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 [RP] La Raoulade

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Raoul
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MessageSujet: Réception de l’ambassadrice et des frérots rochers - 1457   Sam 9 Mar - 17:39

Mahaut, accrochée, collée serrée... De quoi faire divaguer mon Raoul. avec la musique, la boisson et les jolies robes, la houle se conçoit. Il gonfle sa voile et largue les amarres, mon héros. Osons !

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'une cour
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, madame, et ma plume en délire
Couche sur le papier de mes pensées ce que je n'ose vous confesser et dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.


Il faut souvent prendre le temps d'écouter les premiers maux de chaque verre, ma mie... Mahaut...

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Leamance
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MessageSujet: Re: [RP] La Raoulade   Sam 9 Mar - 18:27

Ce Raoul...Dès qu'il croise une Mahau avec -t ou-d, il bourgeonne !

félicitations à plume Mahaut aussi .
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Raoul
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MessageSujet: Re: [RP] La Raoulade   Sam 9 Mar - 18:51

Mahaud, Mahaut, Mafalda, variante ancienne de Mathilde, formée, comme elle, de deux substantifs germaniques et signifiant " puissante au combat ". Je fonds.

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Leamance
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MessageSujet: Re: [RP] La Raoulade   Sam 9 Mar - 20:11

Ma Hauteur. Ma Hot Hour.
Raoul, t'es un soumis.
Si gros soit-il ton Kiki.

Raoul a écrit:


Oh ! vous commencez à m’enquiquiner avec vos histoires à la noix ! Tu veux que j’te dise moi ! Dans la vie, l’chef c’est celui qu’à l’plus grand zizi !

Silence stupéfait dans la compagnie. Le soleil se lève. Et pis aussi le sourire de la meunière :

Alors c’est Raoul

Désolée...c'était facile :albino:

(je m'excuse par avance de cette dérive auprès des lecteurs potentiels. )

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Jehane
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MessageSujet: Re: [RP] La Raoulade   Dim 10 Mar - 10:33

Embarassed

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Voglio un uomoooooooo!
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Raoul
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MessageSujet: chapitre suivant, Raoul en Maine, février 1458   Dim 10 Mar - 11:42

[Où Glaber se couvre le visage pour cause d'épizootie tout en pigeonnant]

Comté du Maine (Domaine Royal), * * * * ½, 4 villages, 892 habitants. Deos prend pitié de nous ! Laval 248 âmes, Le Mans 163, Mayenne, 208, Montmirail, 273... La grande peste vide nos campagnes et nos villes, plus surement que toutes les guerres et les pillages. Cette épizootie vous allonge un bon homme et une bonne femme en moins d'un mois, plus surement qu'une rencontre avec l'armée du poilu et les quarante cinq jours de brancard qui suivent. Ce matin, l'air est lourd et froid. L'âtre avare ne dispense qu'une faible chaleur.


Citation :
Montmirail, le neuvième jour de février à là où le pigeon te trouvera. An de grâce 1458 de notre Seigneur Christos.

[...]

Je passe les détails graveleux de ce pli à l'Esclandres, c'est entre lui et moi, au sujet d'une dame de notre connaissance.

[...]


Citation :
Or donques la peste est cette fièvre continue, aiguë et maligne, une langueur qui tue, provenante d'une certaine corruption de l'air extérieur en un corps prédisposé : le médicastre nomme ce corps tamagochi. laquelle langueur étant prise par contagion se rend par même moyen communicable & contagieuse aux proches la langueur est tendante de tout son pouvoir à faire mourir l'homme, voire tout le genre humain. L'Esclandres, mon ami, prend garde de ne point y succomber. Ici, elle s'insinue. Depuis mon arrivée à Montmirail, le comté a enterré soixante deux corps. Deos te garde.

Raoul

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Raoul
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MessageSujet: chapitre suivant, Raoul en Maine, février 1458   Dim 10 Mar - 11:43

Citation :
Mon ami,

Je t'écris ce jour pour te dire qu'il y eu encore cinq morts cette nuit. Leurs noms étaient Feno1988, Doctorzwei, Buntert, Birkan2010 et Megatorrent. Cela nous en fait quarante neuf à enterrer. Que le Seigneur les accueille. O malheureux temps ! ô saison déplorable ! Ces rues si belles et si propres, que l'on voyait remplies d'une foule de nobles et riches habitants exhalent maintenant l'infection et la malpropreté ; on n'y voit que des pauvres, dont la lenteur et les cris effrayés ne permettent pas d'y marcher avec sécurité ; les boutiques sont fermées, les exercices suspendus, les tribunaux et les cours absents, et les lois mises en oubli : aujourd'hui on apprend un vol, demain un meurtre ; les places, les marchés où les citoyens s'assemblaient fréquemment sont devenus des tombeaux ou le réceptacle de la plus vile populace ; chacun marche isolé ; et au lieu d'une population amie, on ne rencontre que des gens infectés des poisons de la peste. Un parent trouve-t-il un parent, un frère un frère, une femme son mari : chacun s'éloigne au plus vite. Que dirai-je de plus ? les pères et les mères repoussent leurs propres enfants et les délaissent !

