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 [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit

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Meliandulys
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:56

Sembreendevant... a écrit:
Sembre sentait sa peau brûlée le démanger et se disait qu'il faudrait qu'il demande quelques soins et onguents à Phonya. Entendant Léa, Luc et d'autres s'en prendre au Pape de manière expéditive, le grand et blond Genevois se leva.

- Nous ne sommes pas l'Inquisition aristotélicienne qui a condamné combien de nos soeurs et frères de manière aussi expéditive.

- Nous n'avons qu'à espérer en Deos et des révélations publiques qui peuvent naitre d'un bel et bon procès. Il faut que ce jugement soit exemplaire pour que l'exemple soit donné au Monde, aux Languedocien, à l'Eglise Aristotélicienne impie et jusqu'au Pape lui-même, que la condamnation est juste et proportionnée aux crimes commis.


Sembre se tourna vers Kirk.

- Comme accusateur public du Lion, je sais que ma tache en sera plus lourde mais la pensée de Deos, ma Foi et mes soeurs et frères en réforme m'assisteront. J'opine que nous devons donner au Pape les moyens de sa défense. Il a déjà, avec Kirkwood, le meilleur avocat de Genève et peut être de l'aristotélité. Si un de ses confrère, ou un docteur en foi aristotélicienne, Curé ou Evêque, veut se joindre à lui, je ne m'opposerai pas.

- Ainsi les fautes, les compromissions, les délits et les crimes commis par le Pape seront d'autant plus manifestes jusqu'aux yeux des croyants de sa secte qu'ils seront exposés. Ainsi, seront sus et prouvés, les méfaits sa bande brigande qui induit les âmes en erreur par le verbe, soumet les gens par le travail forcé et quasi les rançonne et s'attaque, portant la croix sur l'uniforme, aux corps et aux êtres de ceux qui résistent et cherchent la lumière par eux même.

- Les fidèles de Deos, le Lion de Juda, ne pratique pas la vengeance mais juge de manière éclairée. J'opine donc à la nécessité d'un procès et appelle les autorités locales à en faciliter le cours plutôt qu'à appuyer des manoeuvres d'une magistrature languedocienne dont la position n'est ni debout, ni assise, mais simplement couchée.


Sembre sourit à Léa...

- Vous avez faim, ô Juge ? Peut être devriez vous goûter quelques dattes fourrées ?
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Meliandulys
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:57

Bbigoudis a écrit:
Le pape avait été enlevé par ceux qui se présentaient comme "'les lions". Elle suivit la scène comme tant d'autres villageois, sans réagir, tétanisée par la peur . L'horreur de voir un homme, qui plus est le pape se faire maltraité et humilié en place publique. Elle était persuadée que la garde épiscopale ne devait pas être bien loin et aller intervenir. Mais elle avait beau fouiller le champ de vision qui s"'offrait à elle. Personne. Ou étaient-ils donc ceux qui devaient assurer la sécurité du pape. L'avaient-ils abandonné ? Elle implora dieu en qui elle croyait de venir en aide icelieu.

Elle n'osa entrer dans l'église. Le "procés "devait s'y tenir. Des voix résonnaient à l'intérieur. Elle les entendait ricaner, se moquer. Ce procés s'annonçait comme une justice, il lui paraissait en être tout autre. Une injustice pour en corriger une autre. Ce pape, cet homme avant tout, semblait être d'ores et déjà jugé et condamné avant même que le procès ait commencé. Quand elle entendit la voix de celle qu'ils avaient proclamé juge, elle ferma les yeux. Parce que le juge avait faim, elle condamnait. La vie si sacrée pour dieu, n'avait ici aucune importance. On la balayait parce qu'un ventre gargouillait. Cela faisait des jours que le ventre des mendois gargouillaient. Elle, elle remplissait son ventre de tisanes. Son ventre endormi ne parlait plus. Oui tout cela n'était que mascarade et prétexte pour eux. Même eux ne prenaient pas cela au sérieux. Ils n'avaient aucun respect pour leurs propres paroles. Elle s'apprêtait à partir quand une voix résonna à nouveau à l'intérieur.

- Nous ne sommes pas l'Inquisition aristotélicienne qui a condamné combien de nos soeurs et frères de manière aussi expéditive......

Elle se retourna et l'écouta. Le discours de l'homme blond lui semblait juste. Elle regarda l'homme sur le parvis, elle lui fit un léger signe de tête, elle l'avait déjà rencontré quelques heures plus tôt puis entra lentement dans l'église, d'un pas hésitant, la peur au ventre. Elle resta juste à l'entrée, dos plaqué contre le mur, prête à fuir. Elle les regarda tour à tour.

Bien qu'elle sache que le pape était avant tout un homme et donc imparfait, il représentait pour elle, la sagesse et celui qui les guidait vers dieu. Il ne pouvait être que bonté et amour. Il a du faire des erreurs, oui, qui n'en fait pas mais de là à lui vouer une telle haine. Cela lui échappe. Elle n'a jamais vu le pape, ne le connait que de nom et de tout le mystère qui l'entoure , qui se transmet de bouche à oreille. C'est un saint homme pour elle.. Il ne peut , lui , avoir commis de crimes. Il est le meilleur des aristotéliciens c'est pourquoi il est pape. Elle ne pouvait le laisser dans cette épreuve, face à tous. Si on ne la mettait pas à la porte, elle sera là au moins pour faire acte de présence à ses cotés quand il arrivera. Elle comptait aussi sur le curé et autres religieux des alentours pour lui venir en aide. Il est évident pour elle que les armées religieuses allaient venir le sauver au dernier moment, il ne peut en être autrement dans sa tête. Elle a la foi et dieu ne peut laisser faire ça.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:57

Arthurus009 a écrit:
Clac... Clac... Clac... Clac... des profondeurs de l'obscurité se fait entendre le son d'un pas lent et régulier. Un homme encapuchonné s'avança au milieu de ce simulacre. On ne pouvait déceler son regard, mais de la malice s'en faisait ressentir. Arrivant devant le Pape, il s'agenouilla impressionné par son aura emplissant de sainteté la petite église et lui murmura...

Pardonner leurs actes, ils ne savent pas ce qu'ils font... Ce ne sont que des pêcheurs en quête de lumière perdus dans les méandres d'une secte bien trop obscure.

Se retournant ensuite devant l'accusatoire bien garni, il entama une révérence théâtrale.

Permettez-moi de me présenter. Arthurus... piètre paysan Mendois, brebis égaré d'un bien trop grand troupeau. J'étais tellement égaré imaginez donc cela... J'ai failli me perdre en voulant venir en ce lieu. Suis-je sot... Pardon, je me présentais... Ma mère était couturière, mon père... Pour dire vrai, j'en ai eu...

Debout, face à son auditoire, la tête baissée il commença à compter sur ces doigts...

Voyons voir... un... deux... heu... trois... non pardon celui là ne compte pas... Il était pour dire... étrange dans ses idées. Figurez-vous, bien mal lui en a pris d'ailleurs cela était impossible, vouloir transformer de simples chatons apeurés en véritable lions...

De sa barbe jaillit un sourire narquois... Il releva la tête. L'ironie s'empara de la phrase suivante...

Je me présente en ce lieu sans prétention de représenter le Saint homme en avocat... Je ne suis pas comestible... D'ailleurs peut-on accuser un Homme innocent?

Il se dirigea ensuite sur un banc de l'église souillée de leurs présences et bien loin d'eux... il y pris place... Souriant de l'ironie de la situation. Comment pouvaient-ils s'imaginer un instant de l'impertinence de leurs actes... Un procès équitable, une mascarade d'enfants plutôt... de sales gosses en pleine adolescence, voulant défier leur Père. Et sur un ton emplit de piété...

