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 [JDR] Carnets de Kirkwood

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Kirkwood
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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Jeu 25 Fév - 18:13

Je l'avais oublié, celui-là, tiens...

La vie quotidienne à "l'abbaye réformée", suite















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Kirkwood
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MessageSujet: Vaccanza a Roma   Ven 26 Fév - 19:38

Pendant ce temps...

Le Lion en ballade à Rome



Citation :
Ailleurs

Uewen, Kirk et Vittorio attendent, près d’une fontaine. Quelques mendiants ici et là, mais la messe n’est pas finit dans la chapelle du quartier, ils patientent et ne s’occupent plus du petit groupe.
Chou blanc pour Vittorio cherchant Alfonso, c’est tout ce que Kirk a compris. Comme on ne l’a pas davantage mis au courant et qu’il ne demande plus grand-chose, de peur d’être à nouveau rabroué, ça ne l’avance pas davantage.
Que fait Coulondre ?
On temporise en silence. C’est mieux que de sortir des banalités sentencieuses, alors pourquoi pas ? Mais Kirk craque, appréhendant un nouveau Ta-gueule-Kirk un peu las :

- Pourquoi que t’avions dit si bizarrement « notre ami » Basilio, Uewen ?
Silence. L’intéressé le regarde d’un œil pensif, puis détourne la tête.
- Parce qu’un cuistot maigre comme Basilio, je m’en méfie…
Silence. Uewen et Vittorio s’éloignent d’un pas ou deux.

C’est pas que Kirk n’est rien à dire ou redire à la déclaration, c’est qu’une nouvelle sébile de mendiant vient d’apparaître sous son nez. Les deux autres chuchotent, ils n’ont pas l’air d’avoir vu le vieux barbu, au visage caché par l’ombre de son capuchon, s’approcher.


- Signor, fate bene per voi, fait sa voix, fort digne.
Mécaniquement, Kirk sort quelques piécettes et les donne, se reprochant déjà sa faiblesse. Il y a tant de mendiants, comment donner à tous. Il donne une fois par jour, c’est la règle qu’il s’est fixé pour rester dans la charité aristotélicienne sans se ruiner. Et il a déjà donné, aujourd’hui.
Mais quelque chose lui dit que la formule employée (« Messire, faites-moi du bien dans votre intérêt ») n’est pas habituelle, malgré son manque d’aisance dans la langue du crue. Il aurait dû dire quelque chose du genre : « pour votre paradis, pour votre âme », ce genre de trucs, quoi…
Alors il regarde le mendiant, qui patiente, l’air d’avoir l’éternité pour lui.


- Pourquoi tu travaillions point de tes bras, l’ami ? Pourquoi ne rien faire ? Tu m’avions l’air bien vigoureux, pourtant ? Kirk ne peut s’empêcher, tout en donnant une belle pièce non-rognée et pesante, d’essayer de placer un peu du credo réformé.
Mais l’homme répond, à l’antique :

- Il fate non importa, Signor, ma il pensare.

Bigre, un mendiant philosophe ! « L’action n’est rien, seule compte la méditation ». C’est pas de l’Aristote, pense Kirk, plutôt son copain, comment s’appelait-il, déjà, ah oui, Platon. Non, ça c’est le chat de Sanctus, zutre, ‘sais plus…

-Et que t’inspirions tes méditations, mendiant qui ne me disions pas son nom et prétendions parler au nom de mon intérêt ?

- Que le Lion peut être trahit par un chacal…

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Kirkwood
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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Dim 28 Fév - 13:40

- Alfonso, fait la voix de Vittorio, que fais-tu là, je t’ai cherché partout !? Un degré plus bas : Uewen, Kirkwood, permettez-moi de vous présenter Alfonso della Strada, l’unique mendicante de merito de cette villasse puante. Là où il est, les autres sont mendicante de niente…

« Mendiant de mérite » ou « de rien »… Pourquoi pas, pense Kirkwood ? Mais pourquoi ?

- Signor della Strada, j’voulions…

- Scuzi, Signor Kirkwood, ma en les vêtements où je me présente ici, plaise à vous de ne pas m’appeler « Signor ». Un nom se doit de présenter son titulaire, aussi justement que possible. On ne nomme pas « Signor » un mendiant, et vous me feriez du tort en m’enlevant la condition que j’ai choisi d’arborer icelieu.

- Kirk, on t’a jamais dit qu’il n’entrait pas de mouche dans une bouche fermée ? arrête de béer ainsi, tu vas finir chèvre, le tance Uewen. Enchanté, Alfonso. Que disais-tu à Kirkwood avant que Vittorio te reconnaisse ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’animaux ?

Uewen, s’il se repose sans crainte sur la confiance que fait visiblement Vittorio à ce mendiant trop digne pour certaines cours princières, s’inquiète toutefois et ne veut pas trop en dire.

- Sachez, Signor Uewen, qu’un cousin m’a certifié que votre Basilio, outre être cuistot raisonnable, cultive d’autres cordes à son arc…

- Un cousin, hein ? Quel genre de cordes ?

-L’élevage de pigeons, pour commencer…

- Et ?

- Et des relations cordiales avec le Bargello del Corte, le Chef de la police de la ville sainte…

- Ah. Et comment savoir si certains pigeons ne s’égarent pas de l’un chez l’autre ?

- Il suffit d’avoir quelqu’un qui s’occupe de tous les pigeons qui atterrissent chez le-dit Bargello. Il en a du travail, à s’occuper de son courrier. Tellement qu’il ne peut s’en charger lui-même, le pauvre. Il a trois secrétaires et un responsable des bêtes, d’ailleurs aidé en ce moment par un apprenti…

- Mh. Et comment peux-tu être sûr de ce cousin, et moi de toi ?

- Ce cousin veut marier une cousine, un peu au-dessus de sa condition, il a besoin de mon aide pour que la familia, et en particulier la mama, accepte. Il le sait. Quant à moi, faites-vous confiance, Signor, à Vittorio ? Il faut alors faire confiance à sa fiance en moi…

Révérence ironique d’Alfonso… Vieux cabot, pense Uewen, mais que le sourire gagne…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Dim 28 Fév - 20:40

cheers

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Lun 1 Mar - 22:02

Wink

- D’accord. Que déduis-tu des messages, Alfonso ?

- Voyez vous-mêmes, voici les copies de la semaine écoulée : s’il n’a aucune précision à donner au Bargello, « Leo », « le Lion », c’est assez transparent, non ? Et promettre quelques têtes de Leo sur un plateau pour la semaine qui vient…

Les trois sicaires du Lion de Juda frissonnent en lisant.

- D’ailleurs, voici le dernier message, de ce matin, fort tôt. Il contient vos noms, descriptions et adresse. Par contre, c’est l’original. Si vous préférez, on peut le remettre en place, ma...

- (Sec) Très drôle. Vittorio, tu te sens de copier cette écriture et ce style ? Ça t’avais assez réussi, les faux, dans ta compagnie d’arbalétriers génois, non ? Alors, fais lui croire que nous sommes retardés… Par une maladie, tiens, ça peut durer assez longtemps.

- Aucun problème. Je m’y mets tout de suite…

- Bien. Tu as bien mérité cette bourse, Alfonso del merito.

