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 [RP] La Raoulade

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Raoul
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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:06

[Raoul, tout seul vs. le reste du monde]

Clong ! dis-ai-je précédemment. Ben oui, mon Raoul s'en ai fait deux aujourd'hui, des accolades viriles. Et voila que la deuxième arrive de senestre ! Déboulent deux helvètes. Une croix rouge sur le bliaud. Des infirmiers ? Non, c'est du sang qui coule dans les yeux de mon Raoul. Y'a pas de croix rouge à Genève. Ça se saurait ! aurait dit la mémé. Raoul se retrouve chargé comme une chiffon rouge dans une arène andalouse. Pas le temps d'y voir bien clair. Projeté de claymore à six pas.

Mais l'Helvète est poli, néanmoins. Genor, Zarathoustra.


Enchanté, moi c'est Raoul.

Le cul dans la poussière, mon Glaber se relève doucement, talé de l'extrémité sus-citée. On est chevaleresque, on lui laisse le temps de remettre la pogne sur son épée à deux. Pognes. Il va prendre des coups, c'est sûr. Bon sang Mahaud, t'es où ? C'est dans ces grands moments de solitude, que des fois, on commence à se raconter n'importe quoi. En Anglois des fois, même.

C'est Ma Vie...

Ce n'est pas une chanson pour les cœurs brisés. Aucune prière silencieuse pour une foi-partagée. Je ne vais pas être seulement un visage dans la foule. Tu vas entendre ma voix quand je crierai très fort dehors.

C'est ma vie !
C'est maintenant ou jamais !
Je ne vivrais pas éternellement !
Je veux seulement vivre tant que je suis encore en vie !

Mon cœur est comme une route ouverte, comme l'Esclandres disait. J'en ai fait une habitude. Je veux seulement vivre tant que je suis encore en vie. C'est ma vie ! C'est pour ceux qui vivent sur leur terres. Pour Kiky et Gina qui n'ont jamais échoué. Obtenir de demain le meilleur sans faire d'erreur. La chance n'est même pas chanceuse. Tu dois faire tes propres pauses. Mieux vaut être grand quand ils t'appelleront dehors

Ne te penche pas, ne te casse pas, bébé, n'échoue pas !

Bon sang qu'est-ce qu'on peut en raconter comme conneries, des fois. En bon anglois, des fois, ça passe quand même mieux qu'en vieux françoys.

Clong ! Clong ! Clong ! bis repetita et caetera comme disait Cicéron.

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Raoul
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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:09

Mahaud a écrit:
[Raoul et Mahaud vs Dada et Tatoumi, le petit combat dans la prairie - bis - ]

Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang !


Mahaud, pareil ! Comme Raoul.

Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang !

- Mahaud, bon sang t'es où ?

- Mais j'suis là nez d'boeuf ! Et fais attention à ta claymore ... A la façon dont elle tournoie là-haut dans l'azur, c'est les merles que tu décapites.


Puis à Dada et Tatoumi : "Pardonnez-nous, hein, pas évident d'être synchro en binôme mais là, on tient le bon bout ! "

PULL !
Avec Raoul ça roule.


Clang !
Une chataigne, ça baigne.


BooOOooiinGgg
Oh ben ding dong !


PAF ! !! !
Ooooh, le chien !


PLOUF ...
La claymore de Raoul fait des trucs de ouf.


Bing ...
Bang !

Bon.
ça suffit les conneries ...

Tatoumi, va là-bas. Raoul écoule ... CLANG ! ... Bon, c'est fini ?

Dada, par ici ! ... Là tu me vois ? ... BANG ! ... Là, tu m'vois plus !

Mahaud pirouette. Propre, net.

Allez mon Raoul, un chtit godet ?

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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:10

ahh, t'es là !

Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang ! Clang !

quand même !

Clang ! Clang !

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Raoul
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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:10

Mahaud a écrit:
[ Les mêmes ! ]

- Mais ouiiii je suis là. C'est pas parce que tu m'vois pas que j' suis pas là. T'aurais pu enlever ton bandeau de faux borgne quand même ...

Moi lorsque j'ai connu Raoul
Autrefois
C'était un gars loyal
Honnête et droit
Il faut croire
Que c'est la société
Qui l'a définitivement abîmé

Dis, biquet, tu crois qu'un jour le troubadour Serge chantera " Mahaaauuuud et Raaaaaaoul" ? Hein ?
Je sais pas ... ça sonne pas pareil quand même ...


Et PONK !

Mahaud s'en prend une sur l'arrière du chignon. Faut croire que Dada est à nouveau en selle ...

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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:11

Zarathoustra a écrit:
[Mahaud/Raoulleglabre contre Genor/Zarathoustra]

Un oeil qui s'ouvre, l'autre non, pas faute d'essayer. Zarathoustra sortait des limbes.

Genor! Oh, la belle! GENOR!

De la secouer un peu.

