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 [JdR] Le carnet de Mélian

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Meliandulys
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Ven 5 Mar - 20:17

Ah... l'administration helvète c'était quelque chose. Propre, rigoureuse et organisée pour l'autochtone, mais sans doute casse-tête bien obscure pour le non initié...

Le chancelier genevois avait bien eu réponse de son homologue béarnaise. Il avait lui même fait suivre le pli à l'amiral Sancte. A la charge de ce dernier de prévenir de l'indisponibilité du chancelier susmentionné. Chancelier qui avait retrouvé, le temps que le pigeon fasse son vole, pleine possession de ses moyens et de ses libertés. Sans doute l'histoire était déjà suffisamment compliquée sans que l'on ait besoin d'ajouter que l'amiral était en Guyenne lorsque le capitaine était à Genève et que les deux entretenaient ces échanges épistolaire avec les représentant béarnais qui étaient au pays à surveiller la fonte des neiges pyrénéennes....

Quoiqu'il en soit, Mélian avait passé le bébé à Sancte et savait l'affaire entre de bonnes mains pour autant qu'elle puisse l'être. Tout comme le serait prochainement Genève...
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Meliandulys
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Sam 13 Mar - 13:03

Cela faisait maintenant 14 jours que L'Ichtus avait ouvert ses portes.

Le nez au dessus de son carnet, deux doigts noircis par l'encre tenant fermement une plume et la tête des mauvais jours. Le Capitaine faisait tranquillement ses comptes... Enfin, tranquillement n'était sans doute pas le terme qui collait le mieux à la situation si on en jugeait aux nombres du jurons qu'il débitait à la minute.

Perdu dans ses pensées, le carnet restant désespérément sur la première page, il tachait de se remémorer, avec autant d'exactitude qu'il lui était possible, les commandes qu'il avait passé pour la taverne, les prix les dates... tout semblait bien flou maintenant que le jours et les bières avaient défilé.



Citation :
L'Ichtus Lémanique

Propriétaire : Meliandulys
Tavernier(e) : Mariposa
Bière à 0,77 écu, menus à partir de 16,95 écus

L'habituel lieu d'échanges et de réunion des plus humbles, des reformés et du gouvernement provisoire de Genève.

~oOo~---------------~oOo~---------------~oOo~

- "le poisson du humble" à 16,95 écus
(poissons genevois garantis sans importation. Achetés uniquement aux petits producteurs locaux afin de leur apporter aide et soutien)

- Une bière de qualité pour tous à 77 deniers

- Bois à disposition pour tout artisan genevois dans le besoin en cas de pénurie.

~oOo~---------------~oOo~---------------~oOo~

Taverne à but non lucratif (loi 1401)

Le rachat des poissons, la mise à disposition de bois, les prix faibles proposés...
Tout est subventionné par le Gouvernement provisoire de Genève.

Il finit par abandonner cette première page et recommença son travail de fourmi, la plume courant avec bien peu de certitude sur le feuillet suivant.

Citation :
* Achat : 400 gallons de bière alémaniques
- approximativement 1600 verres -
- reste 759 -

* Achat : 81 poissons.
- fruit de la peche genevoise uniquement -
- Reste 45 -

Captant quelques bribes de conversation, le capitaine finit par relever la tête en laissant échapper un juron plus audible que les autres... c'était sans doute ce que l'on appelait le "second effet GDV" qui lui faisait à chaque fois definitivement oublier toute notion de sang froid et de bonnes manières.

Rigoles pas Tatou. A l'écouter, nous ne sommes que de vilains hérétiques assoiffés de sang ayant juré de faire tomber sa tête. Le pauvre erre risquerait de souiller ses braies si nous lui proposions notre aide pour la défense. Déjà qu'il annonce à qui veut l'entendre que nous allons prendre d'assaut l'avoyerie pour le bouter hors de son fief. Comme si... comme si nous nous en prendrions à notre cité par les armes. Le bougre ne semble vraisemblablement pas savoir ce qu'est l'amour de sa patrie.

Mélian ajouta une ligne sur son carnet.

Citation :
* Achat foire comtale : 226 stères de bois.
- Productions Helvètes garanties -
- Reste 101 à disposition -

En ce qui concerne le bois, il restera dans nos entrepôts.
Nous le vendrons à la sauvette si l'un de nos concitoyens dans le besoin vient nous solliciter.


Il referma son carnet.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Mar 16 Mar - 3:03

[ Genève - Élections, échange de politesses et débats constructifs ]


C'était reparti pour un tour. Le Capitaine, plus d'un an après sa dernière expérience de débat houleux en place publique allait de nouveau se donner en spectacle et offrir sa personne corps et âmes à ceux qui voudraient bien jouer avec .. en espérant qu'il n'y ait cette fois si aucun Traviatore ou assimilés qui vienne lui souffler dans les bronches.

Choisissant l'heure du marché car c'était encore le moment de la journée où Genève était la plus animée, il pointa sa trogne en place publique. Sortant sa sica, il fit chanter la lame contre un tonneau qui trônait là pour attirer l'attention et commença à héler ses concitoyens.


Mes frères, mes sœurs,

Ayant par le passé, déjà occupé cette fonction d'avoyer que je brigue de nouveau, les plus anciens me connaissent. Ayant depuis maintenant plusieurs mois arpenté les route pour assumer les charges diplomatiques qui m'avaient été confié, les plus jeunes en savent sans doute moins sur ma personne..

Pourtant, j'ai aujourd'hui besoin de votre confiance à tous pour que Genève aille de nouveau de l'avant et redevienne cette terre de liberté connue, reconnue et respecté. Le phare de l'aristotélité se doit de briller de nouveau.

Beaucoup de sujets pourraient être abordés, beaucoup de sujets seront traités si vous m'en donnez l'occasion. Le redressement de notre diplomatie vacillante. L'ouverture du conseil à tout citoyen et la transparence des discussions s'y déroulant. La fin des discriminations et de la chasse aux sorcières menée par l'actuel avoyer. Redonner à Genève sa réputation de terre d'asile accueillante où les voyageurs ne sont plus épiés et traités comme dangers potentiels. Refaire entendre la voix genevoise dans les affaires confédérales et ainsi mettre un terme au retrait instauré par messire De Villers. Réaffirmer le simultanéum garant de la liberté et de l'égalité des cultes.

Mais au delà, trois projet me tiendront particulièrement à cœur. Trois projet certes colossaux et qu'il sera ardu de mener à bien, mais trois projets qui me semblent être priorités entre toutes...
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Mar 16 Mar - 3:11

Une bourrasque de vent s'engouffra par une ruelle non loin et vint balayer la place du marché soulevant une vague de poussière et faisant voleter quelques moutons - les boules de poussières, pas les boules de poils qui bêlent - alors qu'un lointain air d'harmonica lancinant s'éleva en fond sonore.

Mélian dégaina sa sica plus vite que son ombre et avança lentement. Gros plan sur ses botte foulant le sol, les talons s'écrasant en un bruit régulier, hypnotique, battant la mesure sur cette ambiance de ouéstern crépusculaire.

Regard intense, visage concentré et front plissé parce que ça en jetait et donnait l'impression qu'il était... Répons A : en intenses réflexions; Réponse B : en ébullition intellectuelle constante, Réponse C : un peu benêt avec cette tronche là; Réponse D : Hobbit One Ken O'bee - possibilité d'avoir recour au "pigeon à un ami" - C'était au choix et dépendait grandement de la sensibilité de chacun. C'est alors qu'il lança d'une voix plaintive.


Bon on papote un peu, vous faites semblant de vous interesser et après on va boire une bière, c'est moi qui régale.

Marquant quelques instants le silence histoire de laisser l'idée suivre son cheminement incertain dans les esprits, le capitaine s'attendait cette fois à quelques réactions à l'appel de la bière.

Je vous parlais donc de trois projets en particulier. Je vais vous faire part du premier.

La richesse d'une nation réside dans sa population...


Petite pause histoire que ça fasse son petit effet. Même des hués nourris ou des protestations virulentes auraient à ce moment là été les bienvenus pour habiller quelque peu un silence qui en devenait épais comme le fromage du voisin comtois.

C'est du peuple et de ses actions que renaitra notre République et non pas d'un cercle restreint de politiques bien pensant. Il nous faut proposer un terrain propice à l'épanouissement de tout immigrant, diplomates en herbe, stratèges militaires, érudits, artistes, en leur donnant les moyens d'aller de l'avant et ainsi de participer au rayonnement de notre cité. L'avoyerie proposera dans un premier temps de subventionner tout achat de terre par des étrangers , leur offrant in facto citoyenneté et protection. Une vaste campagne de recrutement sera mise en place dans les provinces et cantons voisins.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 18 Mar - 12:55

Lorad a écrit:
Je suis pour, et je dirais que j'espere avoir une place au conseil municipal, de plus il y a différentes choses à voir :

- Elections des juges
- Nomination d'un procureur
- Lancement de procés à Berne envers certains

- Remise à niveau du marché

Enfin je serais là pour vous aider si besoin....


Tatoumi a écrit:
Bon on papote un peu, vous faites semblant de vous interesser et après on va boire une bière, c'est moi qui régale.

Tatou, qui écoutait assidument sortit brusquement de sa torpeur et se mit à applaudir des deux mains.

Bravo !
Voilà qui est bien dit !
On va boire ? Maintenant ?


Et Lorad prit la parole, elle plissa le front pour comprendre et hocha la tête d'un air qui se voulait sérieux et intelligent...

Ah oui, la justice....


Barbapounette a écrit:
Prise de note,air sérieux,adossée au mur elle écoutait le brave capitaine Méliandulys exposer brièvement le pourquoi du comment de sa candidature.Pour l 'instant ça va,je perds pas le fil...a oui la picole ça aussi ça me convient.
Ah ,voilà qu'a gauche on se manifeste,la justice ...sujet houlleux,ça donne le mal de mer,on sait pas comment mener sa barque,parfois on coule aussi.Oui d'accord,on fait semblant de comprendre,on fera glouglou dans les méandres du jargon judiciaire plus tard...
Regard discret vers Tatou.....

