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 [JdR] Le carnet d'Izaac

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iZaac
Père Castor
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 2 Fév - 13:22

Citation :
Expéditeur : J***
Date d'envoi : ***
Messire,

Je vous l'ai dit nos convictions divergent soit.
Toutefois il ne saurait, pour moi, être possible de vous rencontrer les armes à la main.
Je penses, aussi, que cette affaire du Béarn n'a rien à voir avec la foy et donc je ne prendrais pas les armes pour venir vous combattre. Je garde [...]

MMMmmm, c'est illisible là ! Qui a posé sa tasse sur mon pigeon !

Citation :
Peu me chaut pour satisfaire l'égo d'une princesse d'aller verser mon sang.
Depuis plus d'un an la Journée des Humbles a cours [...] Je pense aux prochaines élections [...] avec laquelle certains auront à compter.
Vous serez, sachez le, toujours le bienvenu [...] et les lois de la simple hospitalité seront toujours pour moi ce que je respecterai en premier.
Même étant [...] il ne saurait être question d'aller vous combattre puisque dans tous les cas le choix nous en est donné.

Je souhaite que le Trés Haut vous tienne en sa sauvegarde pour avoir la joie de vous rencontrer et d'échanger encore avec vous.
Je vous laisse vous assurant de mon amitié car étant persécutés vous devenez, de fait, mon ami puisque j'ai juré de servir les humbles et les opprimés.
Bien à vous
[...]

Citation :
De Tarbes, le onze,

Mon ami,

Je suis en effet devenu un exilé en terre béarnaise. Si les montagnes d'ici sont moins hautes que les miennes, elles ne sont toutefois pas dénuées de charme. J'ai piqué en terre hier, un edelweiss au bord d'un petit chemin que j'avais pris pour respirer le bon air de l'altitude. Je t'annonce que je compte bein la voir pousser. Je dois te dire que les béarnais nous y aident bien. Les voilà qu'ils relèvent les oriflammes contre nos soldats perdus et abandonnés par leur gouvernement. Je gage que cela ne sera pas sans nouvelles effusions de sang et coffres percés. Les aristocrates qui gouvernent le Comté pratiquent une bien curieuse politique, je dois te dire. Ils crient comme des hulottes contre les réformés et exigent leur départ sous les fourches caudines, et de l'autre coté, ils intriguent avec les romains, pour que le Béarn soit leur tombe. Je ne suis pas contrariant, tu le sais, je vais donc m'installer puisqu'ils m'interdisent de partir. Dans deux mois, nous présenterons une liste aux élections comtales. PetitFrère a bien gagné celle de Pau, nous aurons bien quelques sièges au château. En outre, d'anciens béarnais exilés eux par le pouvoir d'aujourd'hui, nous assurent d'un retour prochain et de leur soutien pour les prochaînes batailles, électorales cette fois. Les soldats des milices de Rome sont trop attachés à leur biens terrestres pour déménager et voter ici. Et vous savez comme je suis un homme patient.

Oui mon ami, depuis que les romains d'Acar et d'Armoria, et leurs secrétaires béarnais ont juré que nous ne sortirions pas vivant de Pau, il va bien falloir appeler cette guerre, qui fut autrefois celle de Genève contre le comté de Béarn, une guerre civile entre béarnais.

Je vous embrasse,

à ***

Izaac

Allez hop ! pigeon vole !

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iZaac
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 2 Fév - 13:22

[Plus tard, beaucoup plus tard, à Tarbes, une journée comme une autre. Où l'on constate un triste appauvrissement de la faune piscicole locale]

Citation :
27-01-1458 04:17 : Vous avez pêché un goujon.

Foutre molle ! Encore un...

Il faut se rappeler que notre hidalgo des Pyrénées, vaguement alpin jusqu'alors, frisait la cinquantaine. Il était de solide complexion, sec de corps, maigre de visage, matineux et grand ami de la chasse. On a prétendu, — les auteurs ne sont pas d'accord sur ce point, — qu'il portait le surnom d'Ultimus ; mais de vraisemblables conjectures donnent plutôt à croire qu'il se nommait en réalité Izaac du Salève - du nom de cette haute hauteur qui surplombe la belle et grouilleuse cité de Genève et où il occupait un petit ermitage, parce qu'en altitude, l'air est plus pur-. Cette question, du reste, importe peu à notre histoire; il suffit qu'en la racontant nous respections la vérité. Or, il faut savoir que ledit hidalgo consacrait ses loisirs, — qui duraient presque toute l'année ces derniers temps, — à pécher, et cela avec tant de plaisir et d'enthousiasme, qu'il finit par oublier complètement la justice et la chasse au Yohann et même l'administration de son bien. Cette curiosité et douce folie le menèrent si loin, qu'il laissa en jachère bon nombre d'arpents de terre cultivables pour acheter des appâts, et encombra sa maison provisoire de tous ceux qu'il put se procurer. Par malheur, ces loisirs troublaient l'esprit du pauvre hidalgo, qui passait ses nuits à essayer de prendre à nouveau un de ces ombres, espèces exotique qui frayaient jadis généreusement dans la rivière d'ici, mais dont il n'avait plus attrapé le moindre individu depuis un lustre. Tâche qui eût été au-dessus des forces d'Àristote lui-même, il faut le concéder.

Bien souvent il eut maille à partir avec le curé du village sur la nature du poisson, l'ichthus des premiers aristotéliciens, et l'autre. comme quoi, une vie d'hérétique, ça dépend de pas grand chose quand même.


Préboist, c'est encore friture en fenouil ce soir... Prépare le poêle.

Maestro, c'esta la dame Mortain que arribar iestedè.

Qui ?

Iestedè olle maï traoblez sime so close euouai...

L'est sourd comme une coucourde le vieux. A force d'être solitaire...

Armoria de Mortain ! Sinior !

Ahh quand même... Renseigne-toi je te prie, est-ce qu'au Louvre de Pau, on mange de la friture aussi ou la mode était elle à la soupe bouillabaisse ?