Raoul

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458   Dim 10 Mar - 11:44

Cendres a écrit:
Le Mans, un dimanche matin brumeux

Assi sur sa jument verte qui roulait de la croupe, Cendres entrait en Maine. Une petite fille qui valdingait de gauche à droite était assise derriere lui, bien accrochée à la taille du viel homme. Il traversait le Mans, son but était plus loin. heureusement ... Il passait devant les étales du marché.

Miserable ... A se demander qui est à la tête de cette ville ...

En effet, 6 écus la miche, du fruit montant à 9.50, pas une frusque à se mettre sur le dos... Et caetera desunt.

Hey ! Le vieux ! T'as vu les steres sont à 4.50 ici ! L'or est moins cher non ?

C'est pas faux pucelle, même en Anjou c'est moins cher. Là où l'on va elles sont à 3.50

C'est à l'autre bout du monde ?

Non ... Un jour de marche.

La petite resta interloquée

Mais...

La marge petite ... La marge ! On appelle ça "enfler le citoyen" ou "s'en mettre plein les fouilles". Tu vas connaître ça sous peu maintenant que tu fais parti de la famille. A la difference que nous faisons cela avec les exterieurs, pas les Mainois.

La jument verte continuait son chemin, Cendres expliquait le pourquoi du comment, la politique Ambuleuse en ce qui concernait les prix, les lieux de vente et répondait encore et encore à la question "pourquoi sommes nous Mainois et n'y vivons pas ?"

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458   Dim 10 Mar - 11:45

Alliciante a écrit:
La petite hochait de la caboche en écoutant le vieux sénile. Elle entendait plus qu'elle n'ecoutait du reste, elle regardait sa hache toute neuve accrochée à sa ceinture. Esclandres lui avait dit que la route etait truffée de brigand, pas un seul sur celle ci ... Elle aurait tant aimé en tuer un. La hache, c'est la classe, ce petit coté nordique lui plaisait bien.

Et Raoul, il est comment ?

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458   Dim 10 Mar - 11:45

Cendres a écrit:
Euh ... Toujours borgne je presume ...

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Jeu 14 Mar - 9:33

Quarante cinq de plus... De moins devrait-on dire. 857 âmes recensées à la messe.

Citation :
[...] La plupart s'occupent à rechercher l'origine du mal, et les uns disent : « Les astrologues nous menacent ; » les autres : « Les prophètes l'ont prédit.» On se rappelle tous les prodiges qui ont eu lieu ; on attribue le mal à la nature du temps ; on en accuse la qualité de l'air, propre à propager la peste ; on se souvient que la même chose arriva en 1348 : chacun cherche des souvenirs pareils ; et l'on finit par conclure que ce fléau n'est pas le seul qui nous menace, et qu'une foule d'autres maux sont prêts à fondre sur nous. J'ai ouï certains qui disaient même que c'était parce que les affaires n'étaient pas bonnes. Tels des adorateurs du veau d'or, on se lamente. On oublie que seule la langueur est la cause. La langueur, je te le dis mon ami. [...]

Cataclop clop clop...


Le bruit d'une carne à laquelle il manque un fer*.

Cendres ?

* : c'est une longue histoire, j'y reviendrai si vraiment je trouve quelques lecteurs curieux.

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Raoul
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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Jeu 14 Mar - 9:34

ellipse.

Ecarlate a écrit:
Elle avait entendu des gens en parler, alors qu'elle errait dans les rues de Montmirail et qu'ils croisèrent l'un d'eux. C'était la première fois qu'elle apprenait l'existence de ces "ambuleurs", du moins pour sa mémoire, qui s'était payée le luxe de se refaire une virginité. C'est là qu'elle eut une idée et qu 'elle aborda les bavardes qui comméraient pour obtenir le nom du fameux croisé. Elle rentra alors chez elle prendre plume et vélin pour lui écrire.

[rp]Messire Glabre,

J'ai l'insolence de solliciter votre aide concernant une affaire des plus urgentes à mon goût- ne me connaissant ni d'elle ni d'avant, je me doute bien que l'urgence est inexistante vous concernant-et dont je ne parvins à me libérer.