Comment ça on boit maintenant?Il a dit trois .....y en manque deux....

On fait le point du point.
Petit un,faire de Genève la destination incontournable de chaque voyageurs.Oui d'accord....ça donne...

-Comité d'accueil pour tout nouvel arrivant,chopine de l'amitié,puis on les prend par la main,visite guidée de la ville .
- un forfait emménagement .....avec tout le toutim,super voisinage.
- service de proximité tel le réseau de pigeons postaux,ba oui faut bien faire baver les autres en leur détaillant ce qu'ils ratent.
- protection rapproché,milice ,armée,oui,on va pas se prendre un coup sur le coin du baigneur non plus.
- adieu l'ennuie des soirées en solitaire a se noyer dans la bière,ici on reste groupir.

Zut j 'aie plus de place,jvais en oublier la moitié.Bon on fera semblant d 'avoir retenue,puis en plus il a pas dit les deux autres points
.

-Euh on boit maintenant?
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 18 Mar - 13:00

Ange_dechu a écrit:
Si y a bien un truc qui échappe totalement à Ange... c'est la politique. Franchement il a jamais rien compris. Qui qui fait quoi pour commander qui sous le ordres de... Bref pour lui tout sa c'est un bordel sans nom. Ben pourtant il écouta Mélian du début à la fin. Oh sa il avait pas encore tout compris non plus mais bon f'ra avec, tant pis. En tout cas disait pô des trucs débile le Mélian. L'avait même plutôt raison n'empêche... Bon ben va attendre la suite avant de l'ouvrir, sa vaudra mieux.


Nicbur a écrit:
Nicbur écoutait Mel exposer son programme électoral. Ca faisait longtemps qu'il ne s'était plus intéressé à la politique, depuis son départ pour le Béarn en fait, et ca commençait à lui manquer un peu.

Mel, après avoir invité tous les spectateurs à boire une choppe après son intervention, présenta la première partie de son programme.
Citation :
La richesse d'une nation réside dans sa population


C'était pas faux, loin de là... Il avait même entièrement raison le cap. Plus on sera nombreux, plus on sera une cité riche. Restait un problème à régler: Comment l'attirer, cette population? Bien entendu, Mel avait une solution. Laquelle? subventionner l'achat d'un champ à Genève...

Mouais, l'idée ne l'avait pas convaincu... et il ne se géna pas pour le dire à son ami:


Excuses moi de t'interrompre Mel, mais j'ai une question à te poser: Quand tu dis qu'il nous faut accroitre la population pour enrichir la cité, tu as entièrement raison: Plus de monde, ca donnera plus de vitalité au commerce, plus de soldats pour la garde, et plus d'impôts pour la caisse. Sans compter sur l'ouverture culturelle que cela engendrera. Mais là où je suis sceptique, c'est quand tu parles de subventionner l'installation à genève. De quel genre de de subvention veux tu parler? Es tu certain que cela soit la meilleure solution? je crains que cela ne nous amène que des gens intéressés, qui prendront la subvention, achèterons leur champ pour mieux préparer leur déménagement vers une autre cité...

Reprenant son souffle un instant, il regretta que Mel ne leur ait pas offert une bière pendant son discours...

Ne penses tu pas que le simple fait d'avoir une cité libre, puissante et tolérante suffise à attirer de nouveaux citoyens?


Schmurtz a écrit:
Schmurtz écoutait les débats, cette idée de subvention le chiffonnait un peu. Pour une bonne raison, où trouver les écus. Il commanda une bière et prit la parole.

Il est clair qu'il faut clarifier cette idée de subvention, car elle coûtera aussi chère au canton. J'entends parler Nicbur d'impôts mais le seul que nous avons à Genève est le don qui sert à financer l'Ost.

une petite lampée...

Alors en quoi constitue votre subvention et comment la financeriez vous de manière claire ?

S.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 18 Mar - 13:03

Xmanfe1999 a écrit:
Xm se rendait à la caserne . Elle avait la veille, enregistré sa candidature, un peu sur un coup de tête, quoique, en fait , à y bien réfléchir, la pensée de pouvoir apporter sa pierre à l'édifice la titillait depuis un moment.
Sortir de chez elle de bon matin et se retrouver sur la place, en face de l'austère bâtiment de l'avoyerie, prenait une toute autre allure, quand elle imaginait, un peu amusée par l'audace de la chose, devoir peut-être traverser bientôt la courte distance qui la séparait du siège des institutions genevoises pour exercer de nouvelles responsabilités.
Bah, cela n'arriverait pas, se dit elle en chassant cette perspective saugrenue d'un revers de main.

Elle s'avança vers un attroupement. Elle y reconnut quelques uns de ses plus chers amis et au milieu d'eux, Mélian.
Rien à faire, toujours le même pincement au cœur quand elle le voyait.

Elle allait devoir prendre la parole en public, chose qu'elle détestait. Le défi se présentait à elle dans toute sa complexité. Convaincre? Séduire? Enthousiasmer? Il allait falloir déployer tout ses talents si elle voulait avoir une chance de battre Mélian sur son terrain.
Elle écouta un bon moment les échanges avant de s'avancer pour prendre la parole, la voix un peu enrouée par l'émotion, mais dopée par une décharge d'adrénaline dans ses veines. Elle tâcha d'éviter de croiser le regard de son principal adversaire, histoire de ne pas perdre le peu d'assurance qu'elle ressentait à cet instant.


Dames, messires, vous me pardonnerez j'en suis sûre d'arriver tout à trac pour donner mon avis, moi qui ne suis ni fonctionnaire, ni érudite, ni conseillère même. Disons-le une novice en politique, mais depuis longtemps une Genevoise dévouée à sa ville.
Je vous entends parler impôts, subventions et vous interroger pour savoir comment attirer et retenir parmi nous des hommes et des femmes pour redonner du sang neuf à notre belle cité.
L'argent est loin d'être le moteur ultime de tout individu et la vie d'une cité, quoiqu'en pense certaines des personnes qui se sont exprimées ici, ne tient pas aux monceaux d'écus présents dans les coffres de la ville. La richesse est bien éphémère et peut s'évanouir en une nuit.
Croyez-moi, pour défendre de puis de longs mois contre vents et marées, du mieux que je le peux, avec les soldats dévoués de la Garde, la sécurité des citoyens et les trésors de l'avoyerie, je puis vous affirmer que la richesse d'une ville, si elle se mesure uniquement en or, n'est rien!

Xm fit une pause pour reprendre son souffle et juger l'effet de ses dernières paroles.

La véritable richesse d'une ville, ce sont les liens que les citoyens tissent entre eux , et avec elle. Elle s'exprime dans l'amour que ses habitants lui témoignent, en la construisant, l'agrandissant, la préservant.
Certes, si nous engrangeons des écus, si nous attirons ici suffisamment de nouveaux habitants pour leur soutirer les quelques économies qu'ils amasseront péniblement, nous auront de quoi entretenir et agrandir, celle que nous nous plaisons, bien illusoirement, à nommer "Le Phare de l'Aristotélicité "
.

Xm ferma les yeux un moment espérant qu'elle n'avait pas trop écorché le dernier mot. Sa naturelle aversion pour toutes les religions révélées l'incitait plutôt à affubler leurs adeptes et leurs sectes aux dogmes plus au moins abscons de surnoms plutôt irrespectueux. Mais le moment n'était pas venu de se mettre à dos une partie de l'électorat en affichant son indifférence totale à la chose. Espérant que sa fraction de seconde de gêne était passée inaperçue, elle reprit.

Mais lui redonnerons nous son lustre et son âme pour autant?
Ce qu'il faut à notre ville, pour qu'elle deviennent à nouveau un endroit où il fait bon vivre et où anciens comme nouveaux habitants et même voyageurs auront envie de poser leur baluchon c'est un accueil libre et chaleureux de la part de tous et plus particulièrement de la part de son conseil, ce sont des institutions ouvertes dont chacun connaîtra les décisions qui engagent l'avenir des citoyens comme éventuellement leurs finances, mais c'est surtout une vie culturelle qui la distingue des autres villes...


Xm s'arrêta essoufflée. Arrivée au bout de sa réserve d'éloquence, elle avait bien du mal à poursuivre sous les regards médusés de l'assistance. Le rouge au joue, elle ouvrit la bouche pour ajouter après s'être éclairci la gorge.

Je vous remercie de votre attention.
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Meliandulys
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 18 Mar - 13:04

Precye_ a écrit:
Precye s'en revenait de la Garde. C'est le premier endroit où elle s'était empressée d'aller...enfin empressée était un bien grand mot vu son état physique disons qu'elle avait parcouru le chemin menant de leur demeure à la Garde aussi vite que possible. Et comme ils habitent non loin de ces bâtiments, elle ne se ressentait donc pas trop encore de sa marche.

Revenue la veille, elle réalisait à peine qu'elle était de retour. Elle ne s'était pas montrée en taverne ou si peu, volontairement d'ailleurs, préférant rester se reposer dans le calme bien relatif de leur demeure, auprès de ses enfants. Mais ce matin, elle avait tenu à aller voir Julia. Son colonel en qui elle avait gardé une confiance et une estime absolue ce qui n'était pas le cas envers deux des personnes ici présentes qui l'avaient de par leur comportement personnel à son égard, extrêmement déçues et bien plus encore qu'ils ne pouvaient l'imaginer.