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iZaac
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 2 Fév - 13:23

Les épées sont en bois, la mitraille, un tas de cailloux et c'est tout. Les archers, trois par trois, en bataille, ont des arbalètes en bambou. Tous les derrières qui mordront la poussière, ah oui ! apprendront qu'à la guerre il faut rester debout. Les archers sont au Roy, mais la gloire est à celui qui la gagnera.

Les épées sont brisées, la marmaille maintenant retourne au foyer. Tabliers déchirés en pagaille, il y aura des comptes à régler. Vainqueurs comme vaincus, sur tous les derrières nus, les mains de tous nos pères feront subir leur loi de fer. Car chez nous, c'est l'endroit où se portent, nos plus belles décorations.

Un deux trois, aux tambours, aux trompettes, quand on marchera pour de bon, on regrettera ce temps de fêtes, où l'on se battaient... pour des boutons...


Izaac, arrête de faire le gamin !

Quoi Seigneur ?

Izaac, tu sais très bien ce que je dis ! C'est sérieux, la vie d'en bas !

Mais Seigneur ?

[...]

Regard penaud. Un coup d'pied dans le saladier de ferraille qui traine encore par terre.


Izaac, tu as fait des malheureux ici ! Des gens ont pleuré à cause de toi ! Regarde combien de preux béarnais tu as condamné à abandonner leur champ, leur choux, et leur vaches, veaux et moutons, pour te chasser toi et les tiens !

Les nôtres, Seigneur ! Les nôtres ! Je bosse pour toi quand même !

[...]

J'déconne Izaac ! J'suis fier de toi !

Ahhh ! merci Seigneur !

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 16 Fév - 18:16

[deux reitres en faction, hallebarde au pied, mijotent sous l'oriel d'une maison de Tarbes. Cour intérieure, comme il se doit]

C'est un peu gros non ?

Tu crois ? C'est un marseillais qui l'a dit, il parait.

Ah ben c'est sûr, c'est sûr alors. Les croisés de Genève taillés menus par des mangeurs d'olives... Et pis c'est où Brignoles ?

En Provence.

Je sais qu'c'est en Provence, ladre vert ! J'te demande c'est où ?

C'est dans les baux de Provence. La nourrice et demeure des enfants de la couronne du marquisat, toutes les comtesse de là-bas y ont accouché, qu'on dit. On y cultive et mange des prunes aussi.

Tu parles d'une prune ! Les cinq armées françaises sont défaites et en déroute. Le Bourguignon est sur un brancard pour quarante cinq jours, Lekaiser, le Connétable de France et Legueux, un bon homme de la pairie, pareil, P3V3 et Alcalnn, l'Amiral de France, sont sérieusement blessés...

Un ongle incarné ?

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 16 Fév - 18:17

L'Histoire est certes, une sacré catin, une fille facile que l'on peut violer, à condition toutefois de lui faire de beaux enfants. Une page illustre se tournait. Izaac faisait ses bagages. Ces petites boutiques de Tarbes allaient lui manquer. Il alla une dernière fois chercher sa tranchette de jambon local, si savoureux. Il paya rubis sur l'ongle, parce qu'il le valait bien, en thaler genevois pour que le mioche de cet illustre charcutier local puisse conter plus tard à ses enfants l'aventure des genevois en Béarn. Et p'is, il collectionnait les monnaies exotiques, le petit.

Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière...


Tagadamos Inge* !

* : Ingeburge, dite affectueusement Inge, était la fidèle mule d'Izaac, une honorable bestiole, très certainement.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 16 Fév - 18:17

Comme il convenait à un honorable demi béarnais, Izaac s'en fut donc présenter son demi compliment à la comtesse de Béarn. Ayant tout réglé, Izaac s'embarqua pour Pau rejoindre Gnia qui devait recevoir parée de ses habits comtaux, les hommages des barons et chevaliers du Béarn.

Citation :
De Tarbes,

Madame,

Je suis ce jour entre vos mains et en gage, comme convenu. Je n'ai jamais été doué pour les révérences, et mes genoux se refusent désormais à plier plus que de moitié. La goute ! Madame, c'est cette incantation qu'un jour, un maître apothicaire lusitanien me lança en me prescrivant une cure au soleil. Je le sais, ce n'est qu'une goute du mal que nous avons pu faire à votre beau comté que j'essuie ce jour. Je gage que c'est de la sueur et non du sang. Je gage qu'elle est promesse de sain effort et non d'effroi. Je vous souhaite longue vie pour vous Madame, et prospérité pour votre peuple. Vous savez, Madame, quel adversaire un genevois peut-être. J'ai fait tout ce que je pouvais pour causer du tort au gouvernement de votre comté. Rien ne m'empêchera de confesser hautement combien grande était ma passion pour Genève et ses intérêts. C'est ce fidèle ennemi qui vous demande de considérer jusqu'où peut aller sa détermination contre ceux qui traitent sa cité avec mépris. Si vous voulez bien me mettre à l'épreuve, il n'y aura qu'à changer les noms et l'on verra toujours une semblable amitié entre vous et moi, digne des mêmes louanges.

Salutations et paix.

A Pau,

Izaac du Salève.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 16 Fév - 18:18

Gnia a écrit:
Vole, petite missive portée par le cliquetis du troufion de service chargé de te faire descendre de la plus haute tour du Castèth jusque dans ses entrailles.

Dévoiles toi sous l'oeil chassieux du vieux ex-chancelier de Genève logé aux frais du comté dans la cellule de luxe pour Réformés, dont on a pris soin cette fois-ci d'en faire garder l'huis par des matons peu sensibles aux charmes du ramponneau.

Manquerait plus qu'il fasse comme l'Amiral, le Vieux, et qu'il passe ses soirées en taverne paloise sous les regards bienveillants de trois jean-foutres...
La classe, les geôles de Pau... La perméabilité aussi élastique que le reste...