J'ai en effet perdu la mémoire. Eh oui quelle étourdie, je n'avais qu'à faire plus attention me direz-vous, et je serai alors bien d'accord, sauf que le mal est fait, et qu'en plus d'une bosse qui m'a collé un mal de crâne à couper à la hache, je me suis retrouvée sans toit. Il m'a fallu suer jusqu'à plus d'eau pour aller mendier une baraque délabrée chez le conseiller d'un comte quelconque. Comprenez mon ennui, qu'écris-je, ma profonde affliction.

Mais je digresse et tourne autour du but précis dans lequel je vous adresse ces mots (étrange d'ailleurs comme ils me viennent si facilement, je ne les ai pas oubliés, mais ils ne m'apprennent strictement rien sur moi, je devrais peut-être creuser la chose...). En effet, il se trouve que vous êtes ambuleur, et que par la force des choses, ou la fatalité, ou que sais-je encore, vous êtes amené à fréquenter du monde. Certes mort, mais vous avez peut-être entendu des rumeurs, vous ou d'autres de vos compagnons, des bruits de fosse, un testament, de la main d'un ou d'une pauvre diable, qui se languirait d'avoir vu disparaître sa fille à l'age de la splendeur.

Vous êtes probablement le seul espoir qu'il me reste de retrouver des traces d'un passé qui s'est dérobé à moi, et d'un vide qui ne cesse d'appeler des réponses. Je serai honorée de pouvoir vous rencontrer, si d'aventure la pelle vous en laissait le loisir. Je ne saurais que trop vous remercier, d'avoir pris la peine de vous pencher sur mon cas...je crois que c'est comme ça que l'on dit.

Je vous salue respectueusement,

Damoiselle Ecarlate

PS : c'est comme cela que l'on m'appelle à cause de la chevelure, plus simple que de rebaptiser quelqu'un.[/rp]

*edit pour fautes

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Raoul
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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Jeu 14 Mar - 9:34

[MontMirail. Auberge de la motte, castrale. Où l'on sent au toucher rugueux que mon Glaber prend du cuir aux fesses]

Raoul ! Raoul ! T'as un pigeon !


J'tai dit d'm'appeler capitaine ! Cornecul !

Et mon Raoul qui file une taloche au pauvre hère tout fier qui r'mue tant d'air. Cette andouille édentée a broché le pigeon. Reste une plume au glorieux et courageux volatile. Une plume et une lettre.


Snif snif !

Glaber renifle, dubitatif. Depuis que le connétable de Touraine, ce Dragoond ou Pokemoon, il ne savait plus, lui avait soldé ses comptes, il n'avait plus reçu le moindre mot, doux ou non, parfumé ou bien. Mon Raoul, ça sent bon, ça sent l'embrouille.

miniinminiunminiun.... minimmunium...

Raoul lit. Il connait les lettres, faut pas croire. il connait même bien. Mais il lit pour lui. Vous avez jamais fait miniiunimminiun... quand vous lisez, vous ?


C'est un rendez-vous ? Hein dis ! Ra[...] Capitaine ! Dis, dis ! C'técrit gros et rond, c't'est une femelle !

Paf !


Je passe à mon lecteur la description de la rougeur qui suit. Promesse d'une nuit à ventrouiller ? Il semblait que non. Et puis les gueuses qui venaient s'offrir à Raoul le glabre, Auguste vivant de la couleuvrine à main et de la poudre selon la recette d'Albert Magnus, elles, venaient la nuit, lorsque les maris cornus dormaient. Une pucelle que les godons n'avaient point brulée cherchait son géniteur et l'écrivait au glabre. Une superstition très populaire en Franche Comté assurait que Raoul lisait dans le passé et dissimulait nombres charmes Il était réputé protéger contre le malin et les dangers cachés. Il attirait l'amour, rendait les femmes infidèles et immunisait l'homme contre la trahison. Depuis les mois qu'il portait le grenat de la Vouivre, la mystérieuse et légendaire escarboucle, ces croyances lui attribuaient adonc, vertus et pouvoirs. Une lettre d'un curé de Luxeuil affirmait même qu'il portait cette escarboucle sertie dans la peau de son testicule gauche. Et ce n'était pas la première fois qu'on lui en voulait, à cette partie là. Raoul, prudent, invita néanmoins poliment la demoiselle à venir le trouver. Auberge de la motte, c'était facile à trouver. C'était sous le donjon de Montmirail, en bas de la motte.

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Raoul
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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Sam 16 Mar - 8:23

Ecarlate a écrit:
Le brave pigeon, loué chez un éleveur du coin ne revint pas. Inutile de dire qu'elle se précipita chez lui sans attendre, encore moins de préciser de quelle humeur fut le commerçant lorsqu'elle en demanda un autre, promettant sur son ascendance dont elle ignorait qu'elle exista, qu'elle n'y était pour rien.