Le mendiant sourit, estime d’un geste professionnel la bourse et l’empoche. Uewen reprend :

- Alfonso, un mendicante del merito comme toi ne peut ignorer notre besoin d’être discret quand il s’agit d’un ami du Bargello. Connaitrais-tu quelque drôle ou drôlesse agile de la lame qui pourrait remplir quelque office à mon compte ?

- Oh, bien sûr, Signor, et vous pourrez avoir toute confiance en Catilina, c’est un cousin…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mer 3 Mar - 19:52

kirkwood a écrit:
Une auberge, aussi mal famée que les autres. Une table. Uewen et Vittorio, en face du Signor Catilina il Marchese. Faux noble, bien sûr, comme la plupart des Romains.

- Si, Signor, j’ai compris. Ma, perche en vouloir à un cuoco ? Il cuit mal le pot et le rôt de votre employeur, ou peut-être pas assez mal ?

D’accord, canaille, curieux et sans doute avide de savoir à quoi s’en tenir… Cousin, peut-être, mais capable d’initiatives…
Comment lui ôter l’envie de creuser trop dans cette direction là ?

Vittorio trouve.
D’un air peiné et comme cachant sa colère
:

- Notre action est inspirée par l’honneur, si elle n’est pas légale, Signor Catilina. Un malandrin a attenté à la pudeur de notre sœur, profitant qu’un plat qui lui était servi la faisait pâmer. Cette canaille, ce faux-aristotélicien, ce tartuffe est déjà allé expier ses fautes en Enfer. Reste celui qui a assaisonné le plat et s’est enfuit jusqu’ici…

- Oh.

Catilina retrouve une expression digne, voire même consternée d’avoir ainsi confondu une noble vengeance avec une quête sordide. Il en fait trop d’ailleurs, mais pas grave, il a une réponse qui le satisfait…




Plus tard dans la nuit, une bagarre éclate dans une autre taverne. Des sarcasmes, on en vient aux insultes qui d’un coup dégénèrent en coups, lames tirées.
Deux morts et cinq blessés.
Un des morts, deux des blessés ne faisaient même pas partis des lutteurs.
Deux confréries de prières qui se disputent depuis au moins six mois une chapelle dans l’église du quartier.

Le Bargello del Corte, le chef de la police, grimace. Les blessés, les morts, il n’en a cure. Il se fera un peu tirer les oreilles par Eugène, certes.
Mais surtout, perdre le seul informateur qu’il a en Italie sur les sicaires, au milieu d’une bagarre idiote…
L’inconvénient des bons informateurs, c’est qu’ils fréquentent un peu trop les lieux violents, quand même…

Il doit prévenir ses contacts à Florence. Puisqu’il paraît qu’ils s’y soignent, d’après son dernier message…


Edit : pardon, j'avais oublié de signaler que les personnages (voire quelques éléments de dialogue, j'en suis plus à ça près) sont tranquillement pompés au dernier tome -La pique du jour- de la première série de "Fortune de France", de Robert Merle, qui se passe bien sûr à Rome, bien qu'un bon siècle plus tard.

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Sam 6 Mar - 22:32

kirkwood a écrit:
Uewen, Coulondre et Kirkwood suivaient Vittorio dans les faubourgs de Rome et se dirigeaient vers le ghetto spinoziste.
- Dis-donc, Vittorio, fit Kirk, toi qui avions négocié avec ce vieux, là, comment qu’y s’appellions déjà ?
- Abraham ? Et bien quoi ?
- Il ressemblions à tout ce qu’on disions sur les spinozistes ?
- … ?
- Les doigts crochus, tout ça, le nez ?
- Bene. A cé qué je vois, notre ami Kirkwood est toujours persouadé qué la sauce dé sa mama est la meilleure…
- Qu’est-ce que tu voulions dire, sur ma môm ?
- Oh, vé le pitchoune qui s’énerveuh, rigole Coulondre !
Uewen reprit : Ce que Vittorio veut dire, avec ce proverbe qui provient de très loin au Sud de la rive de Berberie, c’est que si tu crois tous les racontars qui circulent sur les spinozistes, c’est que tu n’as pas assez voyagé pour te libérer de tes maillots et enfances.

Bouderie kirkwoodienne, que n’arrange pas le grand éclat de rire du manchot montpelliérain.

- Moi, on m’avions dit qu’ils tirions même le sang des petits enfançons aristotéliciens, par haine de Christos, à Pâques !
- Bene, bene. Tou as la moindre pétite idée de leur religion, frati Kirkwood ? Dé cé à quoi ils croient, les spinozi ?
- Ben, heu, non, pourquoi ?
- Bene, c’est cé qué jé pensais. Alora, tu fais avec eux ce que la ploupart des orthodoxes font avec nous, les réformati. Tou condamne sans savoir rien dé précis.

Honte suprême pour Kirk : être ravalé au rang d’ignorantimus-orthodoxe-et-fier-d’être-tout-ça-à-la-fois.

Silence prolongé de Kirkwood.

Uewen, Vittorio et Coulondre savourent ce moment de grâce.

De quoi convaincre un de ces immondes athéistes que Deo existe.

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mer 17 Mar - 18:40

kirkwood a écrit:
On atteint une maison qui a connu de meilleurs jours. Mais bon, par rapport à certaines qu’on vient de dépasser et qui menacent de s’écrouler, ce n’est pas si dramatique.
Encore que.
L’escalier grince. Les portes résistent. L’humidité persiste, les odeurs aussi… Que du bonheur.

On entre dans un antre. Où est la sortie, pense aussitôt Kirk ?

Une pièce aux meubles nombreux mais de guingois, surchargés de parchemins, livres, feuillets… Des animaux empaillés ici et là, inconnus pour la plupart…
Il y en a pour une fortune. Uewen, le seul des quatre à avoir fréquenté des princes, tente d’estimer l’ensemble. Peine perdue.
Derrière un lutrin, un vieux. Très. Trop ?
Il porte sur le nez ces verres ronds que Kirkwood a déjà vu sur certains clercs, notables ou de notaire, et qui paraît-il facilitent la lecture.

Vittorio et le vieux se font des politesses et des salamalecs à n’en plus finir pendant un nombre de crédos pas possible dans leur jargon.
‘Faut croire que quand ils le veulent, les habitants de la péninsule, Toscans comme Romains dans le cas présent, arrivent très bien à se comprendre, contrairement à ce qu’il racontent d’habitude.

Puis viennent les présentations.
C’est reparti pour les salamalecs qui énervent tant Kirkwood. Il s’ennuie.
Jusqu’à ce qu’Abraham prononce la phrase magique
: Sarah ! Cherche à boire pour ces garçons !

Même s’il ne sait pas à qui s’adresse l’injonction, l’intérêt de Kirk est réveillé. Ça, ça, ça c’est une politesse qui a du sens pour lui !

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mer 17 Mar - 18:41

kirkwood a écrit:
Et il n’est pas déçu quand Sarah arrive.

D’abord, le cruchon est plein jusqu’à ras bord, les gobelets propres, le clairet plutôt parfumé et délicat. De plus, dès que les verres sont bus, la phrase tombe, sans appel :

Or ça, compagnons, il n’est point bon de rester sans boire de ce petit vin. Que sont ces gobelets vides ? Voulez-vous qu’on dise que maître Abraham se veut fâcher avec des clients ? Que dirait ma pratique ?