Mais elle s'arrêta net en entendant la voix d'Xm. De toute manière, la jeune femme comptait se retirer de toute vie publique et ne plus se consacrer qu'à la Garde. Certaines personnes méritaient encore que l'on se donne la peine de se bouger pour elles. Et Julia étaient de celles-ci. L'avoyerie, elle en oublierait vite le chemin. Pour croiser des gens qui lui tiraient une tête de 3 m de long ou pire encore qui l'ignorait et n'avait même pas la politesse de répondre à un courrier...Son regard se fixa l'espace d'un instant sur l'une des personnes présentes...pour s'en détourner aussitôt et s'intéresser au discours d'Xm. Autant elle aimait son travail de vice-chancelière , autant l'ancienne animatrice de choc de Genève pour qui la diplomatie était tout aussi importante que l'air qu'elle respirait, n'avait plus envie de travailler sous le climat qui régnait actuellement non seulement en avoyerie mais en ville également.

Et ce discours était bien loin d'être dénué d'intérêt. Pour avoir oeuvré en taverne depuis plus d'un an et demi à veiller justement à la bonne entente des uns et des autres et quand elle voyait ce que tous ses efforts étaient devenus, elle savait bien que pour qu'une ville se porte bien il fallait déjà faire en sorte que chacun des habitants s'y sentent bien et y vivent en une relative harmonie les uns les autres.
Mais ici, tout n'était que suspiscion et rancoeur et elle souhaitait bon courage à Xm pour arriver à changer cela.
Elle avait assez donné pour l'avoyerie et pour Genève et désormais, c'est à ses petites affaires personnelles qu'elle allait se consacrer et les faire fructifier.
Elle avait de plus vu l'état du marché et ça sentait la poiscaille dans tous les quartiers de Genève. Voila ce que c'était que cette odeur quasi-écoeurante qu'elle avait senti en arrivant....ce délicat fumet de poissons qui ne demandaient qu'à s'exporter. Elle connaissait même des villes bretonnes, oui, oui, Bretonnes qui avaient en ce moment un besoin extrême de poissons..M'enfin bref , quoiqu'elle pourrait en dire de toute manière, elle ne serait point écoutée donc autant se taire et écouter le reste du débat...Mais...Fallait-il encore qu'elle se trouve un endroit pour se tenir. Avisant un arbre non loin elle se laissa choir contre son tronc prenant bien soin de n'y appuyer que le haut de son dos.

La véritable richesse d'une ville, ce sont les liens que les citoyens tissent entre eux , et avec elle. Elle s'exprime dans l'amour que ses habitants lui témoignent, en la construisant, l'agrandissant, la préservant.
Certes, si nous engrangeons des écus, si nous attirons ici suffisamment de nouveaux habitants pour leur soutirer les quelques économies qu'ils amasseront péniblement, nous auront de quoi entretenir et agrandir, celle que nous nous plaisons, bien illusoirement, à nommer "Le Phare de l'Aristotélicité ".


As-tu déjà une quelconque idée sur la manière dont tu vas t'y prendre pour réussir ce prodige, Xm ?

Et vlan!!! la question avait fusé...Regard azur intéressé qui se pose sur Xm. Celle-ci arrivera t'elle à lui donner l'envie de se rendre auprès des urnes pour voter ?


Bigmamma a écrit:
Traversant la place au sortir de l'avoyerie, Bigmamma allait faire un tour de marché pour traquer les Marchands Ambulants étrangers !
Une chape de plomb pesait sur ses épaules ! Elle n'avait jamais imaginé devoir faire une telle chasse aux sorcières et ne supportait plus le climat pesant, voir hostile qui rêgnait sur la ville !

Suspicion, regards en coin, chuchotements ... Si ça continue, on en arrivera bien vite à la délation gratuite et à la haine sans fin ! pensait-elle.

Aussi, en entendant le discours de Xm, bigmamma sentit une bouffée d'espoir renaitre en elle !

Enfin quelqu'un qui parlait de Genève et pas de politique ! En fait, Xm était en train de faire ce qu'elle, Bigmamma, n'avait pas osé ! Se présenter à cette élection pour que les gens entendent enfin parler de leur ville, d'eux, de leurs petits soucis et de leurs grandes envies, plutôt que de dogmes plus ou moins fumeux, de considérations partisanes et de querelles de personne !
Bigmamma était croyante, mais n'en faisait pas étalage, elle se foutait pas mal de l'appartenance de telle ou telle personne à telle ou telle obédience, mais en tant que tribun, elle voulait travailler tranquille, pour sa ville et seulement pour elle !

La question de Précye était naturelle, et Big se dit que la chose serait en effet difficile ! Il allait falloir sortir de sa léthargie, naturelle ou entretenue, une bonne partie de la population, mais ça en valait la peine.

Pourtant Big repartit sans rien dire ! Appartenant à l'équipe en place, elle ne voulait pas que ces propos soient déformés ou utilisés à contre-sens, ni servir ou desservir quiconque ! Ainsi en allait l'ambiance délétère de Genève, on osait même plus donner son avis pour éviter les polémiques !
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 18 Mar - 13:06

Nic et S. semblait sceptique. Mélian ne pouvait clairement faire part du montant de l'éventuelle subvention, mais il se devait de les éclairer quelque peu.

Il faut savoir changer de politique et prendre quelques risques si l'on veut changer les choses. Il nous faut mettre toutes les chances de notre coté, même les plus minime. Entendons nous bien. Lorsque je fais mention d'une subvention, je parle d'un projet s'inscrivant dans une démarche globale de repeuplement. Et je parle bien d'un projet, non pas d'un miracle. Il est bien sûr hors de question que cette aide à l'installation devienne la seule motivation des nouveaux citoyens, mais simplement qu'elle décide les hésitants à franchir le pas et à emménager chez nous.

Regardant l'Issime pour ajouter.

Entre nous, la démarche de ceux qui accepteraient de venir simplement pour quelques piécette tout en préparant une installation ailleurs, serait pour le moins hasardeuse. Il suffit de regarder la difficulté pour n'importe qui de vendre un lopin de terre, ici ou ailleurs.

Réagissant ensuite à la terrifiante pensée qui habitait Schmurtz en ce moment.

Le projet de subvention sera discuté au conseil, et nous ferons avec nos moyens que je ne connais pas car ce qu'il se passe au conseil est opaque pour le commun des genevois. Chose à laquelle il nous faudra remédier. Mais c'est une autre histoire.
Pour l'histoire des impôts, je connais nos lois et nos coutumes, Mais j'imagine que tu t'en doutes.Et il est hors de question d'envisager lever autre chose que le « prix du sang » qui ne sera de toute manière utilisé que pour mener à bien le projet auquel il doit être dévolu.


Ça m'amène d'ailleurs à un second projet sur lequel j'aimerai travailler. Qui veut la paix prépare la guerre...

Petite pause pour reprendre son souffle avant de continuer.

Genève bastion imprenable de la croisade d'Avril 56, Genève et son Ost tenant en respect nos voisins les plus belliqueux, Genève capable de faire fléchir à elle seule un comté du Royaume de France... Notre cité doit retrouver cette solide réputation qui fut passablement égratignée par la capitulation sans combattre face aux armées croisées. Notre cité doit de nouveau imposer le respect.

L'Ost genevois sera relevé. Les citoyens se doivent de faire leur devoir envers la cité et j'y veillerai personnellement. Le maintien de la paix, notre sécurité et notre souveraineté passe par là . Une armée permanente sera mise en place. Cela permettra à nos stratèges militaires de mettre leurs savoirs à profit et d'avoir une arme dissuasive pour ceux qui loucheraient un peu trop sur nos remparts.


Il s'arrêta alors pour écouter Xm prendre la parole en publique, ce qui était un fait suffisamment rare pour être souligné. La dernière fis qu'ils s'étaient retrouvés ainsi en place publique, cela remontait à plus d'une année maintenant et ce déroulait lors d'une lointaine élection. A cette époque, c'était cote cote qu'ils se dressaient... aujourd'hui face à face.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Ven 19 Mar - 13:47

Mariposa a écrit:
Ce matin au marché une foule se massait autour du Capitaine – bon, jusque là rien d’étonnant me direz-vous- mais en ce jour, la course à l’avoyerie avait été lancé et l’heure était aux débats politiques.

Il fallait remonter loin dans la mémoire genevoise pour se souvenir de cette époque florissante où la réforme était au pouvoir, où les plus dévoués et dynamiques citoyens siégeaient au conseil et occupaient des fonctions au sein de l’avoyerie; Leprieure, Izaac, Nicbur, Tatoumi, Nefti, Mélian… pour ne nommer qu’eux. Tous fièrement réformé, et en parfaite harmonie avec la cité et ses citoyens. La tolérance et la transparence étaient alors de mise et le Phare brillait à des milles à la ronde, respecté par delà les frontières.

L’ambiance malsaine qui régnait aujourd’hui sur Genève n’était certes pas la cause d’une poignée d’Hommes à la spiritualité assumée. Cette ambiance morbide venait bien plus du fait qu’on avait privé le peuple genevois d’assumer sa propre défense, de lutter pour sa liberté et de se tenir droit devant l’adversité. Comment demander à un peuple de briller après cette noble noirceur? Enfin, c’est ce qu’elle croyait du haut de ses vingt ans. Mais là n’était point la question.

Xm ou Mélian… ou encore Victor ? Le choix était pour elle facile, et n’avait rien à voir avec la religion. Mélian avait une équipe solide derrière lui et l’expertise de son bataillon avait été plus d’une fois éprouvée. Ce choix était certainement le plus sûr pour redresser Genève qui s’effritait à vue d’œil, devenant ville fantôme et risée des contrées voisines. Il était grand temps de rétablir l’harmonie.

Apercevant Barba, elle la rejoignit et prit place près d’elle, toujours intéressée par ces débats à la chefferie.


Cael a écrit:
Cael, assise jambe ballante sur un tonneau situé dans un petit coin, écoutait pensivement la discussion depuis le début. Son coté enquiquineuse du dimanche (et pas que du dimanche me direz vous quand il s'agit de Mélian) faisait qu'une question toute bête lui bouillonnait au bord des lèvres. Bien qu'elle s'était dit qu'elle resterait à coté de tout ce brouhaha politico-idéologico-religeux, elle finit par craquer. Elle leva la main et prit la parole : "Sieur Mélian, je n'ai rien à dire de particulier sur votre programme électoral et vos propositions... Cependant mon esprit assez simpliste a du mal de comprendre comment votre candidature peut être autorisée, validée et légitimée ?..."