Réveille-toi, on va se refaire. Tiens mais je les connais ces deux-là! Voilà l'occasion qu'elle est bonne. Je vais leur faire l'accolade, et toi tu fais le tour. Tu vas voir ça!

Clopin clopant, un oeil fermé, l'autre ecchymosé comme il faut, bref pas bien en forme, mais tout est une question de motivation, il en était persuadé. D'ailleurs, ils n'avaient plus rien à perdre, ils avaient déjà perdu leurs bourses.

Heeeee! Mahaud, ma soeur de combat, tu te souviens, quand on buvait des coups, là bas!

L'autre qui se présente, le Raoul, il l'avait déjà vu aussi, il l'épiait pendant qu'il épiait les batifolages d'un duc bourguignon avec une bourgmestre, tout en ramassant des escargots. Ce qu'il s'était fendu la gueule, cette fois-là. Pas autant qu'à ce moment présent, niveau gueule fendue.

Les bras ouvert, l'air faux cul en plein.


Ah les amis, ça fait plaisir!

Clang, bong, plang (Bis)

Bon, à terre une fois de plus. Pas de soucis, ils allaient se refaire, d'ailleurs il y avait un gars tout seul qui se radinait. Alors, là, un gars tout seul, si ils se refaisaient pas, c'est qu'ils avaient quelque chose à expier.

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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:12

Mahaud a écrit:
[ Zara - Génor - Tatoumi - Dada - Fernand - Une paire de fesses -Raoul - Mahaud ... ]



Héééééé, Mahaud, ma soeur de combat ! , tu te souviens, quand on buvait des coups, là bas!

Zara !

Sourire sous la ferraille.
Mahaud plisse l'oeil pour mieux voir. Il est mal en point, Zara. Il aurait besoin d'une escalope sur son beurre noir. Il avance les bras ouverts.
Allez, temps mort ! C'est la minute de retrouvailles !
Mahaud va pour poser sa bâtarde quand la claymore de Raoul lancée à pleine volée s'abat en sifflant sur le dos de Zara qui se retrouve tout à plat dans la rosée.
C'est ce qu'on appelle être refait !


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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:12

Mahaud a écrit:
[ La veille - 2ème tour - Adrien et Redyul rencontrent Raoul et Mahaud ... Aïe ...]

Tirelipinpon sur le chiwawa.

Mahaud était en train de compter les écus subtilisés aux pauvres vaincus du premier tour pendant que Raoul était allé soulager sa vessie, beaucoup plus lourde que sa conscience, derrière les fourrés.
Il y avait aussi des babioles diverses, foulards, poissons, épis, un caillou, des miches et aussi un drôle de truc qu'elle avait trouvé au fond des poches de Génor : cylindrique, légèrement cintré, d'une vingtaine de centimètres, à l'extrémité arrondie l'objet lui évoquait bien quelque chose mais c'était difficile à cerner. Elle le tournait, le retournait et se demandait ce qu'on pouvait bien faire d'une chose comme celle-là. Un peu court pour un gourdin, un peu trop arrondi pour un pieu, pas assez léger pour flotter. Mahaud écarquilllait des yeux ronds comme des soucoupes, perplexe.
Il y eut soudain dans son dos un bruit de branchage écrasé du genre de celui qu'on fait justement quand on veut être silencieux alors qu'on a largement surestimé son aptitude au silence et lamentablement sous-estimé ses kilos en trop ...
Elle se retourne vivement.
Nez à nez avec deux compères. Adrien et Redyul.
Pas le temps de sortir la bâtarde du fourreau.
Improvisation.
Détente foudroyante vers les jambes de Redyul et un coup de Truc dans ses tibias.
PAF.
PONK.
Ouille !

Ah oué ... ça fait mal quand ça tape dans l'os, le Truc.

Redyul se courbe sous la douleur. Mahaud profite et assène bien dru derrière l'oreille.
Trente six chandelles pour Redyul.

Au r'voir médème et merci de vot' visite.

Dans l'intervalle, entre les tibias et l'oreille de la dame, Mahaud a réussi à esquinter les bijoux de famille d'Adrien.
Un bon coup du Truc dans le bas-ventre ( oui, je sais, c'est bas. Très bas. C'est même vil et mesquin. Mais oh ! on fait comme on peut avec ce qu'on a, ok ? ).

Adrien fait la grimace et pendant qu'il lache son arme pour porter ses deux mains là où ça fait mal, Mahaud tape sous la mâchoire. Adrien s'effondre.
Mahaud se relève, les yeux brillants et soupèse d'un air satisfait le Truc. Magique !
Elle fredonne un vieux refrain entendu autrefois
: " Mon truc en pluuuume ... Plume de zoizooo... de zanimo...."

Son Truc à elle l'est en bois.
C'est le coup de bambou.

Youpi !

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Raoul
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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Dim 11 Nov - 14:13

[ La veille - 2ème tour - Adrien et Redyul rencontrent Raoul et Mahaud ... Aïe ...]