Pour ce Qu’Avicenne et Averroes, maîtres-médecins reconnus et dignes de respect –et je ne parle point ici de religion, vous l’aurez noté, pour ce que ce n’est point le sujet ou l’heure-, ces maîtres, donc, disais-je, affirmaient si doctement avec de tant belles raisons qu’un corps bien rempli de mets et liquides de bonne composition fait pour ainsi dire rempart à toute contagion, la nature ayant horreur du vide mais les miasmes des maladies ne pouvant remplir ce qui l’est jà par bonne mangeaille !

Et invariablement Abraham conclut sa phrase sentencieuse en resservant les verres vides, et rappelle Sarah pour qu’elle remplisse à nouveau le cruchon.


Et certes, cela fait un bon moment que Kirk, qui écoute peu ce qui se dit autour de lui, vide son verre plus rapidement que quiconque.

Et certes, les sourires indulgents du début sont maintenant contredits par des froncements de sourcil dénonçant l’impolitesse du sicaire tout autant que son absence de prudence.

Sans compter que le Lecteur bourré, ça la fout quand même mal devant quelqu’un d’une autre religion ! Un aristotélicien, même un romain, bon, ça passe, mais un spinoziste ou un averroiste…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Jeu 18 Mar - 22:06

kirkwood a écrit:
Tout d’un coup, Kirk se rend compte que le ton de la conversation des autres est plus tendu.
Abraham serre davantage son rouleau de parchemins par devers lui.
Les phrases sont plus brèves et sèches.


- Cela n’est point juste, rabbi. Notre prix te paye largement. Et ton temps, et le danger que tu coures, bien faible au final.

- Ah nenni, nenni ! À ce prix, j’y suis de ma peine et de mes risques.


Ça suffit comme ça.
Kirk se lève brusquement, prend la bourse des mains de Vittorio interdit, la balance rudement à Abraham qui recule avec sa chaise en se redressant un peu, déséquilibré.

Et Kirk de le saisir au collet d’une main pendant que l’autre s’empare du rouleau et lance à Abraham, stupéfié
: Allez, rabbi, ton clairet n’est point tant bon qu’il ne faille conclure l’affaire et rester trop longtemps.

Et il le relâche alors, ce qui le fait choir au sol.

Les autres sont consternés, bien que tentés d’y voir une échappatoire qui en vaut bien une autre, dans leur situation. Ah, le péché n’est pas loin…


Puis tout le monde constate que Sarah, qu’on avait oubliée, regarde, les traits durs, la scène.

Ses yeux brillent de fureur, peut-être d’autre chose.
Avant, on ne voyait que sa beauté, mais maintenant, on se rend compte…
Qu’il y a autre chose…
Le monde se rétrécit à cette pièce. On ne perçoit plus les bruits extérieurs, de la cour, des charrois, mules ou passants pressés.
Il y a autre chose.
Elle semble murmurer, peut-être psalmodier. Des ombres se déplacent, non ? Les murs aussi ?
Ou autre chose ?
Sarah, ce sont les hommes qui en parlent le mieux ?

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Ven 19 Mar - 22:05

kirkwood a écrit:
Certains parleront de transmission de pensée plutôt que de magie. Pourquoi non ? Je vous gage les célèbres 30 deniers, en espèces lourdes et sonnantes, que certains écrivaillons et trouvères de 3e zone n’hésiteraient pas à proposer une réplique comme :
Citation :
D’un regard, d’un simple regard, d’un tout petit mais si immense regard tout à la fois, ils comprirent tout. Tout le non-dit se déversa d’un coup. Tout ce qu’ils n’avaient su se dire, ils l’entendirent. Et ils surent la vérité.
Ils surent qu’ils s’aimeraient jusqu’à la fin des…
Heu, j’m’égare, là, non ?

Bref, je ne prétends pas conter la vérité, mais la scène telle que les protagonistes la vécurent.
Et pour Sarah, voilà ce qui ca donne :


Citation :
Ce chien dépravé et pouilleux, ce néant d’aristotélicien, cette amibe que mon père a reçu chez lui avec politesse, à qui il a fait boire de son meilleur vin, il ose le bousculer ?!
Il va le payer !
Hé quoi, mon père, tu ne veux pas ? Tu vois tes craintes se réaliser ?

Hé, comme tu me l’as dit quelques fois, on n’étudie pas, et la Kabbale et sous la direction de Morgane la Fae, adepte des croyances païennes, sans en payer le prix. Mais n’oublies pas ce que je te répondais à chaque fois : toutes les sept générations, (sauf les années bissextiles), la septième fille du rabbin est initiée à la magie.
Et toutes les 77 générations, cette septième fille est parmi les magiciennes les plus puissantes au monde !

Et tu voudrais que je ne me serve pas de mon pouvoir pour châtier ce misérable qui tremble déjà ? Qu’on sent prêt à faire dans ses braies ? Ah, ah, ah !

Co, comment ça, tu étais bourré quand tu as fait les calculs à ma naissance, et tu ne te souviens pas si la Lune était décroissante, et le Soleil dans Mercure ?
Comment ça, c’est pas 7 et 7, donc 77, mais 7 fois 7, donc 49, le chiffre de la génération la plus puissante ?
Comment ça, il y a de fortes chances que je ne sois pas la Maîtresse de magie annoncée par les textes ?

Heu…
Pas grave, sniff, pas grave.
Et puis, sniff, il va payer pour ça aussi, il n’y a pas de raison…
Heu, c’est quoi déjà, le démarrage de l’incantation de malédiction, sniff ? Ah oui…

Citation :
Adonaï ! Adonaï ! Adonaï !
Par Nun, qui parle savamment sur toutes choses, sans préparation et sans études.
Par Mem, qui possède l’art notoire qui donne la science universelle.
Par Guimel, qui règne avec tout le Ciel et se fait servir par tout l’Enfer.
Par Daleth, qui dispose de la santé et la vie de tous.
Adonaï ! Adonaï ! Adonaï !


Et les cinq hommes devinent plus qu’ils ne voient des signes cabalistiques qu’elle trace de ces doigts dans l’air, des fumerolles au milieu des ombres, des strophes de chants oubliés depuis longtemps, des mélodies terrifiantes et des grouillements, indicibles dans le meilleur des cas…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Sam 20 Mar - 20:20

kirkwood a écrit:
Sarah a écrit:
Que viennent à moi les paroles révélatrices, qui me diront qui est ma victime !
Que je sache comment l’humilier, la maudire, éteindre sa lignée, épuiser sa vitalité, rendre ses jours invivables jusqu’à ce qu’elle préfère se résigner à pourrir en Enfer !
Que je sache ses secrets, ses hontes, ses regrets, ses remords !
Que sa vie ne soit qu’un long fil clair que j’obscurcirais de mes sortilèges, jusqu’à ce qu’elle soit un exemple qu’on raconte aux enfants pour qu’ils soient sages !

Que…

On n’y voit rien, ici… C’est nettement pire que d’habitude…

Comment ? C’est ça, son âme ?

Ce truc ridicule, c’est sa vie ?