Mais puisque je vous dis que ce n'est pas de ma faute. Je l'ai nourri correctement, et je vous dis pas ce que ça m'a coûté!

Je roule pas sur l'or moi messire.

Puis si ça se trouve vous ne l'avez bien entraîné. Et je vous préviens que si vous refusez de m'en louer un autre, j'irai raconter partout que vos bestioles ont la peste, et qu'elles crèvent toutes avant d'avoir décollé!


...Elle caressait nerveusement le plumage de la bête nouvellement achetée (ils avaient finalement trouvé un compromis), se mordant la lèvre qu'elle avait charnue, se demandant si elle devrait pour toujours faire une croix sur son histoire -elle se consolait intérieurement en songeant que cet ambuleur, si ça se trouvait, ne savait rien, mais le doute la tenaillait encore- et tandis qu'elle refaisait le chemin en sens inverse, pour retrouver sa bicoque, une apparition ailée survint.

D'étranges petits soubresauts agitèrent l'ingénue, au comble du soulagement, qui ne doutait pas que l'animal appartint à Raoul glabre, allez savoir pourquoi. Elle eut une pensée pour le pigeon, disparu entre de bonnes mains pour sûr. D'une main tremblante d'excitation elle prit ensuite la lettre, l'ouvrit en hâte et déchiffra l'essentiel.
Il acceptait de la rencontrer, l'invitant à le rejoindre à l'auberge de la Motte.

L'auberge de la Motte, c'est quoi ct'endroit...elle leva le visage et regarda machinalement autour d'elle. Montmirail restait décidément une énigme.

Mince alors...il a répondu.

Elle lut encore une fois, la mine aux anges. Ce soir peut-être, en saurai-elle plus.



[auberge de la motte, en bas de la motte]


Sous le donjon, que le boucher lui avait dit, pouvez pas le louper qu'il disait, on l'appelle auberge de la motte parce qu'y a une motte, vous descendez, puis vous tomberez dessus. ]Mais qu'est-ce qu'une mignonnette à à faire dans des endroits comme ça, y a rien pour une tiote par là-ti, d'vriez rentrez chez vous retrouver vos parent, vous trouveront un beau parti verrez... patati et patata, elle y eut droit jusqu'à ce qu'elle soit hors de portée de voix.

Elle emprunta divers chemins, pour débarquer le soir venu, modestement vêtue, devant le lieu-dit. Ca sentait un peu plus la pisse qu'ailleurs, faute à l'humidité sans doute, les donjons, on sait ce que c'est. Elle ouvrit la porte d'une poussée décidée, et chercha l'ambuleur du regard. En fouillant jusqu'au fond de la salle, il lui sembla reconnaître l'homme qu'elle n'avait fait qu'entrapercevoir. Elle rejoignit sa table, hésita un instant, et emprunta le siège face à lui, le coeur battant.
Qui ne tente rien n'a rien. Elle y croyait. Aussi elle le regarda directement et n'attendit pas qu'on l'invite à s'exprimer.

Bonsoir...Raoul, c'est bien cela?

Vous m'attendiez, à ma demande. Je vous suis reconnaissante de l'avoir acceptée, quel que soit l'intérêt que vous me portez. Vous devez être curieux j'imagine, mais dites-moi, croyez-vous que les ambuleurs possèdent une âme, sont-ils même croyants? Que reste-t-il après les derniers sacrements...vers, charogne, poussière...des réponses dans tout ça...?

Vous prenez un verre? J'ai de quoi payer, profitez-en.


Elle lui sourit, et elle l'observait aussi, curieuse, avide d'en savoir plus sur elle, mais aussi sur ce personnage qui suscitait les murmures de bonne femmes.

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Raoul
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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Sam 16 Mar - 8:24

[Ô Mon Mirail ! c'est le plus beau des châteaux]

La fumée de la racine sèche de tussilage, lorsqu’on l’aspire au moyen d’une pipe, et qu’on l’avale, passe pour guérir les vieilles toux. Pourvu qu’on boive un coup de vin de raisin sec entre chaque aspiration de fumée.

Keuf keuf !

Raoul tousse. Dis tonton, pourquoi tu tousses ? C'était les écluses du ciel qui s'était ouvertes. La pucelle, guère plus haute qu'une gnô qu'était loin d'l'âge d'avoir connu Levan II, décorait le brouhaha ambiant de sa voix de rossignol.

Dis voir l'écarlate !

On était à l'époque loin du foulard intégral. Celui avec lequel la gamine serrait ses cheveux ne laissait aucun doute sur l'identité de la petite personne.


T'as quel âge ? douze, quatorze ans ? Coupe ton vin, tu vas t'étouffer. Et parle pas en même temps. Et pis tu reprends calmement. Que je puisse te répondre. Tu cherches ton géniteur ?