Citation :
Du bureau comtal,
A la geôle 6, quartier des privilégiés,


Messer Izaac du Salève,

Si nombre de vos compatriotes et camarades se sont pliés de bonne grâce aux modalités de l'accord convenu entre votre représentant et nous, il semblerait que nous ayons le plus grand mal à nous défaire de fortes têtes.

Vous conviendrez qu'il serai fort regrettable d'avoir à retarder votre départ, ou pire à devoir nous résoudre à écourter durablement votre séjour parmi nous pour quelques récalcitrants en mal de rébellion.

Je conseille donc vivement de tenter de rappeler à la raison Sembreendevant, ce fat, qui tel le vautour talonnant la horde de pillards pour se nourrir de leurs restes, a suivi certains d'entre vous à leur entrée en Béarn par Tarbes à la fin d'octobre, poursuivant sa femme tombée dans les bras d'un autre.
Il n'est pas des vôtres dit-il. Mais pourtant, repoussé par notre armée sous les remparts de Tarbes, convalescent durant un mois et demi, il a forcé ensuite encore nos frontières pour y rejoindre votre compagnie et ne point la quitter.
Si au moins il nous faisait grâce de son courroux factice à voir son nom parmi les vôtres... A ce rythme, c'est à coup sûr le jugement sommaire et la corde qui l'attend.
Il en va de même pour Phonya, l'épouse adultère donc - si j'ai bien suivi les potins sur les moeurs et autres histoires de coeur et fesses de l'éphémère communauté Réformée du Béarn - qui subitement repousse son départ et disparait.
Quant à votre cardinal-tyran auto-proclamé, il serait de bon ton qu'il évite les cuites à la veille du départ et reste sobre le temps de son voyage. Même les milles millions de poutounes qu'il nous envoie ne sauraient fléchir l'agacement qui nous gagne.
Nous avions un accord pour tous ou aucun, nous souhaiterions donc, dans la mesure où nous avons honoré notre part, qu'il soit mené à terme d'autant que de tels retards corsent d'avantage les possibilités de vous faire sortir de nos terres sans émouvoir nos voisins.

Voyez, nous ne haïssons rien tant que les grains de sable incongrus qui mettent à mal les rouages parfaitement huilés.
Nous osons donc espérer que certains ne pourront vivre tranquilles en se sachant la cause de votre exécution. Cela alourdit considérablement la conscience et rend pénible la poursuite d'un sommeil réparateur, et plus encore lorsque l'on s'expose à la vengeance de ceux qui tiennent à vous récupérer entier et bien vivant.


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iZaac
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 16 Fév - 18:19

[lumière avare d'une aube enneigée, geôle 6. 6 comme le début du numbère of ze bist. Allez savoir si c'est pas fait exprès]

Le doigt s'insinue lentement mais surement dans la dextre cavité. Il trifouille le pavillon juste le temps qu'il faut pour faire grossir en la roulant une petite boule. C'est un peu comme une avalanche, voyez-vous. Vous commencez avec une petite boulette et, l'ouvrage avançant, vous sortez de votre narine une énorme crotte. Et Izaac avait le doigt long ! Enfin, c'est ce qu'il se disait à Rome, dans les caves de la basilique Saint Titus. Izaac s'était d'ailleurs toujours demandé si ces caves là communiquait avec celles du Louvres. M'enfin, il se disait que ce devait être comme avec son tarin : ça communique pas nécessairement, mais ça vous fiche la migraine quand c'est plein de schnoutre*.


Comment ça Petitfrère a loupé la lance parce qu'il s'est torché la trogne à l'abreuvoir d'une taverne de Pau ! Comment ça !

Izaac baissa la tête, qu'il portait toujours et soupira.

Et dire que les palois avaient voté pour lui...

*: le schnoutre est comme son nom l'indique un truc dégoutant qui coule du nez quand on est malade. Des fois vers dehors quand on se mouche, des fois en dedans quand on a faim.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mar 16 Fév - 18:29

Et Izaac se présenta là où il devait se présenter. A l'heure, comme il se doit pour un suisse.

Voilà, c'est fini
On a tant ressassé les mêmes théories
On a tellement tiré chacun de notre côté
Que voilà, c'est fini
Trouve un autre rocher petite huître perlée
Ne laisse pas trop couler de temps sous ton p'tit nez
Car c'est fini...hum, c'est fini...


[...]

Izaac, tu trouves que tu as l'air d'une... d'une quoi déjà ? d'une petite huître perlée ? Mais où vas-tu chercher une chose pareille, Izaac ?

Oh, Seigneur, c'est bon, là ! Pas la peine de se moquer ! L'hérétique est romantique, et ensuite ?


Izaac !

Oui oui Seigneur, je sais, je sais... Oui Seigneur, oui…….. Il n’est de Dieu que Dieu… En disant : « croyez en moi », le très Haut a voulu que la vie entière des fidèles fût l’antichambre du Ciel… Cette parole ne peut pas souffrir des prescriptions d’une Autorité, telles qu'elles sont exigées par le prêtre et le seigneur. Aucune prescription d’Homme n’est légitime… Le Très haut transmet ses commandements par les rêves et par le verbe…C’est pourquoi le vrai croyant doit se défier de ceux qui usurpent la parole divine, et ce jusqu’à l’entrée dans le royaume des cieux. Gnian gnian gnian…

Izaac !


Parti comme c'est, le royaume des cieux est pour bientôt, moi, j'vous dis.

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MessageSujet: Izaac à Montauban   Mer 24 Fév - 21:55

Les tribulations d'Izaac avaient conduit ses poulaines usées jusque sur les parquets d'une coquète hostellerie de la bonne cité de Montauban. Izaac avait maigri et il se disait des choses ignobles sur les aristotéliciens réformés. Allez savoir si les deux choses étaient liées.