Mon lecteur attentif, et néanmoins bienveillant verra ici la suite de la prose magdalénienne, un p'tit peu plus haut. Pas haut, hein, alors soyez pas fainéants. Mon Raoul pisse longtemps. Ce n'est pas là son moindre défaut. il était donc accroupi, dans les buissons, à s'alléger les entrailles. Il les retenait ces deux là ! Genor et Zarathoustra !Tartinés, rançonnés, proprement. Jolie prise ! Deux miches de pains, du maïs, un gland... Il avait pas fais gaffe, mon Raoul. Affamé, il avait avalé le truc, sans faire attention. Malemort ! Peste ! ça vous déchire les entrailles. Trois fois déjà qu'il disait à Mahaud qu'il allait pisser. On ne dit pas à une dame qu'on va ... Enfin vous avez compris...


Ouille ! Ça passe pas ! Sang Dieu !

Mon Raoul est furieux et envisage très raisonnablement de récupérer le gland en question et de le rendre pas lavé à son propriétaire. On avait tous prononcé les paroles du serment, foutre Dieu ! Les poisons et autres glands magiques ! c'est de la bile d'alchimiste. C'est pas digne !

PAF ! PONK ! Re-Ouille ! Mais cette fois, c'est pas le soupir que laisse échapper mon Raoul à chaque fois qu'un vent s'échappe de ses tripes. Dans son dos, ça se castagne visiblement.

Mahaud ! Ça va ? Il s'inquiète tout de même. Et les boyaux de mon Raoul qui tournent en boudin... Il se crispe. Pas bon, ça !

Mahaud ! J'arrive !

Oups, non, pas maintenant... Tel Saint Mammès, quand Néron lui appliquait la question, Glaber, spadassin qu'un défaut de viscères n'a jamais abattu, ferma les yeux. Une profonde respiration. Retrouver le calme. En finir. Enfin ! La prière que lui avait apprise la mémé lui revenait.

Vous qui venez ici
dans une humble posture,
De vos flancs alourdis
décharger le fardeau,

Veuillez quand vous aurez
soulagé la nature,
Et déposé dans l'urne
un modeste cadeau,

Épancher dans l'amphore
un courant d'onde pure,
Et sur l'autel fumant
placer pour chapiteau,

un soupirail arrondi
dont l'auguste jointure,
Aux parfums indiscrets
doit servir de tombeau.

Je cherche une onomatopée, mais je n'en trouve pas. Ça ferait lourd... M'enfin, tel le Saint Esprit un Lundi de Pentecôte, La délivrance arrive quand même ! Enfin !


Mahaud ! j'arrrRRRRRRRRRrrrrrive !
mais c'est pas un gland ce merdier, c'est un cailloux !

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MessageSujet: Genève, son lac, son Tournoi, ses petites femmes ! mai 57   Sam 17 Nov - 13:59

[là]

un, deux, trois, quatre...

Glaber, assis en tailleur dans l'herbe du pré de la joute, comptait ses écus.


Cinq, six [...] C'est quoi ça ? une pièce de "ein thaler" ? c'est de la monnaie de teuton, ça, non ? Mahaud ! Regarde, tu connais ? Au revers, y'a un joli oiseau. Une sorte de grosse poule.

Raoul croque.

Ça se tord pas, c'est lourd, c'est de l'or.


Il la tient plein soleil. L'observe, la soupèse.

Le titre me semble correct. Pas d'plomb. D'la qualité, je garde. [...] quatre cent septante cinq, quatre cent septante six [...] nonante quatre Mahaud ! Quatre cent nonante quatre écus, trois deniers et un caillou. Belle affaire ce tournoi, j'reviendrai.

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MessageSujet: la révolte à Genève   Sam 17 Nov - 14:00

Chapitre suivant, la révolte à Genève. Juin 1457. Glaber alla chercher sa claymore.

Grand ch'val, tu viens, on va tartiner une fillette de Luxeuil qui s'est enfermée dans la mairie.

Le champion du Tournoi, désormais genevois de cœur, au moins, s'avança donc résolument. Il s'arrêta d'un coup, partit en courant vers là d'où il venait. Mon lecteur ne verra pas là une ruse de guerre particulière, simplement, mon Raoul a oublié un truc.

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Dernière édition par Raoul le Sam 17 Nov - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: la révolte à Genève   Sam 17 Nov - 14:01

Ouaaaaaaaaallllllllla !

Mon Raoul se la ramenait avec la couleuvrine à main. Une bouche à feu d'enfer, mieux que la Poupette, c'est pour dire. Mon Raoul s'avança donc, cette fois décidé, vers le perron de la belle mairie genevoise.

Ôte-toi d'là ou je fais feu, poulette. Tu sors tout d'suite, tu mets les mains sur la tête ! Tu t'mets à genoux ! Et tu causes pas !

Tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre toi !