Y’a quand même quelque chose à maudire, là-dedans ?!?
C’est même pas un truc pour une apprentie, pour une baguette jaune* ?
Attends, attends, c’est pas possible, faut que je vérifie…



Les cinq hommes sont partagés sur ce qu’il convient de faire face à cette créature qui a l’air d’être bien partie pour réduire drastiquement la population des sicaires du Lion de Juda, dans cette pièce du moins.

Coulondre, toujours légèrement obsédé sexuel (même s’il s’est retenu jusqu’à présent), se dit que le crochet métallique qui orne son bras ferait un bon outil magique face à une sorcière, grâce à sa forme phallique, et se demande comment parvenir discrètement jusqu’à elle.

Uewen soupèse ses chances d’un tir de dague à la tête.

Vittorio tente de réviser d’urgence le peu de choses qui avaient l’air sérieuses au monastère en ce qui concerne la sorcellerie, tout en révisant ses prières réformées.

Kirk espère que son pantalon est marron, même s’il n’est pas sûr de grand chose…

Et Sarah se met à rire.
À rire.
À hurler de rire.
À pleurer de rire.
Sans s’arrêter.
Jusqu’à tomber par terre.
Dans une pièce qui ressemble en tout point à ce qu’elle était à l’arrivée des sicaires, désordre en plus.

Décontenancés, les regards alternent entre Sarah et les spectateurs.
Abraham, le premier, sourit puis suit sa fille de bon cœur. Uewen, Coulondre le manchot et Vittorio, d’abord incertains, rient nerveusement. Même Kirk crispe ses lèvres.
Bon, de là à dire qu’il aurait un prix pour son sourire… Pas oublier qu’il a longtemps concouru pour le prix du « bébé le plus laid de l’année », quand même.

Puis ses compagnons se lâchent franchement et rigolent comme des bossus pendant pas mal de temps avant que le petit commerce reprenne ses droits.
Ils finissent même par laisser un bonus raisonnable à Abraham.

Les voisins se souviendront longtemps de cette visite discrète, qui leur a tous fait peur, rétrospectivement, sans trop savoir pourquoi (« Oh ? Une impression étrange, comme si une catastrophe était en train de se passer, vous savez, ce genre de trucs… »), mais qui a terminé dans la plus franche gaité.
Sauf un des gars, visiblement vexé.
On ne sait pas pourquoi, mais il avait vraiment l’air très vexé, le plus laid du lot…




* Vous croyez quand même pas que les ceintures de judo n’ont pas une origine magique, quand même ?

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Sam 17 Avr - 19:25

kirkwood a écrit:
Kirkwood se penche sur le plan exposé. Dans son esprit, ça donne ça après un coup d’œil rapide :



Ouf, méchant mal de crâne.
Les répliques s’échangent dans un brouhaha :

- Qu’est-ce qui ?
- Comment qu’on ?
- Qui qu’y va ?
- Couacomequiqui ?
Etc…

Bon.
Kirkwood a compris.
Encore une fois, ça cause, ça cause, mais personne n’a saisit les nécessités fondamentales…

C’est encore sur lui que ca retombe, quoi… Marre d’être indispensable, parfois…
Mais bon, c’est son destin, un truc du genre.
Et puis, il les aime bien, ses confrères sicaires. Et il a le sens de leur mission divine…

Alors il s’y met, pendant que les autres continuent de détailler les opérations à suivre, tout en gardant une oreille ponctuellement attentive, desfois qu’il y ait un truc utile…

Sur une table, dans l’autre pièce, Kiki rassemble les éléments indispensables.

20 coudées de corde, non plutôt 30 ? allez, 50 et on n’en parle plus. 3 escopettes courtes, un tonnelet de poudre en plus, 2 arbalètes et 20 carreaux.
Chacun a sa sica, inutile de se préoccuper des combats rapprochés, mais rassembler les épées, c’est qui qui s’y colle ? Bibi Kiki, of course ! Oh, et puis, on ne sait jamais, réunir des plantes et des produits qui, une fois agglomérés, pourront donner des poisons plus ou moins violents, Vittorio sait y faire, paraît-il…

Oh, et puis deux haches, des fois qu’il y ait des portes fermées. Oh, et puis, quelques outils, ça peut toujours servir. Donc, une pelle et une pioche par personne.
Non, hélas, il n’y a pas la place d’amener avec soi le nécessaire à fondeur de cloches de cathédrale, dommage. C’est ça, être sage, pense-t-il, fier de lui
.
Par contre, l’éclairage, hein ? Ben ouais, voilà ! Alors trois torches et un luminaire par personnes, un petit bidon d’huile, des silex, des résidus inflammables, heu… ?
Pis, des sifflets et de la peinture, si c’est un labyrinthe, faudra peut-être marquer les passages.

La nourriture, té !!
Du pain, allez, trois grandes galettes par sicaire, du fromage (une ou deux meules ?), des oignons, des gourdes de clairet, du lard, des œufs, une poêle de campagne, du petit bois…
Ah, pis ouais, autant prévoir le pire, on pourrait être coincé longtemps là-dedans. Bon, les cartes du rabbi, desfois qu’on se perde. Quelques pamphlets dont les 52 articles du Vieux si c’est vraiment très long, un peu de poésie religieuse, un recueil de psaumes. Cette pierre merveilleuse qui indique toujours le nord, d’après ce marin croisé dans une taverne…
De quoi écrire, s’il faut tenir un journal et laisser un témoignage aux générations futures si on y reste. Encore que les seuls qui risquent de nous retrouver alors, ce seraient les pontificaux… Sniff…


Kirk enfin prévoit quelques couvertures bien chaudes et contemple, satisfait, son œuvre. Pas plus de 100 à 120 livres de matériel par personne… Raisonnable, non ?
Les autres devraient être contents !

Ah, le brouhaha se calme, des pas se dirigent vers lui. Kirkwood est certain de croiser leurs regards admiratifs…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Sam 17 Avr - 19:26

kirkwood a écrit:
Faut pas chercher à comprendre.

On leur fait de beaux paquets, ils refusent de les prendre ou ne prennent que les plus petits (bien quand même, la petite, la seule à se servir des bagages format "monuments aux voyageurs" qu'il a préparé. Et puis, un sourire, c'est important).

Et puis, il faut quand même prendre ceci ou cela de cette magnifique préparation. Nourriture spirituelle... Les Cinquante-Deux articles du Vieux, c'est pas de la nourriture spirituelle, peut-être ?

Ou le psaume suivant, même s'il est en italien et que Kirk ne pense pas tout comprendre ?


O sole mio... chante-il. Avant de se faire incendier par les autres sicaires, certains connaissant déjà sa voix et ses redoutables qualités (comme faire trembler l'église dite cathédrale de Genève sur ses bases dans ses bons moments d'orateur).

D'ailleurs, allez hop, il passe devant comme éclaireur.
Heu, pourquoi toujours moi, heu, c'est pô juste !
Ah ? Ouais, bon, c'est ça, d'accord la joie... Gromelle, grommelle...

Schplouf, schlaf, schlop...
Ben, la ville de Rome est peut-être marquée par la spiritualité et le sacré, mais ses égoûts ressemblent aux rues de toutes les villes que Kirk a traversé.
C'est peut-être ça le progrès ? La merdre, sous la surface. Elle est toujours là, mais on ne la voit ni ne la sent. Progrès "urbanistique" (disons que Kirk est vaguement capable d'appréhender le concept), d'accord, mais d'un point de vue religieux, il reste dubitatif...