Comme on reconnaît le rouquin aux cheveux du père et le requin aux dents de la mère, Raoul fouillait sa mémoire. Des fois qu'il aurait déjà vu la tignasse ou le sourire.

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Sam 16 Mar - 8:24

Ecarlate a écrit:
Dis voir l'écarlate !

Bon sang! Il ne faisait pas qu'écrire, il parlait aussi, elle avait vu juste la petite. Si elle s'était fiée à toutes les histoires qui couraient sur les ambuleurs- on dit que certains dansent la valse et comptent fleurette aux mortes qu'ils emportent, et d'autres choses encore à leur sujet-, elle se serait liquéfiée sur place. Mais sa mémoire en était encore à l'âge de pierre. Elle ne craignait pas le bonhomme, elle le trouvait seulement, différent.

D'un signe de main elle avait commandé à boire, et avant qu'elle eut le temps de compter le nombre de toussotements qu'avait émis son interlocuteur, le vin lui faisait face. Tandis que le glabre s'inquiétait à propos de son âge, elle plongeait un doigt dans le liquide et le portait à sa bouche. Légère grimace, elle lui trouvait un goût aigre.


T'as quel âge ? douze, quatorze ans ? Coupe ton vin, tu vas t'étouffer. Et parle pas en même temps. Et pis tu reprends calmement. Que je puisse te répondre. Tu cherches ton géniteur ?


On m'en donne quatorze, mais vous vous doutez que je n'ai aucune idée de quel âge je puis réellement avoir. Je ne me rappelle de rien. Elle tentait encore une fois d'accéder à sa mémoire, mais comme à chaque fois, un nuage épais comme un rideau l'empêchait de se souvenir, ou lui révélait des morceaux trop épars pour être cohérents.

Oh... le couper vous avez dit...alors c'est pour ça qu'il est si mauvais. J'ai vu faire quelqu'un dans l'auberge où je dormais, le type a demandé de l'eau pour couper sa boisson, je n'ai pas compris pourquoi il faisait ça. Ca n'a pas eu l'air de déranger le patron, à croire qu'ils ont l'habitude de servir du vin trop fort.

Elle répondait comme un cheval qu'on lançait au galop, l'âge des ardeurs, des premières découvertes, l'âge où l'on vous casait avec un bougre à la dote pas trop maigre. Et elle répondait aussi comme une gamine amnésique, à qui il manquait un pan entier de sa vie.


J'ai oublié qui j'étais, et qui sont mes parents. Ne me demandez pas comment c'est arrivé, je n'en sais rien. Je me suis réveillée au coin d'une ruelle, le visage enfariné, un mal de tête pas commun, et une bosse de la taille d'un oeuf sur le crâne. Elle se massait la tête en racontant le premier souvenir vibrant de son existence.

Je sais lire, je sais écrire...on a du bien du m'apprendre. Mes parents sans doute. Mais qui sont-ils, et surtout où peuvent-ils être...Personne ne me connaît à Montmirail, on m'a prise pour une nouvelle habitante, une étrangère.

Vous ne m'avez jamais vu vous non plus n'est-ce pas? Mais mes parents peut-être, où des gens de ma famille, si j'en avais une...

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Sam 16 Mar - 8:25

Si les fables et les fééries ont le privilège de s'intéresser à nos devanciers, petite, cela ne nourrit qu'un temps le présent. J'ai connu des rouquines, des qui auraient pu être ta mère. Des rouquins non. Ou alors, ils étaient chauves. Faut-il que le feu soit le propre des cheveux des gueuses ? Quand j'avais ton âge, c'était les blondes qui pullulaient. Une peste a du les décimer, je n'en vois plus.
 
Honnête, parce que quand même mon Raoul est un brave gars, il s'interrompit.
 
C'est à un autre que tu dois demander ta route. Surtout si c'est celle qui est dans ton dos. Les voix de Deos sont des mystères. Une chose m'est certaine, c'est qu'elles vont devant, les routes.

Raoul tira sur son herbe, songeur. Il se souvenait de cette femme au cheveux d'or qu'il avait connu quand il était puceau. Son premier amour. Qu'était-elle devenue ? Pourquoi donc Deos avait-il créé les blondes puis les avait laissées disparaître ? Les moutons ne savaient pas chercher les bières, Deos avait donc créé ces douces créatures, disait-on.  Et les rousses adonque ? Son pépé lui avait répondu qu'Il s'était aperçu qu'elles non plus n'y arrivaient pas.

 
Il fait soif !

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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Sam 16 Mar - 8:26

Ecarlate a écrit:
C'est à un autre que tu dois demander ta route. Surtout si c'est celle qui est dans ton dos. Les voix de Deos sont des mystères. Une chose m'est certaine, c'est qu'elles vont devant, les routes.