Citation :
Izaac

Taille: 6 pieds 3 pouces
Poids : 140 livres tout mouillé en ce moment
Ville natale : Inconnue, Du coté des alpages, fond de vallée certainement.
Pro Début : 1455

À un âge certain, Izaac avait déjà 25 années d'expérience de lutte dans toute l'Aristotélité.

Il a commencé sa carrière au LJD à l'âge de 18 ans en remplaçant un lutteur blessé lors d'une tournée en Franche Comté. Il se fait alors appelé "Le Boulet" Izaac. Il s'entraîne par la suite dans la CRS de la CDL et son expérience s'accroît lors des tournées effectuées en Confédération Helvétique. Après une grave blessure et plusieurs mois de rééducation il revient au LJD sous le nom de Assad.

Izaac a gagné à plusieurs reprises le titre de meilleur jeune lutteur de l'année décerné par plusieurs gargotes spécialisées. Son père, Abraham , fut également un grand catcheur en Europe.

Autres noms de catcheur : Assad (LDJ), Le bourreau des Helvètes (CH), Primousse petit mais costaud (WWE), l'innommable (Rome), le vieux (chez ses potes de taverne).

Mouvement de Finition : Sitout Powerbomb ou Spinebuster
Mouvements Favoris : Braveheart; Rainman; Sleepless in seattle; Blade.

Métiers pratiqués en dehors de la lutte professionnelle :
Il a été bodybuilder professionnel et aussi videur (boîtes de nuit et/ou bar, je n'ai pas réussi à savoir). Mais ça n'a pas marché. S'est rabattu sur le commerce. Est à la tête jusqu'à dernièrement d'un puissant consortium international.

Autres sports pratiqués en dehors de la lutte :
Entre autre Bodybuilding professionnel, powerlifting, Soule (étudiant) et pêche à la mouche.

Tatouages :
une croix huguenote avec un petit poisson sur le bras droit. Le reste est intime.

Le vieux regardait le soleil se coucher. Le lion de Guyenne enflammait l'oriflamme au dessus du beffroi de la cité. Un portrait du cher duc El Barto ornait la poutre sur l'âtre. Le chancelier avait un peu vieilli.

Dites voir, mon petit, vous me prépareriez une soupe ?

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Mer 24 Fév - 21:55

Et hop, pigeon vole !

Citation :
De Montauban,

Chancelier,

Je me permets de vous écrire afin de vous présenter mes amitiés. Je suis heureux de vous retrouver en si bonne forme. j'ai vu un joli portrait de vous, ici, et je trouve que vous avez bonne mine. Je suis arrivé il y a peu dans votre nouvelle patrie, vous avez ouï, je crois, la guerre que Genève mena en Béarn pour obtenir enfin que cette raclure d'assassin en soit banni. Six longs mois et un changement de conseil à Pau ont été nécessaires pour que le canton obtienne ce qu'il était venu chercher. Entre temps, la noblesse noire qui vous a laissé tant d'excellents souvenirs à Berne a pris le pouvoir à Genève. Mais je vous importune avec ces vieilles pages d'une histoire que vous avez tourné. Je me souviens encore lorsqu'à Berne, vous promulguâtes les statuts de la cour d'appel helvétique. Que de longs mois avons-nous du attendre pour enfin établir que la justice helvétique soit enfin souveraine et offre à tous les justiciables des conditions honorables dignes d'un État civilisé. Je conserve encore un bout de fromage d'emmenthal que je tiens à votre disposition. Un cadeau de Dame Gaia. Je sais le duché de Guyenne tenu par un concordat qui le soumet en partie à l'autorité de Rome. J'attendrai donc volontiers l'échéance de votre charge ducale avant de vous inviter à partager la fondue, ici à Montauban. Je ne souhaite pas que la considération que se reconnaissent des patriotes, hommes de devoirs, puisse vous porter préjudice dans votre ouvrage actuel. Je sais les autorités ecclésiastiques pointilleuses et jalouses de leurs prérogatives. Les aristotéliciens réformés sont objets de leur haine vindicative et rancunière. Je ne me rappelle que trop bien que même quelques dizaines d'"hérétiques" font dresser les buchers de la Rome éternelle. Nous avons jadis à Genève, su la lumière de tolérance de monsieur l'archevêque de Bordeaux. Je tenais à vous assurer de mon profond respect pour vous. Vous fûtes mon chancelier, je fus votre juge. Cette époque même révolue, le Rhône a coulé sous le Salève depuis, reste douce à ma mémoire.

Je suis votre serviteur,

Au duc de Guyenne, Bordeaux, le 24 février.

Izaac

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Ven 26 Fév - 19:37

El_barto a écrit:
[A l'Ombriere]


L'on frappa à la porte des appartements privés du Duc. Bragevin entra, et s'inclina. Puis se dirigea vers le Régnant.

Votre Grâce,

Une missive vous a été adressée. Elle ne porte pas de scel. Mais le coursier qui l'a apportée souhaitait vous la remettre en main propre. Dois-je me charger de sa lecture et vous en rendre compte ?


El Barto leva le nez des écrits du Grand Coutumier qu'il épluchait soigneusement depuis la veille.

- Non.

Il sa cala dans le fond de sa chaise large et ouvragée. Se frotta les yeux, et continua :

... donnez-la moi, je vais regarder.

Le Secrétaire s'exécuta, s'inclina de nouveau, puis regagna son annexe au grand bureau ducal.


Le Duc reprit sa lecture des textes à revoir, plaçant d'un geste distrait la lettre reçue sur un coin de table.

Ce n'est qu'en milieu d'après-midi, se levant pour regagner la salle des débats, que son regard se posa à nouveau sur le parchemin plié. Il se rassit et découvrit le contenu du petit document.

Son air fut distrait un petit moment. Puis entama la réponse qui suit.