Et puis, un truc qui date des Romains païens, ça peut être qualifié de "progrès" ?
Là, il sèche et se tait.
Moment de bonheur pour les autres...

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Dim 18 Avr - 9:57

kirkwood a écrit:
On avance dans les égouts, on marche un moment sur des restes hors de l'eau ou disons le liquide dont le manque de lumière ne permet heureusement pas d'apprécier la couleur , on schplaffe, on schplouffe, ah et oui, merci, on plouffe carrément dedans...

Beurk.

Croisement. Arrêt autour du plan de Sanctus. Remarche. Reschplaf. Recroisement. Re... etc...

Le temps s'allonge à mesure qu'on change de chandelle...

On devine parfois sous les lumières tremblotantes des graffitis sur les murs, mais très vite, ce sont davantage les rats qui retiennent l'attention (en espérant bien sûr qu'il ne s'agisse que de ça).


Ah, fait alors la voix décidée de Sanctus. On sent qu'il ne s'agit plus d'un repère quelconque, mais bien de celui qu'il attend depuis un moment...



Personne ne remarque deux petits points rouges qui semblent suivre la colonne des sicaires...

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Dim 18 Avr - 9:59

kirkwood a écrit:
Les deux petits points rouges suivent les sicaires du regard.
Ce qui est normal, puisqu’il s’agit des yeux de Bigus Dickus.

Comme tout fantôme qui se respecte, il a bien sûr soif de chaleur, de vie, de ce qui lui est refusé depuis son trépas.
Parce qu’il ne faudrait pas oublier que c’est un brave garçon.
Enfin, c’était. Dire qu’il EST un garçon relève d’un point de vue pour le moins optimiste. Le sexe des fantômes, ‘savez…
Enfin, on est à Rome, la cité sainte où l’élite de l’élite intellectuelle et carriériste de l’Église aristotélicienne discute, dispute, devise, discours, détaille, regarde, envisage, réfléchit, médite et philosophe sur le sexe des anges, quand même. Alors, pourquoi pas celui des fantômes ?

Mais il s’agit de Bigus Dickus. Qui poursuit l’Église aristotélicienne de sa haine. Haine compréhensible.
On a beau être un brave garçon, descendant des meilleures familles patriciennes romaines, titulaire des plus prestigieux titres du cursus honorum -« Praefecti Aegyptus », préfet d’Égypte, c’est vous dire !-, avoir laissé un excellent souvenir à sa famille et ses proches, faut avouer qu’il y a des trucs qui vous fâchent le plus placide des stoïciens.
Même Bigus Dickus.

Ben, passer pour le méchant de service, y’a quand même plus sympa pour l’éternité.

Or, c’est ce qui est écrit noir sur blanc dans « La Légende doré », de Jacques de Voragine.
Vous savez ?
Cet ouvrage qui compile si heureusement jusqu’aux plus délirants mythes et martyrologes de l’Église aristotélicienne ?
Mais si, allez ! Quelques titres au hasard, ça vous les remettra en tête
:
Citation :
Dits et paroles de bienheureux saint Jacadi de Compostelle


Citation :
Mythes des martyrs joyeux de l’île de Mathusalem


Citation :
Gai dit des guerriers pacifistes de la Légion thébaine


Citation :
Facéties saintes variées et amusantes réparties pieuses des bienheureux témoins en Christos lors de leur martyre durant la persécution de Dioclétien


Citation :
Dernières paroles du très saint roi des Burgondes Avoué Oujvaismfâcher, au moment où il se convertissait au mépris des plus évidentes règles de sécurité en décapitant une idole durant la fête païenne préférée de son peuple


‘Fin bon, une lecture saine, dans l’ensemble…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Lun 19 Avr - 10:10

kirkwood a écrit:
Pour en revenir à Bigus Dickus, voici ce que nous en dit un autre ouvrage, qu’on sait accessoirement avoir joyeusement pompé le pauvre Jacques de Voragine* :

Citation :
Avant que de reprendre mon récit, qu’il soit ici rappelé que Sainte Cunégonde était fille prude, dévote, généreuse aux pauvres et sage et gentille et douce. Le gouverneur romain de sa province, l’abominable Bigus Dickus, la voulait épouser par concupiscence et faire haïr Christos, horreur à laquelle elle ne céda maugré les menaces multiples.

Alors le pervers Bigus Dickus décréta qu’elle soit noyée dans une baignoire, et fit durer le supplice en ordonnant au bourreau de remplir le bassin avec le dé à coudre de la sainte pour épouvanter les aristotéliciens.

Et en la Légende dorée il est clairement dit que Sainte Cunégonde chanta sans interruption Deos et Sa gloire entre deux dés à coudre d’eau maugré la douleur. Et quand au bout de deux jours la cuve fut remplie, la sainte priait toujours, et ses paroles émergeaient de l’onde et réconfortaient les aristotéliciens.

Ses tourmenteurs stupéfiés se convertirent avec la garnison et tous prièrent avec les Croyants tout en brûlant Bigus Dickus.

Ainsi le reliquaire de Sainte Cunégonde conservé à Schwyz permet-il à l’aristotélicienne voulant exceller dans les travaux d’aiguille d’admirer le dé à coudre de la sainte…

Frère Juvénal des Ursins, « Hystoires magnifiques et édifiantes d’actions et personnages dévots en Aristote », imprimatur de l’Église Aristotélicienne pour l’an 1469 à Anvers

*hrp : malgré la pirouette spatio-temporelle qu’on excusera, l’auteur se reposant avec confiance sur des lecteurs qu’il sait magnanimes, si, si

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mar 20 Avr - 16:43

kirkwood a écrit:
Pour Bigus Dickus, c’est incontestablement quelque chose de dur à avaler.

Oui, par les dieux, lui a un autre souvenir de la chose ! Il s’en souvenait, de Cunégonde !
Il en avait été amoureux, l’élan était réciproque, et ces sagouins d’aristotéliciens avaient tout gâché, lui avait embrouillé la tête, à la belle.
Laquelle s’était convertie le mois précédant le mariage organisé par les deux familles.

Alors, oui, incontestablement, il s’était fâché, avait fait mettre à la torture les esclaves de Cunégonde, avec l’accord de son père bien sûr (on peut être représentant de l’empereur et avoir le sens des convenances), pour savoir qui et quoi.

Bon, oui, il avait peut-être assisté à la séance d’aveux spontanés avec plus de curiosité que d’habitude, mais de toute façon, des contestataires qui n’avaient pas peur de mourir et refusaient de sacrifier au nom de l’empereur, il n’avait fait que son boulot, hein, (quasiment) rien de personnel…
‘Faut être honnête, ça n’avait pas donné grand-chose, et ils avaient simplement distrait la foule au cirque. Assez mal, d’ailleurs.
Ces imbéciles avaient chanté la joie de leur martyre entre deux bouchées des fauves. Les intelligents, eux, avaient abjuré et été libérés, comme d’habitude.

Mais bon, pour en revenir à Cunégonde, Bigus Dickus l’avait écrasé de son mépris, et son père l’avait enfermé dans sa chambre en la menaçant de la déshériter. Cette andouille s’était noyée de chagrin dans sa baignoire après l’extermination de sa communauté.