Nan, ça c'est à Pontarlier... Ici, le juge, il parle avec un accent exotique. Il s'y fait difficilement, avec les procédures suisses. Et Raoul sortit l'étoupe, sa poudre noire et deux balles de plomb.

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Dernière édition par Raoul le Sam 17 Nov - 14:03, édité 1 fois
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MessageSujet: la révolte à Genève   Sam 17 Nov - 14:01

[petit matin]

Blang !


Mon Raoul pousse la porte de la mairie, réinvestie pendant la nuit par les forces de l'ordre.


Ben y'a personne ici ! Dites, entre nous, on a pas trop l'air sérieux, ici, non ? S'il vous faut des gens pour tenir un peu la boutique, faut demander Raoul.

M'enfin, entre les gens qui s'excusaient et qui démissionnaient, et les autres qui s'excusaient et qui demandaient aux premiers de ne pas démissionner, y'avait pas grand place pour les petites affaires au Raoul.

Esclandres, Arlam, on se présente aux élections ? Allez ! Demain, on commence la campagne. Moi, je vais chercher un tonneau. Toi, tu rédiges les discours.

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Jeu 29 Nov - 12:18

Ellipse. Quelque part juste avant le beau duché de Bourgogne. Escapade gourmande.

A la rencontre du Pays de Dole et du Val d'Amour...

Tourisme à Dole. Vieilles pierres polies par l’Histoire, enracinées jusqu’à la forêt toute proche, berceau d’innombrables contes et légendes d’où jaillissent sources vivifiantes et limpides, le Pays de Dole offre un cadre de découverte privilégié.

Sous le regard bienveillant de Notre-Dame, majestueuse Collégiale en chantier, emblème de Dole -le chantier, hein ! pas la collégiale -, Ville d’art et d’histoire, se profile un dédale de treiges et ruelles qui animent la cité depuis le XIIIème siècle. Quand même.

En passant par le quartier des tanneurs, la rue des vieilles boucheries ou encore la place aux fleurs, Dole offre à l’œil du promeneur solitaire, un tableau vivant aux multiples couleurs. Cette perle historique, nichée dans un écrin de verdure, bordée de forêts, traversée par des rivières, enchante et suscite chez le visiteur de nombreux intérêts.

Associez les plaisirs de la randonnée douce, d’escapades fluviales sur le Doubs, magnifique cours d’eau, sauvage et préservé, bordé de chemins spécialement aménagés.

Évadez-vous sur le Val d’Amour, petite région au nom évocateur de l’accueil qui vous sera réservé et ouvrez grands vos yeux ! Les superbes chênes centenaires qui peuplent la Forêt de Chaux vous abriteront de leurs grands bras ailés, lors de vos promenades. Le souci reste qu'en ces temps romantiques, c'est surpeuplé le dimanche. De petites chariottes à main, pour trimbaler les petites dolois joufflus, surtout.

Régalez-vous de nos produits du terroir, qui confèrent à cette petite région, une grande richesse gastronomique.


Quand même, la fermeture des frontières de la bourgogne, ça a du bon...

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Raoul
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MessageSujet: [RP] Escapade gourmande en Franche Comté   Jeu 29 Nov - 12:20

Dole, le 27 juillet de l'an de grâce 1457

Mon Raoul se réveillait doucement d'une longue convalescence. La cruelle désillusion l'avait alité durant trois longues semaines. Définitivement, il n'espouserait point la Princesse Armoria de Mortain cet An là. Elle demeurait aussi hermétique à ses élans qu'un bulot dans la Loue. Il avait réservé ses jours et ses nuits à négocier son alevin avec les gens du cru, jusque sous la rosace de la cathédrale. Les doloises lui avaient tout pris, eux, et sans rechigner sur la couleur du sang. Bleu ou pas, l’alevin, ça se croque. Autant que le buccin suscité, Mon Raoul n'aime point l'eau douce qui ne manque ici-bas en Franche Comté que deux jours dans l'année. A la saint Roch et la saint Dominique. Et encore. Il était donc temps de partir. A défaut d'embraser la princesse vanillée, l'allait noyer la fée verte, mon écuyer. Pontarlier, donc.


Allez Grand Ch'val, l'est temps !


Ce disant, mon gentil damoisel, avec l'assurance d'un vieil écuyer, se tenait en selle sur son palefroi, les yeux baissés. Le vent soulevait en ondes le crin du cartujano espagnol et le ramenait sur son encolure. Le cœur lui battait bien haut. Il piqua son cheval, et courut longtemps, bien longtemps. Dix lieues, vingt lieues bientôt ; et quand il s'arrêta enfin, il était près des tours de Faucogney au vieux château-fort. Par devant, derrière les grands bois, il y avait les mille étangs, là où il était né, la terre où sa mère reposait. Une pluie battante pissait des écluses du Ciel, telle celle que l’on se prend sur la tronche le jour du Déluge. Et encore. Lors il se prit à soupirer.

Ah ! cornecul, pourquoi je suis parti aujourd’hui, moi !