Je viens simplement observer un soit disant procès équitable, si joliment chanté dans les tavernes par vos hérauts pilleurs de villes et calomnieurs de propagande... Mais je vous en prie, chatons de Juda, éblouissez la pauvre brebis égarée que je suis... éblouissez les toutes de la lumière de votre justice... Les royaumes vous regardent...
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:57

Coco... a écrit:
Coco s'était juré de ne plus ouvrir la bouche en présence de ces fous de Déos.
Elle ne pouvait cependant pas abandonner ses amis qui résistaient si courageusement à l'oppresseur.

A petits pas, elle rejoint Bigoudis et Arthurus, et se tint à leurs côtés.
Droite et digne, elle resterait là.

Les Lions de la honte pouvaient déverser leurs paroles venimeuses, les Mendois ne plieraient pas.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:57

Kirkwood a écrit:
Un groupe d'hommes et de femmes en armes a fini par arriver, encadrant le pape. Observant avec attention les recoins, les visages inconnus. Les ordres sont clairs : défendre leur captif, pas interdire de scènes de superstition.

Quand un escogriffe encapuchonné vient jouer les marioles prêt à partir au martyre et s'agenouille, les sicaires, les yeux au ciel, murmurent un des « 52 », désapprobateurs :


Citation :
3. Cette parole ne peut pas souffrir des prescriptions d’une Autorité, telles qu'elles sont exigées par le prêtre et le seigneur. Aucune prescription d’Homme n’est légitime.

D'un coup, alors que l'encapuchonné parade et s'éloigne, l'un d'eux prend la parole, excédé :

- Hm, ça dégouline de prétentions, de suffisance et de bons sentiments comme ein guter Hund, un bon chienchien, nicht wahr ? Mais c'est qu'il s'y croit déjà !?

Mais Kirk intervient à son tour, sourire aux lèvres...

- C'estions bon, Mördensieschnell. Laissions-le bailler aux corneilles et garder racine en ses certitudes dont tout l'art des théologiens ne saurions venir à bout. Il n'avions même point encore compris, dirait-on, que d'accepter la proposition du Procureur estions nous aider à prouver notre bonne foi...

Ainsi le papifié aura-t-il été défendu par deux avocats, un ennemi et un allié...
Tout au plus, Mördensieschnell, prie, que Deos, le Très-Haut, le Créateur des mondes, l'ennemi du Sans-Nom, lui donnions la volonté, à ce héros hérault des hauts-résistants mendois, de constater que nous n'avons rien pillé chez eux...


(Avec un soupçon d'inquiétude dans la voix) Et nourrissions-donc le juge, d'urgence !
(Une idée lui traverse la tête) Luc, t'avions le pal, c'estions très bien, mais où estions le bûcher ?!

Mais Mördensieschnell rajoute :

- Hé bien, qu'il prenne bien garde à ne plus nous insulter, ou bien, si la Juge ne le condamne pas, moi je lui donnerai soufflet à regretter de s'être pris pour un héros !
Et d'une, croit-il que nous ignorons le retentissement de ce qui se passe ici ? Mais c'est qu'il n'est pas bien, le héros !
Et de deux, comme sicaire d'arme, je ne pille et ne tue qu'ennemis, et en guerre ! Comme font royaux ou Ponantais en les leurs, mais lui semble y voir une différence que le commun bon sens ne voit mie et nie !


Puis, une dernière flèche avant de retourner au pape :

Pour l'efficacité de son prêche, il vaudra mieux que tu complètes son dire, Lecteur Kirkwood. Car déjà nous « insulter » de « chatons », par Deos ! (Les yeux au ciel)
Quelle originalité, déjà, c'est une première ! On ne l'a entendu qu'en Franche-Comté, en Savoie, en Béarn, en Bourgogne, à Rome, tiens... Pas davantage...
Et puis, est-ce que je l'appelle « Église aristo », moi ?! Dumkopf !
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:59

Arthurus009 a écrit:
L'encapuchonné assis sur un banc de l'église écoutait avec le plus grand intérêt ce conciliabule. Les miaulements de chatons, emplis de désarrois, comblaient de joie le cœur d'Arthurus. Son entrée théâtrale avait donné son plein effet. Et le sourire, transperçant sa barbe, était le témoin de son ample satisfaction... Il se leva et se dirigea non loin d'eux. Il déposa un tabouret et y trôna debout...

Mes bons Seigneurs... si je monte devant vous sur ce tabouret... ni voyez pas une marque d'irrespect. Mais depuis votre arrivée, vous rabaissez continuellement les Mendois au point de ne plus les voir. Comprenez en cet acte, une simple façon pour moi, d'être aperçu de vous tous en ce lieu Saint.

L'attention captée, il fallait maintenant entamer le premier coup de fouet...
Au premier des orateurs...le plus fougueux en somme...


Seigneurs depuis le début l'honorable religion emplie de vertu et de grâce représentée par vos sbires nous demande de croire. Et maintenant... m'y croyant, vous vous offusquez de la sorte. C'est à me plus y croire...

Continuant sur sa proie préférée pour lui infliger un revers...

Ensuite l'on me met en garde contre un procès... Alors même que l'une des vôtres, et non la moindre en somme... refuse de répondre de ses actes devant la justice Languedocienne... Mon Seigneurs voyons... vos ouailles serait-elle au dessus des lois à l'inverse de ces pauvres Mendois?

Et comme le dit le proverbe jamais...

Pardon... Non... Grand dieu, cela n'est pas possible.

Arthurus saute de son tabouret et se dirige expressément vers la gente dame en la personne de Coco... Choqué, il la dévisage du regard. S'interroge à son tour. Il revient d'un bon sur son tabouret...

Je ne vous avez point reconnu... Vous aussi... mes bons Seigneurs. Vous vous présentez à nous en Lions de Judas... Si vous vous étiez présenté de votre vrai nom... Les chatons de la litière, nous vous aurions immédiatement reconnu... Dame Coco, que l'on prépare la meilleures litières pour nos invités de marque.

Toujours sur son tabouret et se penchant vers son jouet préféré, il murmura au fougueux...

Ne vous inquiétez pas, mon bon seigneurs, je vous réserve la meilleure litière.

Sur ce dernier coup de fouet, une révérence s'imposa. Tout en les regardant, calmement et sans aucune nervosité, il descendit de son tabouret pour finalement s'y asseoir...

Maintenant que les premières distributions sont faîtes... Comment souhaitez-vous constituer ce tribunal impartial représentant la justice vue par votre Dieu et observé de tous?
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:59

Dioscoride. a écrit:
L'avait fini par l'emmener le pape, certes ils auraient pu aller plus vite, mais Dioscoride n'avait rien fait pour presser le pas d'Innocentius, l'entravant souvent...par "mes gardes".

Assis dans une alcôve non loin du condamné...enfin...de l'accusé, le borgne jetait les bouts d'os puisés dans le reliquaire à Sien, chien familiale qui avait aussi fait le voyage depuis Genève.

Il s'impatientait le manchot et la seconde intervention du mendois miraculeusement resté en équilibre....et vivant, l'exaspéra, même si elle se fit dans une quasi-ignorance.
Ces type à capuche, il en avait fréquenté tout son saoul autrefois, et celui-ci termina de lui mettre la nausée.

Sautant à terre, il alla s'installer derrière les trois Mendois, salua de la tête les deux regards féminins qui se tournèrent vers lui puis s'appuyant sur le banc, glissa la lame de son grand couteau sous la carotide de "la capuche".

Murmure à son oreille : "Pour t'éviter de tomber du tabouret la prochaine fois...tu n'auras pas droit à un procès toi..."

Les plaidoiries allaient pourvoir être expédiées à présent...
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:59

Arthurus009 a écrit:
Arthurus sentit bien le cure dent sous sa carotide. Tout cela l'amusait grandement. Les participants dévoilaient, peu à peu, leur véritable intention d'un procès dit équitable...