Elle marqua une très courte pause. Caël avait l'habitude d'appeler un chat un chat. Et aristotéliciens ou réformés, tout ça lui était bien égal... Mais elle aimait les choses claires et précises. " Vous qui venez de nous parler de transparence, vous ne m'en voudrez donc pas.. de mes propos à venir." La bretonne posa un regard calme sur lui et poursuivit." Vous êtes membre officiel du lion de Juda. C'est parfaitement connu de tous et le nier serait prendre votre électorat pour des andouilles de bas étage ! Et depuis janvier de cette année, il existe une loi interdisant les membres du Lion de Juda... donc comment est il possible que vous vous présentiez en toute légitimité à l'avoyerie de Genève ? Quelle est la validité de votre candidature ?
Il serait dommage pour l'image de notre belle cité que votre élection soit remise en cause pour vice de procédure, vice de forme...où que sais je ? Genève peut elle envisager d'avoir un avoyer en procès pour candidature irrecevable ? Après tout, dans une Genève, République Phare, la justice devra faire son travail à un moment donné... non ? La loi n'est elle pas la même pour tous ? Comment envisagez vous tout ça ? Et comment envisagez vous tout ça ? Votez une loi dès le premier jour contre la loi anti lion de Juda ? Contez vous nous faire le bis répétita de Pontarlier... partir combattre une cause je ne sais où et coller votre démission de l'avoyerie 6 jours après votre élection .... Quelle est votre vision et vos projets par rapport à tout ça ?"


Caël était un peu perplexe sur l'étalon choisi par les "troupes" revenues du Béarn pour la course à l'avoyerie. Nic ou Tatou lui auraient paru plus judicieuxen terme d'appaisement des esprits (sauf si la provocation était l'objectif visé...dans ce cas, le choix était excellent ! ) même si dans le fond,c'était chou vert et vert chou. Mais en tout cas, la jeune femme ne doutait pas une seule seconde que Mélian soit élu. Il allait être élu, c'était une évidence ! Mais pour Caël, il était tout autant évident qu'une bombe se désamorçait avant et non après qu'elle n'explose. C'était d'ailleurs la ligne de conduite qu'elle avait défendu dans l'affaire Béarn. Donc balancer en public l'appartenance de Mélian au Lion de Juda n'empêcherait aucunement son élection. ... mais empêcherait toute attaque ultérieure sur ce sujet... C'était une façon indirecte d'augmenter sa légitimité si le peuple le suivait. Si quelqu'un venait à l'attaquer plus tard sur le sujet, il serait simple de riposter en disant que les gens avaient voté en connaissance de cause... qu'il n'y avait pas eu, une fois encore, de mensonges ou d'hypocrisie.

Caël pencha légèrement la tête attendant la réponse du Capitaine Mélian...
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 25 Mar - 18:14

Voilà, la belle et indispensable histoire du gouvernement provisoire avait pris fin. Ça avait finalement été nécessaire pendant moins de temps qu'il ne l'avait craint au début de l'aventure des exilés. Et maintenant, avec tout ça, fallait r'faire la devanture et les écriteaux de la taverne, c'était malin. Un bon coup d'peinture et un travail de sagouin plus tard, il avait réussit à modifier tout ça... le GPRG devenant simplement la Compagnie Réformée du Léman. L'Ichtus était après tout une belle façade pour l'image des camelots et des réformés.

Suant et soufflant comme un béarnais en rut, embaumant l'air de l'odeur acre caractéristique qui allait avec, le Capitaine se glissa derrière le comptoir, se saisit de son carnet et entreprit de mettre ses comptes à jour.


Citation :
* Achat : 150 gallons de bière alémaniques
- approximativement 600 verres -

Il venait tout juste d'être livré par un obscur marchand venant du coté alémanique.
Même si ça se vendait moins que la bière, il allait sans doute falloir réapprovisionner les stocks de poissons, Mélian n'ayant toujours pas osé toucher aux poissons que le comtois De Villers lui avait offert...
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Ven 2 Avr - 1:40

Tsss... fallait de nouveau rapprovisionner les stocks de l'Ichtus. Et pire que tout, il allait falloir sacrifier une partie de son rare temps libre pour la tenue des comptes de la taverne. Cherchant un coin tranquille en prenant soin de ne pas être suivit, le Capitaine trouva refuge dans une des salles vides de l'avoyerie et entreprit d'y griffonner quelques notes.

Citation :
* Achat : 100 gallons de bière alémaniques
- approximativement 400 verres -

* Achat : 30 poissons genevois
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Lun 5 Avr - 2:44

Eugénie a écrit:
Messager aux couleurs et accents Pyrénéens qui affiche en bonne place déclaration de ses mandataires que la chancelière aurait bien agrémenté d'un majeur tendu en guise de paraphe si la bienséance n'avait pas retenu sa plume.

Citation :
    A Genève, aux Genevois, à ses représentants politiques et diplomatiques, à l’Avoyer Geoffroy de Villers, à tous ceux qui liront ou se feront lire la présente,

    De nous, Eugénie de Varenne, Chancelière du Béarn,
    Au nom de notre Comtesse, Agnès de Saint Just,


    Au 18 Février 1458, le Canton de Genève et le Comté du Béarn, tous deux désireux de voir s’instaurer une paix durable entre leurs deux provinces et ce après des mois de guerre d’usure et de longues et âpres négociations, ratifiaient un Traité de Paix.

    Les termes énoncés par chacune des parties contractantes comme conditions à la signature dudit traité étaient les suivants:

    -Le Béarn, par l’entremise de sa Grandeur Agnès de Saint Just, se devait de déclarer Yohann65, assassin de l’avoyer Petitced et grand pilleur devant l’Eternel, indésirable en ses terres.
    -Genève, par l’entremise de l’Avoyer Geoffroy de Villers, avait consenti à présenter dans une lettre des excuses publiques au Béarn et ses sujets. La dite lettre devait réparer les torts causés au Béarn que Genève n’avait pas traité lors de cette guerre comme un belligérant, comme un ennemi à part entière, en ne se conduisant pas avec l’honneur qu’une guerre entre deux états exige, en envoyant des troupes en bandes armées plutôt qu’en armée régulière et n‘ayant pas publié en nos terres une déclaration de guerre en bonne et due forme.

    Précisons que l’interdiction du Lion de Juda sur les terres Genevoises étaient à l’initiative seule de l’Avoyer Geoffroy de Villers et de son Conseil, interdiction à laquelle nous ne nous sommes pas opposés estimant que c’était là une affaire de politique interne à Genève, mais que nous n’avons pas appelée de nos vœux.

    D’aucuns auraient pu croire que l’apposition de nos sceaux respectifs scellait là le début d’une concorde -et sinon d’une amitié- d’un respect sincères entre le Canton de Genève et le Comté du Béarn.
    D’aucuns auraient pu croire que les tensions et langueurs diplomatiques ne seraient plus désormais.

    Ce ne fut malheureusement pas le cas. Le Béarn a à déplorer en ce jour de nombreux camouflets diplomatiques de la part du Canton Genève par l‘entremise de sa gouvernance actuelle.

    Premièrement, si le Béarn tint ses engagements, à savoir déclarer Yohann65 indésirable en ses terres en prémisse et condition à la ratification du traité de paix, ce ne fut pas le cas de Genève.
    Nous attentons toujours, en ce jour de 23 Mars 1458, plus d’un mois après ratification du Traité de Paix liant nos deux provinces, cette lettre d’excuses publiques à l’intention du Béarn que l’Avoyer Geoffroy de Villers consentit à écrire et à faire connaitre au moment des négociations.
    Si nous n’avons pas exigé cette déclaration publique avant de ratifier le traité qui en dépendait, c’est bien parce que nous avions toute confiance en la bonne foi de l’Avoyer Geoffroy de Villers et qu’avait été porté à notre connaissance la situation délicate dans laquelle le Canton de Genève se trouvait alors.
    L’Avoyer Geoffroy de Villers a clairement pointé notre erreur et notre excès de confiance en sa personne par un dédain avéré de la promesse qui nous avait été faite et qui n‘a toujours pas été honorée à ce jour.

    Secondement, nous savons de source sûre que jamais encore le Traité de Paix dument ratifié par nos deux contrées au 18 Février 1458 ne fut publié en terres genevoises alors que tous en Béarn eurent portés à leur connaissance le désir de paix commun et assumé du Comté du Béarn par la publication immédiate dudit traité en nos terres et en salle des Grands Feudataires du Royaume de France à sa signature.

    Enfin et pour finir, malgré notre insistance et moultes relances épistolaires quant à la publication de ce traité commun et de la promesse faite par Geoffroy de Villers, nous avons dû faire face au mutisme implacable de Genève. Alors que les intervenants au cours des négociations furent multiples, si bien que nous ne savions à quelle parole nous fier tant celle-ci différait d’un acteur diplomatique genevois à l’autre, les autorités genévoises ayant pouvoir décisionnaire se muraient elles dans le silence, qui perdure depuis que nous avons quitté la table des négociations.

    En conséquence et par la présente nous, Eugénie de Varenne, Chancelière du Béarn, au nom de sa mirificente Grandeur, Agnès de Saint Just, rompons le Traité de paix qui liait le Béarn à Genève, mais restons ouvert à toute proposition de négociations et de paix émanant d‘une éventuelle nouvelle gouvernance.


    Per la nouste Comtessa, per lo nouste Biarn !


    Eugénie de Varenne, Chancelière du Béarn.





    Comtessa du Béarn.