Citation :

Izaac,


De l'eau a coulé dans la Sarine depuis ma Chancellerie helvète, il est bien vrai. Le froid hivernal, parfois tenace et malin, ravive en certains jours une vieille douleur en mes côtes, souvenir des remparts de Geneve. J'ai par ailleurs sûrement pris quelques rides, la traversée de l'Empire et du Royaume françois ne peut se faire sans marquer un corps. Ici la politique est différente de ce que vous avez pu connaître en cette chère Helvétie, aussi pourrais-je m'en entretenir avec les plus virulents membres de la Noblesse Noire, si jamais mes rencontres me ramènent devant eux.

La Guyenne est en effet liée à Rome par un Concordat. Concordat cher aux Guyennois et particulièrement au Conseil Ducal. Je sais votre avis là-dessus. Toutefois, je ne m'arrête pas au préjugé. Et passer du temps avec un Réformé paisible, ou du moins qui ne trouble ni ma vie privée ni ma vie publique, ne m'est en rien un problème. Je reçois avec plaisir votre proposition de fondue. Néanmoins, je dispose de fort peu de temps en ces jours qui me sont chargés de devoirs. Peut-être pourrons-nous en reparler un peu plus tard, pour organiser cela dans une bonne auberge montalbanaise. Je ne manquerais de passer en l'église de Montauban, que les derniers événements ont porté à mon attention, avant de vous rejoindre à table et d'apporter une bonne bouteille de Bordeaux.

Para Guiana,

El Barto
Duc de Guyenne.



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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Ven 26 Fév - 19:38

"Les chefs de l'Église Aristotélicienne qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées de la Curie de Rome, ont formé le dessein de gouverner le Monde. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi qui s'est insinué dans Genève pour cesser le combat. Ce jour, l'Église Aristotélicienne rétablie son Joug sur le Canton de Genève. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force navale, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Déjà, leurs pigeons partent partout dans les airs annoncer leur victoire. Infiniment plus que leur nombre, ce sont leurs sombres manigances qui nous font reculer. Leurs efforts pour nous planter bassement leur poignard dans le dos au lieux d'accepter les défis francs et honnêtes que nous leur proposions, ont surpris les nôtres. Nous, Soldats de la Réforme, sommes des hommes d'honneur !

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? Le rétablissement du joug de l'Église en Helvétie est-il définitif ?

Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la Liberté. Nous ne sommes pas seuls ! Nous ne sommes pas seuls ! Nous ne sommes pas seuls ! Elle a un vaste Empire derrière elle. l'Empire de ceux qui croient, plus fort que tout, que l'avenir est ailleurs que dans la soumission. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille pour un diacre à Genève. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par les forces obscures et malignes de l'Église, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force supérieure : la Foi en la Liberté ! Le destin du monde est là. Moi, patriote Helvète ! Moi croyant en la réformation de la foi aristotélicienne, actuellement en exil, j'invite les combattant de la Liberté, où qu'ils se trouvent, avec leurs armes ou sans leurs armes, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance aux sombres desseins de domination de l'Église, ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai encore.

Au nom du Très Haut ! Amen !"


Izaac !

Grumpf...

Izaac !

On me parle ? Seigneur ? Quoi Seigneur ?

Izaac se redresse brusquement, l'édredon tombe à ses pieds, le bonnet de nuit déborde sur l'oreille dextre. Mais point sur la senestre, ce qui franchement donne l'air con au vieux.

Arrête de rêver Izaac ! Genève est loin.

Tu me réveilles pour me dire ça, Seigneur ?

Izaac bougon, se réajuste. Il avait lu et relu la charmante lettre du duc et ça l'avait ramené droit en Helvétie.

J'ai le mal de la mère patrie, Seigneur, et tu te moques ?

À trop aimer sa mère on devient lubrique, Izaac.


Ouèch ! Sur la tête de moi ! Tu parles pas d'ma mère ou je fais Pape ! Nan, pire, évêque de Bordeaux !

Izaac !

J'ai rien dit Seigneur !*



* : c'est là qu'on voit que Deos, les didascalies, il s'en fiche, lui.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Ven 26 Fév - 19:38

Sancte a écrit:
Rien à faire. Il ne serait jamais aussi doué que Dandolo pour les locutions latines, et l'apprentissage du Grec s'annonçait pour le réformé comme une gageure totalement hors de sa portée. S'il n'avait pas la certitude que ce fut inconvenant, il aurait demandé de l'aide aux St Sépulcriens.

Homo, Homines.
Soror, Sorores.
Mater, Matres.
Frater, Fratres.
Et unum poculum, duo pocula.

Poil aux doigts.


Sans s'attarder, il enchaîna:

Gregem optimum esse discount ! Hum. Dicunt.

Et pour finir sur une touche aventureuse:

Vehiculum velox, vehicula tarda antecedit.

Il s'effondra dans son fauteuil, soumis à un violent mal de crâne et demeura immobile, en veille durant près d'une heure, avant de se décider enfin d'aller à la rencontre d'Izaac. Même si ce n'était qu'une illusion, car chaque réformé savait que l'on allait jamais vers Izaac. C'était Izaac, depuis la proclamation des 52 articles, qui venait vers nous. Arrivé devant le grabat du Vieux en bonnet de nuit dont le sommeil avait toujours été quelque peu agité du fait de la relation pour le moins tumultueuse qu'on lui prêtait avec le Très-Haut, le Sicaire l'interpella avec un certain empressement.

Izaac, ô grand fêlé, homme d'honneur et haute figure de vertu pour toute l'aristotélité, des Alpes aux Pyrénées, de Babylone à Tombouctou, d'Alexandrie à heu ... Alexandra, j'ai besoin de tes lumières. Car vois-tu malgré mes heu ... efforts, hmm, je crains que le latin, le grec, et les autres dialectes antiques me restent hermétiques à tout jamais.

Mais ce faisant, le Montalbanais avançait à visage masqué, dissimulant ses véritables intentions et la nature même de ce qui poussait à se rendre au chevet du vétéran le plus respecté de sa confession.

Et puis, il faut que je te demande: le martyr, dis, ça s'arrête une fois qu'on a vaincu avec la complicité passive des ecclésiastiques ?