J'aime votre manière théâtrale d'engager la conversation. Si vous traitez tout le monde de la sorte, il n'est point étonnant d'être si peu considéré. Comment espérez-vous donner une bonne vision de votre religion?

Tournant enfin la tête vers lui, toujours assis sur son tabouret, il lui murmura dans le creux de son oreille...

Veuillez m'excuser, je comprend mieux en vous regardant, votre vision étriquée...

Il scruta alors son assaillant avec une grande complaisance se demandant à quel moment, on pourrait commencer, une conversation dites entre bonnes gens. L'homme de théâtre leur faisaient-ils vraiment si peur pour le menacer de la sorte?
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 17:59

Phonya a écrit:
Phonya allait réclamer un bâillon quand Dioscoride trouva plus efficace.
Ici, on prenait son temps, le temps qu'il fallait.
Pas comme au tribunal du Languedoc qui oubliait que certains jours étaient dédiés à la prière et non pas à la défense et que par là même l'avait privée de droits fondamentaux.
La Genevoise avait souvent vécu en Royaume de France et s'était toujours étonnée des différences notables de traitement des uns ou des autres.
Elle pouvait excuser l'affolement, la précipitation, mais la partialité, jamais.

Le calme étant enfin revenu, il ne restait plus qu'à attendre la lecture de l'acte d'accusation.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 18:00

Shirine a écrit:
[Cet épisode, le n°2, se déroule un peu avant le marquage léonin, qui est l’épisode n°1 puisqu’écrit en premier, mais qui en toute logique devrait être l’épisode n°2 puisqu’il se passe après l’arrivée de Shirine à l’église que je vais écrire à l’instant… J’espère que vous avez suivi !]


C’est à cheval que Shirine arrive à Mende. Monture qu’elle a emprunté à Alais, elle ne sait pas à qui, mais elle le remercie de lui avoir fait gagner une journée de voyage et éviter des courbatures…
En apercevant les toits de Mende, elle sort son épée espérant dissuader quiconque de s’en prendre à une cavalière armée.

Elle n’a pas trop de mal à entrer en ville, vue la confusion qui y règne. Au pire, elle compte bien, si besoin, remonter sa manche et exhiber sa marque. Les journalistes ont leur carte pour entrer où ils veulent, elle, son pass est collé à vie sur son avant bras.

Un mouvement de masse semble la diriger, elle se laisse guider par les badauds et devine rapidement qu’elle se rend à l’église. Il lui suffit de lever le nez pour apercevoir le clocher. Pour une fois, elle loue les Hommes d’avoir tellement voulu se rapprocher de Deos qu’ils en ont construit des édifices hauts et de ce fait voyants, bien qu’elle n’en comprenne pas tellement l’utilité. L’Homme n’a pas besoin de toucher les nuages pour être avec Lui, et quand bien même il essaierait de L’approcher pour Le toucher, il ne pourrait le faire qu’à son trépas.

Bref, la rousse galope jusqu’à l’église. Elle aperçoit Melian sur le parvis et descend de sa monture un peu avant d’atteindre le gros de l’attroupement. Elle rengaine son épée et lève la main pour l’abattre sur la croupe de l’étalon qui décarre sans demander son reste.


Allez ! Rentre chez toi ! Je t’ai juste emprunté, je suis pas une voleuse !

Elle rit pour elle-même, puis se retourne faisant voler cape et jupons.
Parce que oui maintenant elle met des jupes, et à l’occasion des robes. De plus en plus féminine, de plus en plus désireuse de plaire au Sicaire de son cœur.
Elle a gardé son éternelle chemise blanche, y a ajouté une cotte couleur terre et lassée de blanc par-dessus. Les braies qu’elle a gardées sous la jupe ocre lui permettent de se tenir chaud en cette période de l’année, et de monter les chevaux à califourchon, la jupe est suffisamment large pour remonter jusqu'aux cuisses. Elle est chaussée de bottes, son poignard caché dans l’une d’elles, et porte son épée à sa hanche gauche et sa sica à la droite. Enfin, elle s’est emmitouflée dans une cape noire à capuche, sur laquelle se déverse son imposante chevelure de feu.
Le petit vent glacial a rosi ses joues ordinairement pâles et embué ses yeux émeraudes.

Elle sourit et cherche des yeux des visages connus.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 18:00

Mariposa a écrit:
[Déplacement papal, juste avant la mascarade du tabouret]

De la garde rapprochée du Pape, pas celle qui défend mais bien celle qui empale du pontife, l’allumée sicaire ne perd pas la proie des yeux. C'est un glorieux trésor qu'ils ont entre les pattes. Sa Papauté en jaquette de nuit!

Bon, c’est vrai, ils l’ont un peu couvert avant d’venir. Ils ne sont pas bandits, tout de même, ils ont de l’honneur. Et puis, n’empêche que c’est une belle offrande, autant la lustrer un peu. C’est entre autre pourquoi une éternité s’est écoulée pour son déplacement. C’est pas facile, un homme sénile. Et qui a fait vœu de silence de surcroit. Sans parler des "mégardes" du manchot. Et bon, comme ils ne voulaient pas lui offrir de carrosse, ils lui ont fait faire le trajet à pieds. Pieds nus, évidemment. Avec ce froid... C’est Zara qui aurait aimé voir ça! Tiens, ça lui donnait une idée, elle lui garderait peut-être un pied, en guise de souvenir.


L’accusé maintenant bien installé en ce palais divin, le bâillon tranchant expédié, le procès allait pouvoir reprendre. Le climat était chaud et les mendois semblaient ivres. Et même si tout l'monde se tamponnait du pape, la sicaire, près de l’ensoutané, restait alerte.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 18:00

Le_g. a écrit:
Discrètement, il s'était faufilé. Demandez pas comment, ça, s'il vous le dit, il vous tue après ! Si si...

Bref, Le Gaucher était donc revenu en Languedoc, une certaine affaire faisait grand bruit. Ils avaient donc quittés tranquillement le Lyonnais-Dauphiné, pour aller se reposer tranquillement, ou pas... Allez savoir avec eux ! Il esquisse un sourire, et reste dans la pénombre. Un simple signe de tête pour saluer ceux qu'il connait, à savoir pas grand monde.

D'un voyage en Guyenne, alors qu'il était recrue de l'armée gasconne, il se souvenait les avoir rencontré, enfin certains. Lui qui n'avait pas de religion, ne croyait pas plus au Très-Haut qu'au Sans-Nom, ou à Déos, il n'avait pas fait trop de cas. A l'époque, le petit Trackoul menait une petite vie pépère tranquille quoi. 'fin presque.

Mais aujourd'hui, il a une femme, un fils et il a voulu l'épouser. Mais bon, la curette de Nîmes, elle avait pas voulu ! Même contre 4 tonneaux de bon Armagnac, elle voulait pas les marier, fallait qu'ils fassent la baptisation, et puis confession et tout le toutim qui va avec. Lui qui n'allaient dans les églises que pour ... heu... essayer le confessionnal avec sa douce, et pis heu... bah "emprunter" les choses aux riches curés et les revendre pour nourrir les pauvres ! Si si ! J'vous jure ! Le petit trackoul avait donc grandi, et aujourd'hui, avec ses amis, ils repassaient par là...

Ils sont passés par ici, ils repasseront par là... Ils courent ils courent ? Oups, je m'égare. Trêve de tergiversation narrative, revenons en à nos moutons, ou plutôt aux Lions. Il écoute, bah oui, et pis il "emprunte" aussi un parchemin avec les lois de leur église.

Mouais, l'est pas supersticieux, mais bon, il voudrait bien faire quelque chose pour sa femme et son fils hein... Et vu qu'il a toujours pas rencontrer 'Tristote, et son copain Christude... bah, il est toujours aussi indécis.