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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Lun 5 Avr - 2:47

Citation :
    Excellence, mon Excellence,


    Il me plait de lire de nouveau quelques lignes que votre agile poignet s'est aventuré à tracer sur cette brillante, étrange annonce qui trône en cet instant sous mes yeux. Je ne vous cache pas que je préférais malgré tout vos lignes lorsqu'elles n'étaient adressé qu'à mon humble personne. Cela flattait quelque peu mon ego Sans doute ai-je depuis que je ne suis plus une quelconque menace pour vos terres fertiles, perdu de mon attrait.

    Mais encore une fois je laisse ma plume s'égarer. Mon poignet, bien que moins fin et moins agile que le votre, se révèle être d'une parfaite endurance lorsqu'il s'agit de bafouiller sans queue ni tête et sans fin. Je vais pourtant et sans détour, répondre à votre annonce en étant pour une fois peu loquace, mais concis. Même si vous avez déjà eu le loisir de noter que ma mise en bouche contredit en quelques lignes les intentions louable que je viens d'énoncer.

    Je vous sais doté d'un caractère bien trempé, de celle qui même si leurs fonctions imposent une certaine retenue de bon ton à défaut d'être de bon gout, ne mâche jamais ces mots, même lorsque ces derniers sont réfléchis. Et puis avec tout ce que nous avons partagé d'intense ces dernier mois, vous ne vous ombragerez pas des propos peut être un peu triviaux que je vais vous offrir à présent.

    Pour être totalement franc avec vous, et je suis sûr que vous serez touchée par cette attention, la rupture unilatérale de ce traité vestige d'une vaste fumisterie politico-diplomatico-religieuse qu'était l'ersatz de gouvernement squatant la mairie, ne va pas empêcher les brebis helvetes de bêler et de donner du lait. Et cela même si je ne peux que saluer votre retour à la raison qui sera sans doute salvateur bien qu'un peu tardif.

    Les traités godillots de Geoffroy de Villers ne valent pas un clou, c'est du papier pour les précieux qui aiment avoir le cul sale. A Genève, on se lave à grande eau et on aime être propre. Le gouvernement provisoire de Genève, le seul légitime et surtout intelligent, a signé un armistice dument scellé avec le Béarn. C'est sur cette base que vous même, votre Comtessa et tout les béarnais sont les bienvenus à Genève. Les termes de l'armistice sont clairs : les soldats genevois du Béarn sont personna non grata durant 3 mois, conformément à la charte du juge. En échange, Genève - la légitime, pas celle qui proscrit et fiche le souk - a obtenu le bannissement officiel de Yohann65. La seule chose qu'elle était venue chercher.

    Mais peut être voyez vous la chose différemment Excellence. Je me ferais avec vous, un plaisir d'en discuter longuement, mais pas trop.

    Votre dévoué correspondant des alpages,


    Mélian du Lys,
    Avoyer de la République de Genève



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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Lun 5 Avr - 2:51

Eugénie de Varenne a écrit:
Ce fut le même messager aux armes du Béarn qui remit en mains propres le pli discrétionnaire à valeur diplomatique au gros Moussu du Lys.
Comble de la coquetterie, celui-ci était scellé de la dernière fantaisie chromatique et cireuse d'Estampe et qui fleurait bon la bergamote.

Citation :
    A vous, Melian du Lys, Avoyer du Canton de Genève,


    Qu’il est plaisant de vous savoir vous essayer à vous élever à la force du poignet et ce avec pugnacité pour tenter d’égaler la joliesse de mes courbes. Peut-être la clameur de mes exhortations débridées vous parviendra-t-elle depuis le Béarn.
    Idem, il m’est agréable en cette heure tardive de vous imaginer laisser votre plume baguenauder sur le vélin que je tiens entre mes mains sans but précis ni hâte alors que votre prime élan était d’achever la correspondance en un jet d’encre. Vous êtes, Melian du Lys, le meilleur stimulus épistolaire qui soit et poussez l’Ingénue en moi à débrider sa plume et à donner le meilleur d’elle-même pour qu’enfin nous nous rejoignions en vagabondages nonchalants.
    Sur parchemin.

    Mais las, nos cabrioles épistolaires se devront d’attendre et laisser la place à la raison première du pli que je vous fais mander.
    Je ne reviendrai pas sur les décevantes négociations entreprises avec le peu fiable Geoffroy de Villers qui n’aboutirent, comme vous le dites si bien, qu’à une paix bancale, de papier et dont les conditions sine qua non posées par le Béarn ne furent pas honorées. C’est d’ailleurs bien pour ces raisons et dans une visée honnête et sans compromissions des relations diplomatiques entre Béarn et Genève, que le dit traité fut rompu.

    Vous semblez être homme de parole Mélian, et j’entends dire ça et là que les Béarnais sont maintenant les bienvenus en Canton de Genève.
    Mais rappelons-nous ce qu’est une armistice voulez-vous. Une armistice est la cessation des combats entre deux états belligérants au profit de conditions agréant l’une comme l’autre partie sans pour autant mettre fin à la guerre qui les oppose.
    Devons-nous par conséquent entendre que Béarn et Genève sont toujours en guerre et que d’un moment à l’autre, le Béarn pourrait de nouveau se voir attaqué par son homologue helvète ?
    Devons-nous alors conclure que d’homme de parole vous passez à beau parleur ou bien alors pouvons-nous avoir bon espoir que de la parole vous passiez à l’acte que vous graverez dans le marbre ?

    Devons-nous craindre ou avoir toute confiance dans un avenir proche où Béarn et Genève ne se contenteront plus de simples mots mais poseront l’acte d’une concorde sincère et durable Moussu du Lys ?


    Dans l'espoir que le lait de nos vaches ne tourne plus,

    Bien à vous,



    Vagabonde épistolière et du Béarn, Chancelière.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Lun 5 Avr - 2:54

Meliandulys a écrit:

    Blondeur éblouissante du Béarn,
    Excellence, mon Excellence,


    Me voilà obligé de le reconnaitre. Vos mots touchent son homme, celui que je suis. La flèche acérée vive et précise de vos douceurs littéraires fait mouche. Et que Déos me préserve donc d'une quelconque pointe enduite de poison. Mais si l'homme mettrait sans aucun doute un genou à terre devant vos délicatesses bien pensées bien tournées , l'avoyer ne peut se prêter plus longtemps à ce jeu du Lion et de l'ours, ce "je t'aime moi non plus" qui ne devrait convenir qu'au plaisir partagé dans l'intimité d'un tête à tête, d'un croisement de regard, d'un effleurement de peau et d'un froissement de drap.

    En un autre temps, en un autre contexte, je me serais plu avec une délectation non feinte à laisser aller librement ma plume et mon esprit à quelques joutes épistolaire avec vous, ma dame l'Ingénue Eugénie.
    En un autre temps et en un autre contexte seulement.

    Je saurais pour une fois être concis, clair, net, précis et sans détour, ce qui j'en conviendrai avec moi même, ce révèle être à l'opposé de mes habituelles diatribes ne menant à rien si ce n'est au plaisir de l'écriture. Partagé parfois, solitaire souvent.

    Sans doute est-ce le poids de ces nouvelles fonctions qui auront alourdi mon poignet, la rapprochant plus à présent de l'enclume se mouvant avec peine que de la légère plume courant le vélin avec finesse et volupté. Les arabesques ne sont plus que lignes droites, la prose agile n'est plus que tâtonnements maladroits d'un jeune puceau se servant de son engin pour la première fois, la grandiloquence du verbe s'éteignant au profit des balbutiement d'un nouveau né.

    Écrivons peu mais écrivons juste. J'imagine, tout au moins j'espère que vous m'avez pris au sérieux lorsque, au nom du Gouvernement Provisoire que je représentais, je vous avez transmis proposition de traité de paix. Si c'est le cas, et que vous avez considérer notre proposition comme elle se devait de l'être, à défaut d'y avoir répondu comme la sagesse l'exigeait, nous gagnerons à n'en pas douter, un temps précieux. Si par contre, notre proposition d'alors n'aura servi qu'à allumer un feu visant à réchauffer vos courbes, Excellence, dans ce cas, je ne vois guère où nous pourrions trouver à ratifier par écrit ce que les évènements illustrent d'eux même. Car si je ne suis plus représentant du Gouvernement Provisoire, mais bien de la République de Genève, je n'en demeure pas moins le même homme avec les mêmes convictions et les mêmes attentes.

    Notre proposition de traité est donc déjà entre vos mains. Il ne tient qu'à vous d'entrer dans la danse et de dire quels sont les pas qu'il vous sied guère de partager avec nous.

    Le pigeon est dans votre camps Excellence, mon Excellence.
    Sachez en faire bon usage.


    Mélian du Lys,
    Avoyer de la République de Genève.






Eugénie de Varenne a écrit:
les arbres chenus et le ciel gris contrarié par des crêtes taillés à la lame avaient laissé la place à des alpages rieurs où même l'edelweiss moyenne -pour le lieu commun- se gaussait velu aux premiers rayons de soleil printanier.
De gadouilleux, les boyaux cavés successifs qui menaient à Genève étaient passés à cahoteux et étiraient, dans les ruades du coche, les pattes de mouche qu'une blondine diplomatique tentait de coucher sur vélin à l'adresse de celui qu'elle surnomma successivement le gros Lys, puis le Lys de l'amûûûûûûûûr.
Ce pli, elle ne l'envoya finalement pas. Elle n'annoncerait pas sa venue.Une arrivée à l'impromptu aurait bien plus d'effet sur celui qui lui en faisait.

Quelques jours et un saut de puce plus tard à l'auberge du coin pour rafraichir tignasse blonde disciplinée en une lourde natte, corps et esprit, le coche pila net sur le parvis de l'avoyerie de Genève.

L'Amandine sauta du carrosse, leste, oubliant même la vilaine blessure à la cuisse qui la faisait boiter avec joliesse. Elle avisa un planton et l'envoya aussi sec informer l'avoyer qu'une blonde pas de chez eux mandait sa présence.