La simple évocation de cette douce pensée idéaliste lui passa du baume au coeur. Il savait d'ailleurs qu'il en était de même pour son interlocuteur. Alors il prit son temps avant de reprendre. Peinard.

Nombreux sont les nôtres qui, dans l'ombre de la médaille Romaine, n'osent encore se révéler au grand jour. Pour certains, leurs vues sont louables. D'autres hélas, pensent pouvoir abuser Rome en profitant de leur capacités cognitives pour le moins misérables. Mais ils font l'erreur de mépriser la capacité des clercs à défendre bec et ongles les acquis de leurs petits pouvoirs qu'ils ont savamment su arracher et qu'ils arrachent encore aux Provinces de France et d'ailleurs !

Et l'Amiral parla, parla, et parla encore au travers d'un discours décousu sans queue ni tête, évoquant tout ce qui lui était arrivé depuis sa sortie de Pau et livrant au pauvre homme la palette intégrale des petits tracas qui encombraient la gibecière de sa conscience. Maintenant qu'il n'avait plus de femme, il lui fallait un confident. Curieusement, le rôle tomba sur le vieux.

Sans commentaires.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Ven 26 Fév - 19:38

[à peine le temps de serrer sa ceinture sur le manteau de nuit]

Après Deos, Sancte... Vais jamais pouvoir dormir tranquille, moi ! Le martyr, le martyr ! à cette heure, c'est sûr, je connais !


Martyr et Salut, Sancte.... MMmmmm... qu'il fait d'un air soucieux, le vieux.

Le v'la qui r'vient avec la question du Salut, ce bougre de mangeur de flageolet en sauce ! Je savais que ça serait chaud, cette histoire. Vivre sa foi dans la grâce qu'on a reçu du Ciel et pas faire chier, ou bien jouer ici-bas la partition de Deos ? Et roussir sur les buchers de l'Inquisition Romaine... Notre passage ici-bas est l'antichambre de [...] Izaac baille. Le décalage horaire, pas l'ennui ! Qu'est-ce que je lui réponds au Sancte, moi ! Izaac médite.


En cas de morsure de vipère, suce-toi le genou, ça fait marrer les écureuils.

Tiens, avec celle-là, je suis sûr, il va méditer toute la nuit.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Dim 28 Fév - 20:39

Sancte a écrit:
Il n'y a pas d'heure pour en manger, du martyrisé. Et puis si le Vieux pouvait recevoir Dieu en sa demeure à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, il pouvait bien en faire de même pour un fidèle compagnon de route.

Izaac a écrit:
En cas de morsure de vipère, suce-toi le genou, ça fait marrer les écureuils.

Heu ...

Une curieuse sensation de vide l'envahit, le plongeant dans un état légumier prompt à faire rougir tout maraîcher de Provence dans sa garrigueuh.

Et en latin, ça donne quoi ?

Car on avait jamais l'air très docte avec du vieux françoys, surtout si ça causait de genou ou d'écureuils. Alors qu'avec le latin, ah, le latin ! Même un Bazadais pourrait avoir l'air docte. D'ailleurs, le clergé l'avait bien compris depuis belle lurette.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Dim 28 Fév - 20:39

[Plus tard, plus loin. Où l'on fait l'écureuil des fourrés]

Craac !

Tu crois qu'il mange quoi ?


Le pied allègre, la chausse humide, à quatre pattes dans les buissons, Izaac ouvre l'oeil.

Dis, Izaac, tu te rappelles ce curé comtois, au col de la faucille ? Ben tu vois, la rivière là, elle me rappelle quand on lui a [...]

Chuuuuttt ! Tu vas le faire fuir !

Il est où, je le vois pas ?


Sous l'arbre, là ! Il approche, tais-toi !


Izaac refaisait les mêmes gestes. Il aimait ces moments là. On est là, tous ensemble, les piques sur le sol. Les regards qui se croisent.
C'était toujours les mêmes gestes. Ceux qu'Humbert lui avait appris, jadis. D'abord la jambe gauche ! Toujours... chausses de cuir, jambière souple ! Puis la jambe droite. Et puis une gorgée de pinard. Toujours.


Craaaacccc !

Izaac bondit d'un coup, tel Arlequin qui sort de la boite. Il est vieux mais souple, faut pas croire. Un coup sec et précis. L'oeil pétille.


Fluitttt !

Giclée de sang. Rouge. Il coule et réchauffe la main du vieil helvète. Un large sourire souligne les longues moustaches qui frétillent.

Tu crois qu'il en mangera ? Il parait qu'ils se compliquent sacrément la vie, coté ripaille. Pas d'agneau dans le lait de sa mère, pas de cochonnaille, les herbes vertes, et le poisson cru sur des boulettes de maïs bouillies. Et seulement dans de la vaisselle à eux. Genre je suis sûr de jamais être invité chez le duc et l'évêque.

Izaac accroche le garenne par les pattes de derrière, fend sa fourrure du trou du fion à la gorge avec son petit couteau suisse, qui servait tant pour les collets que pour les chasubles. Son geste sec et assuré par des années d'expérience, déshabille le lapin et le laisse proprement écorché.


Balivernes et billevesées ! Je te dis qu'avec les pruneaux d'ici, cet Oryctolagus cuniculus sera délicieux.

Dis, Izaac, t'es sûr de vouloir inviter le spinoziste à souper ?


A part un brave gars de Zürich, j'en ai jamais vu de vivant. Et comme celui-là ne causait que tudesque, on a surtout bu.


De retour sur le Tarn, Izaac prit la plume et pigeonna. Monsieur Eymerich, me feriez-vous le plaisir de partager un lapin à souper avec moi. Quand vous voudrez bien. Je suis votre serviteur. Izaac, touriste en Guyenne.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Lun 1 Mar - 20:08

Nicolas__eymerich a écrit:
A ce qu'il se disait, un de ces foutus hérétiques réformés logeaient dans la plus belle hostellerie de Montauban, cauchemardant à qui mieux mieux sur la lune où il atterrirait fatalement à en croire la curie, ripaillant avec le gibier et le vin de Bordeaux, baguenaudant avec les femmes de peu de vertu du coin, et elles étaient nombreuses, l'eymerich les avaient toutes comptées quand il était encore en fond, ce qui n'avait duré que jusqu'à la fin de la nuit, quand elles avaient demandé leur dû les garces.