Comment ça, il comprend rien ? Heu... mais si ! Voyons, 'Tristote, c'est le pote de Christude, et pis leur chef, il s'appelle Pape. Et de l'autre côté heu... bah... mouais bon, sûr qu'il a des lacunes. Mais il a pas oublié l'invitation qui lui avait été faite à La Teste. Même s'il a pas répondu pour le moment. Qui vivra verra hein ?

En attendant, place au spectacle, le troubadour contemple et tente d'acquérir quelques notions...
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Jeu 29 Déc - 18:11

Leamance.. a écrit:
Devant la levée de fronde contre son jugement immediat, Léa souffle de dépit en regardant ses Frères, descend chercher les dattes fourrées, remonte vexée et commence à les picorer. Elle récupére également au passage un gros plateau d'abricot confits, bien juteux et sucrés. D'où il sort ce plateau, aucun idée, mais il est bien là.

L'église se remplit peu à peu, et la Sicaire comprend qu'elle devra prendre son mal en patience, et attendre sagement le bla bla bla de l'accusateur, de la défense, des témoins, et tout le toutim.

Elle se met à rêvasser au meilleur moyen de mettre à mort le Coupable parmi les Coupables, the best of. C'est que ça turbine dans son petit cerveau de fanatique soupe au lait. Une multitudes de petits détails lui viennent à l'esprit, comme un peintre devant sa toile, qui cherche à magnifier son oeuvre.

Sur son visage, n'importe quel observateur, même très crétin, peut lire qu'elle se moque totalement de ce qui se passe en ce lieu. Un sourire qu'on pourrait qualifier de "jocondal', si le terme existait. Avec une petite touche de sadisme, là juste sous les fossettes.

Oubliant l'endroit où elle se trouve, elle jette régulièrement les noyaux de ses abricots confits dans la foule présente, d'un geste las.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Ven 30 Déc - 16:32

Luc_la_misere a écrit:
Pendant que sa palabrait justesse

c'est des stères et des stères de bois qu'il avait amené a la porte de l'église se demandant si sa serait pas mieux de faire le bucher a l'interrieur pour que le pape suffoque dans son mépris et que le bâtiment s'écroule sur lui

il regardait son pal d'if avec tendresse

sortait ses hameçons de pécheur invétéré pour peu être tenter une suspension?


bon v'la en tout cas tout est pret au cas ou

il s'essuya le front plein de sueur avec une buche se disant que sa ferait fumer plus le bois
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Ven 30 Déc - 16:33

Leo... a écrit:
Léo comprit bien la déception de Léamence, aussi s'approcha t'il d'elle pour lui murmurer quelque chose.

Trouve moi une hâche, et si quelqu'un dit qu'il n'est pas coupable on lui prouve le contraire.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Ven 30 Déc - 16:33

Leamance.. a écrit:
Ah mais quel homme ! Deos qu’il sait parler aux femmes ce Léo. Léa lui sourit très sincèrement, les yeux tout pétillants.

- Léo, je n’ai pas de hâche. Le cancrelat de Maire a tout emporté avec son congénère. Mais je te prête ma Sica, très aiguisée, avec plaisir. Une Sica dans chaque main, en faisant la moulinette avec tes bras, ce sera aussi efficace.

Léa et Léo tout comme Chapi et Chapo, Stone et Chardène, Raymonde et Robert… sont vraiment meugnons meugnons meugnons (sur l'air de René la Taupe) tous les deux.

La Sicaire déplace son séant sur le banc de la chaire, et tapote à ses côtés :

- Assis toi Léo, on partage les dattes. Mais pas les abricots confits.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Ven 30 Déc - 16:33

Ophy_lyam a écrit:
[Comment faire passer le temps entre deux...abricots secs]


La nuit tombait tôt chaque soir identique, les remparts s'allongeaient d'un nombre d'ombres aux allures de Lions.
Les villageois rugissants espéraient quelques dompteurs pour remettre les fauves en cage, mais chaque matin réveillait une soulageante réalité , il avaient tous la fraise* au fesses !

L'Innocent coupable commençait à se miter, quelle surprise de le voir s'enfoncer dans son trou en si peu de temps, il rongeait silencieusement ses frasques passées.

Et la Talib, comme pour provoquer l'enfançon le derrière posé et vissé sur un tabouret au milieu de l'église.....se gratta les bas.

Les remparts avaient eut raison de leur grandeur, à force d'étudier les sains écrits dans une position fervente, toujours dans l'attente d'une soudaine révolte, ils s'étaient rognés aux genoux!

Par quel mythe est-ce possible?
Comment ai-je perdu mes braies?
Encore un coup de la mite!


Et de s'amuser à tirer sur le fil du bas en commençant par le haut, en dansant d'enrouler autour de l'Innocent cancrelat le fil de soie.
Le bas si haut monté sur la jambe, venu d'en haut grâce à Déos surement, le genou soupirait d'aise enfin, tandis que la cheville se sentait libérée de l'emprise du joug.

La rouquinette riait en chantant autour du Pape enroulé de haut en bas:

Y'a des papes à poux, y'a des papa mites, y'a des maman mythe, y'a des mites partout!
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Ven 30 Déc - 17:26

Graoully a écrit:
Un pigeon vint lâcher un parchemin à l'endroit où se tenaient tous ces gens. Pendant ce temps, ce même placard était disposé un peu partout dans le diocèse.


Citation :



Aux autorités temporelles, aux clercs et aux fidèles du diocèse du Puy,
Salut et bénédictions.
Aux membres de la vile réforme, tolérée selon le bon vouloir des souverains successifs de France,


Nous, Graoully de la Louveterie, évêque du Puy, inquisiteur de la foi, a tous ceux qui liront ou se feront lire,

Annonçons notre arrivée, certes tardive, en la pieuse ville de Mende. Nous constatons avec joie qu'elle ne cautionne point ces agissements peu scrupuleux des réformés, soutenue par les autorités comtales du Languedoc. Nous sommes heureux de trouver un diocèse pieux, sachant dissocier le bon grain de l’Église aristotélicienne, de l'ivraie qu'est cette ci-devant Église réformée.

A ces derniers, nous avons une confidence à faire : depuis quelques jours, entendre les comptes-rendus de vos âneries égaye nos journées. Nous entendre raconter vos procès dénués du principe du contradictoire, devant une formation de jugement totalement partiale, est une vaste blague ! Vous alignez de plus un juge unique. Or, comme dit l'adage : juge unique, juge inique. Tout juriste que je suis, sachez que je me gausse de vos simulacres de jugements.
Prenez donc modèle sur la justice ecclésiastique que vous décriez, mais qui respecte ces principes, en soumettant communément les personnes à comparaître devant une formation collégiale.

Quant à sa sainteté le pape, laissez-le donc tranquille. Vous vous ridiculisez aux yeux de l'aristotélicité en voulant ainsi vous faire remarquer. Même Genève doit avoir honte de vous ! Ne me dites pas que je ne connais pas cette ville, j'y suis allé durant la dernière croisade.
Vous souhaitez la mise à mort du pape ? Oubliez-vous que le plus grand service que vous puissiez lui rendre et de le faire trépasser en chaire, défendant sa foi ? Celui que vous voulez rabaisser sera élevé en martyr de la foi !

Mais pour juger le pape, encore faudrait-il que vous le déteniez ! Comment pouvez-vous nous prouver que le pauvre homme que vous détenez et qui ne vous a rien demandé soit le pape en personne. Car il est bien entendu que sa sainteté se promène tranquillement seule et sans escorte en dehors de ses états pontificaux, dans la discrétion la plus absolue sans avertir ni l'évêque local, ni l'archevêque métropolitain !
Cette personne, qui semble porter le même pseudonyme que le pape, apparaît certes sur la liste des habitants. Mais connaissez-vous les homonymes ? Un certain Eugène se faisait passer en son temps pour le pape il y a quelques temps. Là encore, vous croyiez qu'il s'agissait du pape. Vous faites donc la même erreur deux fois de suite !