Meliandulys a écrit:
L'avoyer faisait les cent pas dans son bureau, son esprit prit dans l'étau fort peu confortable des soucis divers et variés à gérer, chose qu'il avait plus ou moins réussit à faire jusque là , chose qu'il arrivait de moins en moins à faire aussi. Lorsque l'on vint mander sa présence à l'accueil. Une blonde à l'accent des montagnes, mais pas des vraie, pas des majestueux alpages helvètes. Mélian n'eut pas l'ombre d'un doute quant à l'identité de cette mystérieuse invitée. La Chancelière du Béarn semblait vouloir enfin offrir à l'avoyerie genevoise sa douce présence et au regard de l'avoyer sa douce silhouette. Son Excellence à lui, sa gazelle pyrénéenne avait enfin fait le bond d'un massif à l'autre.

Il continua quelques centaines de pas de plus. Fallait savoir se faire désirer. Et lorsqu'il jugea l'attente suffisante mais pas excessive, il commença doucement à se préparer pour aller l'accueillir.

Il glissa sa sica d'un coté et, se saisissant d'un lys qui trônait sur son bureau - petit plaisir pour ne pas dire caprice, qu'il s'octroyait depuis sa prise de fonction. Des narcisses s'y seraient sans doute tout aussi bien prêtés - le glissa de l'autre coté. Après tout, il ne pouvait affirmer avec certitude à quoi ressemblerait le premier contact avec la blondeur alléchante du Béarn. Il aviserait donc sur le moment. Deux mains tendues, l'une pour connaitre, l'autre pour cogner.

Une bonne centaine de pas et une poignée de minutes plus tard, et l'avoyer arrivant discrètement au détour d'un couloir, se trouvait à effleurer du regard la cambrure des reins de l'Ingénue. Quelques secondes où le temps s'arrêta avant que l'homme ne forcisse le pas pour signifier sa présence.

En voilà une surprise Excellence. Il semblerait bien que vous ne pouviez plus vous passer de Genève. Vous devriez songer à prendre définitivement vos quartiers sur les bords du Léman... Est-ce donc le travail ou le plaisir qui vous mène cette fois ci ?

Eugénie de Varenne a écrit:
Elle constata non sans déplaisir que le planton qu’elle avait envoyé à la recherche du Lys revint certes, mais seul, et avait repris comme si de rien sa vigilance passive, raide comme un piquet, le regard porté droit devant, au loin, tant et si bien qu’on ne pouvait que légitimement se demander ce que l’imbécile à la hallebarde pouvait bien surveiller. A lui seul, ce même planton aurait pu incarner l’inébranlable Genève, et la détermination de sa maîtresse.
Dans l’expectative et parce qu’il fallait bien prendre un peu d’avance sur des choses qui n’avaient que trop trainées, elle avait mandé son larbin du moment, tout de vachettes de gueules encornées d’azur sur fond d’or vêtu, à la recherche de deux lapereaux. Bien gras de préférence, et si blancs qu’on ne pourrait douter de leur pureté.

Elle attendait oui, et c’était fâcheux. Une Ingénue qui s’ennuie, qui patiente autant que faire ce peut, la tripaille nouée, est une Ingénue qui furète, qui ouvre des portes débouchant sur des pièces qui ne doivent pas être connues d’elle, qui tombe toujours, comme un fait exprès même pas fait exprès, sur une jolie boite de Pandore à ne surtout pas ouvrir.
Donc, l’Eugénue furetait, elle déambulait tranquillement dans les couloirs de l’avoyerie, béquille à teneur euscarienne à senestre. Elle s’amusait et s’étonnait presque de voir les fonctionnaires helvètes presser le pas. Une tâche, un but, ne pas y déroger tant qu’il ne serait pas atteint semblait être leur crédo.
Curieuse, elle entrouvrit une porte, la première qui se tenait à la portée de ses mains de gosse indiscrète, désirant lever un peu le voile de cette fourmilière rigoureuse et dont l’organisation façonnée au poil de Saint-Luc près qu’un avoyer peu délicat et trainard avait perturbée. Apprendre, un peu. Pour transmettre au pays les secrets de la rectitude alpine.

C'est sur ces entrefaites qu'elle fut surprise par une voix suave mais non pas moins masculine. Prise en faute, elle eut la réaction de celle qui n'avait rien à faire là, fit un bond, et la main portée sur le cœur, elle se tourna vers celui qui lui donnait du "Excellence".

Dans sa jeune trentaine, une barbe faussement négligée d’une bonne semaine et taillée de frais, les épaules larges, le nez aquilin, le menton volontaire, et dans ses yeux noisettes un on ne sais quoi de détermination farouche à laquelle se mêlait douceur et candeur, c’est ainsi que le Lys lui parut.

Elle bégaya sottement. Tout d’abord parce qu’être prise la menotte dans le pot de confiture était extrêmement gênant pour qui avait une charge diplomatique telle que la sienne. Ensuite, parce qu’à sa vue elle fut troublée. Quelque chose qu’elle croyait éteint à jamais s’était réveillé. Dans un sursaut, le cœur du petit cabri éclopé des Pyrénées sortit de sa torpeur. Ce qui avait été brisé se ressoudait.

Elle lui aurait bien dit, le sourire moqueur et la mirette alerte, que le lys était symbole royal et qu’elle le portait enchâssé à plusieurs reprises dans deux gros bâtons délicatement recouverts de velours bleus, mais c’est de rouge, aux joues, dont il s’agissait. Et par chance, son grouillot chamarré revenait des halles et lui donnait de quoi feindre un flegme certain. Elle ouvrit la cage, se saisit des bestioles par les oreilles et les agita sous le nez de l‘avoyer, éludant sciemment sa question par la même.


J’ai les bébés lapins sacrificiels, je gage que vous avez le couteau. Nous pouvons commencer.

Meliandulys a écrit:
L'avoyer regarda les boules de poils blanches dodeliner du cul sous son nez, se demandant bien quelle pouvait être cette étrange coutume à laquelle il assistait là. Ces lapins et les légendes qui entouraient ces bestioles insatiables, représentaient-il un symbole, un message à peine voilé d'un élan à peine contenu de sa gazelle du sud ? Peut etre même que la blondinette était-elle en train de lui faire du gringue. Le sang se mit a affluer vivement et le rythme de sa respiration commis quelques fausses notes dans sa partition quasi métronomique.
Le Lys se raidit comme plante vivace au renouveau printanier.

Et dans un grand élan d'éloquence, l'avoyer répondit à l'Ingénue un magnifique et grandiose


Euh...

Quelques instants de flottements avant qu'il ne parvienne dans un éclair de lucidité à recouvrer ses esprits. Tout au moins ceux qui se prêtaient à la situation, pas les enfouis que l'on réserve à d'autre moment plus légers. Les lapins, le traité... tout était lié. Elle parlait boulot, rien de plus.

Je vais vous guider jusqu'à un salon plus intime. Je vous laisses passer devant mon Excellence. Parce que l'helvète est un galant homme. On règle les affaires courantes le plus promptement possible, et après nous aurons tout loisir de profiter en fins connaisseurs, du sel de cette rencontre.

L'helvète était galant homme c'était un fait. Mais il fallait bien reconnaitre qu'il ne boudait pas son plaisir lorsqu'il s'agissait d'admirer de belles choses. Dans un langage plus rustre, on aurait pas hésité à dire que l'helvète aimait se rincer l'œil lorsqu'une belle occasion s'offrait à lui, parce que l'helvète avant d'être helvète, était avant tout un homme... mais l'helvète n'était pas rustre, alors on ne le dira pas.

Ce qui n'empêcha en rien Mélian, sur les talons de la blonde sautillante, d'en profiter avec un entrain certain.

Meliandulys a écrit:
Et l'avoyer avait guidé son hôte au travers des nombreux couloir de l'avoyerie, ne se gênant nullement pour allonger volontairement leurs pérégrinations en organisant quelques détours minutieusement pensés. Et lorsqu'enfin il jugea qu'il avait suffisamment miré les courbes de la blonde, sans que cela en devienne étrange, il la mena devant un de ces salons privés où l'on savait recevoir les hôtes comme il fallait. Une nouvelle fois, l'avoyer genevois put faire preuve de cette galanterie innée à l'égard de son hôtesse en la laissant passer devant lui, son regard en profitant pour s'égarer en une dernière caresses se faufilant sur le relief pyrénéen.

Au moment de passer la porte le menant à son tour dans la salle de leurs ébats, il laissa tomber le lys qu'il avait pris soin d'emporter quelques minutes plus tôt. Le message serrait clair pour quiconque passant par là serait titiller par l'envie ou la curiosité de pointer le bout de sa trogne. L'avoyer était grandement occupé et le salon grandement privé - "ouorque ine prograisse" comme disaient est les anglois -

Tout en laissant à son Ingénue le soin de prendre ses aises et d'aviser le coté confortable du lieu, véritable tentation de tout les instants à se laisser aller au plaisir de la farniente, Mélian brisa le premier le silence qui baignait encore le salon.


Il est certain que ce lieu est de ceux qui se prêtent plus à la détente et aux bons moments qu'au travail à proprement parlé. Mais soyons efficaces, négocions un peu pour la forme, signons ce traité et ensuite nous pourrons jouir de ce que cette pièce peut nous offrir d'agréable. En tout bien tout honneur, entre gens bien élevés. Cela va de soi.

"Mon œil..." exulta alors Déos qui observait la scène d'en haut et connaissait bien le Capitaine au Lys.
"Et sans aucune arrière pensée pendant que tu y es !!"

Alors, on le signe ce fameux traité.. J'imagine que vous en avez déjà pris connaissance depuis le temps qu'il s'impatiente entre vos mains ?

Eugénie de Varenne a écrit:
Effectivement, blondine amandine avait avisé le confort qu’offrait la pièce et son mobilier aux coussins dodus, et prit ses aises.
Elle posa son postère tout aussi dodu et rembourré que ne l’était l’assise de son fauteuil où elle avait décidé de trôner fièrement, jambe valide repliée sous la cuisse meurtrie. Elle remit les manchons en devenir dans la cage prévue à cet effet et commanda à son page béar-niais d’aller se faire voir ailleurs, un tout petit plus loin.