C'était une idée folle, mais il fallait tout de même qu'elle essaye, avant de se rendre à l'évidence. Elle le contemplait silencieuse, perdue. Cette rencontre lui redonnait espoir, redonnait un peu de sens à sa marche hasardeuse. Mais il n'en savait pas plus. Elle était étrangère à Montmirail, il lui faudrait apprendre. A partir de rien. Elle se mordait la lèvre devenue sèche, arrachant avec ses dents les petits bouts de peau qui mourraient. Il avait répondu, même si aucun marché n'avait été conclu, il avait rempli sa part. Et maintenant, qu'allait-elle faire?

Les routes sont nombreuses, autant que les buts à atteindre. Sans raison, sans l'assurance de pouvoir compter sur ses acquis, tout est possible...

A boire oui, elle avait soif aussi. Elle se plongea dans son vin qu'elle avait coupé d'eau, et but lentement. La saveur était moins âpre, mais elle la regrettait. Son verre était comme elle, il avait perdu son caractère.


Vous étiez mon dernier espoir, je ne chercherai plus.

Peut être dois-je considérer cela comme une chance. J'aurais peut-être détesté ce que j'aurais pu trouver.

Racontez moi la vie d'ambuleur...c'est...intéressant j'imagine?

Elle lui adressa un sourire léger, emprunt d'une naïveté toute relative. Elle cédait à ses élans de curiosité, mais s'en voulait aussitôt l'instant d'après, craignant de se voir flanquée dehors. Le monde au dehors était plein de désordre, une fourmilière chaotique, mais où tout trouvait sa place, dans une organisation subjective. Tout l'interpellait violemment, car dans l'agitation quotidienne régnait un naturel qui la mettait mal à l'aise. Cette routine la dérangeait, parce qu'elle lui était lointaine, ressemblant à un paysage qu'elle aurait pu croiser en arrière plan d'une toile. Elle lui préférait cet homme et le mystère qu'il était, insondable, comme son passé. A cette table, le malaise était absent, elle n'avait pas à se soumettre, ni à adhérer à quelque pièce de théâtre remaniée.
Une petite voix lui disait qu'elle poussait loin, mais elle ne s'en assura pas, s'il en avait assez, il n'aurait qu'à lui dire, mais surtout, elle éviterait de tendre une perche qui l'obligerait à choisir.

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Raoul
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MessageSujet: Raoul en Maine, février 1458    Sam 16 Mar - 8:27

Raoul vide son calva d'un trait. Un oeil à droite, l'autre à gauche. Je rappelle à mon lecteur qu'il est faux borgne. Dans ce bas monde, être faux borgne, ça permet de passer inaperçu. C'est curieux, paradoxal et très uchronique, mais c'est pas moi qui ai choisi. Tou'l'monde est borgne ici. C'est comme les grenouilles de gargote, elles sont toutes rousses. Donc mon Raoul est borgne, mais faux. Il lève son bandeau pour mieux voir, de temps en temps. La grande salle est presque vide. Il faut dire que le Maine, c'est calme.

La vie d'ambuleur ? Si c'est intéressant ?

Raoul se gratte. Le nez.

Les ambuleurs, c'est les pionniers du transport express international, mon p’tit.

En 1455, trois jeunes montmiraillais ont l’idée de transporter des documents et des miches de pains par poney de Montmirail au Mans pour commencer. Et de dédouaner des marchandises transportées avant l’arrivée de celui-ci à sa destination. L’industrie du transport express international venait de naître. Aujourd’hui, le réseau s’étend très vite du Ponant à l’Extrême Orient, et les ambuleurs sont devenus les partenaires privilégiés de nombreux duchés. Quand vous êtes ambuleurs, ma p’tite demoiselle, vous êtes au service de Deos ! Y’a un prophète qu’a dit un jour, "la vie collective n'est possible dans la durée que si chacun s'en considère responsable"

Raoul poursuit d’un trait sa leçon tout comme Cendres lui a dit de dire.

Concilier développement économique, respect de l’environnement, développement social et sociétal : c’est l’objectif que se fixent les ambuleurs marchants en tant qu’entreprise citoyenne responsable.

Mais au delà de sa vocation principale, notre compagnie s’engage dans une démarche active de développement durable de l’Aristotélité. Conscient des répercutions écologiques liées à son activité de transport, nous avons intégré la protection de l’environnement dans sa stratégie d’entreprise. Le crottin des poney est ainsi offert gracieusement aux cultivateurs des bords de routes.

Enfin, notre responsabilité sociale est engagée à l’échelle de toute la Création au travers d’actions humanitaires et éducatrices.


Raoul s’interrompt enfin.

La vie d’ambuleur, si c’est intéressant mon p’tit ?