Toutes vos actions sont vaines : arrêtez-les tant qu'il en est encore temps !

Pour arriver à adhérer à de telles extrémités, vous avez dû être de pauvres enfants fragiles. A ceux-ci, l’Église aristotélicienne sait ouvrir ses bras, s'ils ont le repentir sincère. Le palais épiscopal vous est ouvert dans cette optique, mes pauvres enfants dévoyés !

Que le très-haut vous ouvre les yeux,




Donné à Mende, le jour de la Saint Roger, l'an de grâce 1459
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MessageSujet: L'audience   Ven 30 Déc - 21:28

Sembreendevant... a écrit:
Sembre s’était préparé à ce moment, évitant de se montrer dans le village et de participer de trop près au harrassement du Pape et chamailleries avec les quelques aristotéliciens aussi orthodoxes qu’abrutis qui s’étaient bruyamment et sottement manifestés. Il regarda le Pape silencieux dans l’endroit réservé aux accusés. Il gardera probablement le silence celui-ci …

Il me revient aujourd'hui la responsabilité et l'honneur de porter l'accusation publique, au nom de Deos et des peuples du monde connu, de porter l'accusation contre Guillaume ou Giaccomo Savelli qui emprunte ici le patronyme d'Innocentius dict le huitième.

Ce premier temps de parole, est consacré à la lecture de l'acte d'accusation et des charges relevées contre celui-ci.


Sembre d'un geste du bras méprisant, désigne la place de l'accusé, sans un regard pour lui.

J’ai mentionné le nom d’emprunt, la fausse identité à l’abri de laquelle, se met le nommé Savelli. C’est déjà un délit mais nous verrons qu’il n’est qu’accessoire et mineur au regard des autres.

Madame la Juge-Bourreau, vous représentez ici la Justice, qui est vertu et institution. Juger un tel homme réclame une vertu bien établie, comme la votre, Madame le Juge mais cette vertu doit s’exprimer dans une institution nouvelle qu’est ce tribunal. Certes, il emprunte au duché du Llenguado, ses locaux et peut être les desservants de sa justice mais pour juger un homme, chef d’une organisation aux ramifications nombreuses et aux complicités étendues dépassant les provinces, royaumes et même empire pour prétendre à l’universel, un manipulateur des biens terrestres comme spirituels, ce ne peut être totalement un tribunal dédié à la justice humaine ni un aréopage d’inquisition dont nous ne goûtons ni le terme ni les méthodes. Notre tribunal est celui du salut. Du salut public comme spirituel.

Sembre se dit : « Me voilà aussi ch..hmmm soporifique qu’Izaac déclinant les alinéas d’un article mineur d’un traité. Bah Léa a les yeux qui se ferment, Kirk roupille mais c’est son heure et même l’Innocentius a la tête de coupable semble fermer les yeux. On peut continuer …

Ad liminis litis, au début du procès, pour ainsi dire, notre Tribunal doit appliquer le Droit dans sa pureté même. En farfouillant ici et là dans les archives, j’ai trouvé un code Languedocien, qui correspond en tout point, ou presque. Il est de Jorocket, qui fut Comte ici et aussi grand légiste et avocat à la renommée dépassant les frontières. En Languedoc, il instaura le Droit Coutumier, de stricte observance dans sa simplicité rigoureuse et dans sa rigueur toute simple.


Citation :

La Coutume existe en tant que telle et est source de droit au Languedoc. La coutume est l'ensemble des usages en vigueur au Languedoc et ayant force de loi. Il s'agit des lois non-écrites appliquées dans le Comté depuis toujours.
Contrairement au droit écrit, la Coutume ne se base pas en priorité sur le seul écrit.
La loi écrite n'est que l'expression de la Coutume, ou l'interprétation de celle-ci pour les situations où elle semble ambiguë.
En prononçant ses jugements, le Juge énonce la Coutume en se basant sur le bon sens juridique et les trois principes inséparables et inébranlables de la Coutume :

1) le critère du bon père de famille : est permise toute action que pourrait commettre une personne normalement sérieuse, raisonnable et soucieuse de ne causer aucun préjudice à autrui. Ce bon père de famille est un homme ordinaire, un homme de la place du marché qui agit en vertu de son bon sens.
2) l'universalité d'action : est punissable l'acte qui mettrait gravement en péril la vie en société si tout citoyen se l'autorisait.
3) la jurisprudence : Comme la coutume existe par elle-même, le Juge ne la crée pas mais l'énonce en s'inspirant dans ses jugements des décisions antérieures de la justice du Languedoc et en expliquant s'il y a lieu pourquoi il s'écarte de la jurisprudence (et donc de la Coutume).

Si la trinité coutumière (bon père de famille, jurisprudence et universalité d'action) s'avère incapable d'éclairer le juge, il peut discrétionnairement s'inspirer des pratiques juridiques des autres régions du Royaume et nous ajouterons et préfèrerons pour notre part celles de la République de Genève.

Foin donc du droit écrit. Il vient polluer la Coutume mais surtout le vil accusé, ses acolytes et complice ont fait du Droit écrit, des lois et des traités, et notamment des traités concordataires, à la fois l’instrument et la preuve d’une partie de leurs crimes.

Le Droit applicable trouvé, j’en viens aux règles de procédure, tirées des pratiques de la Cour de Genève. Elles sont rapides, publiques et contradictoires, contrairement à ce que l’on constate ailleurs. Aussi, après que le cadre soit tracé en raison du caractère exceptionnel du procès et que notre chère Juge, Léa, préside aux débats avant que de juger, la parole sera dans l’ordre :

- A l’accusation pour son exposé des faits et ses réquisitions.
- Aux témoins qui peuvent témoigner par écrit et qui, pour ceux qui sont là seront entendu de manière contradictoire.
- A la défense qui sera assurée au moins et au mieux par Maître Kirkwood du barreau de Genève pour sa plaidoirie
- A madame la Juge, pour se sentence et son exécution car Léa est juge mais aussi juge-bourreau en cas de pénurie.

Qu’il soit donc su et proclamé urbi et orbi, dans la ville de Mende et par le Monde, que la défense a tous ces droits, contrairement à ce qui se passe dans le Tribunal de l’Inquisition et que nous sollicitons la présence du Comte du Languedoc, Klanacier, à fin d’observation et celle de l’Evêque du lieu, s’il se sent apte à participer à la défense de ce criminel endurci.


Sembre se rassit et compulsa quelques vélins, puis sembla s'endormir gardant un oeil mi-clos, comme endormi lui-même par son propos.
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MessageSujet: L'audience   Ven 30 Déc - 21:28

--la_sultane a écrit:
La sultane trouvait ce procès passionnant et devait rendre compte à sa maitresse, fervente croyante en le Trés Haut, néanmoins à l'intervention d'un homme dont le nom ressemblait à un poisson..., donc l'intervention sopo...ri...heu magni...
Bref un truc en "hic", elle s'endormit puissamment.
N'empêche qu'il parlait bien! elle y pigeait que dalle mais il causait bien!
C'était un bonheur de dormir avec des paroles ataraxiques si puissantes!

Razz
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Dim 1 Jan - 22:00

Sembreendevant... a écrit:
Sembre jeta un oeil à la Juge qui dormait du sommeil du juste ou du juge. Et reprit la parole.

Si Aristote, Oane et même ce Christos que les prêtres et cardinaux invoquent à longueur de journée, ressuscitaient et revenaient sur terre, l’Eglise Aristotélicienne les livrerait immédiatement à ses inquisiteurs et à ses bourreaux. Aristote serait supplicié et exécuté comme un homme factieux et subtil qui sous l’appât de la modestie, de la raison et de la charité, méditerait la ruine de l’Eglise et des Royaumes. En effet la pensée d’Aristote, le Livre des vertus originel ont porté des coups fatals à l’ancien empire de Rome. Le retour d’Aristote, le règne de la vertu, de la patience et de la raison, abattraient ce second empire de Rome que l’Eglise Aristotélicienne a reconstitué en plus fort car non content de vouloir contrôler les corps et les comportements, il prétend, au contraire de son prédécesseur régir les âmes et les pensées. Aujourd’hui, en ce tribunal de Mende, Aristote est revenu. Pas en personne hélas, mais par l’effet de la Réforme qui augure la fin de cette Eglise impie et orgueilleuse.