Et le spadassin baissa la visière de son casque, inclina le chef bien sous la capuche, et s'élança à nouveau sur son grand destrier de combat. Le cliquetis des armes sur l'acier de la cotte de mailles et de la cuirasse tintinnabulait et se mêlait au tambour des sabots du grand cheval. Mon Raoul est généralement bon public, mais le coup de l’homme orchestre, ça va le temps de compter dix doigts. En passant devant l'antique église de Franchevelle, il interrompit le châtiment philarmonique. Il récita l’oraison des défunts pour l’âme de ses amis passés ou trépassés et s’engouffra dans la nef ruinée par le temps, guère plus haute qu’une maison bourgeoise.


Mordiable ! ça pleut même à l'intérieur !

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Ven 7 Déc - 10:41

[paumé, dans une église ruinée]

Lundi, il pleut. La truffe rouge. A force de brouter la boue, ça devait arriver. Grand ch'val pouvait rigoler, mon Raoul avait la malemort, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Il pleuvait toujours. Un petit feu éclairait le bout de grenouille écorchée que mon damné avait sucé à la midi. Il était pas lâche, Glaber, mais la rincée le lessivait. La mère Denis aurait pas fait mieux. Ici-bas, c'était rude, quand on porte pas des éperons d'or. Pas de coussin de plumes ce soir.


Mémé, t'es où ? j'mangerais bien tes coueillio rouecho, tiens.

De la bugne comme on en faisait plus. Sèches et âpres, fallait les mouiller au vin jaune et les tremper de miel pour que ça ait du gout.


Nostalgie, quand tu nous tiens...

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Ven 7 Déc - 10:42

La Vouivre a écrit:
Trainée de sang dans le ciel vespéral. Battements ample d'ailes. Léger bruit de glissement visqueux dans la boue.

Soudain une jeune fille entre dans l'église en ruines. Nue, l'escarboucle grenat sur le front. Elle jette un oeil distrait sur l'homme, se dirige nonchalemment vers la grande vasque. Alors qu'elle est face à lui, elle porte les mains à sa tête, et ôte le bijou comme si elle enlevait quelque chemise fine. Le yeux dans ceux de l'homme, elle pose la pierre sur la margelle, et se plonge dans le bassin. Elle se délasse dans l'onde, mais un esprit attentif se rendrait compte qu'elle ne quitte des yeux ni la pierre ni l'homme.

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Ven 7 Déc - 10:43

Le surnaturel n'étant pas d'un usage pratique ni régulier, il est sage et décent de n'en pas tenir compte.

Mais là, tout d’même, l’Escarboucle, c’était tentant. Mon Raoul aurait préféré surprendre la Vouivre à plat ventre sur un tas de roseaux, en train de prendre le soleil à cul nu et sa robe à côté d'elle avec son rubis, oui ou bien ? Ben là, non, c’était tout pareil mais en fait, exactement le contraire. Glaber, assis, recroquevillé dans un gros drap de laine flamande, vêtu mais trempé, surpris par la jeune femme. Va falloir en causer à Marcel. L’Escarboucle, là : énorme rubis, objet de convoitise dans toute la région. Mais la Vouivre est toujours accompagnée d'une armée de serpents invisibles qui surgissent au moment où on s'avise de dérober le bijou, et qui mettent le voleur en pièces. Fallait pas la lui faire, à mon Raoul. Se saisir du précieux ? Il fallait le recueillir très rapidement et s'enfuir à cheval afin d'empêcher la poursuite des serpents. Raoul jeta un regard et deux mots doux à Grand ch’val.


Psssstttt bourricot !


Bourricot, c’est le nom que mon Raoul donne dédaigneusement à son cartujano de Jerez. Mon lecteur doit savoir que ce genre de pure race espagnole est très intelligent. Un regard à la bestiole, le nez dans sa musette en train de mâchouiller son avoine… un autre à la fée au serpent…Le plan… le plan merveilleux germait dans la cervelle du machiavélique faux borgne gyrovague. Sûr que Bourricot avait compris lui. Le Raoul restait blotti dans sa couverture. Mais le nez lui grattait, grattait…L’ambiance était bucolique, il se risqua à murmurer un…

Bonjour badeboiselle. Vous habidez chez vos barents ?

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Mer 12 Déc - 10:32

La Vouivre a écrit:
Sourire de la jeune femme. A cause des regards de l'homme, qui vont de la pierre grenat à sa monture ? Ou parce qu'elle se demande si l'intrus a pris conscience d'avoir installé son bivouac dans l'antre-même de la Vouivre ? Que le trésor qu'elle garde doit être dissimulé dans les souterrains ?

Elle semble s'amuser follement.


Citation :
Bonjour badeboiselle. Vous habidez chez vos barents ?
Elle détourne légèrement la tête, le regard mutin toujours fixé sur l'homme. Jeux de jambes dans l'onde qui jette des reflets diamantins sous l'éclairage de la lune. Elle se penche en arrière puis étire ses bras, plonge quelques instant la tête sous l'eau. Et toujours ces yeux, d'un éclat à faire pâlir l'escarboucle, qui reviennent lire dans les yeux de l'homme.