Une œillade à l’avoyer puis à l’issue masquée, elle le freina dans son élan en levant l'index, une chose à la fois vin dieu, tandis que de son autre blanche menotte, elle, furetait dans son aumônière à la recherche du pli précieux qu’elle devait porter à la connaissance de l’avoyer avant toute chose.

Si on ne pouvait douter du sérieux des lignes dépassionnés et consciencieuses qui s’offraient à la lecture de l’avoyer, on ne pouvait indubitablement manqué le paraphe de l’Ingénue qui s’était ingénié à dessiner des petits cœurs sur ses i. L’Ingénue qui signe d’un cœur sur son i, on aurait tout vu.


Dernière édition par Meliandulys le Sam 22 Déc - 1:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Le retour   Mer 14 Juil - 22:49

[Quelques par dans les bois, là où les félins se prélassent]


...... a écrit:
Un froissement d'étoffe, une respiration haletante et un pas mal assuré faisant craquer les branchages sous ses bottes trahirent bien vite la présence d'un étrange animal, le plus féroce et le plus dangereux de tous ceux peuplant habituellement les bois.

Le lourd pelage de l'animal était maculé de poussière, d'herbe et de boue séchés dissimulant une silhouette qui paraissait usée. Une silhouette qui, il y a encore peu de temps devait être imposante. Les muscles jadis affutés avait aujourd'hui fondu et semblaient bien perdus sous la longue cape dont la couleur semblait hésiter entre le brun le gris et le blanc sans parvenir à se décider.

Pour quiconque l'ayant déjà croisé, la ressemblance avec ce qu'il avait jadis été ne sautait pas aux yeux. Et le capuchon recouvrant en partie sa tête rendait la tache ardue au plus agile des regards. De larges crevasses soulignant un regard qui avait toujours été sombre et une une barbe hirsute où se déroulait une véritable bataille désorganisée entre poils envahissants et brindilles diverses donnait l'impression à la trogne d'avoir été le théâtre d'une nidification récente.

L'improbable tableau de cette silhouette en marche ne se figea qu'aux premiers crépitements du feu. Bientôt sans doute, un des félins viendrait s'enquérir du motif de son hasardeuse promenade dans les bois...

Pips a écrit:
Pips observait, de l'autre côté du gué, adossé à son chêne.

...... a écrit:
L'étranger resta quelques instants statique, perdu dans ses pensées, le regard posé sur les flammes feignante qui vivotaient encore à ses pieds, comme paralysé par leurs ondulations hypnotiques.

Hum... personne pour m'accueillir avec des fraises...

Le filet de voix précéda la remise en mouvement de la silhouette qui après avoir jeté son baluchon non loin du feu, fit de même avec sa carcasse, cherchant position confortable prêt à y passer la nuit. Même si le sommeil ne pourrait être que léger, prudence oblige, un œil entrouvert et la pointe d'un long poignard brillant par moment lorsque la lumière des flamme venait à le caresser.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Mer 14 Juil - 22:50

Pips a écrit:
La nuit tombait et l'étranger ne semblait pas vouloir s'approcher de lui. Il héla l'ombre, sans avoir vu qui que ce soit, apparemment. Pips baissa son capuchon sur son visage et s'approcha du feu, laissé là par quelque curieux qui avait échappé au regard de buse de notre primus. Il parla, sans saluer.

L'ami, avant que tu ne dormes, dis-moi ce que tu fais ici. Il se dit que cette forêt abrite des créatures peu commodes. J'espère que tu en es conscient.

D'aplomb, il alla s'asseoir de l'autre côté du feu, en face de l'inconnu.

...... a écrit:
L'étrange silhouette se releva à l'approche d'un de ces encapuchonnés qui peuplaient parfois les bois. Ceux là même dont la simple évocation de leurs noms, de leurs actions et de leur existence poussait les ensoutanés à souiller leurs bures.

Je te salue aussi mon frère et te remercierai presque pour cet accueil.

Difficile de discerner les émotions passant sur cette face mangée par la barbe envahissante , mais on aurait pourtant juré voir un sourire se dessiner sur ses lèvres.

Ce que je fais ici... Voilà comme je m'y attendais une question bien directe à laquelle je pourrais apporter bien des réponses...

Ne quittant plus le Primus du regard. Un regard froid mais dans le fond duquel brulait une flamme qui semblait ne jamais vouloir s'éteindre.

J'ai l'impression de revenir chez moi, de chercher à rencontrer mon destin, une partie au moins de ce destin que j'ai abandonné ces derniers temps. Je viens avec le désir de panser les blessures du cœur et de l'âme après avoir soigné celles du corps J'ai à cœur de reprendre ma lutte pour la gloire de celui qui seul saura me juger et juger ce que j'aurais fait de la vie qu'il m'a offerte.

Mais aucune motivation ne saurait prendre le pas sur une autre. Et aucune d'elles ne semble être en cet instant précis, la vraie raison qui me pousse à revenir près du campement des Justes. Je suis certain que ma bouillie te laissera sur ta faim l'ami. Mais je gage que bien vite, tu seras rassasié. Il te faudra juste faire preuve d'un peu de patience. Mais je sais que tu n'en manque pas. La flamme qui nous anime et la lutte que nous menons, requièrent bien souvent cette qualité...


Tirant discrètement sur un pan de sa cape pour dissimuler la pointe de cette lame intrépide qui se hasardait toujours un peu plus à l'air libre et la vue des curieux.

Je connais les dangers de cette foret. Plus que tu ne semble l'imaginer. Des dangers pour le badaud égaré ou le l'homme de peu de Foy, c'est certain. Mais ce que tu défini comme des dangers, je me plais à les reconnaitre comme des alliés...
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Mer 14 Juil - 22:50

Pips a écrit:
Il y a une règle à laquelle on ne peut déroger : on ne rentre pas ici incognito. Dis moi qui tu es, et peut-être t'accorderons-nous l'accès à ces lieux

Et le primus de croiser les bras.

...... a écrit:
Il lui demandait son nom, c'est qu'il ne l'avait donc pas reconnu. L'esprit avisé du perspicace Primus semblait avoir été troublé par la mine défraichie que le barbu lui pressentait. Guère étonnant en soit vu l'état de délabrement avancé qui marquait le corps de l'un des vestiges de la cité du Léman. Malgré tout, il était en bonne voie de rétablissement depuis plusieurs jours, et se trouvait à présent d'humeur joueuse. Il se devait pourtant de la jouer prudente s'il ne voulait pas se prendre un coup de sica dans le lard et que l'histoire ne se termine pas en eau de boudin.

Tu sais pourtant qui je suis, même si j'ai déserté pendant de longue semaines et que je ne suis plus que l'ombre de moi même...

Un sourire taquin perça derrière l'épaisse broussaille.

Mais je te dirais que ma présence en cet instant précis n'est pas dictée par la volonté de pénétrer le campement, mais plutôt d'en faire sortir une de nos sœurs. Une des sicaires se fait ici appeler Raïka. Me serait-il possible de la voir, ici, maintenant ?
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Mer 14 Juil - 22:52

Raïka a écrit:
Herbes remuantes et soupirs gourmands, la féline sicaire est à la chasse aux fraises. Ces petits astres écarlates que le jour a su réchauffés sont en effet exquis sur la langue gloutonne de la jeune femme et rien ne pourrait à cet instant interrompre ce délectable rassasiement fut-ce cet étrange sentiment qui la traversa soudain.

Nez levé, regard tourné vers le ciel, encore un de ces appels qu’elle ne pouvait ignorer. Elle reprit s’en tarder le chemin du retour, les mains maculées de taches vermeilles et les joues tachetées de ce même pigment trahissant clairement sa gourmandise. Heureusement, en cette sombre forêt, taches de fraises ou taches de sang… on ne s’en formalisait plus.

Et comme si en ces lieux mystiques il ne suffisait que de demander pour recevoir, Raïka apparut non pas par hasard, près du gué, essayant de fondre dans le paysage de cette nuit tombante. Mais l'œil vif du Primus eut tôt fait de repérer la tête bouclée et il l’invita à s'approcher. S’exécutant, Raïka posa un perçant regard sur la silhouette bien gardée de l’étranger, scrutant d’un œil fort intrigué le moindre détail pouvant lui offrir indice au dévoilement de cette attirante rencontre.


...... a écrit:
La voici la voilà. La démarche féline, le pas léger, le sourire aérien, le visage mutin et les joues grimées au nectar de fraises. On lui donnerait presque le bon Déos sans confession. Et pourtant. Plus affuté que n'importe quelle lame, plus incisif que n'importe quel discours, plus intimidant que n'importe quelle menace, un étalage discret de charmes à en défroquer plus d'un curé se dressait devant lui.

Le sourire toujours figé derrière cette broussaille lui grignotant la face, l'étranger salua le Primus d'un léger signe de tête.

Je m'excuses pour le coté obscur de la chose... Les voie du seigneur son impénétrable, mais les miennes sont parfois bien opaques aussi, je le concède volontiers

Et d'une enjambée, l'étranger s'approcha de la féline. Se trouvant nez à nez avec elle, il se contenta de dessiner du regard les contours de sa silhouette. Et si ce regard savait être courageux, entreprenant et aventureux, de ses lèvres ne parvinrent à sortir que quelques mots à peine audibles.

Je t'attendais avec impatience....

Mais avait-elle au moins idée de qui il était. Il s'apprêtait à lui glisser quelques mots supplémentaires mais se laissa le temps de remettre de l'ordre dans cet esprit qui ne semblait pas encore avoir retrouvé toutes ses facultés... pour peu qu'il les ait un jour eu.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 15 Juil - 1:29

Raïka a écrit:
D’un vif et surprenant mouvement l’Étranger se retrouva à son nez. Et si par réflexe elle recula d’un demi pas, elle reconnu aussitôt le barbu à l’odeur tourbeuse qui se tenait maintenant tout près d’elle.