Madame le Juge-bourreau, Les trois grands éléments de la civilisation moderne sont la poudre, l'imprimerie et la religion protestante comme on nomme également la religion aristotélicienne réformée. Quand le Pape, ses cardinaux, les nobles et les rois font toujours peser le joug du passé, par leur violence illégitime, nous annonçons un monde nouveau le libre arbitre, la République et l’Egalité entre les humains. L’égalité devant Deos augure de l’égalité devant le vote et devant la loi. C’est ce pilier de l’ordre ancien que nous allons juger.
J’en viens, enfin dirons d’aucuns aux faits avant de conclure par l’incrimination, ou plutôt les incriminations tant la liste des forfaits de Savelli est longue.

Savelli fut, il y a quelques mois, placé à la tête de l’Eglise Aristotélicienne, au terme d’un long concile marqué par des rivalités à côté desquelles les bagarres qui existaient dans le bassin des crocodiles de Cléopâtre, impératrice d’Egyptie ou des Gipsys, feraient figure de chamailleries enfantines. Arriver à ce siège dit Saint demande cautèle et esprit de manœuvre, ainsi qu’hypocrisie et absence de scrupule. Ces petits meurtres entre amis, sont rendus d’autant plus possibles que nous avons avec Savelli un criminel endurci. Il l’est au moins autant que Clodeweck et Groar réunis, qui pourtant ont en la matière, un savoir faire certain. Ceci était pour le contexte, mais venons en aux faits et à leur qualification. Je vous démontrerai, tout ce qu’ils recouvrent et en apporterai les preuves mais parmi les chefs d’inculpation qui existent ici, et qui sont : la sorcellerie, l'esclavagisme, l'escroquerie, le trouble à l'ordre public, la trahison ordinaire et la haute trahison, celui-ci, soit les a tous commis en personne, soit les a favorisés et couverts comme chef de bande.

- L’escroquerie c’est la tromperie sur la marchandise, le trafic d’indulgence et de bénédiction, la simonie autrement dit la vente de sacrements sans valeur. Les croyants de cette Eglise là, qu’il vaudrait mieux appeler crédulants, … sont victimes désignées.

- L’esclavagisme commis massivement sur tous les vagabonds, qui sont obligés de travailler 2 jours à l'église pour 5 petits écus afin d'avoir droit à une bicoque, toute pourrie et un lopin de terre. Tous, y sommes peu ou prou passé. 10 écus de différence avec le salaire minimum appliqué ci et là. Nous parlons en millions d’écus soustraits par l’Eglise pour le seul profit des ensoutannés et pour financer des menées aussi séditieuses que criminelles.

L’escroquerie, l’esclavagisme à grande échelle, Madame le Juge, preuve que l’Eglise et le Pape sont mus par l’intérêt matériel et pécuniaire. « Aristote disait : aimez ; l'Eglise Aristotélicienne dit : payez. ».

- La sorcellerie car il se dit que cet Innocentius n’a pas d’âme et qu’il use d’ubiquité pour être à Mende tout en se disant à Rome ou en tentant de changer de personnalité et d’effacer les traces de son passé au moyen de sortilèges. D’ailleurs même l’inquisiteur a quelque illusion ou veut nous faire accroire que le Pape aurait un double. Or, celui-ci n’est pas un double et a la même maladie de gorge que déplorent les membres de la Curie. Graoully vos pitoyables manœuvres n’y changent rien aussi vrai que Savelli est Innocentius et l’inverse. Votre supérieur Tibère, un fameux cardinal, lui ne s’y est pas trompé. Aussi affolé qu’en colère, il nous a écrit pour nous vouer aux gémonies ou à l’enfer et sa géhenne.

- Les troubles à l’ordre public, qui vont de l’occupation de bâtiments publics que sont Eglises et Cathédrales au détriment des autres cultes, à l’association de malfaiteurs. Troubles à l’ordre public par les crimes des guerres religieuses, pour les exactions des troupes brigandes croisées qui ont semé à Genève notamment les troubles et la désolation. Les témoins vous en diront davantage là-dessus.

- Trahisons ordinaires et hautes : par renversement des régnants légitimement élus mais prônant la liberté religieuse comme à Toulouse ou en Guyenne, le soutien apporté aux OMR et aux opposants aux pouvoirs politiques ayant choisi la liberté de conscience et celle de la Foi. Trahison encore que de faire prévaloir l’appartenance à l’Eglise et le respect de ses commandements à l’attachement à son lieu de naissance ou d’habitation. L’Eglise soumet les régnants à son emprise, le menaçant d’être excommuniés et renversés s’ils ne se conforment volontiers à ce chantage et leur interdisant de faire prévaloir les intérêts de leur Royaume ou de leur province sur ceux de l’Eglise.

Ce sont là les crimes recensés. Pour chacun, s’il en est besoin, je pourrai décrire en détail les circonstances mais je préfère appeler les témoignages nécessaires …. Hum et puis ils vont ronfler en plus de dormir si je commence …

Aussi, pour que la vérité se manifeste, j’en appelle à trois témoignages :

Celui du Sieur Izaac, bourgeois de Genève. Ce témoignage sera écrit sur la manière dont l’Eglise a affirmé son pouvoir et les difficultés qu’ont eu les réformés à s’extirper de ses griffes pour retrouver dans l’égalité et par la raison. Comment il faut que des gens désertent l'église pour retourner à Dieu. »
-
- Celui de Dame BigMamma surtout pour ce qui tient au siège et à l’occupation de Genève par les bandes croisées
- Celui de Dame Phonya du Lac, dont la fraicheur des traits et sa résistance au poids des ans ne permettent pas d’apprécier qu’elle est ancienne combattante, son témoignage sur la première des croisades.

Mais à côté de la justice humaine, il est un juge, bien plus juste et plus puissant que Léa. Devant ce Juge là il devra comparaître. Il ne m’appartient pas, à moi pas plus qu’à d’autre de décider qui est hérétique, chaque croyant devant trouver la lumière de Deos au moyen de sa raison et avec l’aide fraternelle d’autres fidèles. Nous ne pensons pas, comme l’ont dit Savelli/Innocentius et ses prédécesseurs que des clercs puissent se placer au-dessus des autres hommes pour trouver la vérité de Deos et taxer d’hérésie et poursuivre ceux que leur raison a conduit à penser un peu différemment. Fol est celui qui prétend détenir la vérité de Deos par nature parfaite et dépassant l’entendement humain et c’est là, la faute, le crime de lèse Deos commis par l’Eglise, proclamé, cautionné et favorisé par Savelli : l’usurpation de la Parole de Deos et le Blasphème.

Pour arriver à leur fin, imposer leur pouvoir sur tous les humains, le Pape et son Eglise ont falsifié le Livre des Vertus. Ils y ont mentionné le clergé et l’Eglise, encensé au sens figuré comme propre et odoriférant ô combien, un Christos alors que c’est Oane qui était tout proche d’Aristote. Et encore, je ne m’étends pas sur la manière dont ils répandent l’erreur et la confusion sur la géo-cosmogonie de Deos en plaçant faussement l’Enfer en la belle Lune ronde comme femme allant donner à naître ou le paradis dans le soleil trop chaud et non dans l’Azur pur. Apprécier ces crimes là relèvent-ils de notre tribunal ? Si l’interprétation des textes et de la pensée divine sera toujours soumise à controverse et si nous ne sommes pas des inquisiteurs, l’organisation néfaste d’un pouvoir de l’Eglise, se posant, pour son plus grand profit, un voile, une barrière, un mur que seuls les plus courageux d’entre les femmes et les hommes ont franchis.