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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Mer 12 Déc - 10:34

Ils s’observèrent ainsi pendant un petit moment, et comme plus le silence est long, plus on est embarrassé, Raoul dit:

- Et où vous rendez-vous, comme ça?


Pas de réponse…

- Z’avez pas froid mademoiselle ?


Elle se taisait, il faisait chaud, tout d’un coup, la petite ne portait que ses habits d’Eve.
- Ainsi, ajouta Raoul fort courtoisement, vous allez à Vesoul ? Sans doute y apportez-vous un quelconque message ? Vous y avez de la famille, ou bien c’est juste que vous voulez voir Vesoul, peut-être ?

Même sourire amusé. On a beau être une fée, on a quand même le droit de pas prendre mon Raoul pour une pomme.

- Vous allez voir Mère Grand ? Non… bon, non donc, pas de mère grand à Vesoul. En même temps, c’est un peu rassurant, parce que vous savez, Vesoul, à part le gros sabot, y’a pas grand-chose à voir, à Vesoul.


- Alors, c'est certainement ça... On vous a dit d’aller voir Vesoul, et vous voulez voir Vesoul… Bien, très bien, dans ce cas... je vous adresse toutes mes félicitations. Vous en avez du courage, jeune fille.

Il se tut. Raoul avait grand soif, une gourde de bois était pendue à la selle de grand Ch’val et l'on entendait l'eau qui était dedans faire floc-floc quand l’autre bestiole remuait de l’encolure. Là, mon Raoul commence à avoir la tête dans un étau. Comme quand il a bu, un peu, mais avec le nez bouché, et les yeux qui brulent.

- Je vous demande pardon, ma p’tite dame: vous avez dit un truc ?

Elle se taisait encore, chacun paraissant songer à des choses différentes, visiblement. Et allez donc chercher ce qui peut bien traverser la caboche d’une fée aux serpents. Et pis là, la fièvre venant, il commençait à en voir, des serpents…
Raoul n'avait jamais pensé à cela, mais, ne voulant pas passer pour un imbécile, et brusquement troublé, il se désespéra


-Grâce aux Dieux ! Mon malheur passe mon espérance.
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
J'étois né pour servir d'exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli.
Hé bien ! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie,
Dans leur sang, dans le mien il faut que je me noie ;
L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel, j'entrevoi.
Dieux ! Quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !


Là, bourricot intervient d’un hennissement triste qui veut dire, Raoul, tu saoules.

Quoi ? Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? À mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
À qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.


Long silence après la tirade. La vouivre dort. C’est pas possible ! La Vouivre s’est endormie. Mon lecteur n’y verra pas, je le souhaite, la vertu soporifique des grands classiques, mais bien la reconnaissance d’Aristote et Deos derrière lui, de la haute valeur de mon Raoul. Le spadassin enfiévré se lève doucement. Il attrape bourricot et l’escarboucle tant convoitée. Glaber n'insista pas, il ne faut pas tenter sa chance trop longtemps. La glace était rompue, le grenat dans la patte, il s’en fut bénissant Racine, un vieil ami, sans attendre la fin de la Tragédie.

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Mer 23 Jan - 9:19

La_Vouivre a écrit:
Bercement de sa voix virile mais douce...

Puis le silence.

Un oeil s'ouvre. Puis l'autre, pour mieux appréhender tous les recoins de la scène : ni pierre, ni cheval, ni cavalier. Acta est fabula.

Frustration qu'il ait choisi la pierre et non la femme ? Réaction habituelle quand on touchait à l'escarboucle ? Toujours est-il que l'eau du petit bassin se mit à bouillonner, et la jeune femme... commencer à faire grise mine. Mais alors, tirer franchement sur le sombre. Très sombre. Très très sombre. Autant dire, désormais, qu'elle a le teint plus noir que laiteux. Sa fureur la met dans tous ses états : ses yeux semblent lancer des éclairs, ses traits se déforment en un rictus effrayant. Sa hauteur semble prendre 1 pied de plus tant elle se redresse. En fait, elle en fait maintenant trois de mieux; et çà continue. Ses cuisses perdent leur finesse virginale, ses bras s'allongent, et des membranes en partent et s'étendent.

Mais le pire, ce sont les nombreuses cornes qui poussent de son front, les pavillons des oreilles qui s'agrandissent, semblables aux ailes qui se sont déployées, le nez si fin tout à l'heure qui s'avance maintenant au dessus d'une double rangée de dents dont les plus grandes nécessiteraient deux mains d'homme pour les entourer.

Une puissante patte griffue s'avance. Elle prend appui fermement, et s'envole d'un mouvement qui respire la force.
La vasque s'est rompue sous le poids de la bête.