Nixtus commentum, hein, c’est pas glorieux, et en effet, l’auteur initial du martyrologe de Cunégonde avait pas mal brodé…
Parce que bon, le dé à coudre, pour prendre un autre exemple, c’est lui, Bigus Dickus, qui lui avait offert quand elle avait 12 ans, comme heureux prémisse…

Nixtus commentum…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mar 20 Avr - 16:43

kirkwood a écrit:
De chagrin, Bigus Dickus s’était alors enfoncé dans le stupre, l’alcool et la fornication. Alors qu’il avait toujours regardé la vie du bon côté ! Que son pire vice était jusque là la collection des bouchons d’amphores de vin ! Quand on vous disait que c’était un brave garçon !
Immondes aristotéliciens !

Il avait fini, un soir de beuverie à Rome, par tenter vainement d’échapper à ses poursuivants dans les égouts, après avoir profité sans payer de l’esclave égyptien expert en massages approfondis d’un maître de la pègre.
Y’a des trucs plus malins à faire, quand même, ‘faut reconnaître.

Il s’était noyé à son tour, et hantait donc depuis avec obstination les restes du Cloaqua Maxima, maudissant avec constance les aristotéliciens, qu’il avait vu s’imposer petit à petit dans l’Empire, jusqu’à convertir Constantin, le chien !


Alors, pour lui, les sicaires sont d’atroces aristotéliciens bien sûr. Mais ennemis de ceux qui gouvernent ce que l’Empire est devenu. Venus pour provoquer et humilier l’Église aristotélicienne.

Le choix de Bigus Dickus est vite fait.

Sans compter que, comment dire, hanter le Cloaqua Maxima… Y’a plus sympa et animé, comme taverne pour fantômes…
A part effrayer les rats ?
Il passe bien de temps en temps quelqu’un à terroriser, mais qui ne dure pas longtemps, en général. Ils courent vite, les vivants, y’a pas… Sauf les cardiaques, c’est sûr.

Et la plupart des autres fantômes n’ont pas la moindre classe. Tarés, aristotéliciens, alcooliques dégénérés (alors que Dickus n’aurait avoué qu’une très modérée et stoïcienne inclination pour le vin, mais on le sait, on n’est pas toujours le mieux placé pour se juger soi-même…), plébéiens ruinés et ravagés par les fièvres… Un patricien, même sous sa forme de fantôme, n’allait tout-de-même pas frayer avec ce genre d’individu…

Certes, les sicaires ne sont pas forcément brillants non plus. En particulier l’affreux barbu au très fort accent qui sert d’éclaireur. Mais bon, si c’est pour la cause anti-Église aristotélicienne, il est prêt à des sacrifices, le Dickus.
Pis bon, faut avouer, qu’est-ce qu’on s’em… dans ces égouts…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mer 21 Avr - 16:04

kirkwood a écrit:
Les mots de Sanctus achèvent le moral des sicaires, maintenant plus que résolument figé à l’altitude des égouts.
Et même si le lyrisme et l’allant de l’Amiral les persuade qu’il faut raison garder, que la lumière est au bout du tunnel, que Deos vaincra et tout ça…
Ben, c’est pas trop la gloire, il faut bien l’avouer. Le "plouf" quasi marin de Sancte aurait même comme qui dirait tendance a enfoncer les restes...

Et Dickus enrage. Ca ne va pas terminer avant même de commencer, non ?
Voyons, qu’est-ce qu’on pourrait trouver pour les aider, ces chiens christosistes ? Mais, mais, mais, c’est pas vrai ! L’ignoble barbu à l’accent en a même oublié qu’il avait une carte sur lui !

Comment ça, comment il le sait ? Ah, ne commencez pas, hein ? On va pas commencer un cours sur les pouvoirs des fantômes païens, ce serait un rien long et compliqué.

Bon, pour en revenir à notre sujet, ni une, ni deux (ni trois ni quatre d’ailleurs), Dickus trouve un rat.
Appelons-le Vincenti.
Pas franchement une lumière, mais justement, il est plus facile à posséder. Et alors même qu’il s’apprêtait à causer fleurette à Gontrada, honnête ratte mère d’un nombre indéfinissable de portées, paf, il change d’avis et se glisse discrétos entre les jambes de Sancte puis presto subito dans la musette de Kirkwood, qui a trop le moral dans les chausses pour se rendre compte de quoi que ce soit.

Par les dieux, où il l’a mise, sa carte ? Ah, enfin !
Hop, hop, il se met à bouger furieusement, histoire que l’autre lourdingue se rende compte qu’il se passe quelque chose.


Deos, c’estions quoi encore, c’truc là ? s’étonne Kiki ?

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Mer 21 Avr - 16:05

kirkwood a écrit:
Et hop, Vincentini saute hors de la musette, la carte entre les dents, et trotte un brin pour s’éloigner du petit groupe.
Inutile de risquer un coup sous cette forme, Dickus ne sait pas trop ce que ça donnerait. Il a déjà vu quelques fantômes avoir une drôle de tête, après quelques ennuis lors de possessions...

Quelques sicaires se dirigent vers lui. Vincenti lâche la carte et se carapate. Dickus résiste quelques instants à l’envie de rester rat, juste pour se rappeler comment ça fait, une copulation animale, manque de céder puis se reprend et observe.


C’estions quoi, ce truc qu’il avions volé, fait le Kiki ? Ah, ben la carte des égouts qu’on avions ramené de chez le rabbi, comme tu nous l’avions demandé, Sanctus, en cas de besoin. Pff, c’estions risible et triste, alors qu’on estions paumé, qu’est-ce que ça allions ben changer, de la retrouver ?

Les autres sicaires se regardent les uns les autres, entre consternation et soulagement. Que la stupidité de Kirkwood soit parfois une excellente approximation de l’infinie est certes philosophiquement et mathématique utile, mais quand même. Heureusement qu’il a une chance du même calibre, c’est la seule explication à sa survie jusque là, indéniablement.

Sanctus, un rien renfrogné et le regard pour le moins peu amène vis-à-vis de Kirkwood, se saisit de la carte, compare un brin avec la sienne et reprend la direction des opérations.
Heureusement que Deos est bon pour les imbéciles, se dit-il…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Jeu 22 Avr - 13:46

kirkwood a écrit:
HRP
Suite du RP entamé ici : http://rome.lesroyaumes.com/viewtopic.php?p=306102#306102, pour connecter logiquement le RP avec l'architecture du forum.
En effet, des sicaires du lion de Juda, arrivés depuis peu à Rome, projettent un coup explosif. Après avoir crapahutés dans les égouts de la ville depuis les faubourgs, ils débouchent sous la place d'Aristote.

Arriveront-ils à faire aboutir leurs tortueux (point de vue romain, of course) et/ou divins desseins (version réformée, s'entend) ?
Vous le saurez en suivant... heu, la suite ?

Bienvenus à ceux qui voudraient se joindre à nous -dans le respect bien sûr du RP-, il pourrait y avoir d'intéressantes poursuites (entre autres) à raconter. Merci toutefois de nous contacter d'abord pour mettre ça au point.
Fin HRP





Les sicaires franchissent un à un le trou creusé par Sancte.
- On estions où, là ?
- Ah ah ah ! Sous la place d’Aristote même !
- Il estions où, Aristote, au-dessus de nous ?!?! En ce moment ?!