Cornecul ! C’est …


‘Tain qu’est-ce qu’on se fait chier en fait, quand on fait marchand ambulant. Glaber saisit la bouteille de pomme à pleine paluche.


C'est merveilleux, la gnô !

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MessageSujet: Raoul en Peiregòrd - mars 1458   Dim 17 Mar - 9:54

Chapitre suivant.

[Il était une fois, donc... Sur un petit chemin, quelques guignols, quelques charriots, du poisson fumé]

Ses forêts de châtaigniers et de chênes ! la Dordogne ! Raoul ! C'est beau tu sais ! Et p'is sa truffe noire, son foie gras, son papitou, ses confits, sa sauce Périgueux... Voici la description du paradis ! Raoul ! Il y aura là des rivières d'une eau fraîche jamais puante, et des rivières d'un lait pur au goût inaltérable, et des rivières d'un vin délicieux à boire, et des rivières de miel...

Sans dec' ?

Si ! Si Raoul, j'te jure ! Le Peiregòrd !

C'est c'la ouiiii.... Et tu m'as fait marcher jusqu'ici dans dans ces grands et affreux déserts, où il y a des serpents brûlants et des scorpions, dans des lieux arides et sans eau, pour mieux m'éprouver et me faire mériter ce jardin des plaisirs ? C'est ça ? Y'aura aussi mille vierges et des baqueroumes à la godon, de derrière les tavernes où on se fera des gouzi gouzi ?

Le Peiregòrd, Raoul !


Mmmm...

Et Angoulême ?

Quoi Angoulême ?

Ben oui, Angoulême... C'est où Angoulême ?

Sais pas... Connais pas Angoulême...
Qu'il grogne, le périgordin du fond.

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MessageSujet: Raoul en Peiregòrd - mars 1458   Dim 17 Mar - 9:55

Esclandres a écrit:
Au fond d'une charrette menée par un vieux, tirée par une jument verte et un âne ... gris, entre echelles, vetements et autres franfreluches : un râle.

Gnnnné

La route avait été longue et perilleuse. Se faufiller entre des Angevins méfiants, des poitevins acariatres et au combien concerné par les notes marechales, espionnage et courriers en tout genre ... Des maniacs de la menace du procès, mais fort heureusement incapables ... Ils étaient là. Enfin ... Angoulème, l'une des dernières villes qu'il n'avait visité. Hormis la Bretagne, mais la ressemblance poitevine et bretonne etait telle que ... Aucun interet. Bref donc ils étaient là.

Gnnné ... Raoul ... T'es là ?

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MessageSujet: Raoul en Peiregòrd - mars 1458   Dim 17 Mar - 9:56

Gnnné qu'il faisait. L'Esclandres avait la fièvre... Y'avait de quoi s'inquiéter quand même. Des lieues et des nœuds... Des villages pestiférés. Il fallait s'y résoudre. La grosse langueur qui vous assaillait partout les braves gens et les moins braves aussi, dans tous les royaumes, ça vous coupait l'envie de faire le pitre. Gnnné qu'il faisait. Quand même...

Suis là copain, suis là ! On arrive !

Mon Raoul, tel l'âne sur la crèche du petit Christos quand il était vraiment petit petit, murmurait affectueusement.

J'me lève, et je te bouscule, tu ne te réveilles pas, comme d'habitude... Sur toi, je remonte le drap, j'ai peur que tu aies froid, comme d'habitude. Ma main, caresse tes cheveux, presque malgré moi, comme d'habitude...
*

Gnnné !

* : droits réservés

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MessageSujet: Raoul en Peiregòrd - mars 1458   Mar 19 Mar - 8:00

Citation :
De Montmirail,

Très cher et très honoré compère,

Quoique votre aimable compagnie n'ait jamais cessé de m'être extrêmement agréable, et que vos mœurs douces et honnêtes m'aient toujours procuré un plaisir non moins grand que votre conversation affable et pleine d'agréments ; quoique l'absence, ou les affaires importantes dont vous avez été chargé m'aient fait sentir toute la privation de votre société, je n'ai cependant jamais éprouvé une peine égale à celle que je ressens aujourd'hui, et que m'occasionne le long séjour que vous faites hors de notre cité. J'attribue ce chagrin à deux causes principales. [...]

Gnnnnééé !

Va l'Esclandres, va, ça va aller. Rendors-toi.
Qu'il murmure, mon Raoul, en épongeant doucement et affectueusement le front en sueur et la lèvre baveuse de son pauvre compagnon. Raoul reprend sa lecture. A Montmirail, le maire se lamente.