Bref, il arriva devant l'auberge, et coup de bol pour le patron, son valet arriva de suite pour emmener son destrier, le fringant opponèse, à l'écurie. Il avait envisagé un instant de défoncer l'enseigne ou quelque carreau, mais n'en avait pas eu le temps vu la célérité du bougre, qui en même temps qu'il conduisait le cheval à la mangeoire, lui ouvrait cérémonieusement la porte, après avoir zieuté sa cape brodée de des armoiries.

Sourcils froncés, l'artésien huma l'atmosphère du lieu. Feu de bois, sueur, fumet carnés, rien d'inhabituel, il pouvait éviter les entrées fracassantes les armes à la main pour prévenir toute embuscade. Néanmoins, pas d'entrée fracassante ne signifie pas entrée minable. C'est en frottant ostensiblement ses éperons contre le parquet et avec force grincement de sa broigne encore détrempée de la sueur qu'il avait fournie durant son après midi d'efforts, qu'il entra dans la pièce principale, où il dut se baisser pour éviter les solives trop basses pour lui.

Là, il avisa le tavernier et d'un claquement de langue autoritaire, le fit se ramener fissa jusqu'à lui, servile et déférent envers l'autorité naturelle qu'il dégageait. Tramecourt lui tendit la lettre que lui avait adressé Izaac, trop dédaigneux pour user de son verbe avec un gueux et espérant secrètement que le patron savait ses lettres.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Lun 1 Mar - 20:09

La négrette... Non, il ne s'agissait pas d'une belette ultra marine à la peau peinte au henné. Lorsqu'il était implanté sur un beau terroir, ce cépage donnait un vin rouge puissant, noir, tannique et de bonne garde possédant une réelle personnalité marquée par des arômes de violette et de réglisse. Izaac comptait ses écus, mais sur la picole, il mégotait rarement.

Mets m'en trois ou quatre de tes curieuses gourdasses, maître pinardier.

Tel le fameux Johannes Peter Coffe des anciennes légendes, qui était fol mais qui savait la boustiffaille, le vieux genevois arpentait le marché de Montauban. Il serait bien entré chez la sainte locale pour faire le plein de légumes, mais ceux qu'on lui aurait lancé n'auraient probablement pas été bien frais. Aujourd’hui encore, quand on faisait l’inventaire des ustensiles de cuisine que les balaises du Titus’fan Club de Rome n’hésitaient pas à enfoncer sous les ongles des hérétiques, ce n’est pas sans une légitime appréhension qu’on passait devant Sainte Thérèse.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Jeu 4 Mar - 22:59

ellipse... La scène se passe à Montauban, boutique de Nicolas Eymerich, spinoziste et luthier.

Nicolas__eymerich a écrit:
Il fallait croire que les autochtones n'aimaient guère la musique, car depuis son arrivée, Nicolas eymerich s'était contenté de produire son plaisir, vu qu'il n'avait reçu aucune commande, pas même pour des réparations ou un accordage, rien, nada, des nèfles. En même temps, vu la présence castratrice de l'évêque, il les comprenait un peu.

Reposant la lame en fer avec laquelle il s'échinait sur un bout de bois pour en faire une flûte, l'artisan releva le chef et, contemplant le fouillis qui s'accumulait un peu partout, aussi bien dans la boutique que la réserve, et sur les étagères, établis et même au sol, se dit qu'il était temps de vendre tout ça. De toute manière ses rentes lui permettaient de travailler pour l'art, mais il fallait quand même payer le bois, bref il était prêt à casser les prix. D'autant que la lutherie avait cette avantage sur de nombreux autres spécialités de forcer les clients à revenir tôt ou tard pour des réparations voire, avec un peu de chance, des cours de musique pour leurs enfants pas doués mais munis de parents riches. Bref, on y gagnait toujours, mais il fallait réussir à placer la marchandise déjà, et c'était pas gagné.

Aussi, prenant sa plus belle plume et son vélin le mieux gratté, il inscrivit une annonce en ce sens dessus. Pas la peine d'engager un crieur, de toute manière seuls les gens éduqués avaient les moyens de se payer des instruments. d'autant qu'ils refuseraient de vendre ces précieux instruments à un gueux, fallait pas déconner non plus.


Citation :
Gentes dames, mes seigneurs

Vous avez toujours rêvé de posséder un instrument dans votre salon, un clavecin pour ravir vos invités et donner de bonnes manières à os enfants, une flute pour vous divertir sans forcément s'astreindre à de longs entrainements, ou peut être un instrument à corde comme une viole ou un luth pour les soirées triviales avec vos amis, alors vous êtes tombés chez la bonne personne.

Nicolas Eymerich, maître luthier renommé dans tout l'artois, les flandres et même jusqu'en hollande, est fier de vous présenter quelques unes de ses meilleures productions, alliant qualité et prix raisonables :

- des clavecins à 750 écus pièce
- des luths et des violes de différentes tailles pour des prix variant de 300 à 490 écus
- des flutes, pipeaux, cornemuse allant de 75 à 280 écus
- quelques tambours en cuir de mouton à 120 écus l'unité

Par ailleurs, notre établissement assure aussi l'entretien de ses instruments, tous garantis deux ans pièce et main d'oeuvre ( voir conditions), ainsi que la formation à leur usage.

Sans musique, la vie n'est qu'une morne succession d'instants ternes.

Nicolas Eymerich

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Jeu 4 Mar - 22:59

Sous l'oriel de la boutique, un petit groupe de badaud entourait une vieille qui portait fièrement le schtreimel de fourire de zibeline.