C’est ce mur qu’il nous faut abattre en condamnant celui qui en est l’un des principaux artisans. Pour tous ces crimes, le décompte des jours, des mois, des années de prison serait fastidieux. Sachez simplement que Savelli encourt une peine de prison pour des siècles et des siècles, amen. Aussi par mesure de clémence et d’humanité, telle que nous la pratiquons, nous autres réformés, je demanderai la mort de cet Innocentius qui cache bien mal un coupable. Mourir pour ses idées peut être de mort lente, mais pour des crimes il faut être rapide.

Alors vous me demanderez, Madame la Juge-Bourreau, ou vous me demanderiez si vous ne somnoliez pas, « La mort, oui mais comment ? ». La réponse tient de la logique au moins autant que de l’allitération : Le Palpitant Procès des Perversions Papales ne peut finir que par le Pal. Pourquoi le Pal ? Non pas parce que c’est un supplice qui commence aussi bien qu’il finit mal mais parce qu’il offre un objet propre à la méditation sur les fins et les origines : avec le Pal, l’issue est dans le fondement.

J’en ai terminé de mes réquisitions. Je crois que vous pouvez donner la parole aux témoins puis à la Défense qui a une lourde tache et je ne désigne pas là, Maître Kirkwood.



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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Dim 1 Jan - 22:00

Leamance.. a écrit:
Léa est captivés par l'accusation de Sembre.

*Déos lui insuffle ses paroles* pense t'elle

Dans ses yeux, une lueur incandescente.


- Léo, sage est la parole de notre Frère.

Puis plus fort, en fait beaucoup plus fort, dans un cri strident:


- La Parole et les Ecrits sont aux témoins.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Lun 2 Jan - 16:19

Un petit placard en réponse à celui de Graoully (en bas de la page 3)


Citation :


Au nom de Deos le Miséricordieux, le Tout-Puissant, le Créateur, l'Omniscient, l'Omnipotent, Celui-qui-sait-Tout, sent-tout, voit-Tout, entend-Tout, touche à tout.
A Lui reviennent les mystères du visible et de l'invisible, du présent et du passé, du connu et de l'inconnu, du noir et du blanc, du monsieur et de la dame, du oui et du non...
Bénis soient Ses prophètes : Aristote, Christos, Averoes.

Qu'éclatent les sanglots longs, hypocrites et parfois monotones des disciples du Sans-Nom qui sont à l'automne de leur règne. Mais convenons-en, pas toujours.

Ainsi apparaît l'affichage hystérique d'un prétendu Graoully, paraît-il évêque et inquisiteur, qui complète merveilleusement cette saison des contes liés à la naissance du petit Christos par un nouveau, bien plus abracadabrantesquement délirant, à savoir l'idée que l'individu captif du Lion de Juda à Mende ne serait point pape.

L'aristotélicien sincère ne s'étonnera pas des arguments liés à l'absence de garde et de pompe que regrette le dénommé Graoully. C'est là le point le plus vraisemblable pour un clerc romain, pour qui les éléments de prestige constituent l'essentiel des motivations de sa carrière. Qu'il soit stupéfait par la modestie d'un pape qui souhaite, après tout comme tant d'autres, méditer et prier en toute quiétude sans être embarrassé par les ors et l'hypocrisie du pouvoir ne peut que le perturber.

Pourtant, l'intêressé, menacé puis soumis aux rites que l'Inquisition prévoit pour les hérétiques, à savoir les questions ordinaire, extraordinaire et superoridinaire, a donné moults informations sur ses nom, lieu de naissance et circonstances de son élection, sans oublier des éléments qui relevent plutôt des motifs usuels de défroque.

De même l'aristotélicien sincère s'étonnera-t-il d'un soi-disant évêque et inquisiteur à ce point lamentable en latin et en droit qu'il confonde témoin et juge, le très fameux « testis unus, testus nullus » des prétoires, soit « témoin unique, pas de témoin », devenant « juge unique, juge inique ».
Lui permettant du même coup de faire passer un tribunal d'Inquisition pour honnête, transparent et charitable, quand toute l'Aristotélicité tremble à telle présence en se demandant ce que ses membres vont encore inventer cette fois-ci pour terroriser tout-un-chacun.

L'aristotélicien sincère doit-il donc conclure, lisant la proclamation de la Nonciature Apostolique, placardée urbi et orbi et reproduite ci-dessous, que les cavaliers qui parcourent l'Aristotélicité par monts et pechs de cathédrales en capitales laïques ne sont point là pour mobiliser et libérer le pape mais pour autre chose ? Trouver le fameux sosie, peut-être alors ?

Car un tel éminent ponte comme l'autoproclamé inquisiteur et évêque doit savoir, grâce à ses sciences et sapiences théologiques et juridiques, la maxime également fameuse : « ei incumbit probatio qui dicit non qui negat », « la preuve incombe à celui qui affirme, non à celui qui nie ».


Graoully affirme que le captif mendois des sicaires du Lion de Juda est sosie ?
Qu'il le prouve !
Pendant ce temps, le Lion de Juda s'occupera sérieusement, quant à lui.


POUR MÉMOIRE, EXTRAIT DU PLACARD DE LA NONCIATURE DU 15 DE DÉCEMBRE 1459

Citation :


À l’universalité des fidèles de la Très Sainte Église, À tous ceux qui liront ou se feront lire,

Nous, membres de la Nonciature Apostolique, prenons la plume en ce jour pour faire part de notre profonde colère suite à la sauvage attaque menée contre la ville de Mende et à la mise en procès de notre Très Saint Père Innocent le Huitième par ces vils brigands sans morale que sont le Lion de Judas. En effet, il y a quelques temps, ces barbares sanguinaires ont attaqué la cité languedocienne et ont réussis à s’en emparer. Ces dépravés malfrats en ont donc profité pour mettre en procès Sa Sainteté le Pape, qui se trouvait apparemment en la ville.

Comment le Saint-Père, empli de pureté et de vertu, premier représentant du Très-Haut sur terre, peut-il être mis en procès? Il n’y avait nulle raison pour mettre en procès ce Saint Homme, si ce n’est la vengeance personnelle de ces Serviteurs du Sans-Nom. Le crime, odieux en lui-même, est d’une ignominie incomparable lorsqu’il est commis à l’encontre de cet homme de bien, choisi par le Très Haut pour diriger Son Église et guider l’ensemble des fidèles dans la Foy Aristotélicienne.

(...)

Le Consistoire du Lion de Juda


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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Lun 2 Jan - 16:21

La suite du procès du pape...


Phonya a écrit:
Phonya soupira un bon coup avant de se lever.
D'abord elle n'avait que l'âge de ses artères et son sourire faisait encore des ravages.
Rassembler ses souvenirs ...
Tant de choses s'étaient passées depuis.
Mais les images revenaient les uns après les autres, de ces heures qui avaient fait d'elle ce qu'elle était devenue, de cette foi qui l'animait, de cette certitude que Déos la regardait et qu'il l'attendait au Jardin des Délices.


C'était en Avril 1456.
Les membres du Lion de Juda s'étaient abrités à Genève, et leurs présences soulevaient bien des questions au sein de la population. Nous étions plus attentifs à leurs gestes, qu'à leur message.
Mais en ce mois d'Avril, beaucoup d'entre nous l'ont entendu et compris.

4 armées s'étaient rassemblées devant Genève. 4 armées d'ordres religieux sous la houlette d'un Cardinal Camerlingue nommé Lorgol, étaient venues réclamer les têtes du Lion. Genève et la confédération refusé de livrer ces hommes, arguant que ce qui se passait chez eux ne regardaient qu'eux, et que même l'Empire n'avait pas à y fourrer le museau.
Le 10 avril Lorgol a ordonné le départ des Sanctes armées
Cet appel ne fut pas entendu.
L'armée des Bocans qui venait aider à la défense de la ville libre fût décimée.