Et pareil à leur première rencontre en ces lieux, leurs regards glissèrent l’un sur l’autre, sans un mot, échange ponctué cette fois-ci d’un agréable mélange de désirs inavoués et d'ardente certitude. Déjà ivre de cette simple présence, voilà que les mots qu’il échappa la soulevèrent davantage. Une chaude onde se dégagea alors du ventre de la jeune sicaire et lui monta à la tête.

Elle rêvait, c’était une évidence, ce n’était pas la première fois qu’il lui apparaissait en songe… Deos la titillait depuis quelques jours avec ce supposé retour. Elle qui avait plutôt attribué ses visions à un esprit trop vagabond… voilà qu’il était là. Immobilisant quelques instants son regard sur les lèvres bien camouflées du sicaire mal rasé, elle ferma les yeux comme pour se réveiller mais à la réouverture de ceux-ci, elle se retrouva plongée dans la profondeur vibrante des prunelles de l’Étranger, fusionnant enfin ce vertigineux et bien réel instant.

La joie scintillait sur l’iris dilaté de l’helvète émue alors que son esprit, aussi troublé soit-il, réussit à balbutier à travers un sourire radieux ;
Je suis là.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Jeu 15 Juil - 1:32

...... a écrit:
La blonde féline au flaire exemplaire semblait avoir reconnu celui qui se cachait derrière cette parure négligée de va nu pied qu'il arborait depuis que, redescendu de sa montagne, il se frottait de nouveau au monde des hommes. Il ne sut lequel de ces mystères de la vie il devait remercier en cet instant... la divine providence, le destin, une chance insolente, un coup de pouce venant de là haut... peut être un savant mélange d'une infime partie de chaque... mais il se promis de tous les saluer comme il se devait, dès que le temps le lui permettrait. L'espace d'un instant, son regard échappa à celui de la belle des bois pour fuir vers les cieux. Un regard dans lequel Déos put y lire une infinie reconnaissance...

Mais le doute savait encore en cette période de convalescence, glisser son venin pernicieux dans l'esprit fébrile du capitaine, lui faisant perdre assurance et certitudes. Les secondes qui suivirent s'égrainèrent lentement. Tout au moins était-ce là, l'impression laissée par ce face à face aussi avare en paroles que riche en sensations diverses.

Et c'est finalement avec une facilité déconcertante et une assurance ponctuellement retrouvée, qu'il s'avança un peu plus, couvrant la distance les séparant encore, avalant sans douter ce petit pas de recul que la farouche féline avait fait guidée par la prudence. Il était alors si près d'elle qu'il aurait pu sentir son cœur palpiter et sa poitrine se soulever au rythme de ses respirations. Son visage vint se glisser très près de celui de la pétillante sicaire, son souffle chaud venant taquiner son cou. Et c'est d'un fin filet de voix que les mots glissèrent jusqu'au creux de son oreille.


Pour s'épanouir librement et ne pas se faner, le Lys à besoin d'eau, de soleil et d'air... Les douces paroles d'une femme en serait le souffle vivifiant. Ses regards tendres ou ardents en seraient l'ondulation parfois douce, parfois impétueuse qui le porterait sans jamais le toucher. Ses caresses du bout des doigts en serait le soleil qui réchaufferait l'âme et le cœur en faisant frissonner l'être... Saurais-tu être cette femme me réchauffant de sa présence, cette essence rare sans laquelle le Lys ne pourrait atteindre la plénitude de sa majesté, condamné à flétrir lentement au fil du temps....

Et laissant ainsi les mots mourir au creux de son oreille, l'étranger resta là, tout proche du visage de la sicaire, sans bouger.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Ven 16 Juil - 22:47

Sancte Iohannes a écrit:
Le gué du bout du pont ou pour certains, le miroir aux alouettes. Le fruste Amiral qui mouchaillait les frasques de l'intrus du haut de son talus n'eut pas le loisir d'entendre le flot de niaiseries que l'espèce de déguenillé mal élevé susurrait à l'oreille d'un des sicaires du sexe que l'on dit faible, par convention. Même si personnellement, cette appellation n'aurait pas remporté son vote. Il aurait bien mis fin à la comédie au travers d'un mot d'esprit piquant mais insista pour en savoir plus sur leur visiteur du jour, même si son instinct lui murmurait dans l'oreillette que c'était là une bien mauvaise idée.

Grâce te soit rendue pour t'être chargé de titiller l'orillon ou le lobe de nos garces, fanfaron. Mais concernant le combat douteux d'Armoria, aurais-tu quelque chose à dire ou n'es-tu définitivement là que pour la bagatelle et les effets de style d'intrigant romantico-sensuel à la petite semaine ? lâcha-t-il en levant son regard d'acier sur l'impertinent qui perdu dans les méandres de son éminence, n'avait pas encore révélé son nom même s'il se disait familier. L'ancien s'absenta ailleurs un instant, un air de tueur flottant sur son faciès macabre, pour mieux revenir et demeurer immobile.

Auquel cas, je ne te cache pas que tu peux retourner sur l'heure dans ton creux, car tu n'as rien à faire dans la forêt des Sicaires du Lion.
Leur orgue ne joue pas de cette musique là.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Ven 16 Juil - 22:48

Raïka a écrit:
La Légère mélodie poussée en un souffle sur le tympan de la belle dansa en un écho sans fin jusqu’aux profondeurs de son être. Leur proximité devenait insoutenable et pour tuer le mal par le mal, la blonde sicaire s’approcha davantage et d’un nez félin elle effleura le cou barbu s’offrant à elle, remontant jusqu’à l’oreille tendue où elle approcha les lèvres pour y murmurer;

Ainsi, la chimère t’a envahie…

Et d’une lucidité retrouvée, elle continua avec plus d’assurance;

Il serait une offense impardonnable, sous le regard du Très-Haut, de laisser ainsi dépérir une essence de cette rareté. Je ne voudrais pas être responsable de sa disparition et ainsi priver le monde de son éclat. Je cueille alors dès à présent ce Lys dont vous me parlez, étranger, et vous fais la promesse de le butiner d’un savant équilibre d’ardeur et de tendresse pour qu’ensemble ils s’épanouissent sur les chemins de Deos.

Sentant sa poitrine appuyée contre le torse du sicaire fraichement sorti de sa tanière, elle ajouta;

C’pendant, je n’ai que très peu de garanti à vous offrir sur la qualité du travail, mais... voici pour avance

Ses lèvres flânèrent sur le cou à découvert et déboulèrent lestement vers l’épaule s’y rattachant où elle enfouit le nez. C’est à ce moment que Sancte se fit entendre du haut de son promontoire la ramenant sitôt sur terre. Elle se dégagea alors de son étreinte et d’un regard fusillant elle dévisagea son Frère haut perché, sans un mot. Serrant la mâchoire, elle attendit que l'Étranger tourbeux se charge de lui répondre.
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MessageSujet: Re: [JdR] Le carnet de Mélian   Sam 17 Juil - 2:58

Meliandulys a écrit:
Il aurait voulu lui répondre... lui répondre que la chimère était sans doute jusque là incomplète. Que si souvent elle grondait, lui déchirait les entrailles, hurlait son désir de jaillir, c'est qu'elle était en quête de ce manque, de ce vide, de cette partie d'elle même qui lui faisait défaut. Il aurait voulut lui dire que cette chimère qui somnolait au fond de lui n'était finalement que son propre manque, sa douleur à lui... et qu'aujourd'hui, il avait la certitude que l'essence même de cette quête, sa finalité, se trouvait à présent devant lui.

Mais le capitaine était troublé comme rarement il avait été. Désarçonné le fier helvète devant ce beau brin de femme qui l'effleurait de ses mots et de ses sourires. Et la respiration haletante, seuls quelques mots parvinrent encore à sortir de derrière la barbe négligée.

Toi seule semble savoir apaiser la démence de cette chimère. Sans doute n'attendait-elle, n'appelait-elle que toi...

Le regard du capitaine, baigné de cette flamme éternelle, brasier intarissable attisé par les ardents désirs que la belle sicaire enfantait en lui, dessina le contour de ses lèvres, avant de sentir sa peau tressaillir au contact de leurs douces morsures. Il perdit pied l'espace d'un instant, parcouru d'un frisson incontrôlable jusqu'à ce qu'une voix à première vue inamicale, les arrache bien trop vite à leur savoureux tête à tête...

Il regarda en coin le sicaire envahissant. L'œil sombre du Capitaine de cillant plus, accroché à la silhouette du courageux montalbanais comme si c'eut été un poil tombé dans la fondue.

Oh là... voilà que l'ami râle. Tout doux mon frère... Gardes donc cette incroyable énergie que tu parviens à déployer pour la catin de France ou les oies pourpré de Rome Je fais fi des menaces et des morsures du langage, ne ploie devant aucun homme et n'ai de compte à rendre qu'au Très Haut. Je gage que cet agile et intenable organe qui cherche à jaillir de ta bouche en une arabesque de paroles bien pensées bien tournées trouvera bien vite un adversaire à sa hauteur. Mais je crains que tu ne te trompes de cible...

Et le regard du Capitaine de se perdre de nouveau sur les délicates courbes de la blonde féline face à qui il endosserait volontiers le costume de la proie pour pouvoir finir sous ses crocs.

Aujourd'hui est un jour faste mon ami. Déos en a décidé ainsi. Je te passerai cette témérité exacerbée marquée par l'impudence dont tu as fait preuve à l'instant en interrompant ainsi ce moment qui n'appartenait qu'à moi et à cette charmante sicaire.

Et Mélian d'écarter un pan de sa cape, libérant à la vue des curieux, sa sica fièrement accrochée à son ceinturon. Un franc sourire à l'attention de l'Amiral suivit le dénudement de sa lame.

Je t'aurais cru plus jouasse de revoir ma trogne de félin hérétique dans les parrages...
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