Mami ! mami ! y sont tous prêts !

Sileeeeennnnce ! silence ! Mi Sieur Eymerich, y va danseï ! Mi sieur Eymerich, y va joueïï !
crie la vieille, découvrant sa voix stridente.

Sifflements !

Dans le petit quartier spinoziste, la foule affluait maintenant autour de la boutique du luthier.

Sifflements ! (bis mais plus fort)


Hoï ! Hoï !

Les bras se tendent vers le ciel. Les poulaines à grelots rythment la ronde. Y'avait pas à dire, ces gens là savaient faire la fête. Le vieil helvète admirait la chaleur de la paisible petite communauté dans la prairie près de Deos.

[ps : pardonnez-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher... je retirerai volontiers mon post si l'auteur le demande, bien entendu]

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Ven 5 Mar - 22:31

Nicolas__eymerich a écrit:
Hoï Hoï

Sous les vivats et les applaudissements, Nicolas eymerich, vétu d'une tunique écarlate, avec des bijous en rubis là où c'était possible, sortit de son atelier une viole coincé sous le menton, une main maintenant fermement l'instrument, une main frottant un archet sur les cordes fraichement tendues.

Mes amis, mes frères, admirez le coucher du soleil, c'est le début du shabbat, alors réjouissons nous de la fin de la semaine avec un peu de musique et de danse pour réchauffer les coeurs et les âmes face à l'intolérance et à la haine des aristochristiens ! Tous en choeur !

Dieu en moi, Dieu hors de moi
Comment pourrais je douter de toi


la vieille reprit la chanson en canon sous l'enthousiasme délirant de la foule des fidèles.

Douterrrrrrrrrrrr de toiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiahahahahahah

Pendant ce temps, le luthier virevoltait parmi la foule qui formait ses couples de danse et s'agitait sur le rythme improvisé par leur musucien attitré.

Ou que j'aille, quoi que je fasse
La main de dieu toujours s'y cache


Bientôt, des feux de joies furent allumés dans les rues du quartier spinoziste, on sortit les plats préparés dans l'après midi et des tonneaux furent mis en perce, et la fête repartit de plus belle et dura jusqu'à la fin de la nuit.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Ven 5 Mar - 22:31

Izaac avait appris jadis, qu'une première communauté de ces gens là, avaient trouvé refuge dans le royaume de France quelques siècles auparavant. Son vieux père rabâchait cette histoire. Une soixantaine de familles qui venaient d'être expulsées du canton de Berne, y avaient trouvé refuge. Ils s'étaient installée d'abord dans l'empire autour de la communauté de Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, dans les montagnes vosgiennes. Ils bénéficiaient d'une exemption militaire en échange de la promesse de ne pas faire de prosélytisme. Papa Abraham disait que la famille étaient liée à ces gens-là. Le genevois n'en savaient guère plus sur ses premiers jours, à part une sombre histoire de sacrifice avec une chèvre que Deos lui aurait substituée lors d'un moment festif. M'enfin, les légendes, vous savez ce qu'on en pense généralement... Izaac observait la table du banquet avec gourmandise. L'amitié... la chaleur des liens entre ces gens donnait du baume au cœur. La première règle entre amish, comme ils disaient, étaient : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ». Cela se vérifiait chaque jour. Izaac en avait gardé lui-même quelques traces.

Dites, c'est fait avec quoi, ces petites boulettes là ?

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Sam 6 Mar - 9:33

un jeune matspoune, incarné par Nicolas__eymerich a écrit:
La fête du shabbath battait son plein, et les spinozistes guyennois se réjouissaient d'être tous ensembe. Mais ce qu'ils appréciaient encore plus, c'était de faire partager leur culture et leurs traditions aux ignorants des villes dans lesquelles les communautés s'installaient. Aussi est ce avec empressement que Yadu, un jeune homme qui venait de réussir son primo texto et de devenir matspoune, répondit à la question de l'étranger qui regardait avec curiosité leur fête.

Difficile à dire messire. C'est pas un plat traditionnel, c'est nicolas qui a ramené ça d'Artois. Il appelle ça de la fricadelle, et il dit aussi que là bas, tout le monde sait ce qu'il y a dedans, mais que personne ne le dira à un étranger. Bref, il garde la recette secrète, mais c'est vachement bon !

Il s'empara du plat et le tendit à l'homme.

Tenez, vous voulez goûter ? N'hésitez pas, on en a fait beaucoup trop, comme d'habitude. Nous ne désespérons pas de voir un aristochristien se mêler à nous.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet d'Izaac   Sam 6 Mar - 9:34

Se mêler à eux ??? Soudainement, l'esprit, vicelard à ce que disaient moult bienheureux curetons endimanchés, L'esprit du vieux, donc, s'éveilla inquiet.

Et vous... On che mêle comment chez vous j'autres chpinojistes de Guyenne ?
Qu'il demande la bouche pleine.

On che mêle tout nu, en courant les j'uns après les j'autres, la tête parée d'une ramure de cerf ? Ch'est que ch'est vieux le chpinojisme, alors voyez vous, les rituels anchiens, moi...

Izaac finit sa bouchée en mâchant lentement. C'est plein de vitamines, certainement, mais ça a un gout d'chiotte. Sachant néanmoins faire bonne figure, il s'empresse.


C'est que voyez-vous, jeune homme, j'ai un baluchon bien chargé dans toutes les chancelleries épiscopales, et ce jusqu'à Rome, m'a-t-on dit. Déjà qu'il paraîtrait que j'aime les moinillons en soutane, les bains d'écus et certains animaux dont je tairai le nom par respects pour eux, je ne voudrais point jeter l'opprobre sur votre chaleureuse famille en me... mêlant à vos femmes et vos petits enfants.


Les mots comme la fricadelle, s'arrêtent au seuil du gosier. Trop sec.

Dites, vous auriez un peu de .... vin, pour mouiller votre hagiche artésien ?

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