Les généraux aux étendards de l'église aristotélicienne avaient une première fois désobei aux ordres, n'écoutant que leur soif de sang.

Yohann65 alors curé de Genève abandonna ses paroissiens pour rejoindre une armée croisée et en prit le commandement après quelques assauts.
Mais Genève résista, encore et encore ... Il y eut jusqu'à 6 armées massacrant allègrement les Helvètes qui tentaient de prêter mains forte à la cité Phare.

Sur les remparts, en ville, la solidarité et l'union contre les assaillants devenait plus palpable, tous et toutes se tendaient la main. Les Lions, comme on les appelait gagnaient en respect. Notwenn pieuse Genevoise distribuait nourriture et armes à tous sans exception, et comme tant d'autres, prenait son tour de garde.
L'église venait chercher quelques têtes, mais elle n'était parvenue qu'à souder les Genevois et les Helvètes.

Cela dura 9 jours.

Jusqu'à ce que, malgré les promesses faites, Yohann65 et ses soldats assassinent Petitced, le maire de Genève, sorti sans armes de la ville pour parlementer au campement des Croisés.

Ce 20 avril a signé pour beaucoup d'entre nous un profond mépris et une aversion totale envers les représentants de cette église.

La trahison de l'église envers les hommes, le reniement de sa propre parole. Elle même nous donnait de quoi la mépriser.


Elle fit une pause.

Yohann démissionna de sa charge de curé, et quelques jours plus tard ce fût le tour de l'évèque Lorgol qui se défit de sa charge de Camerlingue.

La Genevoise reprit son souffle, bouleversée de revivre ce qu'elle avait cru enfoui.

Depuis l'eau qui coule est restée la même.
Mais les hommes et les femmes qui ne croient plus aux paroles usurpées sont de plus en plus nombreux.
Ce procès ouvrira encore d'autres yeux.
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Meliandulys
Camelot
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   Lun 2 Jan - 16:21

Bigmamma_de_c. a écrit:
Sortant de l'ombre, encore vêtue de sa toge blanche, BM s'avança et pris la parole d'une voix assurée :

Je suis Bigmamma de Cianfarano, genevoise , réformée et fière d'être les deux.
Si je me présente devant vous ce soir, c'est pour vous faire partager mon expérience de la charité aristotélicienne orthodoxe, de son sens de la mesure et de sa capacité de pardon.

Je suis née à Genève, dans le giron de l'EA, et j'ai grandit, plutôt bien que mal, toujours à Genève et toujours dans le giron de l'Eglise Aristotélicienne Orthodoxe.
Durant toutes ces années, j'ai côtoyé mes concitoyens sans aucun soucis, ne cherchant pas à connaitre leur foi et eux ne se posant aucune question sur la mienne.

En 1457, je suis devenue Tribun de Genève durant le mandat de Dame Rgmax. Je suis également devenue membre du conseil des Bourgeois que je n'ai plus quitté depuis. C'est à ce moment là que j'ai commencé à me rendre compte des dissensions que les membres du clergé aristotéliciens essaient de créer à Genève. Puis, suite à l'affaire du Béarn, les croisés sont arrivés devant nos murs en décembre 1457. Le siège a été levé suite à d'âpres négociations, mais il a donné lieu à quelques rencontres entre les croisés et nos paysans qui ont eu à souffrir de la morgue et de l'intolérance des "visiteurs" qui ont pillé le marché, mis à sac certaines des propriétés extérieures et malmené les rares habitants qui sortaient pour aller travailler.
Ils ont même réussi à se disputer entre eux, Templiers et Teutoniques, tant leur soif de pouvoir était plus forte que tout.

Lorsqu'en décembre 1458, l'année suivante, la guerre de Savoie eut lieu, j'étais toujours tribun, lieutenant de Police et Sergent à la garde. Je ne donne pas ces détails pour me vanter, mais pour bien prouver qu'à Genève, seule la volonté de servir la ville compte, car le fait d'être Aristotélicienne orthodoxe n'a jamais été un frein à mes activités ni n'a donné moins de valeur à mes avis.
Le siège a été dur, les combats sanglants, j'y fus grièvement blessée et donc, n'ayant pu suivre mes amis je me trouvais en ville lors de l'entrée des troupes croisées.
A partir de ce jour, nous autres genevois, avons perdu tout droit à être nous même . Les envahisseurs, venus sous le fallacieux pretexte de nous libérer, mais de quoi, je vous le demande, nous ont peu à peu retirés tous nos droits :
- notre avoyer a été chassé de son poste, remplacé par un chef d'armée qui n'a rien fait pour la ville, si ce n'est piller le port, se servant de l'argent pour passer des embauches à ses amis, prendre les marchandises et le laisser quasi à l'état d'abandon.
- le résultat des élections a été annulé par deux fois, l'avoyer élu empêché d'accéder à son bureau et une armée a chaque fois repris le pouvoir dans l'heure qui a suivie la proclamation.
- le marché a été vidé des toutes les denrées de premières nécessités, et celles qui restaient étaient volontairement hors de prix afin que nous ne puissions y avoir accès. Les croisés avaient organisé un marché parallèle, à leur usage unique, dans leurs tavernes. Les menus qui auraient pu permettre à nos jeunes de se nourrir nous étaient inaccessibles puisque ces tavernes nous étaient interdites.
- Nous avons eu à subir les quolibets, les bousculades, les menaces et les interventions musclées de ces dignes représentants des Saintes Armées ...

Aristotélicienne orthodoxe, je le répète encore, je n'ai jamais rencontré à Genève la moindre difficulté à pratiquer dans le culte de mon choix, et l'accès à la cathédrale ne m'a jamais été interdit. Le mercredi et le Dimanche pour nous, le vendredi pour mes amis réformés, nous avons toujours pu prier comme nous l'entendions, sans l'ombre d'une contrainte et sans avoir à nous cacher.
A l'arrivée des croisés, la cathédrale fut investie et son accès interdit à nos amis réformés qui durent aller hors les murs pour prier, et encore, sous la menace des troupes ennemies qui ne leurs laissaient que peu de répit pour l'exercice de leur culte.
Lors de son entré dans l'édifice, Mr Bourrike, l'Evêque titulaire, a exigé un état des Lieux qui portait surtout sur le nombre de tentures, l'état des coussins et la taille des cierges. Je le sais, j'y étais pour aider Kirkwood à rendre l'édifice. Nous pensions avoir affaire à des croyants, nous avons été confrontés à des marchands de tapis !

Et surtout, par dessus tout dirais-je, on a voulu tuer notre identité genevoise !
Le fait de défendre notre ville contre ceux que nous considérions comme des envahisseurs nous a fait taxer d’hérétisme, nous qui ne voulions que défendre notre liberté de vivre et de penser, on a voulu nous contraindre à une pensée unique et dirigée, irrespectueuse de nos coutumes, de notre mode de vie et de nos affections.

C'est ainsi que, poussée par l'obscurantisme des idées de nos grands, j'ai commencé à chercher ce qui rendait mes concitoyens réformés si sereins et surs de leur foi, de leurs amis et de leurs choix. J'ai suivi un enseignement qui m'a permis de découvrir le libre-arbitre que chacun de nous possède.

J'ai rencontre Déos à cette occasion, j'ai suivi la lumière et je suis maintenant fière d'appartenir à ses enfants, et prête à donner ma vie pour Lui.


Bm, se retira de nouveau parmi ses frères et soeurs pour se recueillir et écouter la suite des interventions.
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MessageSujet: Re: [archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit   

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[archives] Tribulations léonines - Attrapez la queue du pape pour un tour gratuit
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