Les voix arrivaient de l’autre côté, déformées par la distance et le maigre conduit.

Bigus Dickus a écrit:
Deux yeux rouges peuvent-ils soupirer ? Dans l’absolu, c’est douteux, mais réagir ainsi au Lecteur réformé de Genève, c’est tout-à-fait envisageable, d’après les statistiques des assureurs.
Juste avant que les-dits yeux ne se lèvent au ciel…

Ainsi se comporte Bigus Dickus.
Bon, ‘vaut peut-être mieux qu’il les accompagne. Avec un boulet pareil (on peut être fantôme depuis vilaine lurette et se tenir au courant des progrès de la poliorcétique), ‘sont pas rendus…

Une main retient Dickus.
C’est assez inhabituel pour qu’il s’arrête.
Quelle main peut retenir un fantôme ?
Question idiote.
La main d’un autre fantôme. Bon, y’a aussi celle d’un zombie, d’un vampire, d’une goule, etc…, mais c’est pas vraiment le sujet…

- Qui ose ? Non ?! Sucellus ! Sucellus Mœllus ! Ça fait, ça fait, ça fait une éternité (Oui, même les fantômes profèrent des banalités, y’a pas de raison…) ?! Mon fidèle lieutenant ! Mon autre moi-même ! Mon compagnon d’orgie ! Que deviens-tu ?!

- Oh, moi, je hante, soir et matin, je hante, sur les chemins…

- Ah, ah, ah ! Oh, viens, devisons en marchant, je dois suivre ces mortels et…

- Non.

- Comment ça, "non" ?

- Comme « non ».

Écoute-moi, Bigus. Moi qui fus ce lieutenant fidèle toute sa vie. Moi, cet autre toi-même, celui qui n’a pas arrêté de prendre des risques pour toi depuis notre enfance, celui qui faisait même fouetter son esclave à la place du tiens parce que tu n’avais pas appris ta leçon, celui qui t’a prêté de l’argent, les dernières années, les trente derniers jours de chaque mois, j’en passe et des meilleures.

Hé bien ce couillon là a eu accès à tes comptes après ta mort.

Et il a vu, pardon, j’ai vu à quel point tu m’avais systématiquement arnaqué à chaque fois. Oui, oui, inutile de nier, qu’il s’agisse de l’affaire des blés siciliens, des otages du bordel de Cunnilingus ou du prêt usuraire au percussionniste d’Abu-Simbal et j’en passe…

- Heu, comment, je, heu…

- Alors, Bigus Dickus, puisque ta haine pour les aristotéliciens t’a fait choisir ces misérables mortels, moi je vais défendre l’Église aristotélicienne qu’a choisie notre divin empereur Constantin...

Sourire carnassier de Sucellus.


Les histoires de fantômes, c’est comme celles de famille. Ça peut être comme du bon vin, ou virer vinaigre très vite.

Kirkwwod, après avoir subit un regard encore une fois très lourd de Sanctus, sans savoir pourquoi, ressentit en plus un grand froid s’abattre sur lui. Il se demandait bien pourquoi ?
Bah, une épreuve de Deos, sûrement, avant leur geste magnifique…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Sam 24 Avr - 19:40

kirkwood a écrit:
Et puis, ce froid céde vite face à une odeur assez infecte, genre conserve (quand on découvrira ça dans quelques siècles), qui fait reculer les sicaires avant qu’ils se ressaisissent. On s’attendait à tomber plus ou moins sur une caverne, on aboutit… à une bibliothèque ?

Enfin, ça y ressemble ? Les sicaires, un brin méfiants, avancèrent avec leurs torches pour examiner le lieu. Rappel sévère de Sante à la prudence et l’attention nécessaires, horrifié à l’idée que quelqu’un (Kirk, au hasard) pourrait mettre le feu aux parchemins.
Parce qu’il y en avait ! Des étagères se succédaient, et en leur sein, séparées par de multiples niches, des rouleaux de parchemin par dizaines, par centaines ?

Augustin, Clément d’Alexandrie, Origène, Tertullien, Popaul de Tarse, Clément Romain… Une vignette métallique annonçait le contenu de chaque niche…
Enfin, quand le-dit contenu avait échappé aux dégâts du temps, voire des rats. Un lieu abandonné depuis longtemps, entre poussière, saleté et toiles d’araignées.

Ça explore, ça lit ce qui tombe sous la main, ça allume de vieux bougeoirs qui finissent par prendre, ça s’interroge, mais ça perd sa cohésion, tout ça…

Une gueulante sévère de Sanctus, ponctuée par l’invocation au 3e Prophète, Averroes, permet de rassembler tout le monde et de faire le point.

Très vite.
Bizarement vite, d’ailleurs, se dit Sanctus ?
Est-ce que les autres aussi auraient une impression gênante en ce qui concerne le lieu ? Y’a quand même des trucs bizarres, ici…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Sam 24 Avr - 19:40

kirkwood a écrit:
Bigus Dickus a écrit:
Bigus se demande quelques secondes s’il a bien compris ce qu’il vient d’entendre.
Au moment où il pense qu’un bon coup de poing pourrait remettre les choses en place (et qu’il se dit qu’entre fantômes, ça risque d’être passablement inutile), une chose lui revient à l’esprit.

- Co, comment as-tu eu accès à mes comptes, pour savoir tout ça, Sucellus ?

- Ah. Je savais bien que tu finirais par poser la question.

Resourire de Sucellus Mœllus. Mais plutôt sadique que carnassier, ce coup-là…

- Cher Bigus Dickus, toute veuve peut se remarier, plutôt que de pleurer éternellement son cher disparu, ou d’en profiter pour faire orgie sur orgie…

- Que, quoi, comment, non, pas, pas possible, pas ma chère Pomponia Verra, ce, ce n’est, pas, pas possible…

- Ben si, elle a eu accès à tes comptes avant moi, quand même ! Et déjà, je dois te l’avouer, découvrir certains trucs lui sont restés en travers de la gorge… Genre… Non, pas la peine, tu imagines mieux que moi, si la mémoire ne t’a pas complètement abandonnée durant tous ces siècles… Hein ?
Mais ce qui a fait la différence, je crois, c’est quand j’ai commencé à me rendre compte qu’il y avait trop de trucs bizarres et lui ai avoué que tu l’avais trompé avec, comment s’appellait-elle déjà, ah, oui, Perpunia Crétinia Pretentia.. Là, elle a dit que tu étais tombé trop bas, et nous nous sommes mariés dans l’année… Moche, hein ?

- Non, non, ce, ce n’est pas vrai, pas toi, pas avec elle…

- Ben si.

Incroyable, ce qu’il peut y avoir de dents dans un sourire, même celui d’un fantôme...