Elle est maintenant dans les airs. Quelques coups d'ailes lents mais puissants, et ses yeux perçants ne mettent pas longtemps à retrouver le fuyard. Un cri à la fois grave et aigu perce le silence de la nuit.


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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Mer 23 Jan - 9:20

Flap flap flap flap flop flap !

Par tous les couillons du Pape ! l'est teigneuse la gueuse ! Pourquoi qu'elle rentre pas dans son panier d'osier, la pucelle en skai, c'est très coquet, la peau nue sur un trône d'osier... Pas b'soin d'bijou mordiable !

Criiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

oups...

Cataclop cataclop cataclop à fond à fond à fond !

cours Raoul cours ! là ! le maïs !!! plonge !

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MessageSujet: Escapade gourmande en Franche Comté, juillet 1457   Mer 23 Jan - 9:23

La_Vouivre a écrit:
Cri rauque de fureur de voir sa proie lui échapper. Puis cri plus aigu et perçant de détresse. Son voleur pourra-t-il donc s'en tirer sans dommages ?

La bête ailée fait le tour du champ, s'assure qu'il ne peut s'esquiver par aucun côté, et va se poser sur une éminence proche, d'où elle peut bien voir toute la scène. Les plantes sont trop hautes pour qu'elle puisse atteindre le coupable, et elle n'a pas les qualités pyrotechniques de certains de ses cousins les dragons pour faciliter un prompt sarclage.

Mais elle a tout son temps. Certains de ses frères et sœurs se contentent même de sortir une seule fois par an de leur antre, c'est pour dire...

Elle commence à se polir les griffes négligemment. Son côté féminin qui ressort, probablement.


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MessageSujet: Horribles et épouvantables faits et prouesses d’un très renommé Traine savate.   Jeu 31 Jan - 18:52

Horribles et épouvantables faits et prouesses d’un très renommé Traine savate.

[Chinon, le deux cent soixante seizième jour de l’an de grâce quatorze cent cinquante sept]

Alcofribas Nasier s’était levé tard ce jour là. Et pour cause, avec c'que l’on avait trogné la veille dans la taverne d’un harpailleur du cru, c’était bien la moindre des choses. Le gaillard compagnon s’en était retourné, et mon Raoul se retrouvait comme la veille, seul avec lui-même, la langue pâteuse et grosse comme les boursouflures qui lui souffraient le gros orteil dans la botte de cuir, celle-là qui s’usait tant qu’on aurait dit de la toile de poulaine pour fille, tellement qu’il avait marché, mon bougre.

L’Esclandre, t’es où ! j’vais pas faire le croque lardon jusqu’à la saint martin avec les coquillards de Loches, foutre Dieu !

Cependant, mon Raoul, qui se fait ces tant véritables contes dont il vous causera sans doute un jour, mon Raoul, donc, s’était caché dessous une feuille de vigne, qui, dans son esprit embrumé, n’était pas moins large que l’arche du pont sur la Loire qu'il avait pris de dessous la nuit dernière pour éviter le guet propice à la virile accolade, ce qui de nuit, peut prêter à confusion, convenez-en, cher lecteur. Abrité de la sorte du regard trop probablement réprobateur du probe bourgeois, qu'il croyait tel le brave couillon éméché, les pauvres borborygmes de mon Raoul avaient cheminé bien deux lieues sur sa langue, tellement que le clairet du tavernier l'avait rendue solide. Ils cheminèrent tant qu'ils se fatiguèrent avant même de grandir en d'intelligibles mots pour le commun du mortel de séant.

Vous avez déjà eu la langue qui vous pèse plus lourd que l’enclume de bon matin ? Avec la caboche qui tient la comparaison avec le caillou en matière de durceur ? Ben alors vous comprendrez aisément qu'on se pense des fois à l'abri des regards plein d'opprobre des braves gens, quand les humeurs de clairet vous monte à la tête. Même que des fois, on se sent nu presque comme un ver, mais avec l'intimité voilée d'une feuille, ça passe.

Feurste contacte, comme disait l’ami godon, avec les vals de loire et ses crus. Raoul le glabre : 0 - Cabernet franc : 1

Et même que le jupon écru qui passait là, à bien… une demie coudée quand même, ben l’avait pas à craindre le pinçage de croupion de politesse.

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MessageSujet: Horribles et épouvantables faits et prouesses d’un très renommé Traine savate.   Jeu 31 Jan - 19:10

Esclandres a écrit:
Redemptions et bienfaits d'un illustre inconnu tout autant traine galoches.

[Tours dans son champ, un jour parmis tant d'autres, d'une certaine année, celle qui s'écoulait en tout cas].


Mais qu'est c'qui fout l'borgne ? ... Quat'jours que j'lattends ... J'y dit Tours ... C'pas ben compliqué, c'est miyeu.

Chlacs ! Un coup canif sur une pousse tendre d'une vigne d'un sepage inconnu du viniculteur. On ne peut pas être bon au four et au moulin, L'Esclandres excellait dans la gueulardise et la descente de picrate. Quand à faire pousser le saint fruit ... Il apprenait.