Citation :
J'attribue ce chagrin à deux causes principales. Je crois d'abord que le redoublement de votre amitié, et les preuves multipliées et sans fin que vous m'en donnez, ont augmenté l'affection que je ressentais pour vous, quoique les obligations nombreuses que je vous avais depuis tant d'années eussent dû me faire croire qu'il était presque impossible qu'elle s'accrût. En second lieu, s'il est vrai que la multiplicité des occupations et leur variété donnent quelque distraction à l'esprit, j'avouerai que, privé aujourd'hui de la conversation d'un grand nombre d'amis, je ne sens que trop profondément le vide immense que laissent dans mon âme le souvenir et le regret d'un ami tel que vous, et le besoin que j'ai de votre société. Privé, comme je le suis, de mes autres amis, c'est maintenant que j'éprouve combien il est pénible d'avoir entièrement perdu un plaisir dont je n'avais regretté jusqu'à ce jour que la privation momentanée. *[...]

L'a toujours été locace... Et c'est là son moindre défaut.

Gnné ?

T'inquiète pas l'Esclandres, y'a Gaélant qui dit qu'il est amoureux, qu'on lui manque et qu'ils sont tous morts à Montmirail. La peste.



* : droits re-réservés.

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MessageSujet: Raoul en Peiregòrd - mars 1458   Mar 19 Mar - 8:01

[Même lettre, même endroit, lumière avare, la chandelle qui tremble, l'atmosphère est tristoune]

Citation :
[...] Je n'ose poser sur le papier ma main tremblante pour traiter un si déplorable sujet. Ce n'est pas tout ; et plus je réfléchis sur cet amas de misères, plus l'horrible description que je vous ai promise m'épouvante. Quoique j'aie tout vu, le récit renouvelle mes larmes amères. Je ne sais par où commencer, et si je le pouvais, j'abandonnerais mon entreprise ; néanmoins le désir extrême que j'ai de savoir si vous vivez encore bannira toute crainte. Notre malheureuse cité offre aujourd'hui un spectacle semblable à celui d'une ville que les infidèles auraient prise de vive force et ensuite abandonnée. Une partie des habitants, imitant votre exemple, a fui devant le fléau mortel, et s'est réfugiée dans les villa éparses autour de la ville ; les autres ont trouvé la mort, ou sont sur le point de mourir. Ainsi le présent nous accable, le futur nous menace, et l'on souffre autant de la crainte de vivre que de celle de mourir.[...]

Ben dis donc... Quand même... J'avais bien vu la halle vide, les tavernes désertées, la gargote qui ne déglutit que quelques campagnes comtale tous les deux mois... Mais là, quand même... Le Maine, c'est plus c'que c'était nom d'Deos !

Gnnnnnné ?

Nan, laisse tomber...

Poc.

Mais c'est qu'il est tombé l'andouille ! L'Esclandres, l'Esclandres ! Qu'est-ce tu fais su'les planches ! R'lève-toi cornecul ! T'es bougre ou quoi ?


Eh ben oui... L'esclandres, quand il tombe, ça fait... poc.

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MessageSujet: Raoul en Peiregòrd - mars 1458    Jeu 21 Mar - 8:03

Citation :
[...] O malheureux temps ! ô saison déplorable ! Ces rues si belle et si propres, que l'on voyait remplies d'une foule de nobles et riches habitants exhalent maintenant l'infection et la malpropreté ; on n'y voit que des pauvres, dont la lenteur et les cris effrayés ne permettent pas d'y marcher avec sécurité ; les boutiques sont fermées, les exercices suspendus, les tribunaux et les cours absents, et les lois mises en oubli: aujourd'hui on apprend un vol, demain un meurtre ; les places, les marchés où les citoyens s'assemblaient fréquemment sont devenus des tombeaux ou le réceptacle de la plus vile populace ; chacun marche isolé ; et au lieu d'une population amie, on ne rencontre que des gens infectés des poisons de la peste. Un parent trouve-t-il un parent, un frère un frère, une femme son mari : chacun s'éloigne au plus vite. Que dirai-je de plus ? les pères et les mères repoussent leurs propres enfants et les délaissent ! Raoul ! On a perdu mille âmes en moins d'un an !
[...]

Raoul relit les derniers mots. Le Maine, le cœur vivant du Domaine royal ! mille âmes. A la louche... Et les duchés voisins ne se portent guère mieux. On se réjouit quand chez soi, on en perd dix de moins que le voisin. La Peste ! Nom de Deos, qu'est-ce qu'on lui a fait à Celui-là pour se voir retrancher si violemment les âmes les plus douces ? Mon Raoul regarde la lettre de Gaélant. Mon Raoul regarde l'Esclandres. La lettre... L'Esclandres... Décidément, Deos est cruel. La preuve par l'exemple qu'un mainois vivant, enfin presque, un bon bouffeur de rillettes peut être vide d'âme ?


Gnnnééé ?

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