- Alors, Bigus, tu comptes toujours faire le justicier masqué façon lusitanien ? Laisse tomber, je t’en empècherais, je te le garantis !
- Non, Sucellus, fait une nouvelle voix, il a carrément raison…

Là, l’étonnement est partagé…

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MessageSujet: Re: [JDR] Carnets de Kirkwood   Dim 25 Avr - 21:34

Adso a écrit:
Alors qu'il traversait la place d'Aristote pour se rendre à la Nonciature, Adso fut soudain prit d'une envie pressante. Mais vraiment pressante. Sans doute la faute à ce mauvais ragoût consommé la veille dans cette auberge douteuse... Il se dirigea donc rapidement vers les latrines publiques de la place, pour se rendre compte que la queue y était interminable. C'est alors qu'un mendiant du coin, affichant un sourire en coin qui vexa légèremment Adso, lui proposa de lui indiquer d'anciennes latrines désaffectées. Après tout, un trou était un trou... Profitant de son état de faiblesse, le mendiant réussit à extorquer 5 écus à Adso pour lui indiquer une entrée dans le recoin d'une ruelle proche, et ajouter que c'était la première porte à gauche en bas des escaliers. Et, laissant là Adso, il s'en retourna vers la place, probablement pour aller délester si honteusement d'autre malheureux passants des précieuses économies qu'ils réunissaient à la sueur de leur front, eux !

C'était sombre.

Après deux pas dans l'escalier, Adso fit demi-tour et ressortit dans la ruelle, son état ne s'arrangeant pas plus que çà, pour se retrouver face à un autre mendiant. Lui aussi tout sourire, il tenait à la main un bâton de résine prêt à être enflammé... Adso acquit alors la certitude que c'était un véritable racket organisé !

Enfin, après s'être fait de nouveau délester de 5 écus, Adso ressortit des latrines, soulagé. Il reprit l'escalier, méditant sur l'emprise inconfortable des considérations matérielles sur la puissance de l'esprit, lorsqu'il se rendit compte tout à coup que, depuis quelques instants, l'escalier s'était mis à descendre. Or il était certain qu'en venant, il n'avait fait que descendre, ce qui, par réciprocité, impliquait qu'il n'aurait dû que monter au retour. Pas peu fier de son raisonnement, Adso fit donc demi-tour pour retrouver le bon chemin.

Mais au détour d'une circonvolution de l'escalier, Adso se retrouva soudain face à deux ouvertures. Allons bon... Toujours muni de sa torche, Adso décida de prendre celle de gauche, qui se mit, elle-aussi, au bout d'un moment, à descendre... Décidément. A croire que la Ville de Rome avait été construite en profondeur... Une fois encore, Adso rebroussa chemin, tandis que toutes ces allers-et-venues commençaient à lui rappeler certaines pérégrinations dans la bibliothèque d'une abbaye italienne, de nombreuses années auparavant...

Il déboucha dans une vaste salle emplie d'étagères. Une bibliothèque ! Cà pour une coïncidence !

Non sans noter au passage la légèreté de l'entretien des lieux par les bibliothécaires, Adso commença, fasciné, à parcourir les rayonnages, lisant les titres qu'il pouvait distinguer dans la pénombre. Il fallait bien reconnaître que la conception des lieux était assez maladroite : pas de lumière extérieur ! C'était une attitude inconsidérée d'obliger les gens à utiliser de la lumière artificielle au milieu de tous ces matériaux inflammables...

Tout à coup, les bibliothécaires se manifestèrent au fond de la bibliothèque. Ils ne semblaient pas avoir bien digéré leurs lectures, et en venaient à parler d'Averroès comme d'un prophète. Plein de bonne volonté, Adso se dirigea vers les voix pour leur faire remarquer que cet auteur ne faisait pas partie du dogme officiel de l'Eglise Aristotélicienne, et que ce genre de propos pouvait leur attirer quelques ennuis, surtout dans la présente ville où ils exerçaient leur métier. Mais c'était çà, le problème avec les bibliothécaires, de nos jours : ils n'avaient pas une formation assez solide... Des gens qui parfois n'avaient même pas fréquenté les monastères, et avaient obtenu leur poste après un ou deux ans dans ces universités urbaines... La décadence, quoi...


Bonjour messieurs ! C'est une bien belle bibliothèque que vous avez là !

S'il y avait bien une chose qu'il avait apprise de sa pratique de la diplomatie, c'est que les gens étaient toujours plus réceptifs après un compliment, fût-il assez mensonger... Il fallait bien reconnaître, en effet, que même la demeure d'Adso était en meilleur ordre... Mais s'il fallait en passer par là pour apporter un peu d'éclairage théologique aux masses, le Très-Haut pourrait fermer au moins un oeil sur cet écart à la vérité...

kirkwood a écrit:
Donc pour résumer, sans doute un ancien monastère, d’après les cellules qu’on trouve au fond.
Une chapelle, genre « ‘achement vieux » d’après Kiki qui y connaît quedalle mais dont le descriptif des restes de mosaïques est convaincant.
Une porte copieusement décorée qu’on n’arrive pas à ouvrir, à côté de la chapelle. D’autres vraisemblablement murées. Bizarre.

Un scriptorium borde la bibliothèque : vieux meubles bas et ravagés d’antique facture, restes de fauteuils antédiluviens, un peu de vaisselle, des stocks de parchemins ravagés, des pots qui contenaient sans doute de l’encre.
Pas un manuscrit, un auteur ou un thème repéré qui ne soit de l’Ère de la dispersion de la Foi.

À Kiki qui demande « de quoi qu’on causions » à propos de l’Ère de la dispersion de la Foi, il est poliment répondu qu’il s’agit, « comme tout le monde est censé le savoir » (curieux, cette façon d’insister sur certains passages, manière qui pourrait sembler vexante ?), de l’époque entre la naissance de Christos et le concile de Nicée, « quand Constantin a Spamé l’Église Aristotélicienne et mis la main dessus, par Averroès, le 3e prophète ! »…


Citation :
Bonjour messieurs ! C'est une bien belle bibliothèque que vous avez là !


Comme pas mal de sicaires trouvent l’endroit bizarre, avec ses courants d’air bizarres qui font tomber des parchemins qu’on tente de saisir, des bruits dont l’étrange le dispute au curieux, des sifflements sans origine, le réflexe est unanime.

Tout le monde sort, qui sa sica, qui… n’importe quoi destiné à butter le premier qui vient leur chauffer les oreilles…
L’action, c’est parfois le défoulement du refoulé, dit un type de Vienne. Mais c’est vrai qu’on comprend pas tout ce qu’il dit…
En l’occurrence, le nouveau venu a toute les chances d'être un fantôme qui se paye leur fiole…

Comme le premier Conan venu, ils se disent que l’essentiel des problèmes peut se régler « mano a mano ».
Alors, dominant leur peur, ils se dirigent vers le fantôme, enfin, ce qui pourrait être un fantôme, tellement sa déclaration est bizarre… Un revenant aimable, c’est carrément du concept, non ?

C’est bien rabougri, d’ailleurs, pour un fantôme, et ça n’a franchement pas l’air très agressif ni revanchard.
Bref, moins ça a l’air d’un fantôme, plus on a de courage.
C’est pas très logique, mais bon, c’est comme ça, les groupes…
Le nouveau venu se retrouve entouré par une bonne demi-douzaine de silhouettes aux dents carnassières voire gourmandes, auxquelles font un écho lumineux fort intéressant leurs lames plus ou moins visibles...


- Alors, on visite ?
- On se promène ?
- Comment qu’on est venu là ?
- On est intéressé par la lecture ?

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