçait des dents sous les coups de talon.

La cadence ralentit, la mélodie se ponctua de soupirs. Le silence s’installa brutalement. La danseuse pivota dans un dernier claquement, le bras aérien et les doigts en éventail.


Déshabillez-moi mi amor !

Puis miaula.

Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite
Sachez me convoiter, me désirer, me captiver

Et d'abord, le regard
Tout le temps du prélude
Ne doit pas être rude, ni hagard
Dévorez-moi des yeux
Mais avec retenue
Pour que je m'habitue, peu à peu...


Sachez m'hypnotiser, m'envelopper, me capturer
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Avec délicatesse, en souplesse, et doigté
Choisissez bien les mots
Dirigez bien vos gestes
Ni trop lents, ni trop lestes, sur ma peau
Voilà, ça y est, je suis
Frémissante et offerte
De votre main experte, allez-y...

Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Maintenant tout de suite, allez vite
Sachez me posséder, me consommer, me consumer
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Conduisez-vous en homme
Soyez l'homme... Agissez!
Déshabillez-moi, déshabillez-moi



Et vous... déshabillez-vous!

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