18 jours qu'ça pousse et qu'dal t'jours pas pret aux vendanges ... 18 ... Mais qu'est c'qui fout l'borgne ... J'y dit d'passer par l'Anjou pour plus d'sécurité vu qui sont plus corniauds qu'les autres. Pis y traine ... Va m'dire qu'l'a encore du faire des detours pour eviter l'famille de cons sanguins.

Chlacs ! Non pas d'canif, mais une chiure de piaf ! Là sur l'épaule, à deux doigts de l'oreille. Le pigeon se pause sur une vigne et picore un raisin vert

N'de dieu ! Mon pinard !

Ni une ni deux, encore moins trois. L'escogriffe sort sa tranchante et taillade le volatile. Un coup sec et rapide. Il ramasse la bestiole, la fourre dans son sac

Ce soir ... C'est ripaille Examine tout de même la bête a plume Sang d'cochon ... Un messagé ...

Bien que peu habille avec le langage de l'ecrit, il lit

Jeeee suiza Chinon. La Saumur au derche pour quelquezachats. Je plaide quoi ? Le Raoul Un instant de reflexion, pas enomre, plutot court Ben c'est mon Raoul ! Pis s'est fait pincer par les cognes ! Les rapides ... T'plaides rien mon gaillard ! T'y leur dis "qui la ramenent pas trop s'non c'est les ambuleurs qui viennent et pas pour sauver l'Armoria, mais pour leur taner l'cul !"

Le sourire au levre, le repas dans le sac. Esclandres ramasse ses affaires pour s'en retourner à la ville

Avec d'la chance, y s'ra là d'main. En attendant j'ai un' ville à defendre

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MessageSujet: Horribles et épouvantables faits et prouesses d’un très renommé Traine savate   Jeu 31 Jan - 19:11

[Chinon, automne 57, l'auge est pas loin]

Après avoir pissé un plein urinal, il se mit à table. Étant naturellement flegmatique, il commençait son repas par quelques dizaines de jambons, de langues de bœuf fumées, de cervelas, d’andouilles et tels autres avant-coureurs de vin. Pendant ce temps, quatre de ces gens chinonais entrèrent en vociférant chez l'harpailleur. L’un après l’autre braillaient leurs aboyements à pleines palerées dans un patois que Raoul goûtait peu ; après quoi, il but un honorifique trait de vin blanc pour se soulager les rognons. Selon la saison, il continuait d’ingurgiter des viandes, à son appétit, et cessait de manger lorsqu’il éprouvait des tiraillements au ventre.
Pour ce qui est de boire, il n’avait ni fin ni règle ; il disait que l’on devait seulement s’arrêter lorsque le siège de vos pantoufles enflait en haut d’un demi-pied.

Mais l'abaieor en harnois causait plus fort. Mon Raoul tendit l'oreille qu'il avait impériale. Faut vous dire que jusque là, mon glabre est sujet du bon empereur Jean Long d'Argent, qui règne souverainement tel le grand charles fainéant, de l'autre coté de la Saône, un joli ru à coté du majestueux Loire, je le concède volontiers.


Les angevins sont à nos portes ! Tous les villageois doivent intégrer toutes les Lances, Corps d'Armes, Milice et Maréchaussée. Fermeture des échoppes,travail aux champs et dans les exploitations proscrit. Enfilez vos cottes de maille, armez-vous de bâtons, épées, haches et boucliers. Nous allons montrer à ces Schtrolls qui nous sommes et leurs têtes seront donnés aux cochons !

Gueule pas si fort sergent, j'tentends.


Fichtre... le maréchalissime Vadikura de Penthiévre l'avait suivi jusque là. La bourgmestre de Saumur lui en voulait vraiment... Vendettal qu'elle avait été baptisée par sa génitrice qui ce jour là a gâché une belle grasse mâtinée... Vous n'y verrez point prédestination de titulature, mais quand même, des fois, il y a de quoi douter. Bon sang ne ment point ! Mon Raoul, en toute bonne fois, l'avait pourtant rien vendu sur le marché de Saumur ! Il connait bien que les bourgeois veulent pas qu'on leur saborde leur place du marché en ces temps où la viandaille et l'autre légumineuse abondent et sur abondent. Alors l'avait rien posé sur la place de Saumur pour pas concurrencer la finance locale. Mon Raoul, il avait juste acheté quelques babioles... Et on lui envoyait l'ost d'Anjou ! Le glabre décida de ne point trop la ramener. Il allait louper les vendanges d'Esclandres et c'était déjà bien dommage. Même quand on veut s'ranger et faire honorable et pacifique négoce, on est toujours rattrapé par le paperassier briseur de rognons.

Sergent, j'suis l'Raoul et j'sais encore mélanger les poudres selon la recette d'Albertus Magnus.



Glaber soupira un bon coup. Il allait reprendre du service.

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